PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Dans le conflit qui oppose les musulmans de Malaisie à leur cour de justice qui a autorisé les journaux chrétiens à utiliser le mot "Allah" pour traduire "Dieu", une nouvelle église a été la cible d'actes de vandalisme. Il s'agit de l'église protestante Grace Global Prayer de la province du sud de Negeri Sembilan. Les vitres de l'église de deux étages ont été brisées, rapporte le porte-parole de l'église David Raju.

"Je pense que cela fait partie des attaques visant les églises dans ce pays", a-t-il dit, en ajoutant que la police avait ouvert une enquête sur cet acte de vandalisme.

Il s'agit de la onzième église à être ainsi visée en Malaisie où l'islam est la religion officielle et dont environ 10% de la population est chrétienne.

Les tensions entre chrétiens et musulmans se sont accrues depuis que la justice a autorisé un journal catholique local à utiliser le mot "Allah" pour désigner le Dieu chrétien dans ses éditions en malais, comme dans les autres pays arabophones. Voir pourquoi c'est naturel (encadré de bas de page).

Dimanche 10 janvier, quatre églises et un couvent ont été la cible d'attaques et de dégradations. Déjà, dans la nuit de jeudi à vendredi, cinq lieux de culte (deux protestants, deux catholiques et un anglican) avaient été visés par des bombes incendiaires. A l'issue de la grande prière du vendredi, plusieurs centaines de musulmans avaient manifesté leur opposition à l'utilisation du terme "Allah" par les chrétiens.

Une bombe a aussi été découverte dans l’école Convenant, dans le voisinage de l'eglise anglicane All Saints attaquée quelques jours plus tôt, qui n’a heureusement pas explosé. C’est la première fois qu’une école est visée. Lundi, c’est le temple protestant Sidang Injil Borneo dans l’Etat de Negri Sembilan qui s’est vu en partie incendié.

Ces violences sont liées à la polémique sur l'emploi du mot "Allah" par des non-musulmans, qui a enflée après que la Haute Cour de Malaisie a autorisé un journal catholique, Herald-The catholic Weekly, édité en quatre langues et tiré à 14 000 exemplaires, à utiliser ce mot pour désigner Dieu, comme dans les autres pays arabes.

Addendum : Les bureaux des avocats de l'Eglise catholique ont été cambriolés et saccagés en Malaisie le mercredi 13 janvier.

"Comme il ne possède ni argent ni biens de valeur, il s'agit certainement d'un acte d'intimidation", a déclaré le père Lawrence Andrew, rédacteur en chef du journal catholique The Herald.

L'Ordre des avocats malaisiens a condamné cet acte de violence et réclamé une "enquête approfondie" au travers de son président, Ragunath Kesavan.
La police a par ailleurs annoncé qu'une église avait été partiellement arrosée de peinture rouge jeudi matin par des inconnus dans la ville de Johor (sud).

Des extrémistes hindous ont fait irruption pendant le culte dominical dans le temple du pasteur Benhur, dans l'état de l'Andhra Pradesh. La foule hindoue en colère l’a bousculé et roué de coups de poings et de bâton, ainsi que les fidèles qui tentaient de venir à son secour. Les extrémistes avaient prévenu les membres de cette église évangélique que, si l’Evangile continuait d’être prêché, ils en viendraient aux mains. Les forces de sécurité n’ont pas cherché à arrêter les coupables.

Les attaques d’extrémistes hindous contre les chrétiens se multiplient depuis que cette religion offre une nouvelle vie aux dalits, "les intouchables", et parfois une ascension sociale.

De plus, la loi anti-conversion donne beaucoup d'allant aux attaques contre les chrétiens dans plusieurs états indiens. Cependant, cette loi n'est pas entrée en vigueur dans l'Andhra Pradesh, où a eu lieu cette attaque. Ce qui n'empêche pas les autorités de se montrer très permissives.

Le nouveau bâtiment qui faisait office d’église protestante à Tizi Ouzou, en Kabylie, baptisé Eglise Tafat, a été incendié dans la nuit de samedi à dimanche, vers 23h00. Tout le matériel qui se trouvait à l’intérieur de ces locaux a été saccagé.
Les assaillants ont mis le feu et ont brûlé des livres. Bibles et Evangiles ont été la proie des flammes. C’est la première fois qu’un acte de cette nature est enregistré dans la wilaya de Tizi Ouzou connue pour être un havre de tolérance. Auparavant, cette église se trouvait près de l’université. Aucun incident n’avait été signalé

« Des barbus en nombre d’une vingtaine se sont introduits à l’intérieur de l’église pour y mettre le feu tout en saccageant le mobilier et les portes d’accès » a indiqué le pasteur Krireche, chargé de cette communauté. « Déjà dans la matinée de samedi, jour du culte hebdomadaire, des fidèles ont été empêches de force par ces mêmes individus d’accéder à l’église. Ils avaient commencé à saccager les locaux », a-t-il ajouté.

Le Pasteur de l’église Tafat affirme avoir « saisi les services de sécurité sur ces faits. Ils se sont déplacés pour faire le procès verbal de constatation mais les assaillants sont revenus à la charge dans la nuit » pour incendier les locaux de l’église.



Pour le pasteur Krireche, « c’est un acte d’intolérance mené par des islamistes contre notre église ». Il accuse également les autorités « d’immobilisme » et affirme ne pas comprendre qu’aucune suite n’a été donnée à plusieurs plaintes déposées auparavant auprès des services de sécurité et aussi auprès du procureur de la République de Tizi Ouzou. Depuis son aménagement en novembre dernier, les fidèles ont régulièrement été empêchés de pratiquer leur culte. Le matin de Noël, nous rapportions déjà comment ils avaient été empêché de célébrer cette fête.

Cette église avait reçu une notification de suspension de la wilaya de Tizi-Ouzou, tout comme une autre église protestante à qui il était demandé de suspendre leurs activités en attendant de recevoir un "certificat de conformité" pour l'exercice de leur culte, selon le pasteur Mustapha Krim, président de l'Eglise protestante d'Algérie. L'Eglise de la Nouvelle Ville et de Tafath comptent respectivement 700 et 200 membres et sont situées dans la wilaya de Tizi-Ouzou.
Cette décision a été prise dans le cadre de la nouvelle loi de février 2006 régissant le culte des non musulmans, considérée comme restrictive par ces derniers. L'exercice du culte non musulman, reconnu par la constitution, est soumis à une autorisation préfectorale, et doit être accompli dans des lieux autorisés par une commission spécialisée du ministère des Affaires religieuses. Les églises concernées existaient avant l'entrée en vigueur de la loi de 2006 et l'application à leur encontre de la nouvelle loi aurait "un caractère rétroactif qui serait inacceptable", a ajouté le pasteur.

Trois églises ont été la cible de bombes incendiaires le 8 janvier 2010 en Malaisie, sur fond de polémique concernant l'utilisation du mot "Allah" par les chrétiens. La première attaque a visé l'église pentecôtiste ''Metro Tabernacle'' à Desa Melawati. Un engin incendiaire a été lancé par des inconnus à moto peu après minuit et a ravagé le rez-de-chaussée du bâtiment, essentiellement des bureaux, situé dans une zone résidentielle, sans faire de blessés. Vers 4 h 30 du matin, un autre engin incendiaire de même facture a été lancé contre l'église catholique de l'Assomption, à Petaling Jaya, près de Kuala Lumpur, par un homme en motocyclette, échouant cette fois à incendier l'édifice. A 9 h du matin, deux cocktails Molotov étaient jetés par un motocycliste à l'intérieur de la Life Chapel, de l'Eglise évangélique de la Brethren Church, toujours à Petaling Jaya, causant des dégâts légers.

Le Premier ministre Najib Razak a condamné ces attaques qui se sont produites à l'aube dans la banlieue de Kuala Lumpur, assurant que le gouvernement "prendrait toutes les mesures nécessaires pour empêcher ces actes". Le ministre de l'Intérieur Hishammuddin Hussein pour sa part a expliqué que les responsables du pays étaient très préoccupés par la situation.

"Nous ne voulons pas que cela se transforme en quelque chose d'autre (...) J'assure non pas aux minorités mais à tous les Malaisiens qu'ils sont en sécurité".

Le gouvernement estime néanmoins qu'Allah est un mot de l'islam qui ne peut être employé que par les musulmans, ce que conteste une partie des érudits musulmans du pays. La justice malaisienne a d'ailleurs déclaré illégale l'interdiction faite aux chrétiens de désigner leur Dieu par le nom d'Allah.

Des musulmans ont cependant manifesté vendredi devant les deux principales mosquées de la capitale, tenant un discours plus radical.

"Nous ne laisserons pas le mot Allah être inscrit dans vos églises", ont-ils scandé devant la mosquée Kampung Barhu.

Une cinquantaine d'entre eux brandissaient des pancartes "L'hérésie prend naissance dans la mauvaise utilisation des mots", ou "Allah n'est que pour nous".

Trois autres lieux chrétiens ont été la cible de violences le lendemain. Un cocktail molotov a été lancé contre le poste de garde d'une institution catholique, sans déclencher d'incendie, à Taiping, tandis que plusieurs bouteilles brisées, dont certaines avaient contenu du dissolvant, ont également été retrouvées près de l'une des plus vieilles églises anglicanes du pays, l'église All Saints. Des vitres d'un temple protestant situé dans le sud-ouest de la capitale malaisienne ont été visées par des jets de cocktails Molotov qui n'ont pas fait de victimes. Une partie des murs a été brûlé, selon le pasteur Philip Loke.

Eglise de Desa Melawati

Les tensions sont survenues après que la justice saisie, a reconnu le droit au journal catholique Herald -The catholic Weekly d'utiliser le mot "Allah" pour désigner le dieu chrétien dans son édition destinée aux chrétiens de langue malaise de Bornéo. Mais certains musulmans du pays estiment que le journal cherche à créer la confusion dans leur communauté religieuse afin de susciter des conversions. Le père Lawrence Andrew, directeur de publication du journal, a dénoncé une campagne d'intimidation contre son hebdomadaire, également visé par des cyber-attaques. L'hebdomadaire est édité en quatre langues, avec environ 14.000 exemplaires par semaine dans un pays qui compte quelque 850.000 catholiques (9% de la population, à 60% musulmane).

La Haute cour de Malaisie a suspendu sa décision. Le gouvernement s'est prévalu d'une décision du Haut conseil national de la fatwa de mai 2008 statuant que le mot "Allah" ne peut être utilisé que par les seuls musulmans en Malaisie.

Le premier ministre du pays , Najib Razak, a vivement rejeté les accusations de l'opposition selon lesquelles son parti, l'Organisation nationale malaise unie (UMNO), qui recrute principalement son électorat parmi la population musulmane malaise, était responsable des violences. Le gouvernement a essuyé un recul sans précédent aux élections de 2008, sous la pression des minorités qui dénoncent tout à la fois une islamisation rampante, la corruption et une mauvaise gestion économique.

L'utilisation du mot «Allah» pour désigner le Dieu des chrétiens est courante dans des pays arabophones tels que le Liban et l'Égypte, mais les musulmans de Malaisie jugent la question très sensible dans un pays comptant d'importantes minorités. Ils accusent les chrétiens d'utiliser ce mot pour convertir les musulmans. La police a renforcé les mesures de sécurité autour des églises du pays.
Najib a dénoncé les attaques et dit que des mesures seraient prises contre leurs auteurs. De sa gestion des tensions religieuses, semble dépendre son maintien au pouvoir à l'issue d'élections qui doivent se tenir d'ici 2013.

Le mot ''Allah'' aurait plusieurs origines débattues. Pour certains, il s'agit de la forme arabe de l'invocation divine générique de la Bible : « Eli » ou « Elôï », « Mon Dieu » en hébreu. Eloah (pluriel : Elohim), signifie « Dieu » en hébreu. Une autre opinion veut que le mot soit la contraction de Al-Ilāh, (« le Dieu ») en arabe. Le mot se compose de l'article ال al, qui marque la détermination comme notre article « le », et de إِلَاه ilāh, qui signifie « (un) dieu ». Al suivi de ilāh donnerait Allāh par apocope du deuxième terme. De sorte, Allah se traduirait littéralement par « le Dieu » — usage qui rappelle celui du mot « Dieu » écrit avec une lettre capitale en français.

Le site italien « Asianews.it » (PIME) précise que le mot « Allah » est utilisé depuis au moins le XVe siècle par les non-musulmans : les chrétiens utilisaient le mot de « Allah » déjà à l'époque de l'Etat précolonial du sultanat de Malacca, vers 1402. Et l'un des premiers dictionnaires imprimés en langue malay est un dictionnaire malay-latin, de 1631, qui contient déjà aussi le mot « Allah ».

La communauté copte (chrétiens orthodoxes d'Egypte) a été la cible d'une fusillade à l'arme automatique dans le village de Nagaa Hammadi, dans le gouvernorat de Qenaen, en Haute-Egypte, mercredi 6 janvier alors que les fidèles sortaient de la messe de minuit de la fête de Noël qu'ils célèbrent le 7 janvier (jour de l'Epiphanie). La fusillade a fait sept morts, dont six parmi les fidèles et un policier, ainsi qu'une dizaine de blessés.

"Nous avons terminé la messe à 23H00 (21H00 GMT) et je me suis dirigé vers l'évêché, où j'ai vu un homme à bord d'une voiture en train de tirer à l'arme automatique contre tous les coptes qui passaient devant le bâtiment de l'évêché", raconte Anba Kirolos, évêque de Nagaa Hamadi. L'homme "a ensuite continué à tirer dans les rues de la ville sur les coptes".

L'évêque a déclaré que "l'auteur de ce crime est connu et fiché" par la police et "aurait dû être arrêté", mais bénéficiait de protections de la part de personnalités proches du Parti national démocratique (PND au pouvoir). La communauté copte dénonce régulièrement le "laisser-faire", sinon la protection des coupables, de la part des autorités égyptiennes censées la protéger.

Selon les services de sécurité, "le principal assaillant serait un habitant de la ville qui s'appelle Mohamed Ahmed Hussein (musulman), connu des services de police". Depuis une semaine, des chrétiens de la ville recevaient des menaces sur leur téléphones portables affirmant que les musulmans allaient "venger le viol de la fillette lors de la fête de Noël", a poursuivi Mgr Kirolos. En novembre dernier, en effet, une agression sexuelle contre une fillette musulmane de 12 ans par un jeune copte, près de Nagaa Hamadi, avait provoqué la colère des musulmans et des violences contre la population copte locale.
La Haute-Egypte compte les plus fortes concentrations de coptes, atteignant parfois un tiers de la population, notamment dans le gouvernorat de Qena, où s'est produite la fusillade de mercredi. La région a longtemps abrité les groupes islamistes radicaux qui avaient fait des chrétiens égyptiens leur cible. Ces cellules ont depuis été éradiquées, mais le sud égyptien continue à être endeuillé par la pratique du tha'r, code de l'honneur assimilable à la vendetta, engageant l'ensemble d'un clan. L'implication d'un copte dégénère souvent en affrontement interconfessionnel.

Le lendemain, jeudi, des affrontements ont eu lieu avec la police tandis que 2 000 personnes s'étaient rassemblées devant l'hôpital où avaient été transférées les dépouilles des morts. La police a tenté d'empêcher ce rassemblement, provocant la réaction de la foule et des jets de pierres. La police a riposté à coup de grenades lacrymogènes et de lances à eau.
Selon des témoins, les manifestants ont lancé des slogans comme "Non à l'oppression" ou "ô croix, nous te défendrons par notre âme et notre sang". En fin de matinée, les heurts ont cessé, mais manifestants et forces de l'ordre continuaient de se faire face aux abords de l'hôpital.

L'Eglise copte d'Egypte prétend rassembler quelques 10 millions de fidèles (sur une population de 72 millions), soit deux fois plus que les statistiques officielles qui parlent de 5 à 6 millions de fidèles. On ne peut prétendre obtenir des données fiables à ce sujet dans un pays où "l'unité nationale" est un objectif sacro-saint et où les coptes (8% à 13 % de la population) font figure de moutons noirs. La communauté chrétienne copte se plaint depuis des années d'une discrimination et de harcèlement officieux. Ils sont notamment écartés des postes clés de l'armée, de la police ou des universités, sinon pour un ou deux contre exemples réalisés à des fins politiques.

Depuis, les incidents – autour de projets de construction d'églises ou de rumeurs de "conversions forcées" à l'islam – se sont multipliés, provoquant un repli de la communauté chrétienne, son émigration ou sa radicalisation.


Mise à jour Février 2011 : Mohamed Ahmed Hussein, a été condamné à mort (par pendaison) pour cet acte. Ses deux complices ont été acquittés.
Selon les rumeurs, il s’agissait en fait de la vengeance du député du parti du président Moubarak, qui n’avait pas pardonné aux coptes de l’avoir fait échouer lors des précédentes législatives.

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