Un attentat à la voiture piégé a eu lieu dimanche 2 mai 2010 près de Mossoul (capitale de la province de Ninive), qui visait un bus transportant des étudiants et des employés chrétiens se rendant de Hamdaniya, plus grande localité chrétienne du nord, à l'université de Mossoul (350 km au nord de Bagdad).

Un commerçant a été tuée et 80 autres étudiants blessés.

"C'étaient tous des étudiants chrétiens. Ils prennent des bus comme ceux-là pour aller à l'université de Mossoul, depuis les périodes troublées où les chrétiens ont été pris pour cibles", a expliqué Nissan Karoumi, maire de Hamdaniya.

Les insurgés sunnites, comme le réseau Al Qaïda, s'en prennent depuis des années aux chrétiens, aux yazidis, aux shabaks et aux autres minorités d'Irak, de même qu'aux chiites.
Mossoul, capitale de la province de Ninive, est au coeur de vieilles luttes entre les Arabes et la minorité kurde pour le contrôle des terres, du pouvoir et des richesses comme le pétrole.

Dans un rapport publié en novembre, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) affirmait que les minorités, notamment chrétiennes, du nord de l'Irak, étaient les victimes collatérales du conflit entre Arabes et Kurdes sur des territoires disputés et également des extrémistes sunnites.

Entre le 14 et le 23 février, huit chrétiens avaient été tués à Mossoul et dans ses environs, et depuis l'invasion conduite par les Américains en 2003, il ne reste plus que 550.000 chrétiens, en majorité des chaldéens catholiques, sur les 800.000 qui vivaient dans ce pays, pour une population totale de 30 millions d'Irakiens. Fin 2008, une campagne systématique de meurtres et de violences ciblés a fait 40 morts parmi les chrétiens de Mossoul, provoquant le départ de plus de 12.000 d'entre eux.

Le pape Benoît XVI a condamné les récentes violences contre les chrétiens irakiens et demandé aux autorités de protéger "les minorités religieuses les plus vulnérables" du pays.