PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


« Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris, rapporte qu'un village de chrétien a été la cible d'une attaque soudaine et d'une violence effroyable organisée par la communauté musulmane voisine.

Le 30 juin, environ 50 musulmans, armés de bâtons, de machettes, de cocktails molotov et d'armes à feu, ont investi le village de Bahmani Wala, dans la province du Pendjab, qui est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Lahore. Les musulmans ont saccagé tous les biens des chrétiens et ont fait irruption dans les maisons pour en chasser les habitants, tentant de projeter de l'acide sur les visages des femmes (l'une d'elle a fait une fausse couche en fuyant devant ces violences). Selon les témoignages recueillis sur place, l'assaut des musulmans a duré deux heures avant que la police n'intervienne

Selon le groupe d'enquête mis en place par l'Eglise catholique, l'attaque des musulmans trouverait son origine dans une querelle de voisinage entre un musulman et un chrétien. Le 29 juin, les choses se seraient envenimées et

« le lendemain matin, un appel a été lancé à la mosquée du village musulman voisin pour aller mener la djihad contre les chrétiens de Bahmani Wala, coupables d'avoir insulté le Prophète Mahomet », rapporte Abid Gill, membre de la Commission justice et paix de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan. « Le religieux qui tenait le micro a appelé les musulmans à mettre les chrétiens en fuite et à se saisir de leurs enfants et de leurs filles »

La minorité chrétienne du Pakistan est coutumière d'attaques dirigées contre elle au nom de la religion. un boycott a également été mis en place par les marchands musulmans à l'encontre des familles chrétiennes du village, les privant ainsi de toute nourriture. Un camion chargé de vivres a donc été dépêché depuis Lahore, et Mgr Sebastian Shah, évêque auxiliaire du diocèse de Lahore, a visité les lieux dès le lendemain, 1er juillet, pour témoigner du soutien de la communauté catholique.

Sur place, les autorités provinciales ont réagi avec une inhabituelle promptitude à l'attaque antichrétienne.

« Nous avons posté 22 policiers dans le village afin de prévenir tout nouvel acte de violence », a précisé un responsable de la police, tout en ajoutant que « les chrétiens avaient été pris pour cible à la suite d'un malentendu ».

Le malentendu étant l'accusation de blasphème. Au Pakistan, les lois anti-blasphème, contre le Coran et le Prophète, sont connues pour être utilisées par les musulmans pour harceler les non-musulmans.

Le gouvernement de la province du Pendjab a, par ailleurs, décidé d'allouer des compensations financières aux victimes de l'attaque. Dès le 6 juillet, un membre de l'Assemblée provinciale était à Bahmani Wala pour remettre un chèque de 20 000 roupies (175 euros) à 57 chrétiens dont les maisons ont été pillées. Il a promis que 200 000 roupies supplémentaires allaient être versées à chacun de ces 57 foyers d'ici deux semaines.

« Cette aide nous aidera à reconstruire ce qui a été détruit, a témoigné Yousaf Masih, un des bénéficiaires. Mais la peine ne quitte pas nos cœurs. L'argent ne peut racheter la terreur à laquelle nous avons été soumis »



Enfin, toujours au Pendjab, mais cette fois-ci dans la ville de Faisalabad, des manifestations anti-chrétiennes ont éclaté le 1er juillet. Rameutés par une rumeur selon laquelle un chrétien s'était rendu coupable de blasphème, des musulmans ont menacé de s'en prendre à un quartier chrétien. Imran Gill, un chrétien de 26 ans, a été arrêté après que des pages d'un manuel d'études coraniques contenant des versets du Coran eurent été trouvées devant chez lui parmi des vieux papiers destinés à être jetés au feu. Imran Gill a été inculpé de blasphème et incarcéré à la prison de Faisalabad après avoir été battu par la population puis par les policiers.

Trois hommes d'église ont été assassinés dans l'après midi du samedi 13 juin en pleine ville, dans le quartier d’Arcelia, à Tierra Caliente (Guerrero), au Mexique. ). Selon la Police ministérielle d’investigation (PIM), le prêtre et les séminaristes ont été atteints par des coups tirés par des individus aux alentours de 19 heures alors qu’ils roulaient en camionnette dans une des rues centrales d’Arcelia. Un véhicule les a rejoint de façon improvisée, on les a fait descendre de la camionnette et ils ont reçu plusieurs coups de calibre 9.

Les victimes sont le prêtre Habacuc Hernández Benítez, 39 ans, coordinateur de la pastorale des vocations dans le diocèse de Ciudad Altamirano, et les jeunes Eduardo Oregón Benítez, 19 ans, et Silvestre González Cambrón, 21 ans, tous les deux d’Ajuchitlán, Guerrero. Les trois ont été assassinés tandis qu’ils se rendaient à une réunion de pastorale des vocations,

La Conférence épiscopale mexicaine a condamné ce terrible assassinat.

« Nous condamnons aussi - lit-on dans le texte du communiqué - la violence qui touche notre pays, et nous exigeons des autorités compétentes, à tous les niveaux de gouvernement, qu’elles mènent une enquête urgente pour identifier les responsables de ce crime lâche ». Le communiqué se termine par la demande à tous de s’unir dans la prière pour le diocèse, pour le séminaire et pour les familles, « afin que le Seigneur leur donne la force et une prompte consolation ».

Le mobile des faits reste inconnu à ce jour.

« C’est un coup très douloureux pour Guerrero et pour l’Eglise du diocèse d’Altamirano ; nous sommes profondément meurtris par l’assassinat du prêtre et des deux jeunes séminaristes » a affirmé l’évêque. « Nous devenons des otages dans cet affrontement violent pour le règlement de comptes des cartels qui sont au-dessus de nous ; tout cela contamine les personnes, qui finissent par rivaliser entre elles par ces actions violentes en appliquant la loi de la jungle » a affirmé Mgr Aguirre Franco.

Le prélat a signalé aussi que dans cette région du pays, c’est la logique de tout résoudre au pistolet, du règlement de compte, et de l’effusion de sang, qui l’emporte. « C’est une société qui devient fratricide, où le frère assassine le frère ». En même temps il a indiqué que « les forces armées ne suffisent pas à résoudre le problème général du trafic de narcotiques et de la violence ; c’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place des actions qui résolvent de manière radicale ce problème, car on entre dans une guerre sans fin ».

L’Archevêque de Mexico a aussi condamné vivement l’assassinat des religieux à Guerrero.

« Tout acte de violence est déplorable en lui-même et encore plus quand il s’agit de personnes consacrées à Dieu, ce qui aggrave davantage la faute des assassins », lit-on dans le texte du communiqué. C’est pourquoi ils demandent aux autorités compétentes d’enquêter jusqu’au bout sur ce crime, pour punir selon la loi les coupables, et prient Dieu « pour l’éternel repos des victimes de ce lâche attentat », s’unissant à la douleur des fidèles de Ciudad Altamirano et de son Archidiocèse d’Acapulco.

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