Un groupe de plusieurs centaines d’individus armés de bâtons et de sabres a pris d’assaut l’église catholique Notre-Dame de la Rose mystique à Crooswatta, dans la paroisse de Kotugoda, à Ja-Ela, à quelques kilomètres au nord de Colombo, alors que venait de s’achever la messe de 7 h 00 du matin. Le groupe, constitué de bouddhistes extrémistes, a saccagé l’édifice, brisant les statues, l’autel et tout le mobilier liturgique avant de s’en prendre au curé de la paroisse, le P. Jude Denzil Lakshman, qui essayait faire fuir les fidèles.
Le prêtre, attaqué au sabre, n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention d’un jeune paroissien. Les assaillants ont également incendié la voiture du prêtre ainsi que plusieurs véhicules dont la plupart étaient des motocyclettes appartenant à des familles pauvres. Blessés, plusieurs paroissiens ont dû être transportés à l’hôpital.

A l’annonce de l’attaque de leur église, quelque 500 catholiques ont organisé un sit-in dans les rues en signe de protestation, réclamant que la police arrête les responsables de l’agression. Pour le moment, une seule personne a été écrouée par les forces de l’ordre.

Dans cette localité cohabitent environ 300 familles catholiques et 350 familles bouddhistes. La paroisse catholique ne parvient pas à achever la reconstruction de l’église, commencée en 2007, en raison des violences commises par des bouddhistes extrémistes, encouragés par les responsables du monastère bouddhique voisin. Le 6 octobre 2007, malgré une première décision de justice en faveur des chrétiens, la police de Ja-Ela avait suspendu la célébration de l’Eucharistie, en plein office, pour « troubles à l’ordre public ». Quelques jours auparavant, le responsable du monastère bouddhique voisin avait menacé la communauté catholique de « lui retirer une quinzaine de vies » si la construction de l’église n’était pas stoppée immédiatement, la présence d’un édifice chrétien étant « une insulte » pour toutes les familles bouddhistes de la région. La police avait interdit les travaux d'agrandissement (classes de catéchisme).
En 2008, la Cour suprême avait annulé cette décision, et le 28 juillet 2008, le juge avait réaffirmé le droit constitutionnel de tout citoyen à la liberté de religion et de culte et ordonné la reprise des travaux et des activités liturgiques et paroissiales.