Les procès contre les non-musulmans se multiplient en Algérie. Dimanche, le tribunal correctionnel de Larvâa Nat Iraten (120 km à l'est d'Alger) a jugé quatre chrétiens pour « pratique d'un culte sans autorisation ». Il leur est reproché d'avoir ouvert une église à Ath Atelli, un village de montagne où quelques musulmans ont décidé de se convertir. Le procureur a requis un an de prison contre eux (le jugement aura lieu le 12 décembre).
Par solidarité, des centaines de citoyens ont manifesté devant le palais de justice.

Il est vrai que le prosélytisme de l'église protestante ne fait qu'accroître les tensions, dans un pays où l'islam est religion d'État.

En octobre, une dizaine de personnes, dont deux chrétiens, ont été inculpées « d'atteinte aux préceptes de l'islam » pour avoir brisé le jeûne rituel du ramadan. Soutenus par des militants des droits de l'homme, ils ont été relaxés. Mais moins médiatisé, un jeune chômeur d'Oum El Bouaghi, dans les Aurès, a été condamné, lui, pour le même motif, à deux ans de prison ferme.