Dans la soirée du 17 décembre 2009, une foule de plusieurs centaines de musulmans a attaqué la chapelle de la paroisse Saint-Arnold, située à Bekasi, agglomération proche de la capitale Djakarta. L'incident n'a pas fait de victime mais l'église a subi d'important dégâts.

Selon Christina Maria Rantetana, présidente du comité de construction de l'église et conseillère auprès du ministre-coordinateur de la Politique, du Droit et de la Sécurité dans le gouvernement indonésien, c'est « une foule d'un millier de personnes (qui) est arrivée aux abords de l'église aux environs de 22h45 (le jeudi 17 décembre) et s'est mise à caillasser l'édifice. Certains sont entrés à l'intérieur et ont tenté d'y mettre le feu ». La police, alertée, n'a pas réussi à calmer la foule. Il a fallu plusieurs centaines de policiers supplémentaires pour parvenir à disperser la foule vers minuit.

« Nous continuerons à utiliser notre église même si elle n'a plus de murs et si nous devons nous asseoir sur des chaises en plastique », a commenté Mme Rantetana.

Elle a aussi assuré toutes les procédures administratives et légales avaient été observées pour l'obtention du permis de construire de cette église, dont le chantier avait commencé en 2008 et restait inachevé.
En Indonésie, la construction des lieux de culte est très étroitement encadrée par la loi, un permis de construire ne pouvant être délivré que si, à l'issue de procédures complexes, le voisinage a explicitement donné son accord à cette construction. Concrètement, il s'avère très difficile pour les communautés chrétiennes d'édifier de nouveaux lieux de culte, les islamistes mobilisant en général le voisinnage pour que ces constructions soient refusées, si les étapes administratives aboutissent.

« La foule s'était rassemblée pour célébrer le premier jour du Nouvel An islamique, le début du mois de Muharram. Lorsqu'elle est passée devant l'église, elle a été provoquée et a riposté », a déclaré Imam Sugianto, chef de la police à Bekasi, après avoir interrogé des acteurs de l'attaque.

Ces violences rappellent à la communauté chrétienne les attentats de la nuit de Noël 2000 perpétrés dans des églises chrétiennes et qui avaient fait dix-neuf morts. Depuis, le pouvoir indonésien a mis en place un très important dispositif de sécurité aux entrées des lieux de culte chrétiens.

Via « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (MEP).