Le sociologue italien Massimo Introvigne était convié à la conférence sur le dialogue interreligieux entre chrétiens, juifs et musulmans, à Gödollö (Budapest), organisée les 2 et 3 juin derniers par le ministère de l’administration publique et de la justice de Hongrie et le Conseil de l’Union européenne. M. Introvigne est également représentant de l’organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour la lutte contre l’intolérance et la discrimination contre les chrétiens.

« Toutes les cinq minutes dans le monde, un chrétien est tué à cause de sa foi », a déclaré lors de son intervention.

Selon lui, 105.000 chrétiens sont tués chaque année dans le monde au seul motif de la foi qu’ils professent.

« Si ces chiffres ne sont pas hurlés au monde, si ce massacre n’est pas arrêté, si l’on ne reconnaît pas que la persécution des chrétiens est la première urgence mondiale en matière de violence et de discrimination religieuse, alors le dialogue interreligieux ne produira que de belles conférences mais aucun résultat concret », a-t-il déclaré.

La rencontre a rassemblé de hauts responsables comme le cardinal Peter Erdö, président des évêques d'Europe, le custode de Terre Sainte, le père Pierbattista Pizzaballa, l’archevêque Antonio Maria Veglio, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, l'archevêque maronite de Beyrouth Paul Matar, le métropolite Hilarion, « ministre des Affaires étrangères » de l'Eglise orthodoxe russe, le représentant du Congrès juif européen, Zoltai Gusztáv, Orhunn Ömur de l’Organisation de la Conférence islamique, et le secrétaire général du Comité pour le dialogue islamo-chrétien au Liban, Chakib Hares Chehab.

Le diplomate égyptien Aly Mahmoud a annoncé un projet de loi visant à protéger les minorités chrétiennes, particulièrement visée ces derniers temps dans le pays. Selon cette loi, tout discours incitant à la haine sera considéré un délit tandis que les rassemblements hostiles à l’extérieur des églises seront interdits.

Le cardinal Erdő a pour sa part évoqué le risque de voir s’éteindre tant de communautés chrétiennes au Moyen-Orient à cause de l’émigration de tous ceux qui, se sentant menacés, fuiront leur pays.

« Que l’Europe se prépare à une nouvelle vague d’émigration mais cette fois-ci de chrétiens fuyant les persécutions », a-t-il averti.