Des hommes armés suspectés d'appartenir à la secte Boko Haram, les «talibans» nigérians, ont mené trois attaques contre des églises dans la région d'Alamderi, au Nord du Nigéria, dans la ville de Maiduguri.

« Dans une attaque menée contre une église baptiste dans la région d'Alamderi, cinq fidèles dont un pasteur ont été tués par des hommes armés suspectés d'appartenir à la secte Boko Haram», a déclaré le lieutenant Abubakar Abdullahi, ajoutant que cette attaque avait eu lieu dans la ville de Maiduguri, considérée comme un «fief» taliban.

Dans une autre partie de cette ville, un garde de sécurité a été tué par d'autres membres présumés de la secte Boko Haram, qui ont attaqué une autre église.

Des soldats nigérians, selon la même source, ont réussi à empêcher une autre attaque visant troisième église dans la même ville. Le porte-parole militaire a cependant souligné qu'une église baptiste avait été incendiée ainsi que la maison du pasteur qui était située à proximité.

Boko Haram est une secte islamiste dont le soulèvement l'an dernier et un affrontement avec les forces de l'ordre avaient fait des centaines de morts.

Plus de 50 personnes, dont des policiers, des soldats, des religieux, des chefs locaux et des politiciens ont été tués à Maiduguri, au cours des cinq derniers mois, par des hommes soupçonnés d'appartenir à la secte Boko Haram, qui affirme vouloir instaurer un Etat islamiste "pur".

En juillet 2009, la secte qui se réclame des talibans d'Afghanistan, comptait des milliers de partisans. Elle avait alors mené une offensive coordonnée contre des commissariats dans plusieurs Etats du nord.

Le même jour, une série de sept attentats à l'explosif a causé la mort de 32 personnes et blessé 74 autres, dans la ville de Jos, capitale de l’État du Plateau. Aucun lien n’a été dans un premier temps établi entre ces différentes attaques. L'attaque a Jos, bien que localisée dans le quartier chrétien, semble davantage faire écho aux violences passées qui sont politiques et qui opposent les chrétiens et les musulmans comme communautés opposées sur des sujets sociaux et politiques, sans que la religion ne semble être elle-même facteur de tension (ces violences politiques ne sont donc pas répertoriées dans ce site). L'attaque de Maiduguri semble en revanche bien avoir un objectif religieux.

Toujours le même jour, une église était attaquée aux Philippines par d'autres islamistes.

Le pape Benoît XVI a déploré, dimanche 26 décembre, lors de l'angélus, les «violences absurdes» contre les chrétiens.