Le XXe siècle a fait plus de martyrs chrétiens que les dix-neuf siècles précédents. Mais le XXIe siècle a déjà moissonné ses victimes. Thomas Grimaux signe « Le Livre noir des nouvelles persécutions antichrétiennes» , paru en France le 22 novembre (éd. Favre), au moment où le Parlement européen vient d’adopter une résolution sur « de graves événements compromettant l'existence de communautés chrétiennes » devant « la multiplication d'épisodes d'intolérance et de répression vis-à-vis des communautés chrétiennes ».

Thomas Grimaux, 40 ans, a voyagé pendant de nombreuses années dans des pays en guerre ou en persécution : il parle en homme de terrain, de faits concrets, réels. Mais il a aussi scruté la logique interne et les filiations de différents textes « antichrétiens ».

L'agence Zenit interview son auteur dans un texte en trois parties :

La première partie, introductive, évoque notamment les trois sources actuelles de persécution : «(…) les fondamentalismes hindouiste ou bouddhiste (que nous traitons ensemble en raison de certaines similitudes) ; le communisme ; l’islamisme (que je distingue de l’Islam).»

Dans la deuxième partie de l’entretien, qui porte principalement sur l’Europe de l’est, la situation à l’époque soviétique est évoquée, par le biais d’un rapport de 1995: « Ce « Rapport » est peu connu. Pourtant, il est instructif au sens où il montre l'ampleur de cette persécution. Publié à Moscou le 27 novembre 1995, le rapport a été établi par une commission ad hoc, instituée par le Président Eltsine. Il fut donc le premier rapport officiel. On y découvre que, de 1917 à 1980, ce sont des centaines d'évêques orthodoxes, des dizaines de milliers de prêtres et des millions de fidèles qui ont été exterminés en raison de leur foi. On y apprend que Lénine, dans un message secret adressé au « Politburo », recommandait d'abattre les membres les plus représentatifs du clergé réactionnaire. Le rapport donne des chiffres terrifiants : « En 1937, 136.900 ecclésiastiques orthodoxes ont été arrêtés et 85.300 tués. 28.300 ont été arrêtés et 21.500 tués en 1938. En 1939, sur 1.500 personnes arrêtées, 900 ont été tuées. Même durant la deuxième guerre mondiale, quand Staline autorisa la réhabilitation partielle de l'Eglise, chaque année plus de 100 prêtres orthodoxes ont été exécutés ». Le rapport de 1995 avance l'assassinat de 200.000 prêtres orthodoxes en tout ! L'histoire précisera sans doute ultérieurement. Mais, dès à présent, grâce à l'annuaire de l'Eglise russe d'avant la Révolution d'Octobre, on sait qu'il y avait, en 1916, 147 évêques, 117.915 membres du clergé, 21.330 moines et 73.299 moniales. On dénombrait 547 monastères féminins et 478 masculins. Lors de l'invasion allemande, seuls quatre évêques exerçaient encore leur fonction.»

La troisième et dernière partie de l'entretien concerne les persécutions de la part des islamistes.