PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Turquie laïque ?
Un rapport de la Commission Européenne

Dans son dernier rapport politique et économique sur la Turquie, rendu public le 6 octobre et long de 180 pages, la Commission Européenne en a consacré deux au sujet de la liberté religieuse dans ce pays. Si elle a constaté qu’une circulaire turque de décembre 2003 autorisait enfin le « changement d’identité religieuse », c’est-à-dire le passage d’une confession à une autre, elle relèvait de nombreux obstacles dans la vie des communautés chrétiennes :

  • absence de personnalité juridique
  • restrictions au droit de propriété
  • ingérences dans la gestion des fondations
  • impossibilité de former le clergé.

Elle note aussi qu’une surveillance policière est exercée sur les chrétiens, surtout sur les protestants évangéliques.


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Mgr Paulos Faraj Rahho avait été enlevé le 29 Février dernier. Jeudi, il a été retrouvé mort après avoir refusé qu'une rançon d'un million de dollars soit versée pour sa libération. Il ne voulait pas en effet donner de prise aux extrémistes religieux et mafieux qui profitent du chaos du pays pour agir en toute impunité. Le Premier ministre irakien, le chiite Nouri al Maliki, a accusé Al Qaïda d'être responsable de sa mort.

Mgr Casmoussa, archevêque syrien catholique de Mossoul avait lui aussi refusé qu’une rançon soit payée lors de son enlèvement en janvier 2005. Il avait été libéré 24 heures après, une rançon avait été payée ! En juillet 2006 au siège du Secours Catholique à Paris, Mgr Casmoussa avait déploré :

« les familles chrétiennes ont le choix entre payer des sommes exorbitantes pour rester ou quitter le pays. Nous espérons que ces menaces à l’égard des chrétiens ne reposent pas sur une politique définie. »

À l'occasion de l'accueil de l'évêque français de Troyes le 13 février 2008, il avait rappelé dans son sermon, avec humour et distance, que des terroristes étaient venus le voir, quelques jours auparavant, pour lui réclamer 500 000 dollars : une demande qu’il avait refusée poliment. En écoutant l’évêque chaldéen, l’assemblée avait même ri de bon cœur, heureuse et soulagée par sa détermination… Mgr Rahho était connu pour sa jovialité, son courage et sa chaleur. Mais les terroristes, eux, ne plaisantaient pas. Dans la suite de cet événement, il avait conduit l'évêque français sur la tombe du Père Rajhid Ganni, enlevé à Mossoul et égorgé en juin 2007 : « Il est mort en martyr avait dit Mgr Rahho à Mgr Stenger. C’est pour notre communauté une grande perte mais aussi un grand témoignage. Abuna Rajhidnous encourage à rester sur cette terre chrétienne depuis le Ier siècle de notre ère ».

Selon les enquêteurs, la cause du décès de Mgr Rahho, qui remonte sans doute à une semaine, reste incertaine : assassinat ou mauvais état de santé. Le corps ne portait pas de traces de blessures par balles. Mgr Rahho avait 65 ans, et ses ravisseurs l'avaient enterré près de Mossoul.

Certains fidèles imputent ces événements à l'invasion américaine du printemps 2003.

"Quand les forces de la coalition sont arrivées, déclare ainsi un musulman, ces choses ont commencé. Avant, il n' y avait aucune discrimination entre chrétiens et musulmans. Il y a beaucoup de musulmans ici, et l'archevêque était connu de tous"
"Nous sommes vraiment tristes de ce qui s'est passé, déclare un autre. L'archevêque nous aidait. Nous sommes très proches des chrétiens, c'est comme une même famille. Tous ces problèmes ont commencé avec l'occupation".

Mgr Rabban Al Qas, évêque d’Erbil, célébrera vendredi les obsèques de Mgr Rahho. Il ajoutait jeudi parmi de multiples réactions :

« Les musulmans de Mossoul sont choqués et révoltés par cet assassinat. Les chefs religieux viennent nous dire que Mgr Rahho n’était pas seulement l’évêque des chrétiens mais aussi le leur. Ils viennent se recueillir autour de sa dépouille, ils pleurent un fils de Mossoul et nous demandent de rester avec eux, de ne pas fuir cette terre que nous avons tous en partage. »

La moitié des chrétiens de Mossoul ont à ce jour quitté la ville et, depuis 2003, plus de 20 prêtres ont été enlevés…

Mise à jour septembre 2008
En mai dernier, le supposé meurtrier del'évêque, Ahmed Ali, a été condamné à la peine capitale. Mais l'Eglise d'Irak appelle plutôt au pardon et à la réconciliation. Louis Sako, l'archevêque chaldéen de Kirkouk, rappelle que : « Nous n'approuvons pas cette décision, car l'Église est contre la peine de mort ».

Pour les responsables de l'Eglise chaldéenne, il est de plus, peu probable que Paulus Faraj Rahho ait été assassiné, sachant qu'il était sous traitement médical pour un problème cardiaque et qu'il n'avait pas ses médicaments sur lui lors de son enlèvement. Une hypothèse qui pourrait correspondre aux informations contenues dans le rapport de la morgue selon lequel le corps découvert le 13 mars 2008 ne comportait aucune trace de balle.

Les responsables de l'Eglise chaldéenne s'accordent également pour voir dans cet enlèvement une volonté d'effrayer et de faire partir la communauté chrétienne d'Irak. A l'époque d'ailleurs, les exigences des kidnappeurs étaient extravagantes, voire irréalisables : ils réclamaient des armes au Vatican et une rançon de 3 millions de dollars.

Des associations chrétiennes d'Inde dénoncent l'augmentation d'attaques perpétrées contre des chrétiens en Inde, dont la plupart se sont déroulées dans l'Etat d'Orissa entre Noël et le jour de l'an. Ces associations, All India Christian Council, Catholic Bishop's Conference of India et Christian Legal Association, ont recensé 1000 attaques en 2007. Depuis 2001, elles comptaient chaque année environ 200 attaques anti-chrétiennes.

Selon eux, les statistiques le montrent, les actes de violence contre les chrétiens augmentent dans ce pays fédéral dont la Constitution admet pourtant la liberté de religion. Mais selon les chiffres du ministère de l'Intérieur indien, seules 50 attaques antichrétiennes ont été répertoriées dans tout le pays entre 1950 et 1998.
En 2007, le gouvernement fédéral a créé un Ministère des minorités, qui n'a pas empêché une poussée crimes commis contre les chrétiens.

Ces associations attribuent cette augmentation des violences aux extrémistes hindous, comme le Vishwa Hindu Parishad (VHP Association hindoue universelle) ou le parti politique Bharatiya Janata Party's (BJP Parti du peuple indien) qui utilisent des arguments anti-chrétiens dans le but de conquérir le pouvoir en Inde. En 2007, le BJP a gagné les élections dans quatre Etats indiens.
Dans ces Etats, la liberté religieuse est mise à mal par l'idéologie nationaliste hindoue appelée hindutva selon laquelle l'Inde est une nation hindoue, écartant de fait les minorités religieuses. L'hindutva s'oppose notamment à la conversion au christianisme des dalits ou intouchables, car en faisant cela, ils sortent du système des castes.

Cette question est tellement épineuse que la Cour suprême indienne n'ose pas l'aborder. L'année dernière, elle a ajourné pour la neuvième fois consécutive une audience sur les droits des intouchables chrétiens. On en compte environ 16 millions dans tout le pays.

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