PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Au matin du 26 décembre, les chrétiens protestants de Tizi Ouzou, en Kabylie, ont été accueillis dans leur église par 50 extrémistes musulmans, alors qu'ils se préparaient à célébrer leur premier culte de Noël dans leur nouveau bâtiment.

Après avoir menacé de mort le pasteur, un homme a crié :

« Cette terre est une terre d'islam ! Allez prier ailleurs ! ».

Les extrémistes n'ont laissé entrer personne dans le bâtiment pendant deux jours avant de finalement piller le peu de choses que l'église contenait. Pour beaucoup de chrétiens, ces extrémistes agissent avec la bénédiction de la police, voire de l'Etat, qui ne peut lutter directement contre le christiannisme à cause de l'image internationale que cela renverrait.

En Algérie, les médias diffusent depuis quelques années des émissions qui donnent une mauvaise image des chrétiens. De ce fait, la population voit le christiannisme comme une menace pour la culture algérienne.
En septembre 2006, le président algérien avait promulgué une loi limitant l'exercice des cultes non musulmans. Son application avait entraîné l'ordre de fermeture de 26 églises évangéliques et l'arrestation d'une quinzaine de chrétiens, avant de faire marche arrière suite à la pression internationale

Dans la soirée du 17 décembre 2009, une foule de plusieurs centaines de musulmans a attaqué la chapelle de la paroisse Saint-Arnold, située à Bekasi, agglomération proche de la capitale Djakarta. L'incident n'a pas fait de victime mais l'église a subi d'important dégâts.

Selon Christina Maria Rantetana, présidente du comité de construction de l'église et conseillère auprès du ministre-coordinateur de la Politique, du Droit et de la Sécurité dans le gouvernement indonésien, c'est « une foule d'un millier de personnes (qui) est arrivée aux abords de l'église aux environs de 22h45 (le jeudi 17 décembre) et s'est mise à caillasser l'édifice. Certains sont entrés à l'intérieur et ont tenté d'y mettre le feu ». La police, alertée, n'a pas réussi à calmer la foule. Il a fallu plusieurs centaines de policiers supplémentaires pour parvenir à disperser la foule vers minuit.

« Nous continuerons à utiliser notre église même si elle n'a plus de murs et si nous devons nous asseoir sur des chaises en plastique », a commenté Mme Rantetana.

Elle a aussi assuré toutes les procédures administratives et légales avaient été observées pour l'obtention du permis de construire de cette église, dont le chantier avait commencé en 2008 et restait inachevé.
En Indonésie, la construction des lieux de culte est très étroitement encadrée par la loi, un permis de construire ne pouvant être délivré que si, à l'issue de procédures complexes, le voisinage a explicitement donné son accord à cette construction. Concrètement, il s'avère très difficile pour les communautés chrétiennes d'édifier de nouveaux lieux de culte, les islamistes mobilisant en général le voisinnage pour que ces constructions soient refusées, si les étapes administratives aboutissent.

« La foule s'était rassemblée pour célébrer le premier jour du Nouvel An islamique, le début du mois de Muharram. Lorsqu'elle est passée devant l'église, elle a été provoquée et a riposté », a déclaré Imam Sugianto, chef de la police à Bekasi, après avoir interrogé des acteurs de l'attaque.

Ces violences rappellent à la communauté chrétienne les attentats de la nuit de Noël 2000 perpétrés dans des églises chrétiennes et qui avaient fait dix-neuf morts. Depuis, le pouvoir indonésien a mis en place un très important dispositif de sécurité aux entrées des lieux de culte chrétiens.

Via « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (MEP).

Deux attentats ont visé des églises syriaques à Mossoul, à 350 km au nord de Bagdad, faisant au moins 40 blessés. Une bombe a explosé près de l'église syrienne-catholique de l'Annonciation, à Chourta, un quartier du nord de la ville, sans faire de victimes. Dans le centre, une voiture piégée à visé l'église syrienne-orthodoxe de la Vierge Très Pure et une école chrétienne à proximité, causant la mort d'un bébé et blessant 40 personnes dont cinq enfants.

Fin 2008, une campagne systématique de meurtres et de violences ciblés avait fait 40 morts parmi les chrétiens de Mossoul, entraînant le départ de plus de 12 000 d'entre eux. Le 26 novembre dernier, deux explosions avaient déjà ravagé un couvent dominicain (le couvent Sainte-Thérèse) et une église (église chaldéenne Saint-Ephrem) dans le quartier de Mossoul al-Jadida, sans faire de victime cette fois.

Par ailleurs, à Bagdad, trois voitures piégées ont explosé simultanément à partir de 07h30 dans trois parkings, l'un dépendant du ministère de la Défense, le second en face du ministère des Affaires étrangères et le troisième près du ministère des Émigrés et des Déplacés. Les explosions ont fait quatre morts et 14 blessés, selon un premier bilan.

Alors qu’à 48 heures d’intervalle un prêtre et une religieuse ont été assassinés par des hommes en uniforme, au Sud-Kivu, province de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le P. Daniel Cizimia a été tué dans son presbytère de Kabare, dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 décembre, par un groupe de meutriers qui sont entrés et ont exécuté leur forfait sans un mot. La soeur Denise Kahambo Mu, moniale cistercienne de la Clarté-Dieu de Murhesa, abbaye située dans le même territoire, a été assassinée le lundi suivant, dans son monastère, par ungroupe d’une huitaine d’hommes agissant de façon similaire. Armés, ils se sont introduits dans le monastère et ont tiré à bout portant sur rahirwa sans rien dire.

« Ils n’ont rien demandé et n’ont rien emporté », précise le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Jean Claude Kibala.

Ce double meurtre intervient après deux agressions commises en octobre visant une paroisse et une communauté de frères maristes. Les assaillants, des militaires en uniforme avaient « signé » leur forfait en se présentant comme des Interahamwe, c’est-à-dire comme des membres de la rébellion hutue des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui font l’objet d’une offensive de l’armée congolaise, soutenue par les casques bleus de l’ONU.
Les autorités locales ont décrit ces attaques comme des « ruses » des rebelles pour opposer la population aux militaires. Mais cette explication, pas plus que la revendication du FDRL, ne convainc l’Église locale, qui soupçonne plutôt des factions de l’armée nationale. Cette dernière est une « juxtaposition de forces qui se haïssent, chacune ayant son propre agenda », explique le P. Justin Nkunzi, responsable de la commission Justice et Paix du Sud-Kivu.

C'est plutôt le rôle de porte-parole des victimes locale qui est clairement visé, selon les représentants.

« L’Église est la seule à faire contrepoids, explique le P. Nkunzi. Certains voudraient l’impliquer dans la logique des armes, mais elle restera fidèle à sa mission. »

Trois suspects ont été arrêtés, dont le transfert de Kabare à la capitale provinciale Bukavu a provoqué des troubles graves lorsque des soldats ont tiré pour disperser la foule qui voulait lyncher les suspects.

Un groupe de plusieurs centaines d’individus armés de bâtons et de sabres a pris d’assaut l’église catholique Notre-Dame de la Rose mystique à Crooswatta, dans la paroisse de Kotugoda, à Ja-Ela, à quelques kilomètres au nord de Colombo, alors que venait de s’achever la messe de 7 h 00 du matin. Le groupe, constitué de bouddhistes extrémistes, a saccagé l’édifice, brisant les statues, l’autel et tout le mobilier liturgique avant de s’en prendre au curé de la paroisse, le P. Jude Denzil Lakshman, qui essayait faire fuir les fidèles.
Le prêtre, attaqué au sabre, n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention d’un jeune paroissien. Les assaillants ont également incendié la voiture du prêtre ainsi que plusieurs véhicules dont la plupart étaient des motocyclettes appartenant à des familles pauvres. Blessés, plusieurs paroissiens ont dû être transportés à l’hôpital.

A l’annonce de l’attaque de leur église, quelque 500 catholiques ont organisé un sit-in dans les rues en signe de protestation, réclamant que la police arrête les responsables de l’agression. Pour le moment, une seule personne a été écrouée par les forces de l’ordre.

Dans cette localité cohabitent environ 300 familles catholiques et 350 familles bouddhistes. La paroisse catholique ne parvient pas à achever la reconstruction de l’église, commencée en 2007, en raison des violences commises par des bouddhistes extrémistes, encouragés par les responsables du monastère bouddhique voisin. Le 6 octobre 2007, malgré une première décision de justice en faveur des chrétiens, la police de Ja-Ela avait suspendu la célébration de l’Eucharistie, en plein office, pour « troubles à l’ordre public ». Quelques jours auparavant, le responsable du monastère bouddhique voisin avait menacé la communauté catholique de « lui retirer une quinzaine de vies » si la construction de l’église n’était pas stoppée immédiatement, la présence d’un édifice chrétien étant « une insulte » pour toutes les familles bouddhistes de la région. La police avait interdit les travaux d'agrandissement (classes de catéchisme).
En 2008, la Cour suprême avait annulé cette décision, et le 28 juillet 2008, le juge avait réaffirmé le droit constitutionnel de tout citoyen à la liberté de religion et de culte et ordonné la reprise des travaux et des activités liturgiques et paroissiales.

Un prêtre orthodoxe a été assassiné par balles jeudi dans son église à Moscou, par un homme qui portait un masque anti-grippe. Celui-ci est entré dans l'église et a tiré quatre fois sur le père Danil Syssoev, 35 ans, pope orthodoxe, et sur un autre officiant.

Les enquêteurs n'excluent pas que l'assassinat soit lié aux activités religieuses de la victime, a précisé le comité d'enquête du Parquet. Le prêtre était en effet connu pour ses critique à l'égard des sectes, des milieux ultranationalistes, et de l'Islam. Il avait reçu à plusieurs reprises des menaces de mort, et était notamment critiqué par des organisations musulmanes russes pour ses commentaires sur l'Islam.

En 2007, le co-président du Conseil des Muftis de Russie, Nafigoulla Achirov, l'avait appelé le "Salman Rushdie russe" après la publication d'un livre, "Mariage avec un musulman", dans lequel le prête critiquait le traitement des femmes.

Il aidait aussi les victimes de sectes et mouvements occultes, nombreux en Russie depuis la chute de l'URSS, et critiquait les mouvements ultrapatriotiques et les admirateurs de Staline ce qui lui avait valu nombre d'inimitiés, selon un professeur de l'Université religieuse de Moscou, Andreï Kouraev, sur la radio Echo de Moscou.

"Son nom était beaucoup cité ces derniers mois sur l'internet après les sévères propos antistaliniens qu'il avait tenus. Il était critiqué, caricaturé sur les sites ultrapatriotiques", a dit M. Kouraev.

"C'était un vrai prédicateur et missionnaire. Je pense qu'il a été tué en raison de son engagement actif", a estimé le chef du service de presse du patriarcat de Moscou, le père Vladimir Viguilianski.


Dimanche 6 septembre 2009

Le Père Cecilio Lucero, a été tué par balles dans la province de Samar-Nord, aux Philippines, le dimanche 6 septembre. Âgé de 48 ans, il était curé de l’église Saint-Joseph Ouvrier à Catubig, dans le diocèse de Catarman, de la province Samar-Nord (Région des Visayas Orientales). Il a été abattu lors d’une embuscade au village de Layuhan, le dimanche 6 septembre, vers 8 h 30 du matin, alors qu’il rejoignait San Jose en camionnette par la route nationale.

Une grande manifestation s'est tenue deux jours plus tard, rassemblant des sympathisants de l’organisation œcuménique de défense des droits de l’homme, Promotion of the Church People’s Response (PCPR), à laquelle avait appartenu. Pour les manifestants dénonçant l’assassinat du prêtre, il n’y a aucun doute: « le défenseur des pauvres et des opprimés » est une nouvelle victime des « exécutions extrajudiciaires » en augmentation dans la région, assassinats non élucidés par la police et sur lesquels enquêtait justement le P. Lucero. Beaucoup de paysans lui demandaient de l’aide à chaque fois que les militaires commettaient des violations de leurs droits. »

Mgr Trance, l'évêque de son diocèse, a rapporté que le prêtre, qui dirigeait le Bureau des droits de l’homme et le Centre d’action sociale (SAC) du diocèse, avait reçu de nombreuses menaces de mort depuis l’assassinat du maire de Catubig en février dernier, et un policier l'escortait dans ses déplacements.

« Depuis qu’il travaillait pour les droits de l’homme et allait partout enquêter sur les crimes qui avaient été commis, il s’était mis à dos les militaires comme les rebelles armés. »

Beaucoup affirment en effet que les menaces de mort venaient « de militaires » et qu’il avait été « mis sous surveillance ».

Les circonstances de l'embuscade restent floues. Selon les témoignages, les assaillants étaient 30 ou 5, portant des lunettes de ski (une caractéristique des « exécutions extrajudiciaires » aux Philippines) ou ayant les visages camouflés sous des bonnet et des masque, étant vêtus d’uniformes de la police ou plutôt de l’armée... Peu de certitudes en fait. De larges zones d’ombre subsistent également au sujet du policier Eugene Bation, assigné comme garde du corps au P. Lucero. Les premiers rapports de police l’avait déclaré touché par les tirs des assaillants et transporté à l’hôpital, avant de rapporter récemment qu’il n’aurait en réalité pas été blessé. Eugene Bation aurait déclaré à la police avoir fait feu à son tour contre les assassins, les forçant à se disperser et s’enfuir.

« Nous pensons que le P. Lucero était surveillé et suivi. Lorsqu’il est arrivé à San Jose, ses assassins l’attendaient », a déclaré Mgr Emmanuel Trance, évêque de Catarman, qui s’est déclaré « anéanti » par la nouvelle et a condamné fermement le meurtre du prêtre dans une déclaration diffusée sur le site de la CBCP (Catholic Bishops’ Conference of Philippines).

L’engagement en politique des deux frères aînés du prêtre assassiné renforce, selon le prélat, la thèse selon laquelle l’assassinat du P. Lucera serait une exécution politique. Wilmar Lucero, ancien membre du Congrès, est actuellement en lice pour les présidentielles de 2010. Quant à Antonio Lucero, il est gouverneur adjoint de la province de Samar-Nord.

«Les assassinats politiques sont très nombreux dans la région », déplore Mgr Trance.

Le Centre d’action sociale que dirigeait le P. Lucero avait diligenté dans le diocèse dix-huit enquêtes pour meurtres non résolus ces six derniers mois. Mais, selon le prélat, il s’agissait jusqu’à présent d’hommes politiques ou de journalistes.

« Le fait qu’une exécution extrajudiciaire puisse aujourd’hui viser un prêtre (risque) de répandre la peur au sein de toute la population », a-t-il déclaré.

L’Eglise catholique des Philippines a condamné unanimement « l’odieux assassinat » du P. Lucero. Les organisations de défense des droits de l’homme accusent quant à elles le gouvernement de Gloria Arroyo. Certains observateurs affirment en effet que la présidente des Philippines, lors de l’inauguration du pont de Catubig , le 16 juin dernier, avait dénoncé publiquement le P. Lucero comme « prêtre communiste » devant de nombreux militaires hauts gradés. « C’est comme si Gloria Macapagal-Arroyo avait signé elle-même l’arrêt de mort du P. Lucero (...). Elle donnait à l’armée l’ordre d’exécuter le prêtre selon l’objectif du Oplan Bantay Laya qui supprime les opposants au gouvernement. »

Le corps du prêtre assassiné a été transporté à la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation à Catarman pour la veillée mortuaire qui s’est tenue le 8 septembre au soir. Le prêtre est la 26e victime ecclésiastique aux Philippines.

CBN
Eglise d'Asie (EDA)

Cinq chrétiens ont été tués à l'armes à feu dans le centre ville de Quetta, au Balouchistan, le 28 août derner. Ce nouveau meurtre qui arrive après le massacre du Punjab, où 11 chrétiens sont morts et où plus de 100 maisons ont été saccagées.

Le problème majeur des chrétiens est la loi anti-blasphème, qui est souvent utilisée à tort et à travers pour des motifs personnels. Les délits perpétré sous ce motif sont difficiles à poursuivre. La loi anti-blasphème prévoit la prison à vie ou la peine de mort en cas d'insultes contre le Coran ou le prophète Mahomet. Le problème, affirment les évêques, est que l'on abuse souvent de cela pour des raisons et des intérêts personnels.

Les évêques catholiques pakistanais ont également récemment exprimé leur déception après l'absence d'un procès légal contre les attaques anti-chrétiennes dans la province du Punjab. Le président de la conférence épiscopale pakistanaise, Mgr Lawrence J. Saldanha, archevêque de Lahore, a exprimé sa préoccupation car, « un mois après le massacre, aucun des accusés n'a été puni ».

« Je crains que les coupables restent impunis, et que le cas reste longtemps en suspend », a-t-il ajouté.

Selon certaines données de la Commission nationale Justice et Paix de la Conférence épiscopale pakistanaise, depuis l'entrée en vigueur de la loi, 964 personnes ont été jugées dont 479 musulmans, 119 chrétiens, 340 ahmadis (une secte musulmane considérée comme hérétique) et 14 hindous.

Nombreux ont été ceux qui ont demandé la suppression ou au moins la révision de la loi. L'Eglise a lancé une campagne de souscription en ce sens, et on pense que près de 200.000 signatures pourraient être recueillies. Les chrétiens représentent 1,6% de la population du Pakistan, qui comprend 160 millions d'habitants

Les incidents survenus dans la province du Pendjab ne se sont pas terminés, malgré la mise en place de policiers après l'appel au djihad du juin dernier qui a déjà poussé une cinquantaine de musulmans à attaquer le village de Bahmani Wala en représaille à une prétendue profanation du Coran.

Un nouvel assaut a eu lieu contre un quartier chrétien de Gojra, où un groupe de musulmans a incendié des maisons en faisant 8 morts, dont un enfant. 6 d'entre eux ont été brûlés vifs, dont quatre femmes, tandis que deux autres étaient assassinés par les émeutiers. Des coups de feu ont été échangés depuis les toits et d'après des images diffusées à la télévision, des maisons ont été incendiées et les rues de la ville sont jonchées de meubles calcinés.
L'affaire remonte à un différent entre deux voisins, l'un musulman, l'autre chrétien, de la ville de Bahmani Wala. Dès le lendemain, un appel au djihad était lancé de la mosquée d'une ville voisine pour insulte envers le prophète puis profanation du Coran. Les deux acusations se sont révélées sans fondement, selon le ministre de l'Intérieur du Pendjab : Rana Sanaullah. Il a condamné ces attaques et annoncé l'ouverture d'une enquête, imputant la responsabilité des violences au groupe islamiste interdit Sipah-e-Sahaba Pakistan.

"Ceci n'est pas l'oeuvre de musulmans. Un groupe d'extrémistes a exploité la situation" affirme-t-il.
"C'est une simple rumeur, exploitée par des éléments visant à semer le chaos. J'engage les deux communautés à faire preuve de retenue", a lancé le ministre provincial.

Le ministre des Minorités, Shahbaz Bhatti, a affirmé lui aussi que des groupes de personnes "instrumentalisées par des extrémistes religieux" ont attaqué un quartier chrétien pour y incendier des dizaines de maisons. Quoi qu'il en soit, les évènements mettent bien en cause une mosquée légale et des musulmans qui n'appartiennent pas à ce groupe.

Les écoles chrétiennes du Pakistan ont décidé de fermer leurs portes lundi pour trois jours, en signe de deuil et de protestation.

Profaner le Coran est passible de la peine de mort au Pakistan, où l’Islam est la religion dominante. Les chrétiens, qui représentent moins de 5 % des 175 millions de Pakistanais, affirment que les lois anti-blasphème sont utilisées régulièrement pour exercer des représailles sur leur communauté.

Au Vatican, le pape Benoît XVI s'est déclaré lundi "profondément attristé" par ces violences "insensées". Il a adressé un télégramme de condoléances aux familles des victimes et invité les chrétiens du Pakistan à "poursuivre leurs efforts pour contribuer à édifier une société marquée (...) par un respect mutuel" entre les croyants.

Plusieurs organisations pour la défense des droits de l'homme en Corée du Sud ont dénoncé l'augmentation des exécutions de chrétiens en Corée du Nord, dont certaines se font en public. Elles évoquent le cas d'une femme qui a été jugée publiquement le mois dernier dans une localité proche de la frontière chinoise.

Selon un correspondant de la BBC, la femme a notamment été accusée de distribuer des bibles, de répandre des nouvelles de Corée du Sud aux Etats-Unis et de collaborer avec les dissidents. Ce serait sur dénonciation que les parents de cette femme, son mari et ses enfants ont été envoyés dans un camp de détention. Le correspondant de la BBC ajoute aussi que même si ces informations sont très difficiles à vérifier, la Corée du Nord est connue pour son intolérance vis-à-vis de la religion.
Selon l'agence AP, la femme tuée s'appelait Ri Hyon-ok et avait 33 ans et trois enfants. Elle a été jugée dans la ville de Ryongchon le 16 juin, affirme un rapport de la Commission d'enquête sur les crimes contre l'humanité publié vendredi.

Le rapport confirme les témoignages de dissidents nord-coréens et les documents de mouvements pour les droits de l'homme qui soulignent toujours plus la persécution religieuse et la violation des droits dans le pays communiste.

La Corée du Nord a été définie comme le pire persécuteur de chrétiens pendant 7 années consécutives, sur la liste 2009 d'Open Doors Watch.

Les nord-coréens sont contraints de pratiquer un culte à la personnalité de Kim Jong-Il et de son père défunt. Toutes les autres religions, en particulier la religion chrétienne, sont interdites. Si l'on découvre que quelqu'un est chrétien et possède une Bible, il est envoyé dans un camp de travail géré par le gouvernement et doit subir une exécution publique.
Open Doors craint que des dizaines de milliers de chrétiens ne souffrent actuellement dans des camps de prisonniers en Corée du Nord. On suspecte que le régime détienne plus de prisonniers politiques et religieux que n'importe quel autre pays du monde.

Dans la capitale Pyongyang, il y a quelques églises, mais on ne sait pas si elles ne sont ouvertes que quand les étrangers les visitent ou si elles ne sont utilisées que par les étrangers eux-mêmes. En tout état de cause, selon les dissidents, elles sont interdites aux nord-coréens.

La Commission d'enquête sur les crimes contre l'humanité, une coalition de 50 groupes activistes, demande que le leader nord-coréens Kim Jong-Il soit accusé de crimes contre l'humanité.

Malgré les persécutions, on estime que 30 000 nord-coréens pratiquent le christianisme chez eux et en secret.


mercredi 29 juillet 2009

Un prêtre a été assassiné mercredi en Inde dans le Karnataka (sud), où les chrétiens sont l'objet de violences. Son corps dénudé a été trouvé jeudi matin sur une route menant à sa paroisse. Il aurait été tué en regagnant sa paroisse après avoir célébré un enterrement dans un village voisin. L'évêque du diocèse, Mgr Lawrence Mukkuzhy, n'a avancé aucune hypothèse mais a exclu "un crime crapuleux". Pour un autre responsable du diocèse, il s'agit d'une exécution. Il a précisé que le corps ne présentait pas de blessure apparente et que des éléments laissaient penser que le religieux avait été étouffé. Une autopsie devrait être pratiquée prochainement pour déterminer les causes de la mort.

L'association des Indiens chrétiens a demandé l'ouverture d'une enquête sur cet assassinat et sur d'autres attaques contre des chrétiens dans la région. Vingt églises et chapelles avaient été détruites l'année dernière dans des violences dans le Karnataka au moment où, dans l'Etat d'Orissa (est), des attaques menées par des hindous avaient fait 35 morts, provoqué la fuite de dizaines de milliers de villageois après l'incendie d'un demi-millier de maisons et de dizaines d'églises et paroisses.

Le 27 juillet dernier, la Cour de Phulbani, chef-lieu du district du Kandhamal, a condamné cinq extrémistes hindous à six ans de prison ferme et à une amende de 5 000 roupies (75 euros), pour leur implication dans les violences antichrétiennes qui ont touché l’Orissa l’année dernière après le 24 août et qui ont fait plus de 90 morts chrétiens, déplacé près de 50 000 personnes et détruit des milliers de maisons et de lieux de culte (cf. article 1, article 2, article 3 sur ces évènements survenus l'an dernier).

Aujourd’hui, la situation reste tendue en Orissa, malgré l’échec des nationalistes hindous aux élections législatives d’avril-mai 2009.

« Les inculpations et les condamnations encourageront les gens à revenir chez eux et reprendre le cours de leur vie », espère Mgr Raphaël Cheenath, archevêque catholique de Cuttack-Bhubaneswar, qui rappelle que de nombreux chrétiens sont encore réfugiés dans des camps, n’osant pas rentrer dans leurs villages.

Force est de constater que ces condamnations sont loin de correspondre à la gravité des crimes commis, souligne toutefois le porte-parole de l’archidiocèse de Delhi, le P. Dominic Emmanuel. Il considère que la décision de la cour « était bien entendu bienvenue, mais que les chefs d’accusation devraient être considérés plus sérieusement ». Il faut, dit-il, que les instigateurs des violences « soient punis sévèrement de façon à donner une leçon à tous ceux qui propagent la haine religieuse ».

Deux cours de justice étaient saisies des crimes commis lors des violences de 2008. L’une d’elles a condamné le 30 juin dernier Chakradhar Mallick, un propriétaire terrien local, à quatre ans de prison ferme et à une amende de 2 000 roupies, pour avoir mené des attaques et des incendies contre les chrétiens. Le tribunal qui a conclu à la culpabilité des six hindouistes examinait, quant à lui, depuis juin le cas de quelque 900 suspects, dont bon nombre ont finalement été relâchés « faute de preuves ».

« Notre principal problème reste l’intimidation des témoins », reconnaît Mgr Cheenath, qui explique que les hindouistes menacent de mort ceux qui doivent témoigner. « Dans la région de Sarangarh, des hommes armés ont pénétré dans les villages et ont menacé de mort tous ceux qui iraient au tribunal et témoigneraient », raconte M. Nayak, travailleur social qui a reconnu lui-même trois des assaillants.

Ces premières condamnations suivent de près la publication du rapport d’enquête du gouvernement de l’Orissa sur les violences de 2008, rapport qui a été dénoncé par l’Eglise comme gravement partial et inexact. Revues à la baisse, les attaques y sont qualifiées de querelles intertribales et nient toute implication des mouvements extrémistes hindous.

Malgré les difficultés rencontrées pour que justice soit rendue aux chrétiens, le groupe œcuménique United Christians Forum of Orissa vient de lancer un appel à la paix et au pardon, en proposant de déclarer « journée de la paix et de l’harmonie » le 23 août, date anniversaire de l’assassinat du leader hindou et du déclenchement des violences antichrétiennes.

« Nous devons pardonner ce qui s’est produit par le passé pour construire une société plus forte qui ne soit plus détruite par des projets criminels », a déclaré Mgr Cheenath, président du Forum œcuménique.

Dans la nuit de samedi à dimanche, un groupe anarchiste s'est répandu dans divers quartier de Barcelone et a peint des graffitis choquants et menaçants sur la façade d'une vingtaine d'églises et cadenassé les portes de certaines d'entre elles pour en empêcher l'accès.

L'archevêché de Barcelone a aussitôt réagi en diffusant un communiqué dans lequel il dit « déplorer profondément de tels actes » et rappelle que « le droit à la liberté religieuse et la liberté de culte des citoyens est un droit fondamental reconnu par la constitution espagnole ».

Le respect et la défense du droit à la liberté religieuse, et du droit des citoyens à exercer librement leur culte est « un élément fondamental dans une société authentiquement démocratique », a-t-il souligné.

Le porte-parole de l'archevêché a signalé que bloquer l'accès à certaines églises, et donc à empêcher le culte, est une atteinte au droit à la liberté religieuse.

Ces actions ont été revendiquées par un groupe se faisant appeler « La Gallinaire », pour « commémorer une semaine de lutte populaire que les curés de paroisse ont qualifiée de tragique ».

Plusieurs institutions chrétiennes ont reçu ces derniers mois des menaces de mort qui sont prises très au sérieux depuis l’attentat à la bombe de mai 2009 contre l’église de l’Assomption. Cet attentat avait fait trois morts et une quinzaine de blessés graves, et avait été revendiqué par l’Armée de Défense du Népal (Nepal Defense Army, NDA), groupuscule extrémiste hindou. Le même groupe hindou avait revendiqué en 2008 de l’assassinat du prêtre salésien John Prakash Moyalan.

Des institutions chrétiennes sont, depuis, régulièrement menacées par téléphone. Le pro-vicaire du Népal, le P. Pius Perumana, ainsi que les jésuites de l’école St-Xavier, ou encore les religieuses de l’école Sainte-Marie et les Sœurs de la Charité de Nazareth de Baluwatar, ont été menacés de mort.

Formé d’anciens soldats, de policiers de l’ancien régime et de victimes de la guérilla maoïste, ce groupe armé affirme être prêt à commettre d’autres attaques, y compris des attentats suicides, contre les chrétiens, les musulmans et les communistes, afin de rétablir un Etat hindou. Ils ont déjà orchestré d'autres attentats contre une mosquée, ou en 2007, contre le quartier général des maoïstes à Katmandou.

« Le NDA a menacé les prêtres et les religieuses (...) et leur a laissé un mois pour quitter le pays », a déclaré Mgr Sharma, précisant que les dernières intimidations ont été faites au nom du chef du NDA, Ram Prasad Mainali.

Toutes les institutions catholiques ont été prévenues et la police exerce désormais une surveillance autour des principaux lieux susceptibles d’être de nouveau la cible des terroristes, comme le centre pastoral de Godavari.

Ces menaces de mort ne sont pas une situation nouvelle pour les chrétiens du Népal : déjà en 2008, juste après l’assassinat du P. Prakash Moyalan, le NDA avait, de la même manière, averti les communautés religieuses de s’attendre à une vague d’attentats s’ils ne quittaient pas le pays. A l’époque, Mgr Sharma avait écrit au ministre de l’Intérieur afin qu’il prenne les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité des fidèles et de leurs pasteurs. Le prélat faisait remarquer au gouvernement que ces intimidations répétées envers plus d’une cinquantaine d’établissements d’éducation ou à caractère social gérés par l’Eglise mettaient en danger « dans au moins 60 districts du pays (...) 17 922 élèves et autres membres du personnel, dont 99 % n’étaient pas chrétiens ».

Les chrétiens du Népal ne sont pas décidés à « se laisser intimider » et affirment que ce temps d’épreuve les « rapproche davantage de Dieu ». Balann Joseph, 41 ans, originaire du nord de l’Inde, a perdu sa femme et sa fille dans l’explosion du 23 mai. Lui-même grièvement blessé, il a témoigné auprès de la communauté catholique endeuillée de Katmandou, des « grâces reçues » dans l’épreuve et du pardon qu’il a donné à l’instigatrice de l’attentat. Cette dernière, Seeta Thapa Shrestha, âgée de 27 ans, n’a pas fait de difficulté à reconnaître sa culpabilité dès son arrestation par la police, déclarant seulement regretter de « ne pas avoir fait plus de morts ». Bien que la jeune femme affirme appartenir à un autre groupe extrémiste, le Hindu Rashtra Bachao Samiti (Société pour la défense de la nation hindoue), la police est d’autant plus persuadée que « le NDA est le cerveau de l’affaire » que l’Armée de Défense du Népal a rapidement revendiqué l’attentat.

A l’heure actuelle, malgré les promesses du gouvernement népalais, les victimes et les parents des personnes décédées dans l’attentat à la bombe du 23 mai dernier n’ont toujours pas été indemnisées. C’est l’Eglise qui a payé les soins des victimes à l’hôpital et assuré le soutien des familles.

Selon des sources ecclésiastiques locales, on compte aujourd’hui environ 1,5 million de chrétiens au Népal, dont près de 8 000 catholiques dans un pays à très forte majorité hindoue.

En 48 heures, sept églises ont été visées à Mossoul et à Bagdad, en Irak, les dimanche 12 et lundi 13 juillet 2009.

Selon une source policière relevée par l'AFP, un attentat à la voiture piégée a eu lieu lundi 13, dans la matinée, à Mossoul (370 km au nord de Bagdad) près d'une église et d'une mosquée chiite dans le centre-ville, blessant trois enfants. L'attentat s'est produit près de l'église Notre-Dame dans le quartier de Qayssiliyah.

Dimanche soir, une série d'attentats visant des églises dans la capitale Bagdad ont tué au moins quatre personnes, des chrétiens qui se trouvaient à proximité de l'église Notre-Dame du Sacré Coeur, dans l'est de Bagdad, et fait 32 blessés.

Pour Mgr Jean Benjamin Sleiman, archevêque des Latins de Bagdad, « il s'agit d'attaques visant à pousser les chrétiens en dehors de l'Irak ».
Mgr Shlemon Warduni, évêque auxiliaire chaldéen de Baghdad, déclare pour sa part à Radio Vatican en langue française :

« Nous sommes les enfants de l'espérance et c'est pourquoi nous devons avoir confiance dans le Seigneur et avancer, parce que notre Dieu est un Dieu d'amour, un Dieu qui aime les hommes, qui les a créés pour être heureux dans ce monde (...). Le peuple irakien souffre depuis tant d'années, et les chrétiens souffrent ensemble avec tout le peuple depuis 2000 ans. Notre pays est le pays des martyrs : combien de martyrs ! C'est pourquoi nous cherchons à vivre avec confiance et tranquillité ».

Le représentant spécial de l'ONU en Irak, Ad Melkert, a exprimé son inquiétude devant ce qu'il dénonce comme « des attentats orchestrés » contre ces églises de Bagdad et de Mossoul, rapporte encore l'AFP. Il estime que

« cette campagne est destinée à terroriser des groupes vulnérables et empêcher une coexistence pacifique ».

Dans un message qu'il a fait parvenir par son secrétaire d'Etat, le cardinal Tarcisio Bertone, le 13 juillet au patriarche de Babylone des Chaldéens, Emmanuel III Delly, Benoît XVI exprime sa proximité aux communautés catholique et orthodoxe d'Irak. Le pape « encourage les autorités à faire tout leur possible pour promouvoir une coexistence juste et pacifique de tous les secteurs de la population irakienne ». Il exprime ses regrets et souligne que les objectifs des attentats sont les lieux qui pendant la guerre « servaient de refuge aux chrétiens et aux musulmans ». Il appelle à l'arrêt des violences et déclare « prier pour la conversion du coeur des auteurs de la violence ».

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