Plusieurs organisations pour la défense des droits de l'homme en Corée du Sud ont dénoncé l'augmentation des exécutions de chrétiens en Corée du Nord, dont certaines se font en public. Elles évoquent le cas d'une femme qui a été jugée publiquement le mois dernier dans une localité proche de la frontière chinoise.

Selon un correspondant de la BBC, la femme a notamment été accusée de distribuer des bibles, de répandre des nouvelles de Corée du Sud aux Etats-Unis et de collaborer avec les dissidents. Ce serait sur dénonciation que les parents de cette femme, son mari et ses enfants ont été envoyés dans un camp de détention. Le correspondant de la BBC ajoute aussi que même si ces informations sont très difficiles à vérifier, la Corée du Nord est connue pour son intolérance vis-à-vis de la religion.
Selon l'agence AP, la femme tuée s'appelait Ri Hyon-ok et avait 33 ans et trois enfants. Elle a été jugée dans la ville de Ryongchon le 16 juin, affirme un rapport de la Commission d'enquête sur les crimes contre l'humanité publié vendredi.

Le rapport confirme les témoignages de dissidents nord-coréens et les documents de mouvements pour les droits de l'homme qui soulignent toujours plus la persécution religieuse et la violation des droits dans le pays communiste.

La Corée du Nord a été définie comme le pire persécuteur de chrétiens pendant 7 années consécutives, sur la liste 2009 d'Open Doors Watch.

Les nord-coréens sont contraints de pratiquer un culte à la personnalité de Kim Jong-Il et de son père défunt. Toutes les autres religions, en particulier la religion chrétienne, sont interdites. Si l'on découvre que quelqu'un est chrétien et possède une Bible, il est envoyé dans un camp de travail géré par le gouvernement et doit subir une exécution publique.
Open Doors craint que des dizaines de milliers de chrétiens ne souffrent actuellement dans des camps de prisonniers en Corée du Nord. On suspecte que le régime détienne plus de prisonniers politiques et religieux que n'importe quel autre pays du monde.

Dans la capitale Pyongyang, il y a quelques églises, mais on ne sait pas si elles ne sont ouvertes que quand les étrangers les visitent ou si elles ne sont utilisées que par les étrangers eux-mêmes. En tout état de cause, selon les dissidents, elles sont interdites aux nord-coréens.

La Commission d'enquête sur les crimes contre l'humanité, une coalition de 50 groupes activistes, demande que le leader nord-coréens Kim Jong-Il soit accusé de crimes contre l'humanité.

Malgré les persécutions, on estime que 30 000 nord-coréens pratiquent le christianisme chez eux et en secret.