PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


En moins d’une semaine, trois églises ont été attaquées au Pakistan par des extrémistes musulmans

Le lundi 28 mars 2011, un groupe de six ou sept personnes armées a attaqué l’église catholique Saint Thomas dans le district militaire de Wah, à 50 km de Rawalpindi, selon l'agence Asianews. Les extrémistes ont jeté des pierres sur l’édifice et cassé les vitraux vers 18h30, au moment où le garde de sécurité s'est absenté. Ils ont également tenté d’en forcer la porte pour y mettre le feu, mais sans succès et sans faire usage de leurs armes. Selon le pasteur Tariq Emmanuel, qui habite près de l'église, c'est parce que la zone est sous haute sécurité à cause d'un dépôt de munitions tout proche, et que les militaires auraient immédiatement réagi en cas de coups de feu.
Il faut franchir quatre barrière pour pénétrer dans la zone où se trouvait l'Eglise. Et l'évêque d’Islamabad, Mgr Rufin Anthony, qui s’est rendu sur place, n'a pas manqué de dénoncer l'attitude pour le moins passive de l'armée.

Le curé de l’église, le père Yusaf Amanat, a fait part à l’agence Fides de sa préoccupation face à ces actions intimidatrices qui pourraient être liées à l’épisode d’autodafé du Coran récemment réalisé en Floride, aux Etats-Unis, par le Pasteur Wayne Sapp (sous les instigations du pasteurs Terry Jones), bien que la communauté catholique ait condamné ce geste.

L'évêque a demandé aux autorités de police de prendre des mesures urgentes et affirmé son intention d’organiser une rencontre avec les responsables de l’Eglise anglicane et d’autres Eglises protestantes pour examiner la situation actuelle des minorités religieuses.

"Nous vivons dans une condition de précarité, de peur et de souffrance. Le gouvernement devrait inscrire de telles questions parmi ses plus hautes priorités", a-t-il déclaré.

Le lundi précédent 21 mars, une foule d'extrémistes islamiques a attaqué une église pentecôtiste à Hyderabad, tuant deux chétiens et brûlant des exemplaires de la Bible. Des témoins ont rapporté que les fondamentalistes ont envahi le lieu de culte pour y mettre le feu, mais qu'un groupe de croyant se sont opposés à eux. Les forces de sécurités ont fui pendant que les attaquants scandaient des slogans anti-chrétiens.
Deux chrétiens y ont été assassinés et deux autres grièvement blessés.
Ces chrétiens de Camp Hurr, une colonie de travailleurs chrétiens à Hyderabad dans la province du Sindh, célébraient le 30ème anniversaire de la fondation de leur église appartenant à l’Armée du Salut. Des jeunes musulmans s’étaient réunis devant l’église, se mettant à faire de la musique de façon bruyante et à taquiner des femmes se rendant à la célébration. Quatre chrétiens sont alors sortis de l’église pour demander aux jeunes de cesser de faire du bruit et d’ennuyer les femmes, en leur demandant de respecter le caractère sacré des lieux. Après des explications houleuses, les jeunes musulmans s’en sont allés, pour revenir avec des pistolets… et ouvrir immédiatement le feu.
Younis Masih, 47 ans, et Jameel Masih, 22 ans ont été tués sur le coup. Siddique Masih, 45 ans, et Waseem, environ 20 ans, ont été grièvement blessés.

Les chrétiens sont surtout atterrés par l’attitude des autorités. La mère de Jameel, Surraya Bibi, a déclaré que

"la police s’est comportée comme si rien d’important ne s’était passé! Les policiers n’ont enregistré la dénonciation que tard dans la nuit, quand nous avons tous bloqué pendant plusieurs heures, avec les deux cadavres, l’artère principale d’Hyderabad…"

La police n’a encore arrêté aucun des auteurs de ce crime, se contentant d’appréhender quelques jeunes qui n’avaient rien à voir avec l’attentat.

Un autre incident a eu lieu à la "Full Gospel Assembly Church", dans le quartier de Badami Bagh à Lahore, qui a été attaquée. Une fois encore, les fondamentalistes ont brûlé l'église, jeté des exemplaires de la Bible dans la rue et accusé les chrétiens de blasphème, prétendant avoir découvert des fragments du Coran non loin de l'église.

Une église chrétienne du Kérala, Etat du Sud de l’Inde, a été incendiée et complètement détruite le 23 mars dernier. L’église de Sainte Marie ainsi livrée aux flammes par des inconnus appartenait à l’Eglise orthodoxe de rite syro-malankar, et se trouvait à Poddivatuvialla. Les fidèles locaux ont manifesté leur amertume et leur déception.
Le Kérala est un Etat où les chrétiens représentent 20% de la population et où la communauté est très visible, appréciée et enracinée dans la société. Les actions violentes de groupes extrémistes hindous y sont vraiment très rares.

Autre illustration du durcissement des extrémistes hindoux, dans le Diocèse de Jhabua (Etat du Madhya Pradesh, en Inde centrale), qui ont bloqué un véhicule transportant les statues composant les stations d’un Chemin de Croix d’une Paroisse catholique de Jhapadra et les ont détruites. Les dégâts sont importants financièrement, mais l’Eglise locale déplore surtout la violence et le dommage spirituel d'une tel acte.

Dans le diocèse de Khandwa, dans le même état, un prêtre catholique de 45 ans, le Père Sebastian Kaiparambil, résidant à Badwha a été agressé dans les premières heures de la nuit entre le 29 et le 30 mars. Le prêtre dormait lorsque trois personnes se sont introduites dans sa chambre, l’ont roué de coups en le blessant gravement, et se sont enfuient en lui dérobant environ 50.000 roupies. Le prêtre est à l'hôpital.
Selon le Père Sebastian, les malfaiteurs auraient demandé des « documents » particuliers.
Après l’épisode, S.Exc. Mgr Leo Cornelio, Archevêque de Bhopal, qui préside le Conseil des Evêques du Madhya Pradesh, a envoyé un Mémorandum au Premier Ministre de l’Etat, lui signalant avec préoccupation l’agression en question, ainsi que le récent épisode de destruction des statues d’un Chemin de Croix, demandant protection et sécurité pour les chrétiens.

Dans un autre Etat, celui du Rajasthan (Inde du nord), le Pasteur Harish Ninama a été contraint en février dernier de parcourir plus de 5 Km nu, dans la rue principale de la ville, sous les moqueries d’un certain nombre de jeunes extrémistes hindous en motocyclette qui l’ont insulté, dépouillé et roué de coups. Des suspects ont été arrêtés.

« Ces épisodes démontrent que l’extrémisme hindou est présent et répandu partout, rapportent des sources locales. Il s’agit d’un problème qui doit être pris au sérieux. Les chrétiens, comme les autres citoyens indiens, doivent être mis en condition de jouir de leurs droits et de la pleine liberté religieuse ».

Une bombe a explosé, sans faire de blessé, dans la nuit de samedi au dimanche 27 mars 2011 (vers 04H15 ) devant l'entrée de l'église syriaque orthodoxe Sainte-Marie à Zahlé, dans l'est du Liban. Il s'agit d'une cité industrielle majoritairement chrétienne située à une cinquantaine de km de Beyrouth

La bombe de deux kilogrammes de TNT a soufflé la porte de l'édifice endommagé des bancs et l'autel, ainsi que sept voitures garées à proximité. L'attentat n'a pas encore été revendiqué.

"Je dénonce ce type d'attentat et j'exhorte les gens à rester calmes", a déclaré Mgr Youstinios Boulos Safar, évêque de Zahlé, précisant qu'il comptait célébrer la messe dominicale dans l'église visée.

Un catholique pakistanais de 55 ans, David Qamar, avait été accusé de blasphème et jeté en prison. Il a été retrouvé mort mardi 15 mars dans sa prison de Karachi. Les autorités ont conclu à un infarctus, qui ne convainc ni la famille ni l'Eglise, qui réclame "la transparence". Ses funérailles ont eu lieu à Lahore le 17 mars.
La famille de David Qamar reçoit des menaces qui les ont poussé à faire une cérémonie discrète; malgré la présence de 300 personnes dont des clercs et des militants pour les droits de l'homme.

Le P. Andrew Nisari, vicaire général du diocèse de Lahore, a souligné

« le choc et la grande tristesse » de la communauté qui « reçoit pour la seconde fois en moins de deux semaines le corps d'un chrétien, mort après avoir été accusé de blasphème »,

faisant allusion au meurtre du ministre chrétien Shabhaz Bhatti, abattu le 2 mars dernier pour son opposition à cette même loi anti-blasphème, il a réclamé que « les autorités prennent enfin la décision de protéger les minorités religieuses ».

« Combien de temps encore le sang des chrétiens devra-t-il couler ? Nous n'avons pas encore fini de pleurer Shabhaz Bhatti, et notre inquiétude ne fait que croître pour l'avenir des chrétien au Pakistan », a déploré Mgr Anthony Rufin, évêque d'Islamabad-Rawalpindi.

David Qamar avait été arrêté en mai 2006 après dénonciation de l'un de ses concurrents en affaires, un musulman qui l'avait accusé de lui avoir envoyé des SMS injurieux à l'égard de Mahomet. Bien que la carte SIM du portable émetteur des texto blasphématoires ait été enregistrée sous le nom d'un musulman dénommé Ahmed Manwar, David Qamar avait été jugé coupable, le 25 février 2010, par le tribunal de Karachi d'« atteinte aux sentiments religieux » et de « blasphème contre le prophète Mahomet ». Il avait été condamné à la prison à vie, tandis qu'Ahmed Manwar était acquitté, faute de preuves. Le condamné avait fait appel avec l'appui d'une ONG, qui avait bon espoir d'aboutir positivement.

David Qamar avait confié à ses proches être victime de violences et de menaces de mort de la part des gardiens comme de ses codétenus. Il l'avait notifié par écrit à la direction de la prison, et son avocat avait averti le tribunal, mais rien n'a été fait. Il disait récemment à un proche:

« Ils ne cessent de me menacer et de me dire qu'ils vont bientôt en finir avec moi, parce qu'une peine de prison ce n'est pas assez, et que je mérite la mort. »

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cela arrive, puisque Robert Danish, arrêté pour blasphème, est mort en 2009 dans des circonstances non élucidées dans une prison de Faisalabad , et que deux frères chrétiens ont été abattus à la sortie du tribunal d'où ils venaient d'être blanchis d'une accusation de blasphème.

De plus, les propos contradictoires tenus par les autorités pénitentiaires comme par les responsables de l'hôpital ont également de quoi troubler. Selon le porte-parole de la prison de Karachi, David Qamar avait appelé à l'aide depuis sa cellule et avait été transporté à l'hôpital « où il était arrivé vivant », tandis que le personnel hospitalier assure tout au contraire qu'il n'a pu que constater puis certifier le décès. La prison a ensuite prétendu que David Qamar était affaibli par un traitement pour la tuberculose (inconnu de la famille), tandis que l'hôpital évoquait « le stress et la dépression ».
Une autopsie a néamoins été faite sous la pression de la famille et des associations, qui a conclu à une crise cardiaque, sans aucune trace de coups ou blessure. Un constat qui n'est pas partagé par les représentants d'assoication qui ont vu le corps et ont noté des traces de torture.

« Le certificat de décès de David est du même type que celui qui a été fait pour la petite Shazia où 27 marques de torture avaient été déclarées comme étant dues à une maladie de peau », s'indigne Nazir Bhatti, président du Pakistan Christian Congress.

« Maintenant, nous craignons fortement pour la vie d'Asia Bibi qui se trouve dans les mêmes conditions que David : dans une cellule où tout peut arriver. Après cet événement, nous demandons aux autorités de protéger sa vie et nous réitérons notre appel en faveur de l'abolition de la loi sur le blasphème », a déclaré Haroon Barkat Masih, directeur de la Masihi Foundation.

Cette ONG s'occupe du cas d'Asia Bibi, jeune mère de famille condamnée à mort pour blasphème.

De plus en plus de chrétiens pakistanais se convertissent à l'islam à cause des menaces et des intimidations, écrit un journaliste pakistanais du quotidien progressiste The News international.

Les lois anti-blasphème actuellement en vigueur au Pakistan punissent de la peine de mort toute offense faite à Mahomet, et de la prison à perpétuité toute profanation du Coran, sur la base des articles 295-B et 295-C du Code pénal pakistanais. Ces lois, qui s'appuient essentiellement sur la dénonciation, sont dénoncées par les militants des droits de l'homme au Pakistan comme à l'étranger, sans résultat.

Une église éthiopinne rasée Selon le quotidien soudanais "Sudan Tribune" du 8 mars, plusieurs milliers d'extrémistes musulmans auraient incendié des dizaines de lieux de culte et des maisons de chrétiens dans la banlieu de Jimma, capitale de l'ancienne province de Kaffa (où est né le café), en Oromia, zone qui s’étend de l’est au sud-ouest de l’Ethiopie. On compte jusqu'à 59 lieux de cultes ainsi rasés, 28 maisons détruites, et un chrétien tué. Ces violences font suite à de fausses allégations de profanation du Coran par des chrétiens.
Selon les témoins, la police regardait sans réagir.
Un chrétien orthodoxe serait mort et des milliers d’autres auraient fui leurs foyers, depuis le 7 mars, date des attaques. Entre 4 000 et 10 000 chrétiens auraient été contraints de quitter leur foyer suite à ces attaques, une grande partie de leur biens ayant été également "confisqués" par les musulmans attaquants, et les églises d'Ako, de Jimma, Dimtu et Derbo sont complètement dépassés par le nombre de réfugiés à accueillir.
Les attaques ont commencé à Asendabo, puis se sont étendues à Chiltie, Gilgel, Gibe, Nada, Dimtu, Uragay, Busa et Koticha.

Sur les 59 lieux de cultes détruits, 38 appartiennent à l'Eglise Ethiopian Kale Hiwot Church (EKHC), 12 appartenaient à l'église Mekane Yesus, six aux adventistes du septième jour; deux aux Muluwongel, et une à la congrégation “Jesus Only”. Il faut y ajouter plusieurs bâtiments d'étude et 28 maisons de chrétiens. Le coût total des dégâts est estimé à 3,5 millions de dollars !!

Les habitants de Jimma ont confirmé ces évènements au "Sudan Tribune". Mais ils ignorent les motifs qui ont mené à cette attaque inhabituelle.

"Ils sont allés sauvagement brûler des églises, des maisons de chrétiens", a déclaré un témoin. "Nous ne savons pas qui sont ces auteurs, ni pourquoi ils ont attaqué, et la police peine à contrôler la situation", a-t-il précisé. "les chrétiens ont besoin de plus de protection. Les gens ici ont peur".

De son côté, la police s’est refusée à tout commentaire. Elle se contente d’affirmer "qu’une enquête rigoureuse est en cours".

"Nous sommes profondément troublés par ce qui s'est passé en Ethiopie, où les relations entre les religions ont été relativement pacifique", a déclaré John Graz, directeur du département de l'église adventiste mondiale des affaires publiques et la liberté religieuse.

Ces attaques intervienne à peu près en même temps qu'un appel à la "révolution islamique" lancée jeudi 3 mars par le groupe terroriste Al-Shabaab, par la voix du Sheik Mahad Omar Abdikarim, positionné en Somalie. Il appelait les musulmans d'Ethiopie et du Kenya à se révolter contre leurs gouvernements chrétiens, quelques jours après les premières attaques contre des églises en Ethiopie.

L'armée etiopienne et kenyanne auraient attaqué sur le sol somalien ce groupe terroriste menaçant leurs pays, la Somalie étant elle-même engagée dans une guerre civile où des partis islamiques commencent à prendre le pouvoir dans certaines régions, aidés par l'Iran et le Hezbollah.
Certains journaux locaux estiment donc que l'accusation de profanation du Coran n'est qu'un futile prétexte pour pousser les musulmans à prendre le contrôle de l'Ethiopie, donnant ainsi à l'Iran un accès à la mer rouge et au canal de Suez, avec l'aide d'une Egypte en passe de devenir bien plus islamique.
Ces analyses restent privées et n'ont pas été officialisées d'une quelconque manière.

Les éthiopiens sont à 40% orthodoxe, 26% protestants divers, et 34% musulmans sunnites.

Des affrontements très violents ont eu lieu mardi 8 mars entre coptes et musulmans dans un quartier de chiffonniers du Caire faisant 13 morts et 140 blessés, selon le ministère de la Santé. Ce sont les plus graves depuis le renversement, le 11 février dernier, du président Hosni Moubarak.

Un millier de coptes protestaient contre l'incendie d'une église le samedi précédent à Soul, près du Caire. Ils réclamaient qu'elle soit reconstruite et que cessent les attaques islamiques dont ils sont les victimes répétées. Les habitants du Muqattam (quartier très pauvre de chiffoniers, essentiellement chrétiens) ont décidé de se manifester à leur tour en bloquant le périphérique qui passe devant le quartier, pour dénoncer l’attaque islamique contre l’église de Soul.
Depuis samedi, en effet, des milliers de chrétiens campent devant le bâtiment de la télévision d’État, près de la place Tahrir, en assurrant ne pas quitter les lieux tant que l’église de Soul n’aura pas été reconstruite, et leurs droits reconnus par le nouveau pouvoir.
Le maréchal Tantaoui, à Hélouan, avait promis de reconstruire l'église de Soul avant Pâques, afin d'apaiser la tension.

« Dans l’après-midi, il y a eu des accrochages entre les gens du Muqattam et les habitants musulmans de Saïda Aïcha, un quartier voisin. Ils étaient furieux que l’on ait bloqué la route. Ils ont arrêté une voiture d’un habitant du Muqattam et l’ont battu », raconte un témoin.

Les coptes du quartier défavorisé ont alors fait descendre des habitants de Saïda Aïcha d’un microbus et les ont roués de coups à leur tour. En fin d’après-midi, deux foules se faisaient face sur un pont, près de l’entrée du Muqattam : coptes d’un côté, musulmans de l’autre se lançant des projectiles.

« Il y avait un tank entre les deux, qui avançait en direction des chrétiens, comme pour les repousser vers le quartier. »

Les soldats ont tiré d’abord en l’air, puis sur les pieds des manifestants coptes, selon des témoins, ce que l'armée réfute.

« Plusieurs garçons ont été blessés aux jambes, dont mon voisin de 15 ans, raconte Ayman, qui a participé aux affrontements. Puis ils ont commencé à tirer directement sur la foule. Il y a eu rapidement beaucoup de blessés… L’armée a refusé de laisser passer les ambulances, quatre jeunes sont morts parce qu’ils n’ont pas pu être emmenés à temps à l’hôpital. »

Les manifestants musulmans ont progressé de deux cents mètres à l’intérieur du quartier, pillant et brûlant maisons et magasins. Selon certains habitants, les assaillants étaient composés de salafistes (islamistes fondamentalistes) et de « baltaguis », des hommes de main de l’ancien régime. « Parmi les victimes, il y a un musulman, Ali Hassan Hussein. Il habitait le quartier et travaillait comme chiffonnier. Il s’est battu avec nous », affirme Hanna Rostom, un ingénieur.
D'abord enthousiasmé par la révolution du mois dernier, il est à présent plus pessimiste.

« Comment les familles des morts peuvent-elles oublier que ce sont des musulmans qui ont fait ça ? Comment ne pas se méfier de tout le monde maintenant ? » Il craint que l’événement provoque une flambée des violences interreligieuses dans tout le pays. « D’autant que l’armée est au moins complice : ils ne font rien quand on nous attaque. Nous avons peur pour nos familles. Nous n’avons pas d’armes, que peut-on faire s’ils nous attaquent à nouveau ? »

L'armée a perdu le contrôle, en dépit de communiqués affirmant que les forces armées « faisaient face avec succès aux émeutes », quand des extrémistes musulmans ont attaqué les manifestants. Les heurts ont duré quatre heures.

« Tous les morts ont été tués par balles », affirme le père Samaane Ibrahim, accusant des « salafistes » et des « voyous ».

Hier, l'amertume était grande chez les Coptes, qui représentent 6 à 10 % des 80 millions d'Égyptiens.

« Nous nous attendions à ce que l'armée nous défende. Maintenant, nous savons qu'elle est contre nous, comme la police ».

L'armée peine à faire régner l'ordre dans les rues, où la police, détestée par la population, ne fait son retour qu'au compte-gouttes.

Mercredi après-midi, plusieurs chars ont bouclé le quartier. « Nous avons reçu des menaces des gens de Saïda Aïcha. Nous sommes en contact avec l’armée pour essayer d’assurer la sécurité des habitants », affirmait mercredi le P. Yohannes, l’un des prêtres du quartier.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui assume la direction du pays depuis la chute de Moubarak, a averti contre le chaos "qui menace la sécurité nationale, spécialement avec l'existence de forces étrangères qui visent la stabilité et la sécurité du pays".

Mercredi, le pape Chenouda, chef de l’Église copte, a demandé aux prêtres d’encourager les manifestants chrétiens du quartier de Maspero – des dizaines de milliers mercredi soir – à rentrer chez eux, pour apaiser la situation. Mais la colère des coptes risque d’être très difficile à contenir.

Mercredi, l'université Al-Azhar, qui forme le clergé sunnite, a condamné les attaques contre les chrétiens, les qualifiant d'« anti-islamiques ». La puissante confrérie des Frères musulmans dénonçait une provocation des partisans de Moubarak.


Samedi 5 Février 2011

Un groupe de musulmans s'est rendu à l'église Al-Chahidaine (St-Mina et St-George ?), du village de Soul, près du Caire (governorat d'Helouan), et y a mis le feu. Ils ont agi en représailles de violences qui ont opposé la veille une famille chrétienne et une famille musulmane ayant abouti à la mort de deux hommes.

Les violences ont été provoquées par une relation amoureuse entre un chrétien et une musulmane du gouvernorat de Helouan, au sud du Caire, qui a suscité l'ire de leurs familles. Le père de la femme musulmane a été tué par son cousin parce qu’il n’avait pas tué sa fille pour préserver l’honneur de la famille, ce qui a conduit son fils à venger son père en tuant le cousin (d'autres témoignages disent simplement que le cousin est mort de ses blessures pendant le combat contre le père). Les musulmans du village ont blâmé les chrétiens. Un imam local, le Sheik Ahmed Abu Al-Dahab, a notamment appelé ses fidèles à tuer les chrétiens parce qu'ils n'avaient pas le droit d'être là au cours du prêche du vendredi. Les attaques ont débuté le lendemain, après les funérailles du père de l'Egyptienne.

Un groupe de musulmans s'est rendu à l'église du village et y a mis le feu. Ils ont fait exploser 5 ou 6 bouteilles de gaz à l’intérieur, ils ont détruit la croix et les coupoles et ont tout brûlé à l’intérieur. Le prêtre et des diacres se rouvaient à l'intérieur de l’église pendant l'incendie, et ont réussi à s'extraire du feu. Ils ont échappé au lynchage grâce à des hommes armés qui les ont emenés Selon des témoins, les émeutiers musulmans scandaient «Allahu Akbar» et ils ont juré de célébrer leurs prières du matin sur le terrain de l'église après l’avoir rasée, tout en commançant à prier sur le lieu et à collecter des fonds pour reconstuire une moquée à la place.


L'armée a réussi à éteindre l'incendie et à rétablir le calme, selon un responsable de la sécurité. Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées au pouvoir, a dit que l'édifice serait reconstruit avant les vacances de Pâques, mais pas au même endroit. Selon les habitants une pancarte est déjà en place sur le leu de l'ancienne église indiquant "Mosquée Al-Ramla"

Les relations amoureuses entre musulmans et chrétiens sont taboues en Egypte. Le mariage entre un chrétien et une musulmane est même illégal à moins que le chrétien ne se convertisse à l'islam.

Les Coptes, ou chrétiens d'Egypte, représentent de 6 à 10% de la population du pays.

Le ministre pakistanais des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, 42 ans, a été assassiné en plein jour, le 2 mars 2011 à Islamabad (Pakistan). Trois ou quatre hommes à bord d'une voiture ont ouvert le feu à l'arme automatique sur le véhicule du ministre chrétien dans un quartier chic de la capitale. Les assaillants ont réussi à prendre la fuite.

Shahbaz Bhatti se rendait fréquemment chez sa mère sans gardes du corps, et c'est en revenant vers son lieu de travail qu'il a été assassiné. Catholique, il militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème au travers d'un amendement présenté par certains parlementaires, et dénoncait les violences et intimidations envers la minorité chrétienne.

« Je suis la première cible maintenant», avait-il déclaré à l'AFP après l'assassinat du gouverneur Taseer.

Ce meurtre survient en effet deux mois après l'assassinat du gouverneur du Penjab Salman Taseer qui s'opposait lui aussi à la loi sur le blasphème. Le 4 janvier, devant un complexe commercial du centre d'Islamabad, il avait été criblé de balles par un policier du commando d'élite chargé de sa protection. L'assassin avait invoqué le fait que Salman Taseer défendait Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour avoir prétendument «insulté» le prophète Mahomet.

Depuis, le policier meurtrier est vu comme un «héros» par une grande partie de la population de la République Islamique du Pakistan. Les manifestations contre toute modification de la loi se multiplient. Plusieurs imams et dirigeants de mouvements fondamentalistes réaffirment que l'islam récompense ceux qui tueront des apostats ou ceux qui défendent ces derniers.

Mgr Joseph Coutts, évêque de Faisalabad et vice-président de l’épiscopat pakistanais, a déclaré en apprenant la nouvelle :

« C’est une journée noire pour les chrétiens du Pakistan. Nous sommes désormais dans une urgence dramatique. Les chrétiens sont non seulement tristes, mais très en colère. Cet assassinat signifie que personne n’est plus à l’abri. Nous devons nous organiser. » « C’est l’exemple parfait et tragique de l’insoutenable climat d’intolérance qui règne dans notre pays », a affirmé pour sa part Mgr Lawrence Saldanha, archevêque de Lahore et président de l’épiscopat pakistanais. Il demande « au pays de reconnaître cette situation, de tout faire pour éviter que la violence ne triomphe ».

Depuis 1986 que la loi prévoit la peine de mort pour blasphème, celle-ci n'a jamais été appliquée. Mais des dizaines de personnes accusées d'avoir profané l'islam et le Coran - chrétiens, musulmans et hindous - ont été tuées, soit en prison par des policiers ou des gardiens, soit dans la rue une fois relâchées.

Les chrétiens représentent moins de 2% des quelque 170 millions de Pakistanais. Majoritairement pauvres, ils sont cibles de vexations et de persécutions fréquentes

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a condamné un «acte de violence inqualifiable», estimant que les chrétiens pakistanais sont «frappés par la haine».

Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est dit aujourd'hui "profondément attristé" par l'assassinat du ministre pakistanais des Minorités Shahbaz Bhatti et a appelé Islamabad à identifier et punir les coupables de la mort de ce responsable chrétien.

Des milliers de musulmans ont détruit cinq églises et deux maisons appartenant à des chrétiens évangéliques les 1er et 2 mars 2011 à Asendabo, en Ethiopie, selon International Christian Concern (ICC). Les dirigeants chrétiens demandent protection car les assaillants musulmans ont continué à brûler des églises même après l’arrivée de la police fédérale dans la ville, qui s'est déclarée submergée par la foule.

Les musulmans ont réagi à des accusations affirmant que les chrétiens avaient profané le Coran. Plus de dix mille musulmans criaient “Allah Akbar” (Allah est grand), durant les attaques contre les cinq églises évangéliques. Après que trois églises aient brûlé, le gouvernement a envoyé la police fédérale, qui a été sumergée et n'a pas pu empêcher deux églises supplémentaires d'être brûlées le lendemain.

Aucun des assaillants musulmans n’a encore été arrêté. Les représentants du gouvernement ont déplacé plusieurs chrétiens dans la ville voisine, Jimma, pour leur sécurité. Le journal Bloomberg a rapporté que le ministre éthiopien de la Communication, Bereket Simon, a déclaré que seules deux maisons, utilisées pour le culte évangélique, ont été brûlées.

“Il n’y a pas eu un seul mort, a-t-il ajouté par téléphone depuis Addis Abeba. “C’est une affaire très mineure, un incident isolé.”

L’Ethiopie est un pays à majorité chrétienne (63%) et un des plus anciens pays chrétien du monde. Ceux-ci sont cependant sporadiquement attaqués dans les zones où sont présents les musulmans.

Il y a quelques semaines dans la ville voisine de Besheno, les chrétiens avaient eu la surprise de trouver des menaces placardées sur les portes de leurs maisons :

“convertissez-vous à l’islam ou vous serez exécutés”

(source)

Après ces deux jours de violence, les responsables chrétiens craignent donc que les musulmans commettent des meutres, si le gouvernement n’envoie pas des forces de sécurité pour contenir les assaillants. Ils appellent les chrétiens du monde à contacter les ambassades éthiopiennes de leurs pays respectifs pour demander la protection des chrétiens et de leurs biens en Ethiopie.

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