On apprend encore qu'à Balliguda – petite ville du district de Kandhamal, au centre de l’État rural de l’Orissa (nord-est de l’Inde) – des arbres ont été abattus sur les quelques lignes électriques du secteur par des hindousites pour plonger la ville dans l’obscurité, afin d'empêcher les chrétiens de célébrer les fêtes de Pâques. Leur église ayant été à moitié détruite à Noël, c'est dans la rue, à la lumière des bougies, que les chrétiens de la ville ont tout de même célébré Pâque.

Selon Mgr Cheenath, archevêque de Cuttack-Bhubaneswar, ces attaques dans le district de Kandhamal se sont faites « avec le consentement tacite du gouvernement de l’Orissa ». Tous les témoignages confirment que les (petites) unités de police locales, prévenues des attaques, sont restées à l’abri pendant ces quatre jours livrant des prêtres, des religieuses et des familles chrétiennes sans défense à la haine de centaines d’hindous, « saouls et fanatisés » selon des témoins.
« Alors que les pompiers sont installés en face de notre couvent, ils ont laissé tout brûler pendant trois jours », souligne Sœur Christa.
Et ce, non seulement dans le couvent du Mont-Carmel et ses deux centres de formation informatique (55 étudiants dont 50 hindous) et de formation médicale (50 étudiants dont 48 hindous), mais aussi dans le séminaire Saint-Paul, la paroisse et le presbytère adjacent.

Selon les observateurs chrétiens, si le district de Kandhamal a été spécifiquement visé, c’est parce qu’ici les populations d’origine tribale et dalits représentent 39 % de la population totale. Devenant peu à peu chrétiennes à la suite des évangélisations menées par des missionnaires catholiques (notamment espagnols) et baptistes (notamment canadiens) à partir des années 1890, ces populations sont sorties progressivement de la soumission et de la misère.
« «Pour enrayer cette évolution, les fondamentalistes hindous des hautes castes détruisent nos églises, pensionnats ou dispensaires, et espèrent ainsi éliminer le christianisme. »
De telles violences antichrétiennes sont désormais organisées à travers toute l’Inde, dans les États où les chrétiens sont pauvres et peu nombreux (moins du pourcentage national de 2,34 %). Jamais les fondamentalistes hindous n’attaqueront les chrétiens puissants du Kerala, estime John Dayal, catholique engagé et influent, secrétaire général du Conseil chrétien de l’Inde (AICC).

Le 15 mars 2008, deux religieuses travaillant dans une école du village d’Alibag (Maharashtra) ont été violemment attaquées et battues par un groupe d’hindous d’origine tribale, à l’instigation du Bharata Janata Party (BJP, parti nationaliste hindou, également issu du RSS). Les deux religieuses, qui ont dû être hospitalisées, étaient accusées de « conversion », ce qui est interdit par les lois sur la liberté religieuse promulguées dans huit États (sur 28) de l’Inde
De plus, le gouvernement d’Orissa a interdit à toute ONG ou institution chrétiennes d’aider matériellement les victimes, si bien que Mgr Cheenath lui-même n’a pas pu encore se rendre sur place.