PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


La communauté chrétienne est en en ce moment la communauté la plus discriminée au monde, estime Mgr Silvano Tomasi, l'observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies.

Il explique pourquoi le Saint-Siège s'est opposé à la résolution des Nations unies sur la diffamation des religions qui a eu lieu à Genève votée dans un climat très controversé le jeudi 26 mars 2009 (à 23 contre 11 et 13 abstentions). Ce concept est combattu par les pays occidentaux et une coalition de 180 ONG, qui y voient une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à tous les abus.

Cette résolution était présentée par le Pakistan au nom des pays de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) qui se déclaraient « profondément préoccupés » par la diffamation fréquente des religions, mais où seul l'islam était indiquée comme étant attaquée. La résolution, qui n’est pas légalement contraignante, fait état de la "vive inquiétude concernant les stéréotypes négatifs et la diffamation des religions, et les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religions ou de croyance, toujours nombreux dans le monde".

"L’islam est à tort fréquemment associé à des violations des droits de l’homme et au terrorisme", affirme le texte qui appelle les pays membres de l’ONU à "combattre la diffamation des religions et l’incitation à la haine religieuse en général", notamment dans les médias. La résolution stipule en outre que "la diffamation des religions constitue une grave atteinte à la dignité humaine menant à des restrictions de la liberté religieuse de ses adeptes et une incitation à la haine religieuse et à la violence".
Les 180 ONG qui s'opposaient à ce texte critiquent un concept "sans aucun fondement dans le droit national ou international" et en contradiction avec le principe même des droits de l’homme, "qui protègent les individus contre les violences, pas les croyances contre un examen critique".
Terry Cormier, le représentant du Canada auprès de l’ONU, expliquait le vote contraire de son pays à la résolution contre la diffamation des religions ainsi :

« Les droits humains appartiennent aux individus, pas aux religions. Ce n’est pas au Conseil de discuter diffamation des religions, un concept qui met en danger la liberté d’expression. »

L’Allemand Konrad Scharinger renchérissait au nom de l'Union européenne.

« On ne peut mélanger discrimination et diffamation. La discrimination est couverte par le Pacte international sur les droits civils et politiques, qui prohibe fermement toute incitation à la haine religieuse. L’Union européenne condamne l’islamophobie, la christianophobie et la violence envers les autres religions, mais elle pense qu’il n’y a pas lieu de protéger une religion en particulier. »

L'observateur permanent du Saint-Siège auprès des institutions de l'ONU à Genève s'est exprimé le 27 mars sur Radio Vatican. Le Saint-Siège souligne, contre cette résolution, que la liberté d'expression est strictement liée à la liberté religieuse.

« Si on commence à ouvrir la porte à un concept de diffamation qui s'applique aux idées », l'Etat risque en quelque sorte « de décider quand une religion est diffamée ou non, et cela touche finalement la liberté religieuse », a estimé Mgr Tomasi.

« Par exemple, la reconnaissance juridique de ce concept abstrait de diffamation de la religion peut être utilisé pour justifier des lois contre le blasphème qui, nous le savons bien, sont utilisées dans certains Etats pour attaquer des minorités religieuses, même de manière violente », a-t-il ajouté.

Le haut prélat a aussi évoqué l'augmentation de l'intolérance religieuse dans le monde, en particulier contre les minorités chrétiennes.

« Si nous regardons la situation mondiale nous voyons que, de fait, les chrétiens - comme plusieurs sources le précisent - sont le groupe religieux le plus discriminé ; on peut en effet parler de plus de 200 millions de chrétiens, d'une confession ou d'une autre, qui se trouvent en situation de difficulté, parce qu'il y a des structures légales ou des cultures publiques qui portent, en quelque sorte, à une certaine discrimination vis-à-vis d'eux ».

« C'est une donnée dont on ne parle pas beaucoup, mais qui est pourtant réelle, surtout si nous pensons aux violences qui sont arrivées ces derniers mois dans différents contextes politiques et sociaux ».

Mgr Tomasi a enfin estimé qu'il y a « des situations particulières qui portent à une certaine marginalisation de ceux qui croient vraiment et vivent leur foi chrétienne ».

« Il y a des situations - même des déclarations parlementaires publiques - qui attaquent cela ou un aspect de la croyance chrétienne, et cela tend à reléguer les chrétiens aux marges de la société et à retirer la contribution de leurs valeurs à la société », a-t-il ajouté.

Trois prêtres ont été tués par des malfaiteurs en Afrique du Sud et au Burundi, les vendredi 27 février et le week end du 7 et 8 mars 2009, selon le rapport de l'agence Fides.

Le jeune prêtre burundais Daniel Matsela Mahula, du diocèse de Klerksdorp (Burundi), a été tué le 27 février par quatre malfaiteurs, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture. Agé de 33 ans, il avait été ordonné prêtre en décembre 2002 et effectuait son service à la « Peter's Catholic Church » de Jouberton.

Le 7 mars, c'éatit au tour du père Lionel Sham, curé de Mohlakeng (archidiocèse de Johannesburg ; Afrique du Sud), d'être enlevé dans sa maison. La police a retrouvé le corps du prêtre âgé de 66 ans.

« Le père Sham était connu pour son ouverture à l'égard de tous et sa générosité envers les personnes démunies », affirme l'Agence Fides qui publie la réaction de Mgr Buti Tlhagale, archevêque de Johannesburg. « Tout ce que nous pouvons faire à présent est de prier avec sa famille, la paroisse de Mohlakeng et les nombreuses personnes qui aimaient et connaissaient le père Lionel », a affirmé le prélat. « Je désire exprimer ma gratitude aux innombrables personnes qui ont cherché le père Lionel et qui ont prié pour son retour ».

Le lendemain, c'est le père Révocat Gahimbare, curé de la paroisse de Karuzi (Burundi) qui a été tué par quatre malfaiteurs déguisés en policiers qui cambriolaient le monastère des Sœurs « Bene Maria ». Ayant eu connaissance de l'assaut, le père Gahimbare s'était précipité au secours des religieuses, mais les malfaiteurs lui ont tendu un guet-apens le long de la route, et l'ont tué.

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