Lundi 12 septembre s'est réunie à Rome l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui regroupe 56 États membres engagés dans la prévention des conflits. L'organisation a réuni 150 diplomates et a lancé un appel pour intensifier la prévention des actes antichrétiens : atteintes aux lieux de cultes et aux propriétés religieuses, menaces contre les fidèles, etc.

Les travaux ont été ouverts par une intervention de Mgr Dominique Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États qui a souligné qu’il existe des phénomènes de discrimination même dans des pays à majorité chrétienne et

« qu’actuellement, les chrétiens sont le groupe religieux qui souffre le plus de persécutions à cause de la foi ». Un fait qui représente « une menace pour la sécurité et la paix ». « Les crimes de haine se nourrissent d’un environnement où la liberté religieuse n’est pas pleinement respectée et où la religion est discriminée ». Toutefois, a-t-il précisé, il ne faut pas confondre le respect pour la liberté religieuse « avec le relativisme ou l’idée que dans l’ère post-moderne, la religion est une composante marginale de la vie publique ». « La religion est plus qu’une opinion privée, la religion a toujours un impact sur la société et sur les principes moraux ». La liberté religieuse n’est pas seulement la liberté de culte, c’est aussi « le droit de prier, d’éduquer, de se convertir, de contribuer au discours politique et de participer pleinement aux activités publiques ».



Le prélat s'appuyait sur un récent rapport du Bureau pour les institutions démocratiques et les Droits de l’homme (BIDDH). Bien que la plupart des actes discriminatoires avaient lieu hors de la zone de l’OSCE, le prélat a souligné la présence de "signes alarmants de marginalisation" des chrétiens dans plusieurs pays européens.

Massimo Introvigne est représentant de l’OSCE pour la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, en particulier religieuse. Il a lui aussi établi un lien entre intolérance, haine et crime.

« Il y a une voie glissante qui de l’intolérance conduit à la discrimination et de cette dernière aux crimes de haine »

Le métropolite Hilarion Alfeyev, de Volokolamsk, président du département pour les relations extérieures du patriarcat de Moscou, a affirmé qu’il est « l’heure de répondre à ces défis ensemble, orthodoxes et catholiques ». Aujourd’hui, a-t-il averti,

« l’idée erronée se répand que les racines chrétiennes de l’Europe pourraient constituer une menace pour les différentes cultures religieuses, mais ce n’est qu’une ultime tentative d’utiliser la diversité pour exclure le christianisme de la sphère publique ».

Selon un bilan réalisé par l’OSCE, on assiste dans certains pays d’Europe, en particulier en France, à « une montée des incidents préoccupants » : violences et agressions contre des prêtres et des religieux, profanations d’églises et de cimetières, tandis que des sites Internet incitent à la haine contre les chrétiens.

Des propositions pour lutter contre ce phénomène ont été faites, notamment la création d’une banque internationale de données sur les crimes et délits commis contre les chrétiens, les juifs et les musulmans.