PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Le 16 février dernier, Amnesty International a rendu public un rapport réclamant au gouvernement de Birmanie l’arrêt des répressions anti-chrétiennes qui ont lieu avant la tenue des élections. Les minorités chrétiennes sont persécutées dans ce pays boudhiste ou seul le boudhisme est admis comme religion par le gouvernement. Le gouvernement se méfie en effet des minorités ethnique qui portent ces religions.

La semaine du 8 février, quatre jeunes femmes chrétiennes ont été arrêtées pour avoir avoir distribué des aumônes contenant des messages chrétiens.

Mireille Boisson, responsable d’Amnesty International au Myanmar, a été interrogé par Radio Vatican. Ecouter son témoignage

À l’approche des élections en Birmanie, de nombreux militants appartenant à plusieurs minorités ethniques sont persécutés, arrêtés, voire torturés.

Deux églises protestantes (appartenant à l’“Église de l’Inde du Nord” et à l’“Armée du Salut”) ont été attaquées, incendiées et rasées au mois de février 2010 et les pasteurs présents ont été agressés et frappés, et leurs maisons saccagées. Certains chrétiens accusés d’être impliqués dans la violence ont été arrêtés par la police, tandis qu’aucun extrémiste indou n’a été arrêté.

Ces violences surviennent dans un contexte de tension liées à la diffusion du portrait blasphématoire du Christ publié dans un manuel scolaire. Des religieuses ont découvert cette image odieuse présentée dans le manuel pour illustrer le mot "idole", et présente le Christ lui-même fumant une cigarette et un verre de bière à la main.
Les religieuses ont demandé aux enfants la restitutions des livres et ont envoyé une lettre aux autorités en exprimant leur déception pour ce total manque de respect envers les symboles religieux chrétiens. Le gouvernement de l’État a ordonné de retirer le livre de la circulation.
Les Églises chrétiennes en Inde sont en train de prendre des mesures :

"Nous avons demandé à toutes les écoles catholiques en Inde de retirer le texte et de boycotter tous les livres de la Skyline Publications. Cette image est inacceptable et va contre tout principe de respect et de dialogue” a déclaré à l’agence Fides, le P. Babu Joseph, porte-parole de la Conférence épiscopale de l’Inde. On est aussi en train d’examiner la possibilité de promouvoir une action légale, au niveau économique, contre la maison éditrice."

Mais le portrait a aussitôt été publié par certains mass-médias, et a même été exposé dans les rues de la ville de Jalandhar dans l’État du Punjab (Nord-Ouest de l’Inde), en provocation manifestement.
Les chrétiens du lieu ont protesté de manière pacifique devant les autorités civiles, en demandant que soient enlevées les images. Dans la ville de Batala (district de Gurdaspur), la situation a dégénéré : certains jeunes chrétiens ont cherché à enlever les tracts présents dans un marché à dominance indoue, mais d’autres jeunes, extrémistes indous, ont tenté de les en empêcher. S’en est suivi une rixe et la violence s’est étendue à la ville entière, dans la mesure où les responsables des mouvements extrémistes comme “Bajrang Dal” et “Shiv Sena” sont descendus armés dans les rues et ont incité les esprits à la violence contre les chrétiens.

L'appel à la violence a dégénéré jusqu'à la mise à feu des deux églises protestantes, qui ont été entièrement détruites par les foules hindoues.

En Irak, des élections législatives auront lieu le 7 mars prochain, dans moins de deux semaines, et ces périodes électorales sont propices à des tensions qui se rabattent souvent sur les chrétiens, alors pris pour cibles. Ainsi en 2008, une vague de violences avait entraîné la mort de 40 chrétiens et 12.000 autres avaient dû fuir Mossoul et ses environs.

5 chrétiens ont déjà été tués depuis le 14 février à Mossoul, et trois autres viennent s'ajouter à la liste. Un syriaque catholique et ses deux fils ont en effet été tués dans leur maison à Mossoul, où vivent toujours 15.000 à 20.000 membres de cette minorité.

"Des inconnus ont pénétré dans la maison d'Aishoua Maroki, 59 ans, et l'ont tué par balles ainsi que ses deux fils Mokhlas, 31 ans, et Bassem, 25 ans. Ils ont en revanche laissé la vie sauve à sa femme et sa fille avant de s'enfuir en emportant l'or que la famille possédait", a précisé le commandant Khalaf al-Joubouri.

Un policier et un homme non encore identifié ont également été tué mardi à Mossoul ces derniers jours

Les autorités locales craignent que les chrétiens ne soient les principales victimes d'une montée des tensions liée aux législatives du 7 mars. Pour sa part, la communauté chrétienne de Mossoul dénonce l'inaction des services de sécurité face à des tueurs qui s'échappent à chaque fois.

addendum 26/02/2010 : Des centaines de familles chrétiennes ont fui Mossoul, mercredi 24 février 2010, selon l’archevêque chaldéen de la ville, Mgr Emil Shimoun Nona.

"Nous devons faire face à une véritable urgence humanitaire, les gens ont tout quitté, laissant leur maison derrière eux, leurs biens, leurs activités commerciales…", a informé le prélat auprès de l’agence de presse catholique italienne AsiaNews.

Mgr Nona souligne que l’archidiocèse tente d’aider les réfugiés en leur fournissant des biens de base, mais "la situation est dramatique". L’archevêque, dont le prédécesseur – Mgr Paulos Faraj Rahho avait été enlevé par des hommes armés le 29 février 2008 avant d’être retrouvé mort deux semaines plus tard – va se rendre prochainement à Bagdad pour tenter d’obtenir une réaction et l’intervention du gouvernement central.

Le gouvernement irakien a annoncé jeudi la création d'une commission d'enquête après les meurtres de chrétiens dans la région de Mossoul (nord), affirmant qu'il agirait fermement à l'encontre des auteurs.

"Le gouvernement condamne les atteintes aux chrétiens, une des composantes de notre peuple, et décide de former une commission d'enquête", a annoncé son porte-parole Ali al-Dabbagh.

Selon lui, "le gouvernement va renforcer les mesures de sécurité pour prévenir de telles atteintes, agir fermement contre les forces terroristes et interroger les responsables des points de contrôle près desquels ces attaques ont eu lieu".

150 musulmans armés ont attaqué le village chrétien de Pahar Ganj dans le nord de Nazimabad, province de Karachi, dimanche 21 février 2010. Ils ont tirés sur les maisons, vandalisé deux églises, battu des chrétiens et brûlés les commerces après une rixe entre un vendeur de fruit et un adolescent chrétien.

L'histoire parâit assez incroyable, mais ce qui a mis le feu aux poudre n'est rien de moins qu'une inimitié farouche entre un vendeur de fruit et un adolescent chrétien de basse condition. Ce dernier touchait les fruits présentés sur l'étallage du marchand, comme cela se fait au Pakistan où l'on peut même goûter les fruits avant de les acheter, selon la télévision locale, quand le marchand, qui avait des précédents avec le garçon, s'est jeté sur lui en le traitant de Bhangi chrétiens, c'est à dire "intouchable" ou "infidèle". (Tous ses clients étant chrétiens, l'assaut ne visait pas en vérité sa religion mais sa condition sociale).
Il a saisi a main du garçon et l'a tranché aussitôt avec un couteau à fruit. Des chrétiens dans la foule se sont empressé de tenter de sauver le garçon, et le marchand s'est justifié auprès de ses pairs par la suite en affirmant que le garçon avait rendu le fruit impur et avait blasphémé contre le Coran.
Plus tard dans la journée, 150 musulmans armés ont attaqué le village chrétien, dont les habitants ont répliqué par des jets de pierre, et ont vandalisé l'église Ste. Marie du Pakistan and the l'Eglise du Calvaire.

La communauté chrétienne a décidé de ne pas porter plainte contre les musulmans, pour éviter d'encourir des contre-accusations encore plus grave comme il est d'usage dans ce pays, où le blasphème contre le Coran est notamment puni par les peines les plus sévère, sans qu'il soit besoin de prouver nécessairement la faute.

200 chrétiens et musulmans sont venus tenter de résoudre les tensions entre les communautés en signalant notamment l'absence de poursuites judiciaires. 5 chrétiens ont néanmoins été arrêtés. Il s'agit de cinq visiteurs qui n'étaient pas informés d'un mandat d'arrestation contre 40 chrétiens lancé les jours suivant, et les seuls qui de ce fait erraient dans les rues le jour de la descente de la police.

Quatre chrétiens ont été tués à Mossoul en l’espace de quatre jours, et un cinquième a été retrouvé mort, après avoir été enlevé, au nord de la ville.

« Nous sommes terrifiés, on nous tue pour vider Mossoul de sa principale composante et les forces de sécurité ne sont pas capables de nous offrir la sécurité » a déclaré à l’AFP Hazem Girgis, un diacre orthodoxe de l’église Saint-Ephrem, au centre de Mosssoul. «La minorité chrétienne est devenue un enjeu et cela se passe toujours ainsi avant les élections. »

Depuis dimanche, cinq chrétiens ont été assassinés en pleine rue.
Dimanche 14 février, Rayan Salem Elias, 43 ans, commerçant chaldéen a été abattu devant chez lui. Le lendemain, Mounir Fatoukhi, 40 ans, commerçant lui aussi a tué par des inconnus qui ont ouvert le feu depuis leur véhicule. Mardi 16 février, deux cousins assyriens Ziya Toma, 21 ans, et Ramsen Shmael, 22 ans, étudiants, ont été mitraillé en pleine rue, l’un est mort, l’autre grièvement blessé. La tragédie se poursuit avec un nouveau meurtre le 17 février, de Wissam George, 20 ans, dans le quartier sud de la ville. Samedi 20 février, Adnane al-Dahan, un chrétien orthodoxe de 57 ans et originaire de Syrie a été retrouvé mort à Al-Belladiyat, un autre secteur du nord de la ville. Il avait été enlevé il y a une semaine devant son épicerie du quartier d'Al-Habda.

L’approche d'élections est souvent à l'origine d'une campagne de terreur, même s’il reste difficile d’expliquer les motifs politiques de tels actes. Pour Marc Fromager, directeur de l’Aide à Eglise en Détresse :

« Ce qui paraît le plus plausible, c’est qu’on veux vider la ville de Mossoul de ses chrétiens. »

Mgr Sleiman, archevêque latin de Bagdad a appelé à l’aide pour

« rompre le mur du silence qui entoure le meurtre de chrétiens à Mossoul. C’est un nouvel exode qui commence, et une fois encore, les chrétiens sont sacrifiés sur l’autel des politiques radicales de ce pays ».

Fin 2008, une campagne de meurtres avait fait 40 morts parmi les chrétiens, entraînant le départ de Mossoul de plus de 12 000 d’entre eux.

Quelques journaux ou blogs relatent ces faits ici ou là, mais force est de constater que ces crimes contre une population en raison de son appartenance à une religion se font dans l'indifférence générale, ce que regrette justement Mgr Sleiman.

Une foule d'au moins 1000 personnes a mis le feu à deux églises protestantes à Sibuhuan (Sumatra-Nord). Ces incendies sont le point culminant de la tension qui règne dans la communauté islamique locale qui se dit lasse de voir «trop de fidèles et trop de gens qui prient» dans un lieu qui n'est pas légalement enregistré comme une église.

Le chef du district de Padang Lawas, Bassorah Lubis, a déclaré :

« Les assaillants sont arrivés en un éclair. Leur nombre était énorme, plus ou moins un millier. Ils étaient en colère parce que l'administration de l'église n'avait pas répondu à leurs demandes: de changer l'usage de ces “lieux de prières” en “bâtiments neutres.” »

Selon la police, aucun des deux bâtiments n'avaient reçu de permis de construire et ils devaient être considérés comme des «lieux de prière» et non comme des «églises».
C'est qu'en Indonésie, soumise à la loi islamique, un permis spécial (izin Mendirikan Bangunan, la DGI) est nécessaire pour construire une église. Le processus pour obtenir le permis est presque toujours difficile et la communauté islamique veut combattre l'arrivée de nouvelles églises. Cette absence de permis légal est devenu la source principale de la violence des musulmans contre les chrétiens.

Cet incident porte à 18 le nombre d'églises catholiques et protestantes qui ont été cibles de violences depuis le début du second mandat du président Susilo Bambang Yudhoyono, depuis le 20 octobre 2009. Le P. Benny Susetyo, secrétaire exécutif de la Commission pour l'œcuménisme et les affaires interreligieuses de la Conférence des évêques catholiques d'Indonésie, met directement en cause le président de la République, lui reprochant de ne pas dénoncer avec vigueur ces actions criminelles ni de mobiliser l'administration pour arrêter les coupables.

En 2007, plus d'une centaine d'attaques contre des églises chrétiennes avaient été recensées, suivi par une accalmie dans ces attaques. Aujourd'hui, souligne le P. Benny Susetyo, il semble que le président Yudhoyono laisse faire son ministre des Affaires religieuses, Suryadharma Ali, qui est aussi le dirigeant d'un parti musulman, le PPP (Partai Persatuan Pembangunan, Parti du développement uni). Le Rév. Gomar Gultom, secrétaire général de la Communion des Eglises protestantes, partage la même analyse.

« J'ai le sentiment que le président Yudhoyono a laissé ces attaques se produire », explique-t-il à l'agence Ucanews. Durant les cent premiers jours de son deuxième mandat, Yudhoyono n'a pas diligenté de poursuites judiciaires contre les personnes qui ont été appréhendées dans le cadre d'attaques d'église.

Pour Theopilus Bela, secrétaire général du Comité indonésien des religions pour la paix,

« le président Yudhoyono est un homme bon mais faible. Il n'agit pas avec fermeté pour empêcher les groupes radicaux de passer à l'action et pour sanctionner les autorités locales qui laissent agir ces groupes. Il est très décevant de constater que de telles attaques continuent de se produire et que rien n'est fait pour y mettre fin ».

Dans un pays où les musulmans sont très majoritaires (86,1 % de la population selon le recensement de 2000), les chrétiens (5,7 % de protestants et 3 % de catholiques) se heurtent régulièrement à de graves difficultés dès qu'ils désirent construire ou agrandir leurs lieux de culte. Outre une législation très contraignante en ce domaine, les chrétiens doivent faire face aux agissements de groupes radicaux musulmans qui n'hésitent pas à user de violence pour empêcher le bon fonctionnement des communautés chrétiennes.

Recommander ce site

Calendrier

« février 2010 »
lunmarmerjeuvensamdim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728

Catégories



Parse error: syntax error, unexpected $end in /home/indignat/www/persecutions/ecrire/tools/bbclone/var/last.php on line 784