Environ 200 militants hindouistes ont attaqué les participants à une session évangélique qui se tenait du 13 au 15 avril 2010 dans le grand stade de la ville de Balaghat, réunissant des milliers de participants. Après plusieurs tentatives pour pénétrer dans l'enceinte, repoussés par la police, ils ont lancé un cocktail Molotov, sans faire de victimes, et s'en sont pris ensuite au participants le dernier jour, à la fin de la session, lorsqu'ils retournaient aux cars. La police les a identifiés comme appartenant au Bharatya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) et au Bajrang Dal.

22 d'entre eux ont été arrêtés, après qu'ils aient attaqué la police à coup de pierres. L'incident a obligé les forces de l'ordre à protéger les églises et les prêtres de toute la région, comme cela avait déjà été le cas lors de l'attaque manquée de la cathédrale syro-malabar de Satna en mars dernier.

Le 15 avril, Mgr Leo Cornelio, archevêque catholique de Bhopal, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il avait

« rappelé au gouvernement qu'il était de son devoir de protéger chaque citoyen, sans considération de caste, de religion ou autre », et que les chrétiens étaient continuellement « persécutés et humiliés » par les groupes hindouistes qui agissaient en toute impunité. « Nos fidèles sont arrêtés sur de fausses accusations et jetés en prison, alors que ceux qui les attaquent se promènent librement », a-t-il ajouté.

Comme d'autres observateurs avant lui, il n'avait pas manqué de souligner que les chrétiens subissaient ces violences en constante augmentation depuis 2003, année de l'arrivée au pouvoir du BJP. Selon les statistiques de l'Eglise locale et de plusieurs organisations chrétiennes, il n'y aurait eu plus de 170 attaques antichrétiennes depuis cette date. Mais « nous ne céderons pas à la pression », avait conclu l'archevêque, qui avait appelé à une manifestation pacifique pour le 18 avril.