Mercredi, à Guizeh, dans la proche banlieue du Caire, une manifestation de coptes orthodoxes a fait un mort, suite à la décision de l'administration d'arrêter la construction d'une église copte.

La municipalité avait délivré un permis pour agrandir un centre culturel et social copte, mais a fait volte-face quand des coupoles sont sorties de terre. Le centre social se mettait à ressembler étrangement à une église. Or la construction d'un nouveau lieu de culte exige, en Égypte, un permis de construire particulier, qui n'est accordé que de façon rarissime aux chrétiens, en très grande majorité coptes orthodoxes (de 6 à 7 millions). La police a été envoyée mercredi sur le chantier pour arrêter la construction, mais a été accueillie à coups de pavés par deux cents protestataires décidés à en découdre. Elle a répliqué aussitôt avec violence, tuant un copte par balle. Un autre, grièvement blessé, est décédé à l'hôpital vendredi.

Les Coptes se sentent de plus en plus discriminés dans le pays, en grande partie suite à l'islamisation galopante de l'Egypte et le poids politique croissant du mouvement des Frères musulmans. Certains veulent malgré tout relever la tête, quitte à se mettre dans l'illégalité, comme à Guiseh.

Mais en pleine période électorale, à l'orée du premier tour des législatives, les autorités n'entendent pas se mettre en porte-à-faux avec une majorité musulmane alors qu'elles se sont lancées dans un violent bras de fer avec les Frères musulmans ces derniers mois, qui avaient remporté 20 % des voix aux législatives de 2005. 1 260 d'entre eux ont été arrêtés, dont deux candidats, à l'occasion des nombreuses explosions de "ras-le-bol" qui éclatent aux quatre coins du pays ; 500 sont encore en prison. Les frères musulmans prônent en effet un islam radical qui met en péril l'équilibre du pays.