PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Au matin du 26 décembre, les chrétiens protestants de Tizi Ouzou, en Kabylie, ont été accueillis dans leur église par 50 extrémistes musulmans, alors qu'ils se préparaient à célébrer leur premier culte de Noël dans leur nouveau bâtiment.

Après avoir menacé de mort le pasteur, un homme a crié :

« Cette terre est une terre d'islam ! Allez prier ailleurs ! ».

Les extrémistes n'ont laissé entrer personne dans le bâtiment pendant deux jours avant de finalement piller le peu de choses que l'église contenait. Pour beaucoup de chrétiens, ces extrémistes agissent avec la bénédiction de la police, voire de l'Etat, qui ne peut lutter directement contre le christiannisme à cause de l'image internationale que cela renverrait.

En Algérie, les médias diffusent depuis quelques années des émissions qui donnent une mauvaise image des chrétiens. De ce fait, la population voit le christiannisme comme une menace pour la culture algérienne.
En septembre 2006, le président algérien avait promulgué une loi limitant l'exercice des cultes non musulmans. Son application avait entraîné l'ordre de fermeture de 26 églises évangéliques et l'arrestation d'une quinzaine de chrétiens, avant de faire marche arrière suite à la pression internationale

Dans la soirée du 17 décembre 2009, une foule de plusieurs centaines de musulmans a attaqué la chapelle de la paroisse Saint-Arnold, située à Bekasi, agglomération proche de la capitale Djakarta. L'incident n'a pas fait de victime mais l'église a subi d'important dégâts.

Selon Christina Maria Rantetana, présidente du comité de construction de l'église et conseillère auprès du ministre-coordinateur de la Politique, du Droit et de la Sécurité dans le gouvernement indonésien, c'est « une foule d'un millier de personnes (qui) est arrivée aux abords de l'église aux environs de 22h45 (le jeudi 17 décembre) et s'est mise à caillasser l'édifice. Certains sont entrés à l'intérieur et ont tenté d'y mettre le feu ». La police, alertée, n'a pas réussi à calmer la foule. Il a fallu plusieurs centaines de policiers supplémentaires pour parvenir à disperser la foule vers minuit.

« Nous continuerons à utiliser notre église même si elle n'a plus de murs et si nous devons nous asseoir sur des chaises en plastique », a commenté Mme Rantetana.

Elle a aussi assuré toutes les procédures administratives et légales avaient été observées pour l'obtention du permis de construire de cette église, dont le chantier avait commencé en 2008 et restait inachevé.
En Indonésie, la construction des lieux de culte est très étroitement encadrée par la loi, un permis de construire ne pouvant être délivré que si, à l'issue de procédures complexes, le voisinage a explicitement donné son accord à cette construction. Concrètement, il s'avère très difficile pour les communautés chrétiennes d'édifier de nouveaux lieux de culte, les islamistes mobilisant en général le voisinnage pour que ces constructions soient refusées, si les étapes administratives aboutissent.

« La foule s'était rassemblée pour célébrer le premier jour du Nouvel An islamique, le début du mois de Muharram. Lorsqu'elle est passée devant l'église, elle a été provoquée et a riposté », a déclaré Imam Sugianto, chef de la police à Bekasi, après avoir interrogé des acteurs de l'attaque.

Ces violences rappellent à la communauté chrétienne les attentats de la nuit de Noël 2000 perpétrés dans des églises chrétiennes et qui avaient fait dix-neuf morts. Depuis, le pouvoir indonésien a mis en place un très important dispositif de sécurité aux entrées des lieux de culte chrétiens.

Via « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (MEP).

Deux attentats ont visé des églises syriaques à Mossoul, à 350 km au nord de Bagdad, faisant au moins 40 blessés. Une bombe a explosé près de l'église syrienne-catholique de l'Annonciation, à Chourta, un quartier du nord de la ville, sans faire de victimes. Dans le centre, une voiture piégée à visé l'église syrienne-orthodoxe de la Vierge Très Pure et une école chrétienne à proximité, causant la mort d'un bébé et blessant 40 personnes dont cinq enfants.

Fin 2008, une campagne systématique de meurtres et de violences ciblés avait fait 40 morts parmi les chrétiens de Mossoul, entraînant le départ de plus de 12 000 d'entre eux. Le 26 novembre dernier, deux explosions avaient déjà ravagé un couvent dominicain (le couvent Sainte-Thérèse) et une église (église chaldéenne Saint-Ephrem) dans le quartier de Mossoul al-Jadida, sans faire de victime cette fois.

Par ailleurs, à Bagdad, trois voitures piégées ont explosé simultanément à partir de 07h30 dans trois parkings, l'un dépendant du ministère de la Défense, le second en face du ministère des Affaires étrangères et le troisième près du ministère des Émigrés et des Déplacés. Les explosions ont fait quatre morts et 14 blessés, selon un premier bilan.

Alors qu’à 48 heures d’intervalle un prêtre et une religieuse ont été assassinés par des hommes en uniforme, au Sud-Kivu, province de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le P. Daniel Cizimia a été tué dans son presbytère de Kabare, dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 décembre, par un groupe de meutriers qui sont entrés et ont exécuté leur forfait sans un mot. La soeur Denise Kahambo Mu, moniale cistercienne de la Clarté-Dieu de Murhesa, abbaye située dans le même territoire, a été assassinée le lundi suivant, dans son monastère, par ungroupe d’une huitaine d’hommes agissant de façon similaire. Armés, ils se sont introduits dans le monastère et ont tiré à bout portant sur rahirwa sans rien dire.

« Ils n’ont rien demandé et n’ont rien emporté », précise le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Jean Claude Kibala.

Ce double meurtre intervient après deux agressions commises en octobre visant une paroisse et une communauté de frères maristes. Les assaillants, des militaires en uniforme avaient « signé » leur forfait en se présentant comme des Interahamwe, c’est-à-dire comme des membres de la rébellion hutue des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui font l’objet d’une offensive de l’armée congolaise, soutenue par les casques bleus de l’ONU.
Les autorités locales ont décrit ces attaques comme des « ruses » des rebelles pour opposer la population aux militaires. Mais cette explication, pas plus que la revendication du FDRL, ne convainc l’Église locale, qui soupçonne plutôt des factions de l’armée nationale. Cette dernière est une « juxtaposition de forces qui se haïssent, chacune ayant son propre agenda », explique le P. Justin Nkunzi, responsable de la commission Justice et Paix du Sud-Kivu.

C'est plutôt le rôle de porte-parole des victimes locale qui est clairement visé, selon les représentants.

« L’Église est la seule à faire contrepoids, explique le P. Nkunzi. Certains voudraient l’impliquer dans la logique des armes, mais elle restera fidèle à sa mission. »

Trois suspects ont été arrêtés, dont le transfert de Kabare à la capitale provinciale Bukavu a provoqué des troubles graves lorsque des soldats ont tiré pour disperser la foule qui voulait lyncher les suspects.

Un groupe de plusieurs centaines d’individus armés de bâtons et de sabres a pris d’assaut l’église catholique Notre-Dame de la Rose mystique à Crooswatta, dans la paroisse de Kotugoda, à Ja-Ela, à quelques kilomètres au nord de Colombo, alors que venait de s’achever la messe de 7 h 00 du matin. Le groupe, constitué de bouddhistes extrémistes, a saccagé l’édifice, brisant les statues, l’autel et tout le mobilier liturgique avant de s’en prendre au curé de la paroisse, le P. Jude Denzil Lakshman, qui essayait faire fuir les fidèles.
Le prêtre, attaqué au sabre, n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention d’un jeune paroissien. Les assaillants ont également incendié la voiture du prêtre ainsi que plusieurs véhicules dont la plupart étaient des motocyclettes appartenant à des familles pauvres. Blessés, plusieurs paroissiens ont dû être transportés à l’hôpital.

A l’annonce de l’attaque de leur église, quelque 500 catholiques ont organisé un sit-in dans les rues en signe de protestation, réclamant que la police arrête les responsables de l’agression. Pour le moment, une seule personne a été écrouée par les forces de l’ordre.

Dans cette localité cohabitent environ 300 familles catholiques et 350 familles bouddhistes. La paroisse catholique ne parvient pas à achever la reconstruction de l’église, commencée en 2007, en raison des violences commises par des bouddhistes extrémistes, encouragés par les responsables du monastère bouddhique voisin. Le 6 octobre 2007, malgré une première décision de justice en faveur des chrétiens, la police de Ja-Ela avait suspendu la célébration de l’Eucharistie, en plein office, pour « troubles à l’ordre public ». Quelques jours auparavant, le responsable du monastère bouddhique voisin avait menacé la communauté catholique de « lui retirer une quinzaine de vies » si la construction de l’église n’était pas stoppée immédiatement, la présence d’un édifice chrétien étant « une insulte » pour toutes les familles bouddhistes de la région. La police avait interdit les travaux d'agrandissement (classes de catéchisme).
En 2008, la Cour suprême avait annulé cette décision, et le 28 juillet 2008, le juge avait réaffirmé le droit constitutionnel de tout citoyen à la liberté de religion et de culte et ordonné la reprise des travaux et des activités liturgiques et paroissiales.

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