PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Radio Vatican a dénoncé fin avril 2010 une persécution anti-chrétienne des autorités en Ouzbékistan, rapportées par Asia News. Notamment, lors de contrôles effectués au domicile des chrétiens, des livres religieux ont été détruits.
Le motif de ces persécutions est qu'il s'agit d'activités « non conformes et non autorisées par le statut » législatif.

Le code pénal du pays (art. 244-3) punit de prison jusqu'à une peine de trois ans, « la production illégale, la possession, l'importation et la distribution de littérature religieuse ». De nombreux fidèles ont ainsi fait de la prison, y compris pour « avoir enseigné sans autorisation ».

La surveillance vise spécialement les étudiants, qui ont l'ordre d'éviter toute implication dans des « religions étrangères » à la tradition locale, sous menace de l'application de l'art. 240 § 2 du Code d'administration qui interdit « d'attirer les croyants dans une confession ou dans d'autres activités missionnaires ». Tout événement de groupe est passible d'une dénonciation pour les chrétiens qui participent à des match de football ou à des fêtes d'anniversaires.

Les persécutions semblent plus prononcées dans le Nord-Ouest du pays, dans la région du Karakalpakstan, où les chrétiens sont sujets à des menaces continuelles, à des amendes sévères, à la confiscation et destruction de matériel religieux, du fait de la police et des autorités civiles.

La République d'Ouzbékistan est un pays d'Asie centrale de plus de 28 millions d'habitants, à 90% musulmans (sunnites), et dont 80% de la populationest Ouzbeks, peuple de langue turque. C'est une ancienne république soviétique, devenue un État indépendant le 31 août 1991. Le pays est officiellement laïque.

Dans la soirée du 17 avril, une trentaine d'hommes a fait irruption au milieu d'une réunion de prière, le visage masqué par des étoffes de couleur safran (symboles des mouvements extrémistes hindous), et ont frappé les participants, faisant un mort et trois blessés.

Ce rassemblement protestant se tenait à Saliya, village du district de Betul, dans l'Etat du Madhya Pradesh.

« Lorsqu'ils sont entrés, nous étions en train de chanter un cantique les yeux fermés », explique-t-il. Mais dès que leurs agresseurs ont commencé à les frapper avec des bâtons, des barres de fer et différentes armes, les chrétiens se sont mis à courir dans tous les sens pour se mettre à l'abri. « Ils nous battaient en nous accusant de nous livrer à des conversions forcées », raconte le témoin.

Il ajoute que pendant qu'ils fuyaient dans l'obscurité, un jeune homme de 25 ans, Amit Gilbert, est tombé dans un puits à ciel ouvert où il s'est noyé, tandis que trois autres, dont une femme, étaient gravement blessés. Cette dernière a eu la colonne vertébrale brisée et son état est jugé très préoccupant par les médecins. Avant de disparaître, le groupe des assaillants a détruit le matériel liturgique, des bibles et vandalisé les véhicules des chrétiens.

Sept personnes ont fini par être arrêtées par la police, mais aucune information n'a encore filtré sur l'identité des agresseurs. Le Madhya Pradesh Isai Mahasangh (Grand conseil des chrétiens du Madhya Pradesh, MPIM) a déclaré suspecter fortement le Bajrang Dal d'être à l'initiative de l'agression, une allégation démentie par Preetivardhan Chaturvedi, responsable local du groupe hindouiste.

Cette nouvelle attaque a poussé les crétiens à répondre à l'appel de Mgr Cornelio, archevêque catholique de Bhopal, qui avait déjà alerté le gouvernement sur ces exactions, et de la Confédération des chrétiens (MPIM). Ils étaient 5000 à défiler le lundi 18 avril 2010 dans les rues de Bhopal en demandant que les droits des chrétiens et des minorités soient respectés et les agresseurs sanctionnés.

A l'issue de la manifestation, Mgr Leo Cornelio s'est adressé à la foule :

« Nous sommes des citoyens de cet Etat et en tant que tels, nous avons les mêmes droits à mener une vie qui ne soit pas faite de peur et d'humiliation. » Cette demande de respect des minorités a été reprise par d'éminents hommes politiques et responsables religieux qui étaient venus apporter leur soutien aux chrétiens. « Nous sommes avec vous ! », a ainsi lancé à la foule Haji Haroon.

Leader musulman et président du principal parti d'opposition, il a rappelé que les chrétiens s'étaient risqués dans la jungle et dans les lieux les plus reculés de l'Etat pour y apporter aide médicale et éducation à tous les pauvres et laissés-pour-compte de la société. Quant à Shailendra Shailey, leader communiste, également présent au meeting, il a tenu à souligner que les chrétiens se refusaient à entrer dans le cercle de la violence, mais, au contraire, travaillaient à l'amélioration de la société et à la paix. Et pourtant, concluait-il,

« les chrétiens sont persécutés sans raison pour avoir fait ce bon travail ».

Au Madhya Pradesh, on estime que les chrétiens représentent moins de 1 % d'une population de 55 millions, à 91 % hindoue.

Environ 200 militants hindouistes ont attaqué les participants à une session évangélique qui se tenait du 13 au 15 avril 2010 dans le grand stade de la ville de Balaghat, réunissant des milliers de participants. Après plusieurs tentatives pour pénétrer dans l'enceinte, repoussés par la police, ils ont lancé un cocktail Molotov, sans faire de victimes, et s'en sont pris ensuite au participants le dernier jour, à la fin de la session, lorsqu'ils retournaient aux cars. La police les a identifiés comme appartenant au Bharatya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) et au Bajrang Dal.

22 d'entre eux ont été arrêtés, après qu'ils aient attaqué la police à coup de pierres. L'incident a obligé les forces de l'ordre à protéger les églises et les prêtres de toute la région, comme cela avait déjà été le cas lors de l'attaque manquée de la cathédrale syro-malabar de Satna en mars dernier.

Le 15 avril, Mgr Leo Cornelio, archevêque catholique de Bhopal, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il avait

« rappelé au gouvernement qu'il était de son devoir de protéger chaque citoyen, sans considération de caste, de religion ou autre », et que les chrétiens étaient continuellement « persécutés et humiliés » par les groupes hindouistes qui agissaient en toute impunité. « Nos fidèles sont arrêtés sur de fausses accusations et jetés en prison, alors que ceux qui les attaquent se promènent librement », a-t-il ajouté.

Comme d'autres observateurs avant lui, il n'avait pas manqué de souligner que les chrétiens subissaient ces violences en constante augmentation depuis 2003, année de l'arrivée au pouvoir du BJP. Selon les statistiques de l'Eglise locale et de plusieurs organisations chrétiennes, il n'y aurait eu plus de 170 attaques antichrétiennes depuis cette date. Mais « nous ne céderons pas à la pression », avait conclu l'archevêque, qui avait appelé à une manifestation pacifique pour le 18 avril.

Les chrétiens de Gaza ne sont pas autorisés, cette année encore, à se déplacer en pélerinage à Jérusalem, par décision des autorités islamiques de Gaza (semble-t-il). Les chrétiens se plaignent d'une cohabitation avec les musulmns de plus en plus difficile, alors qu'elle ne posait aucun problème avant la prise de pouvoir du Hamas. La production de vin a même été interdite (comme tout alcool), ce qui pose problème aux chrétiens censés célébrer l'eucharistie avec du pain et du vin.

Une ONG chrétienne avait décidé de protester contre ces restrictions d’accès à Jérusalem le dimanche des Rameaux, en organisant une marche pacifique partie de la basilique de la Nativité de Bethléem. Cette manifestation a été bloquée par la police et les forces israéliennes au check-point de la « Tombe de Rachel », et plusieurs marcheurs ont été arrêtés, dont Abbas Zaki, membre du Comité central du Hamas.

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