PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE



Vendredi 29 juillet 2011

Deux chrétiens coptes ont été tués et deux autres blessés dans une fusillade à à Abou Qourqas, dans le gouvernorat égyptien de Minya, à 270 km au sud du Caire . Un groupe d'hommes armés inconnus ont tiré sur quatre Coptes qui se trouvaient dans un véhicule le vendredi après-midi. Deux d'entre eux ont été tués, deux autres ont été grièvement blessés et ont été transportés dans un hôpital.



Selon la police, la fusillade était un cas de vengeance entre une famille musulmane (dont un homme identifié : Abou Talib) et une famille copte (dont Farag Allah). Elle est à la recherche de ces hommes armés. Des troupes se sont également dépêchées sur les lieux pour calmer la situation afin d'éviter tout affrontement entre musulmans et coptes. Abou-Talib est réputé responsables d'autres meurtres de coptes sans que des preuves n'aient pu le faire inculper.
Devant la répétition des affaires classées sans suite par la police et des injustices, la famille copte a décidé de refuser toute condoléances tant que les coupables ne seront pas arrêtés et livrés à la justice, ce qui fait craindre aux églises locales des tentatives de règlement de compte.



Le cardinal Antonios Naguib, Patriarche copte catholique, a par ailleurs lancé appel à l'aide à l'Oeuvre d'Orient, dénonçant des attaques contre les chrétiens orchestrées par les salafistes le 18 avril dernier. Depuis, 68 familles coptes catholiques vivent un véritable cauchemar ! Elles n'ont plus de toit, d'outil de travail, de ressources... le patriarche fait appel à des dons matériels, appel relayé par le père Pascal Gollnish, directeur de l'Oeuvre d'Orient.

La minorité copte représente environ 10 % de la population totale de l'Egypte. Les Coptes et les musulmans en Egypte vivent généralement en paix, mais les violences sporadiques se produisent à cause de la construction d'églises ou d'histoires d'amour entre les fidèles des deux groupes.

L’église catholique Notre-Dame, à Ballymena en Irlande du Nord (nord de Belfast) a été vandalisée le 9 juillet 2011 à la veille des marches orangistes prévues pour défiler le 12 juillet à travers l’Irlande du Nord.

Les parades orangistes, organisées chaque 12 juillet par les protestants irlandais, commémorent la victoire du roi protestant Guillaume d’Orange sur son rival catholique, le roi James II, le 12 juillet 1690 et est souvent source de tensions avec les catholiques minoritaires.

Cet acte de vandalisme ravive les tensions communautaires en Irlande du Nord, marquées par plusieurs violences commises au cours du week-end qui ont opposé dans plusieurs des protestataires loyalistes (protestants) et les forces de police. La police avait en effet retiré des drapeaux loyalistes placés près d’une église catholique à Ballyclare (au nord de Belfast). Six policiers ont été blessés et plusieurs voitures, brûlées, selon le Belfast Telegraph.

D’après le même quotidien d’Ulster, une famille catholique de Magherafelt (à l’ouest de Belfast) a décidé de déménager après des attaques contre leur maison.

Ces violences montrent les difficultés à apaiser les tensions communautaires en Irlande du Nord malgré l’accord historique conclu entre unionistes et républicains le 10 avril 1998, dit accord du Vendredi Saint, mettant fin à trente années d’un conflit qui a fait près de 4 000 victimes.

La population d’Irlande du Nord, enclave du Royaume-Uni, compte une majorité de protestants et une forte minorité de catholiques. À l’inverse, la République d’Irlande voisine comprend une très large majorité de catholiques et une toute petite minorité protestante. Et des incidents ou provocations presque inexistants.

http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Monde/En-Irlande-du-Nord-une-eglise-catholique-vandalisee-avant-les-marches-protestantes-_NP_-2011-07-11-688183

Les prêtres catholiques du Zimbabwe risquent de plus en plus d'être arrêtés et torturés par la police secrète du président Robert Mugabe depuis une lettre de la conférence épiscopale qui appelle le gouvernement à plus de responsabilité, selon un journal international catholique britannique : The Tablet.

Dans un reportage sur « L’oppression au Zimbabwe », l’hebdomadaire relève que l’Église catholique est devenue un « ennemi » du régime de Mugabe, depuis que la conférence épiscopale du pays a publié, au début de cette année, une lettre pastorale critique envers le pouvoir.
Cette lettre dénonce la corruption qu’elle considère comme « un cancer qui détruit notre nation », exhorte les partis politiques du pays, à s’engager dans un débat sérieux autour de l’état de la nation. Sinon, a-t-elle averti, le Zimbabwe pourrait « continuer à être poursuivi par la violence, l’intolérance politique, l’injustice, le truquage des élections, la peur, la tromperie ».

Depuis l’Église catholique s’est attirée l’hostilité du gouvernement qui la traite désormais comme l’un de « ses principaux ennemis » de l’intérieur.

« La police secrète infiltre les fidèles catholiques qui viennent aux messes. Lorsque, dans vos homélies, vous dites que les populations ont faim, elle rapporte vos propos et les autorités se sentent attaquées. Vous êtes alors considéré comme un ennemi », témoigne un prêtre catholique, sous couvert de l’anonymat.
« Vous pouvez recevoir, après ce prêche, un appel téléphonique vous demandant de vous présenter à un poste de police. Si vous avez la chance, vous serez seulement interrogé, puis libéré, explique-t-il. Nous savons que nos lignes sont constamment surveillées sur Internet. Envoyer des messages à l’étranger, est devenu dangereux pour nous. »

Selon lui, il est même devenu « extrêmement dangereux de s’habiller en col romain, parce qu’en ce moment, les autorités savent que vous êtes un prêtre, et vous êtes leur ennemi ».

Il y a quelques semaines deux prêtres catholiques, interpellés par la police ont été humiliés, en étant forcés de se déshabiller devant des femmes officiers de police dans un commissariat, avant d’être conduits en prison.

Le gouvernement pakistanais vient de dissoudre Ministère fédéral pour les minorités religieuses au travers d'un amendement constitutionnel (le 18e), voté par le Parlement puis approuvé par le gouvernement le 28 juin dernier, qui décentralise sept fonctions ministérielles, dont ce fameux Ministère. Ces fonctions sont désormais affectées aux provinces, dépendant donc du bon vouloir local.

Julius Salik, ancien ministre fédéral et président du World Minorities Alliance, une ONG de défense des droits de l’homme, a rappelé que la présence des chrétiens au niveau fédéral était cruciale, car ils devaient faire face à la discrimination, l’injustice et la persécution, de façon permanente et que ces problèmes ne pouvaient se résoudre qu’au niveau national et non pas provincial.

Une vision des choses à laquelle ont souscrit tous les responsables des minorités religieuses, qui ont dénoncé le fait que les dynasties politiques locales, déjà très puissantes, pourront désormais nommer responsables des minorités qui elles voulaient et empêcher ainsi les plaintes liées aux lois anti-blasphèmes et aux règlements de compte entre communautés d'aboutir de façon juste.

Cette suppression suscite la crainte chez les chrétiens du Pakistan mais aussi chez les hindous et les sikhs, quelques mois à peine après l’assassinat du ministre catholique Shabhaz Bhatti affecté à ce ministère, abattu le 2 mars dernier. Les chrétiens voient disparaître ce que certains considéraient comme leur dernier rempart contre la montée alarmante de l’islamisme au Pakistan. Les minorités ont dénoncé unanimement un "amendement constitutionnel auquel elles n’avaient pris aucune part".

La disparition du ministère des Minorités avait déjà failli passer en force il y a quelques mois, mais avait été annulé in extremis peu avant la mort de Shahbaz Bhatti, grâce à l’intervention des Etats-Unis. Le ministre actuel des Minorités religieuses, Akram Masih Gill, catholique comme son prédécesseur assassiné, aura eu beau batailler, son ministère a bel et bien disparu.

Pour les chrétiens, cette mesure était pressentie depuis l’assassinat de Shabhaz Bhatti en mars dernier et

"fait disparaître de l’agenda du gouvernement central toutes les préoccupations concernant les droits des minorités. C’est comme si l’on assassinait Shabhaz Bhatti une deuxième fois", déplore une source locale, citée par "Eglises d’Asie" (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris (MEP).

Un prêtre de Lahore n’hésite pas à prédire que ce sera un "feu vert" donné aux fondamentalistes pour de nouvelles agressions, violences et persécutions contre les chrétiens. Malgré la dissolution de son ministère, Akram Gill a tenu vendredi 1er juillet à rassurer les minorités religieuses en déclarant avoir reçu des garanties du Premier ministre Youssouf Raza Gilani pour que leur protection soit assurée et qu’une partie des fonctions de l’ancien ministère des Minorités soit réintégrée au sein du tout nouveau mais encore mal défini Ministère fédéral pour l’harmonie interreligieuse et les droits de l’homme.

Parmi le flot de réaction, Nazir Bhatti, président du Pakistan Christian Congress (PCC), a dénoncé la manoeuvre prévisible du gouvernement pour affaiblir davantage les droits des minorités. Soulignant le fait que désormais les chrétiens seraient écartés de toute législation au niveau fédéral, il a soutenu que la seule solution qui leur restait pour ne pas être à la merci des islamistes était de créer une nouvelle province à majorité chrétienne, au sein du Penjab, où ils seraient à l’abri des conséquences du 18e amendement.


Les lois anti-blasphème actuellement en vigueur au Pakistan punissent de la peine de mort toute offense faite à Mahomet, et de la prison à perpétuité toute profanation du Coran, sur la base des articles 295-B et 295-C du Code pénal. Dénoncées par les militants des droits de l’homme au Pakistan comme à l’étranger, ces lois, qui s’appuient essentiellement sur la dénonciation, n’ont cependant jamais autant été appliquées que ces derniers mois dans le pays. Diverses affaires récentes ont mobilisé l’attention internationale (comme celle d’Asia Bibi, une mère de famille chrétienne du Penjab condamnée à mort, et les récents assassinats de Salman Taseer et Shabhaz Bhatti).

Depuis fin avril 2011, de plus en plus d'églises évangéliques sont attaquées par des groupes musulmans. Ces attaques relevaient jusqu'alors d'actes isolés, mais depuis quelques mois, il va s'intensifiant. Une dizaine d'églises ont déjà été la cible d'attaque en cinq mois, et les dégâts sout parfois considérables.

« Lorsque notre église de Nord foire a été attaquée, nous avons pensé qu’il ne s’agissait là que d’un geste de voisins qui n’appréhendaient pas bien le sens de notre culte », explique le pasteur Blake.

Intendant de l’église méthodiste au Sénégal, sa paroisse mère a été fermée à la suite des attaques du voisinage.

« Mais, regrette un autre pasteur qui a requis l’anonymat, la multiplication de ces attaques - plus d’une dizaine en l’espace de cinq mois - a pris des proportions inquiétantes et nous le dénonçons vivement ».

Le pasteur Dogue, sénégalais et président de l’association des églises évangéliques du Sénégal, déplore lui aussi ces comportements :

« Nos églises sont attaquées et nos biens détruits tout simplement parce que nous pratiquons une foi différente de celle de la majorité »

Mais ce qui est plus amer pour cet homme de Dieu, c’est l’attitude du gouvernement qui, à ses yeux, est assez passive. « Ces attaques qui durent ne sont pas suivies des mesures appropriées de la part des autorités et leurs auteurs demeurent impunis », se plaint-il. Une impunité perçue par ceux qui s’attaquent aux chrétiens comme "un permis de nuire".

« Ils nous interdisent la pratique de notre foi sans que les autorités ne bougent », clame A. K, un pasteur dont la petite église est régulièrement la cible de caillassage pendant les heures de prières.

La passivité des autorités, c'est la plainte répétée par toutes les victimes. Pourtant, fin juin 2011, à la suite de l’attaque de la mission chrétienne Gmc à Yoff, Ousmane Ngom, le ministre de l’Intérieur, s'était exprimé officiellement !

« Le Sénégal est un Etat laïc et les gens ont le droit de pratiquer le culte de leur choix », avait-il prévenu.

La hiérarchie policière avait d'ailleurs mis en place un dispositif musclé pour empêcher tout débordement.

Cependant, les évangélistes restent convaincus que cette évocation de la laïcité du bout des lèvres n’est pas suffisante. Ils réclament la lisibilité d'une réelle volonté à garantir leurs droits. M.K, pasteur originaire d’un pays d’Afrique centrale, dont l’église a été saccagée pour des dégât de plus de cinquante millions de francs, s'interroge :

« Pourquoi nous refuse-t-on le droit de pratiquer notre foi ici alors que des Sénégalais construisent des mosquées chez nous et pratiquent aisément la foi islamique dans nos pays qui sont à 95 % chrétiens », se demande-t-il.

Les agresseurs musulmans soutiennent en effet vouloir libérer le Sénégal "des maisons de culte" assimilées à des lieux où on s’adonne à des pratiques païennes.


A ces questions confessionnelles s'ajoute un enjeu ethnique. En effet, la communauté évangélique est dominée par des ressortissants des pays d’Afrique centrale, entre autres les deux Congo, la République centrafricaine, le Cameroun et le Gabon, surnommé les "Gnak" par les sénégalais.
Ces évangélistes sont ceux qui ont le plus peur. Ils dénoncent une campagne de discrimination qui se cache derrière le prétexte de la foi.

Quand ils sont venus saccager notre église à Yoff, explique Jean Missambou, étudiant congolais, ils en avaient après les ‘Gnak’. Ils criaient ‘mort aux Gnak’’.

Les fidèles reconnaissent que ce comportement est très récent et nouveau. Jusqu'alors la cohabitation se déroulait sans incident.

De Pikine à Yoff en passant par Grand-Dakar, pasteurs comme fidèles vivent dans la hantise des attaques. En attendant que tout rentre dans l’ordre, les regards restent tournés vers les autorités. Le Sénégal, pays qui pratique à merveille le dialogue islamo-chrétien, est secoué par une crise de la foi. Crise qui peut être grave de conséquences si l’on y prend garde. Les autorités en sont donc particulièrement interpellées!

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