La cathédrale Notre-Dame du Cap-Haïtien (Nord d'Haïti, deuxième ville du pays) a été profanée dans la nuit de samedi à dimanche derniers, par des inconnus qui y ont perpétré des actes de vandalisme.

Le mobilier a été détruit ainsi que des statues de saints, et le drapeau du Vatican a été déchiré. Mais beaucoup plus grave, l’autel a également été saccagé, et le saint-sacrement emporté. Ils auraient profité des bruits assourdissants d’un concert qui se déroulait sur la Place Notre-Dame, où se trouve la Cathédrale. Les statues ont été renversées à l'aide de matériels qui prouvent une préméditation.

Des tracts faisant l’apologie des églises protestantes et présentant le Vatican et l’Eglise catholique haïtienne comme des suppôts du diable ont été retrouvés sur les lieux. Il s’agit des mêmes tracts remarqués plusieurs jours auparavant en divers endroits dans le Nord lors de la célébration de fêtes patronales.

L’Archevêque du Cap-Haïtien, Mgr Louis Kébreau, également président de la Conférence Episcopale d’Haïti (CEH), a condamné de tels actes, appelant le gouvernement à assumer ses responsabilités, notamment dans le filtrage des sectes qui arrivent au pays.

« Ce n’est pas le temps des guerres de religion. C’est plutôt celui de la réconciliation », a déclaré le prélat. Il a aussi dénoncé le développement d’un « fanatisme religieux malsain » dans le pays.

Mgr Kébreau annonce la réunion urgente du haut clergé en vue de statuer sur la situation.

Les mêmes individus ont vainement tenté de perpétrer les mêmes actes dans l’église anglicane de la ville, avant de se diriger vers la cathédrale du Cap.

Le délégué du département du Nord, Ardouin Zéphirin, a annoncé l’ouverture d’une enquête. Le directeur départemental de la police, le commissaire divisionnaire Joany Canéus, a annoncé la mobilisation de ses unités en vue de retrouver les auteurs de tels actes. La présidence a condamné publiquement cet acte et a transmis ses sympathies au Nonce apostolique, au Clergé catholique, particulièrement à l’Archevêque du Cap-Haitien, Mgr Louis Kébreau, et à l’ensemble des Chrétiens catholiques troublés par ces agissements.

Rappelant que la Constitution de 1987 consacre la liberté religieuse, le président de la Fédération Protestante d’Haïti, le pasteur Sylvain Exantus, a condamné lundi, « d’où qu’ils viennent », les actes perpétrés contre l’église catholique . Les plus hautes instances du secteur protestant se réunissent en urgence et une délégation de la FPH se rend incessamment dans le Nord afin d’enquêter sur ce qui s’est passé, a-t-il annoncé.

Le leader de la Fédération Protestante d’Haïti, le pasteur Sylvain Exantus a condamné ces actes et dénoncé de la banalisation de l’espace religieux. Il a rappelé la nécessité pour les religieux de protéger les lieux sacrés qu’il a présentés comme des espaces de transmission des valeurs sociales et spirituelles.