PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE



samedi 31 mai 2008

Le monastère copte d’Abu Fana, à Mallawi, dans la province de Minya en Egypte, a été attaqué durant plusieurs heures par une troupe d’une bonne soixantaine d’agresseurs. 4 moines ont été blessés par balles, trois autres ont été enlevés, torturés, battus, et menacés de mort s'ils ne se convertissaient pas à l’islam. Ils ont enfin été relâchés, blessés, quelques heures plus tard, mais le frère d’un des moines est toujours porté disparu. On a relevé également d’importants dégâts matériels.

Le monastère, fondé au 4e siècle, a déjà été attaqué à plusieurs reprises ces dernières années par des islamistes.

Dès le lendemain, l'Eglise copte a exhorté, en termes rares, le président Hosni Moubarak à se porter garant de la sécurité des chrétiens d'Egypte. Dans un communiqué, le conseil ecclésiastique copte presse le président égyptien d'empêcher "de nouvelles attaques armées contre des moines" et que "la croix soit insultée".
Les autorités minimisent l'attaque de ce monastère, intervenue dans un climat de regain de tensions confessionnelles alors que les coptes, munis d'une autorisation, érigeaient un mur autour de l'antique monastère d'Abou Fena. L'Eglise copte demande l'arrestation des agresseurs, et la libération des coptes emprisonnés. L'entrepreneur copte, en effet, aurait tiré pour se défendre contre un des 60 assaillants musulmans, qui est mort. Lui et son frère ont été arrêtés.

Le journal copte Watani, lui, accuse dimanche avec virulence les autorités égyptiennes de fermer les yeux devant la "dure réalité" des "violences répétées contre la communauté copte". Son éditorialiste, Youssef Sidhom, estime que les autorités placent sur un pied d'égalité victimes et coupables, cherchant à épargner la justice à ces derniers par des "simulacres de réconciliation". Pour lui, "s'ajoute ainsi un terrorisme d'Etat au terrorisme des criminels". Les autorités nient d'habitude la nature confessionnelle de ces incidents pour les qualifier de "querelles de voisinage".

Le pape Chenouda, qui avait dû quitter jeudi l'Egypte pour être opéré aux Etats-Unis, avait affirmé que ceux qui ont commis l'assaut, selon lui des bédouins musulmans, "ne trouvent en face d'eux aucune force de dissuasion", qualifiant cette agression "d'inadmissible". Pour sa part, un groupe islamiste, la Jamaa Islamiyya, a accusé l'Eglise copte d'Egypte de tenter de "former un État parallèle" avec l'aide "de parties étrangères" afin "de changer la nature arabo-musulmane de l'Egypte".

Les coptes d'Egypte sont la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient. Leur nombre est estimé entre 6 et 10% de la population totale du pays qui compte près de 80 millions d'habitants.

Un jeune chrétien vietnamien a été tué le 14 avril dernier par la police vietnamienne lors d’une manifestation de protestation contre les persécutions anti-chrétiennes au Vietnam. Y-Cung Nie, un jeune chrétien évangélique de 26 ans appartenant à la communauté des Montagnards a été tué par la police vietnamienne. On lui reproche d'avoir participer à une manifestation pacifique réclamant la remise en liberté de trois chrétiens arrêtés par les forces de l'ordre du pays.

Le Vietnam continue de mener une campagne très dure contre les églises chrétiennes «illégales» qu'il considère comme de la propagande car «contaminées par des protestants américains et donc contraires aux intérêts du pays», explique Le Journal Chrétien.

La répression vis-à-vis des montagnards, connus sous le nom de Degar, minorité ethnique de religion chrétienne qui habite les hauts plateaux centraux, est particulièrement grave. La Fondation montagnard, un groupe de défense des droits humains du peuple Degar basé en Caroline du Sud, a fait état d’exécutions sommaires de membres de cette communauté.


		

	

On le sait, les musulmans n'ont pas le droit de se convertir au christiannisme. Les iraniens viennent d'en faire la triste expérience.

La police de la ville de Shiraz au sud de l’Iran vient de sévir contre des musulmans convertis au christianisme, arrêtant les membres de trois familles chrétiennes et confisquant livres et ordinateurs.

Les arrestations ont commencé le 11 mai à 5 heures du matin, quand deux couples, de 40 ans et de 25 ans, ont été arrêtés à l’aéroport international de Shiraz et emmenés en prison. Tous les quatre ont été soumis à des heures d’interrogatoire sur “leur foi et leurs activités religieuses domestiques,” a rapporté à Compass une source iranienne.
Les deux femmes ont été libérées le jour même de leur arrestation, mais l'un des époux a été détenu jusqu’au 14 mai, et le plus âgé est toujours emprisonné.

Deux heures après les arrestations du matin, la police envahissait le foyer de Hamid Allaedin Hussein, 58 ans, l’arrêtant avec ses trois enfants. Sa fille et un de ses fils ont été relâchés plus tard le même jour, mais le 3e est toujours en prison. Deux jours plus tard, la police interpellait deux autres anciens musulmans à Shiraz, alors qu’ils se promenaient. Les deux hommes sont toujours sous les verrous. Une autre arrestation avait été rapportée le mois dernier dans la ville d’Amol, au nord, dans la province de Mazandaran près de la Mer Caspienne. Deux des convertis chrétiens, dont une femme enceinte, sont toujours sous les verrous.

Ces deux dernières années, l’intransigeant régime musulman chiite iranien a arrêté, harcelé et intimidé les citoyens mêlés aux mouvements grandissants des “églises à domiciles”. Un de ces mouvements a confirmé le mois dernier que ces groupes de convertis au christianisme voyaient le nombre de leurs adhérents doubler tous les six mois.
Ces nouveaux convertis sont systématiquement soumis aux mauvais traitements, physiques et psychologiques, et doivent verser d'importantes cautions pour leur mise en liberté. Et ils sont menacés de nouvel emprisonnement ou de poursuites criminelles s’ils sont pris à prier où à prêcher leur foi.

En janvier 2008, le parlement iranien a rédigé un projet de code criminel qui rendrait la peine de mort obligatoire pour les “apostats” qui quittent l’islam pour une autre religion.

Six chrétiens ont été interpellés par la police (la ville n'est pas mentionnée) alors qu’ils sortaient de prière au domicile de l’un d’entre eux. Ils ont été conduits au commissariat de police où ils ont passé la nuit, pour être présentés le lendemain au procureur. La charge suivante a été retenue contre eux : “ils dérangent la foi des musulmans”. Ils doivent comparaitre le 27 mai.

Dix jours plus tôt, le 29 avril, un autre chrétien avait été condamné à 300 euros d’amende et un an de prison avec sursis à Djilfa (240 km au sud d’Alger). L’homme, qui s’est converti au christianisme il y a 8 ans, a été arrêté le matin du 25 avril lors d’un contrôle de police alors qu’il voyageait dans un taxi collectif. Les agents ont trouvé une bible et quelques livres d’étude religieuse dans ses bagages. Cela a suffit pour qu’ils le mettent en prison. Pendant les cinq jours qu’ont duré sa détention, les policiers l’ont fortement menacé afin qu’il revienne à l’islam.


Une loi anti-prosélytisme

L'Algérie a voté en 2006 une loi anti-prosélytisme qui semble être appliquée avec zèle. Cette loi, relative à la règlementation de l'exercice du culte et des lieux de culte autres que musulmans (appelée aussi loi anti-prosélytisme) a été adoptée en février 2006, elle est entrée en vigueur en septembre 2006. Officiellement elle visait à garantir « la tolérance et le respect entre les différentes religions ». Dans les faits, elle vise notamment à empêcher les conversions des musulmans vers le christianisme et prévoit des peines de prison et des amendes pour quiconque « incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion » ou « fabrique, entrepose ou distribue des documents imprimés ou métrages audio-visuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi musulmane ». Vaste interdiction !

Edit : Sur les 6 chrétiens arrêtés, 2 ont nié s'être convertis, et les 4 autres ont été condamnés à plusieurs mois de prison avec sursis. C'est bien moins que les4 ans fermes requis contre eux.

Monseigneur Hilarion, évêque orthodoxe de Vienne et d'Autriche et chef de la représentation de l'Eglise russe auprès des organisations internationales européennes, a appelé à l'aide l'Union Européenne pour secourir tous les chrétiens persécutés dans le monde en ce moment.

« La tolérance ne doit pas se mettre en application au détriment des chrétiens qui constituent toujours la majorité de la population européenne. Les cas de christianophobie et de discrimination des chrétiens doivent être officiellement condamnés », a souligné le prélat lors de la rencontre des dirigeants de l'UE avec les leaders religieux d'Europe qui a eu lieu le 5 mai à Bruxelles.

Il a estimé que les dirigeants de l'Union Européenne devaient faire davantage pour protéger le patrimoine chrétien européen. En particulier, :

  • le Kosovo « où les églises sont détruites de façon barbare, où des milliers de chrétiens sont laissés sans toit et sont contraints à l'exil ».
  • « Cela concerne également la partie de Chypre qui est illégalement occupée par l'armée turque, où les églises sont soumises à la destruction et où la population chrétienne souffre cruellement », - a dit l'évêque.
    Il a relevé en effet que tout en demandant l'entrée dans l'Union Européenne, la Turquie méprise en même temps la population chrétienne, lui causant tous les problèmes administratifs possibles et interdisant la construction d'écoles de théologie par exemple. Il a appelé les dirigeants de l'UE à utiliser les mécanismes des négociations avec la Turquie pour défendre les minorités religieuses de ce pays.
  • D'autre part, a souligné le représentant du Patriarcat de Moscou, « les dirigeants de l'UE peuvent et doivent faire beaucoup plus pour la défense des populations chrétiennes hors de l'Europe, en particulier en Irak, en Afghanistan, en Arabie Saoudite et dans de nombreux autres pays musulmans ».
  • « En Irak l'enlèvement et l'assassinat de ministres chrétiens du culte sont devenus une réalité quotidienne.
  • En Afghanistan la conversion au christianisme peut amener à la peine de mort.
  • En Arabie Saoudite il n'existe aucune église chrétienne.
  • Des nouvelles alarmantes sur des persécutions et des assassinats de chrétiens nous parviennent du Pakistan, d'Indonésie, des Philippines et de certains pays d'Afrique », - a constaté Monseigneur Hilarion.

Le prélat s'exprimait devant des représentants de Slovénie, et les présidents de l'Union Européenne, de la Commission européenne, et du Parlement européen, ainsi que devant des représentants des Eglises chrétiennes, de l'islam et du judaïsme.

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