Un kamikaze s'est fait exploser devant l'église protestante Bethel Injil de Solo, ville du centre de l'île de Javaen en Indonésie. Il a agi au moment où des centaines de fidèles sortaient de la messe. Une trentaine de personnes ont été blessées, dont une qui est décédée à l'hôpital. Le terroriste est entré dans l'église en portant sur lui une ceinture d'explosifs, et a attendu la fin de la messe pour se lever et déclencher sa bombe, qui devait être de faible puissance, a expliqué la police.

Un médecin d'un hôpital de Solo a raconté que les blessés portaient des traces de clous et de boulons.

"Ce poseur de bombe était membre du réseau terroriste basé à Ciberon que nous avons évoqué il y a quelques mois", a déclaré le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, faisant allusion à une ville située à environ 300 km à l'ouest de Jakarta où un attentat similaire avait eu lieu en avril. "J'ai demandé une enquête pour en découvrir plus sur ce groupe, sur qui le finance et qui le commande", a-t-il ajouté dans une déclaration télévisée.

Cet attentat relance cependant les craintes de tensions religieuses dans cet immense archipel, premier pays musulman de la planète avec 240 millions d'habitants, dont les chrétiens sont moins de 10%. Il révèle la présence de mouvements islamistes encore capables de frapper alors que les autorités assurent avoir décapité le groupe islamiste Jemaah Islamiyah (JI), réputé proche du réseau Al-Qaïda.
La ville de Solo a longtemps compté parmi ses habitants Abou Bakar Bachir, imam considéré comme le porte-voix de la mouvance radicale et condamné en juin dernier à 15 ans de prison.

La Constitution indonésienne stipule que l'islam n'est pas une religion d'Etat et reconnaît la liberté de culte, mais le pays est régulièrement secoué par des conflits religieux.

Mi-septembre, des centaines de paramilitaires ont dû être dépêchés à Ambon, aux Moluques (nord-est), après des émeutes entre musulmans et chrétiens qui ont fait trois morts. Cinq mille personnes avaient été tuées dans cette région lors de violences religieuses entre 1999 et 2002.