Cinq chrétiens ont été tués à l'armes à feu dans le centre ville de Quetta, au Balouchistan, le 28 août derner. Ce nouveau meurtre qui arrive après le massacre du Punjab, où 11 chrétiens sont morts et où plus de 100 maisons ont été saccagées.

Le problème majeur des chrétiens est la loi anti-blasphème, qui est souvent utilisée à tort et à travers pour des motifs personnels. Les délits perpétré sous ce motif sont difficiles à poursuivre. La loi anti-blasphème prévoit la prison à vie ou la peine de mort en cas d'insultes contre le Coran ou le prophète Mahomet. Le problème, affirment les évêques, est que l'on abuse souvent de cela pour des raisons et des intérêts personnels.

Les évêques catholiques pakistanais ont également récemment exprimé leur déception après l'absence d'un procès légal contre les attaques anti-chrétiennes dans la province du Punjab. Le président de la conférence épiscopale pakistanaise, Mgr Lawrence J. Saldanha, archevêque de Lahore, a exprimé sa préoccupation car, « un mois après le massacre, aucun des accusés n'a été puni ».

« Je crains que les coupables restent impunis, et que le cas reste longtemps en suspend », a-t-il ajouté.

Selon certaines données de la Commission nationale Justice et Paix de la Conférence épiscopale pakistanaise, depuis l'entrée en vigueur de la loi, 964 personnes ont été jugées dont 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis (une secte musulmane considérée comme hérétique) et 14 hindous.

Nombreux ont été ceux qui ont demandé la suppression ou au moins la révision de la loi. L'Eglise a lancé une campagne de souscription en ce sens, et on pense que près de 200.000 signatures pourraient être recueillies. Les chrétiens représentent 1,6% de la population du Pakistan, qui comprend 160 millions d'habitants