L’archevêque de Damas et l’archevêque chaldéen d’Alep critiquent les comptes rendus de l’étranger sur les récents troubles survenus en Syrie et évoqués comme une révolution démocratique, après que le patriarche d’Antioche des grecs melkites, Mgr Laham, l'ait lui aussi dénoncé.



Mgr Tabé, L’archevêque de Damas, a confié son inquiétude à l’agence catholique italienne SIR:

« Nous voulons une évolution et non une révolution. Nous sommes pour le changement, s’il a pour but un Etat séculier, qui s’engage pour le bien-être commun, ainsi que pour l’égalité et la justice et s’il maîtrise la violence. »

L’archevêque ne cache pas qu’il craint des conséquences dramatiques à la révolution actuelle. Il dénonce le grand « jeu international » en couloir contre la Syrie. Selon lui en effet, la violence est surtout le fait de terroristes, qui sont infiltrés de l’étranger. La majorité de la population est en vérité derrière Bachar el-Assad. La Syrie parviendra à entreprendre les réformes nécessaires, mais sans les pressions internationales. La Syrie ne doit pas finir comme l’Irak.



Mgr Audo, archevêque chaldéen d’Alep met lui aussi en garde contre des problèmes semblables à ceux de l’Irak après l’invasion américaine en cas de renversement de Bachar el-Assad.

« Nous ne voulons pas devenir comme l’Irak. Nous ne voulons ni l’insécurité, ni l’islamisation, ni le danger occasionné par une prise de pouvoir islamique. » « La Syrie doit se défendre contre les tentatives de déstabilisation » « Les fanatiques parlent de liberté et de démocratie pour la Syrie. Mais ce n’est pas leur but. Ils veulent diviser les nations arabes, les contrôler et leur vendre des armes », a-t-il expliqué à l'AED.

Mais la Syrie se défendra. 80% de la population, en particulier les chrétiens, sont derrière le gouvernement.



Mgr Audo dénonce en particulier une « guerre d’information » contre la Syrie. Les comptes rendus internationaux ne sont pas objectifs. « Nous devons défendre la vérité, en tant que Syriens et en tant que chrétiens », lance-t-il.



Le week-end dernier, le patriarche Grégoire III Laham avait vivement critiqué l’Occident. Contrairement à ce qui se dit à l’Ouest, il n’y a « pas de véritable révolution » en Syrie. On tente actuellement de « provoquer une guerre entre les communautés religieuses ».