La communauté internationnale s'émeut de la condamnation à mort possible pour apostasie d'un pasteur chrétien en Iran s'il ne se déclare pas musulman.

M. Nadarkhani, 32 ans, musulman converti au christianisme à l'âge de 19 ans et devenu pasteur d'une petite communauté évangélique baptisée "Eglise d'Iran". Il a été arrêté en octobre 2009 et condamné à mort pour apostasie en vertu de la charia (loi islamique) en vigueur en Iran. Celle-ci prévoit l'annulation des poursuites si le condamné "se repent" et renonce à sa conversion. La Cour suprême iranienne a ainsi annulé ce verdict début juillet, et renvoyé l'affaire devant le tribunal de Rasht (nord de l'Iran), d'où le pasteur est originaire, en demandant à l'accusé de se repentir.
L'épouse du pasteur, arrêtée en même temps que lui et initialement condamnée à la prison à perpétuité, a été acquittée en appel.

Plusieurs capitales occidentales, dont Washington, Londres et Berlin, ont dénoncé mercredi le sort fait à M. Nadarkhani, et ont appelé à sa libération. La Pologne qui préside l’Union européenne a aussi sommé Téhéran de renoncer à l'exécution du pasteur Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur iranien à Varsovie, convoqué au ministère, ainsi que Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne qui s’est déclarée « extrêmement préoccupée ».

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a demandé à Téhéran de revenir sur la condamnation, critiquant les réticences continuelles du régime iranien quand il s'agit de respecter ses obligations constitutionnelles et internationales en matière de liberté de culte. Le responsable du ministère allemand des Affaires étrangères en charge du Moyen-Orient a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran au ministère des Affaires étrangères pour demander que la peine de mort soit levée, rappelant que la condamnation ne respectait pas les engagements internationaux de l’Iran en faveur de la liberté religieuse.

"Les Etats-Unis condamnent la sentence de mort infligée au pasteur Youcef Nadarkhani. L'exécution de la peine capitale serait une nouvelle preuve du mépris total des autorités iraniennes pour la liberté de culte", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney

La condamnation de Youssef Nadarkhani "constituerait une violation du Pacte international sur les droits civils et politiques auquel l'Iran a librement souscrit ainsi que de la Constitution iranienne qui garantit la liberté de religion et de croyance", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero

"L'Iran s'est engagé du point de vue du droit international à respecter les minorités religieuses. Ceci comprend le droit au choix et à l'exercise de la religion", selon le communiqué allemand.

Selon son avocat, M. Nadarkhani avait jusqu'à mercredi pour renoncer à sa foi.