PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE



Vendredi 30 septembre 2011

Une église a été incendiée à Merinab, dans le gouvernorat d'Assouan au sud de l'Egypte, après des déclarations du gouverneur Mostafa el-Sayyed selon lesquelles l'édifice avait été construit sans obtenir l'approbation des autorités (chose par ailleurs extrêmement difficile dans ce pays musulman).
Ces déclarations auraient provoqué la colère de jeunes musulmans qui ont incendié l'église Saint-Georges, selon la télévision d'état qui rapporte les faits. Des manifestants coptes se sont rassemblés devant la bâtiment de la télévision ont protesté et réclamé le limogeage du gouverneur de cette ville, l'accusant d'avoir menti, sachant que les média n'iraient jamais vérifié leurs sources dans un village. Ils ont aussi réclamé la libération du blogueur copte Michael Nabil, condamné à trois ans de prison ferme en avril par un tribunal militaire pour avoir "insulté" l'armée sur son blog (il a entamé une grève de la faim et est soutenu par amnesty International)

L’autorisation de construire des églises est très difficile à obtenir, et l'islamisation galopante du pays depuis la révolution n'arrange rien. Au-delà des tracas administratifs et arbitraires (chaque gouverneur a seul l'autorité d'autoriser ou non la construction d'une église, et ils craignent en général de déplaire au peuple musulman), lorsque des musulmans apprennent qu’une demande de permis de construire une église a été déposée, ils s’empressent de bâtir une mosquée (quelques pierres suffisent) à proximité du terrain prévu, ce qui rend alors l’édification d’une église impossible. Il arrive même que des musulmans recourent à la violence pour empêcher des chrétiens de disposer de lieux de culte convenables, ce qui est arrivé plusieurs fois ces dernières années.

Des blogs coptes apportent des précisions, photos et vidéos à l'appui.
L'église Saint-Georges était en restauration depuis le 26 août et possédait tous les permis nécessaires depuis un an. Mais les salafistes menaçaient les chrétiens et leur édificie, et avaient bloqué l'accès à la ville. L’église Saint-Georges a été construit il ya 100 ans, et le diocèse avait donné la permission de la rénover complètement. Le gouverneur d’Assouan avait lui-même signé la licence pour la rénovation en 2010.

Après la prière du vendredi ce premier octobre, une foule de plusieurs milliers de musulmans du village de Elmarinab à Edfou, dans la province d’Assouan, ont démolis et incendiés l’église Saint-Georges, qui était en rénovation. La foule a démoli la coupole, les murs et les colonnes, puis s'est rendue à l’église où le bois nécessaire aux rénovations a été stocké puis incendié. Selon des témoins oculaires, les musulmans ont également incendié un grand dépôt de produits électriques appartenant à un copte, un supermarché et quatre maisons coptes, et ont menacés d'incendier les autres maisons si les habitants en sortaient. Les musulmans ont également empêché les pompiers d’entrer dans le village.

« Les forces de sécurité, qui étaient présents, se tenait là à regarder », a déclaré M. Michael Ramzy, un travailleur social à l’église.

Le procureur Mamdouh Nakhla chef de l’organisation des droits humains Al-Kalema a condamnés les musulmans qui instaurent leur propre loi.

« si le gouvernement égyptien est incapable de protéger ses citoyens, alors la société civile internationale doit intervenir immédiatement pour arrêter cette tragédie humaine. »

Dans une interview sur la chaîne de télévision copte, le Père Salib de l’Église Saint-Georges a dit que « l’imam de l’une des mosquées du village a appelé le peuple à prendre les choses en main ». D’autres témoins ont en effet dénoncé l’imam Cheikh Sabri.

Les Coptes (ou chrétiens d'Egypte) qui représentent de 6 à 10% des Egyptiens, s'estiment discriminés dans une société en grande majorité musulmane. Ils ont été visés par plusieurs attentats, en particulier celui du Nouvel an contre une église à Alexandrie (21 morts).
Des églises avaient déjà été attaquée [en février] et [en mai].

Trois hommes sont entrés en voiture dans le village d'Al-Roda, près de la ville de Fayyoum, au sud du Caire, et ont ouvert le feu contre les deux gardiens de l'église après avoir quitté leur véhicule.

L'un des deux gardes, Rabie Ali Mohamed, a été tué sur le coup, et l'autre a été blessé et transporté à l'hôpital. Les agresseurs ont été poursuivis par les habitants de la localité mais sont parvenus à s'enfuir.



Une enquête a été ouverte pour déterminer les raisons de cette agression, qui pourrait avoir été provoquée par un "conflit familial". Terme qui désigne souvent des conflit inter-religieux circonscrits au milieu familial.

La Fédération égyptienne des droits de l’homme révèle que 93 000 chrétiens coptes ont déjà quitté l’Egypte depuis le 19 Mars 2011. Et le nombre pourrait augmenter à 250.000 d’ici la fin de l'année, selon Naguib Gabriel, le chef de la Fédération, qui a publié le rapport.

Selon Naguib Gabriel, qui se base sur des données issues de rapports provenant des églises coptes et des communautés à l’étranger, le problème trouverait son origine dans la tendance actuelle de l’immigration qui aggrave l'état de minorité des coptes, a-t-il déclaré au journal Al-Masry Al-Youm . Il a exhorté le Conseil Suprême des Forces Armées (SCAF) et le cabinet égyptien à travailler sur la réduction du phénomène.



« Près de 16 000 ont migré vers la Californie, tandis que 10 000 sont allés au New Jersey, 8000 à New York, et 8000 dans d’autres États américains » « Autour de 14 000 se sont rendu dans la région est de l’Australie, 17 000 au Canada, et 20 000 se sont installés dans les Pays-Bas, Italie, Angleterre, Autriche, Allemagne et France. »



Il attribue cette émigration copte aux groupes salafistes extrémistes qui cherchent à appliquer la loi islamique et veulent interdire aux Coptes les postes gouvernementaux importants. Il a également pointé du doigt les attaques contre les églises coptes et l’échec du gouvernement à conduire les attaquants devant la justice.



L’auteur copte du rapport, Kamal Zakher, estime que les chiffres du rapport sont exagérés, mais que le problème de l’émigration copte est réel et l’inquiétude justifiée. Selon lui, la révolution du 25 Janvier ne peut pas être la cause principale de ces émigrations puisque les procédures d'émigration peuvent prendre jusqu’à un an pour se terminer.



Le responsable des églises évangéliques en Égypte, Safwat Al-Bayadi, a également exprimé son inquiétude au sujet cette émigration massive, en signalant que sa résolution passera par une volonté politique à l'endiguer.



Les Chrétiens représentent près de 10% de la population égyptienne. Après l’éviction de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak en février, l’influence politique croissante des groupes islamistes, dont certains voient les coptes comme des infidèles et leur refusent le droit d’accéder à des postes de hauts fonctionnaires, soulève de plus en plus d’inquiétudes dans la communauté copte. Et ce malgré les propos se voulant rassurants de la part des Frères musulmans.

La communauté internationnale s'émeut de la condamnation à mort possible pour apostasie d'un pasteur chrétien en Iran s'il ne se déclare pas musulman.

M. Nadarkhani, 32 ans, musulman converti au christianisme à l'âge de 19 ans et devenu pasteur d'une petite communauté évangélique baptisée "Eglise d'Iran". Il a été arrêté en octobre 2009 et condamné à mort pour apostasie en vertu de la charia (loi islamique) en vigueur en Iran. Celle-ci prévoit l'annulation des poursuites si le condamné "se repent" et renonce à sa conversion. La Cour suprême iranienne a ainsi annulé ce verdict début juillet, et renvoyé l'affaire devant le tribunal de Rasht (nord de l'Iran), d'où le pasteur est originaire, en demandant à l'accusé de se repentir.
L'épouse du pasteur, arrêtée en même temps que lui et initialement condamnée à la prison à perpétuité, a été acquittée en appel.

Plusieurs capitales occidentales, dont Washington, Londres et Berlin, ont dénoncé mercredi le sort fait à M. Nadarkhani, et ont appelé à sa libération. La Pologne qui préside l’Union européenne a aussi sommé Téhéran de renoncer à l'exécution du pasteur Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur iranien à Varsovie, convoqué au ministère, ainsi que Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne qui s’est déclarée « extrêmement préoccupée ».

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a demandé à Téhéran de revenir sur la condamnation, critiquant les réticences continuelles du régime iranien quand il s'agit de respecter ses obligations constitutionnelles et internationales en matière de liberté de culte. Le responsable du ministère allemand des Affaires étrangères en charge du Moyen-Orient a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran au ministère des Affaires étrangères pour demander que la peine de mort soit levée, rappelant que la condamnation ne respectait pas les engagements internationaux de l’Iran en faveur de la liberté religieuse.

"Les Etats-Unis condamnent la sentence de mort infligée au pasteur Youcef Nadarkhani. L'exécution de la peine capitale serait une nouvelle preuve du mépris total des autorités iraniennes pour la liberté de culte", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney

La condamnation de Youssef Nadarkhani "constituerait une violation du Pacte international sur les droits civils et politiques auquel l'Iran a librement souscrit ainsi que de la Constitution iranienne qui garantit la liberté de religion et de croyance", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero

"L'Iran s'est engagé du point de vue du droit international à respecter les minorités religieuses. Ceci comprend le droit au choix et à l'exercise de la religion", selon le communiqué allemand.

Selon son avocat, M. Nadarkhani avait jusqu'à mercredi pour renoncer à sa foi.

Le Figaro
Romandie News
[RFI|http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110930-condamnation-mort-pasteur-iranien-emeut-communaute-internationale
Le Point
Le Figaro

Un kamikaze s'est fait exploser devant l'église protestante Bethel Injil de Solo, ville du centre de l'île de Javaen en Indonésie. Il a agi au moment où des centaines de fidèles sortaient de la messe. Une trentaine de personnes ont été blessées, dont une qui est décédée à l'hôpital. Le terroriste est entré dans l'église en portant sur lui une ceinture d'explosifs, et a attendu la fin de la messe pour se lever et déclencher sa bombe, qui devait être de faible puissance, a expliqué la police.

Un médecin d'un hôpital de Solo a raconté que les blessés portaient des traces de clous et de boulons.

"Ce poseur de bombe était membre du réseau terroriste basé à Ciberon que nous avons évoqué il y a quelques mois", a déclaré le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, faisant allusion à une ville située à environ 300 km à l'ouest de Jakarta où un attentat similaire avait eu lieu en avril. "J'ai demandé une enquête pour en découvrir plus sur ce groupe, sur qui le finance et qui le commande", a-t-il ajouté dans une déclaration télévisée.

Cet attentat relance cependant les craintes de tensions religieuses dans cet immense archipel, premier pays musulman de la planète avec 240 millions d'habitants, dont les chrétiens sont moins de 10%. Il révèle la présence de mouvements islamistes encore capables de frapper alors que les autorités assurent avoir décapité le groupe islamiste Jemaah Islamiyah (JI), réputé proche du réseau Al-Qaïda.
La ville de Solo a longtemps compté parmi ses habitants Abou Bakar Bachir, imam considéré comme le porte-voix de la mouvance radicale et condamné en juin dernier à 15 ans de prison.

La Constitution indonésienne stipule que l'islam n'est pas une religion d'Etat et reconnaît la liberté de culte, mais le pays est régulièrement secoué par des conflits religieux.

Mi-septembre, des centaines de paramilitaires ont dû être dépêchés à Ambon, aux Moluques (nord-est), après des émeutes entre musulmans et chrétiens qui ont fait trois morts. Cinq mille personnes avaient été tuées dans cette région lors de violences religieuses entre 1999 et 2002.

Lundi 12 septembre s'est réunie à Rome l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui regroupe 56 États membres engagés dans la prévention des conflits. L'organisation a réuni 150 diplomates et a lancé un appel pour intensifier la prévention des actes antichrétiens : atteintes aux lieux de cultes et aux propriétés religieuses, menaces contre les fidèles, etc.

Les travaux ont été ouverts par une intervention de Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États qui a souligné qu’il existe des phénomènes de discrimination même dans des pays à majorité chrétienne et

« qu’actuellement, les chrétiens sont le groupe religieux qui souffre le plus de persécutions à cause de la foi ». Un fait qui représente « une menace pour la sécurité et la paix ». « Les crimes de haine se nourrissent d’un environnement où la liberté religieuse n’est pas pleinement respectée et où la religion est discriminée ». Toutefois, a-t-il précisé, il ne faut pas confondre le respect pour la liberté religieuse « avec le relativisme ou l’idée que dans l’ère post-moderne, la religion est une composante marginale de la vie publique ». « La religion est plus qu’une opinion privée, la religion a toujours un impact sur la société et sur les principes moraux ». La liberté religieuse n’est pas seulement la liberté de culte, c’est aussi « le droit de prier, d’éduquer, de se convertir, de contribuer au discours politique et de participer pleinement aux activités publiques ».



Le prélat s'appuyait sur un récent rapport du Bureau pour les institutions démocratiques et les Droits de l’homme (BIDDH). Bien que la plupart des actes discriminatoires avaient lieu hors de la zone de l’OSCE, le prélat a souligné la présence de "signes alarmants de marginalisation" des chrétiens dans plusieurs pays européens.

Massimo Introvigne est représentant de l’OSCE pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, en particulier religieuse. Il a lui aussi établi un lien entre intolérance, haine et crime.

« Il y a une voie glissante qui de l’intolérance conduit à la discrimination et de cette dernière aux crimes de haine »

Le métropolite Hilarion Alfeyev, de Volokolamsk, président du département pour les relations extérieures du patriarcat de Moscou, a affirmé qu’il est « l’heure de répondre à ces défis ensemble, orthodoxes et catholiques ». Aujourd’hui, a-t-il averti,

« l’idée erronée se répand que les racines chrétiennes de l’Europe pourraient constituer une menace pour les différentes cultures religieuses, mais ce n’est qu’une ultime tentative d’utiliser la diversité pour exclure le christianisme de la sphère publique ».

Selon un bilan réalisé par l’OSCE, on assiste dans certains pays d’Europe, en particulier en France, à « une montée des incidents préoccupants » : violences et agressions contre des prêtres et des religieux, profanations d’églises et de cimetières, tandis que des sites Internet incitent à la haine contre les chrétiens.

Des propositions pour lutter contre ce phénomène ont été faites, notamment la création d’une banque internationale de données sur les crimes et délits commis contre les chrétiens, les juifs et les musulmans.

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