PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


« Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris, rapporte qu'un village de chrétien a été la cible d'une attaque soudaine et d'une violence effroyable organisée par la communauté musulmane voisine.

Le 30 juin, environ 50 musulmans, armés de bâtons, de machettes, de cocktails molotov et d'armes à feu, ont investi le village de Bahmani Wala, dans la province du Pendjab, qui est situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Lahore. Les musulmans ont saccagé tous les biens des chrétiens et ont fait irruption dans les maisons pour en chasser les habitants, tentant de projeter de l'acide sur les visages des femmes (l'une d'elle a fait une fausse couche en fuyant devant ces violences). Selon les témoignages recueillis sur place, l'assaut des musulmans a duré deux heures avant que la police n'intervienne

Selon le groupe d'enquête mis en place par l'Eglise catholique, l'attaque des musulmans trouverait son origine dans une querelle de voisinage entre un musulman et un chrétien. Le 29 juin, les choses se seraient envenimées et

« le lendemain matin, un appel a été lancé à la mosquée du village musulman voisin pour aller mener la djihad contre les chrétiens de Bahmani Wala, coupables d'avoir insulté le Prophète Mahomet », rapporte Abid Gill, membre de la Commission justice et paix de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan. « Le religieux qui tenait le micro a appelé les musulmans à mettre les chrétiens en fuite et à se saisir de leurs enfants et de leurs filles »

La minorité chrétienne du Pakistan est coutumière d'attaques dirigées contre elle au nom de la religion. un boycott a également été mis en place par les marchands musulmans à l'encontre des familles chrétiennes du village, les privant ainsi de toute nourriture. Un camion chargé de vivres a donc été dépêché depuis Lahore, et Mgr Sebastian Shah, évêque auxiliaire du diocèse de Lahore, a visité les lieux dès le lendemain, 1er juillet, pour témoigner du soutien de la communauté catholique.

Sur place, les autorités provinciales ont réagi avec une inhabituelle promptitude à l'attaque antichrétienne.

« Nous avons posté 22 policiers dans le village afin de prévenir tout nouvel acte de violence », a précisé un responsable de la police, tout en ajoutant que « les chrétiens avaient été pris pour cible à la suite d'un malentendu ».

Le malentendu étant l'accusation de blasphème. Au Pakistan, les lois anti-blasphème, contre le Coran et le Prophète, sont connues pour être utilisées par les musulmans pour harceler les non-musulmans.

Le gouvernement de la province du Pendjab a, par ailleurs, décidé d'allouer des compensations financières aux victimes de l'attaque. Dès le 6 juillet, un membre de l'Assemblée provinciale était à Bahmani Wala pour remettre un chèque de 20 000 roupies (175 euros) à 57 chrétiens dont les maisons ont été pillées. Il a promis que 200 000 roupies supplémentaires allaient être versées à chacun de ces 57 foyers d'ici deux semaines.

« Cette aide nous aidera à reconstruire ce qui a été détruit, a témoigné Yousaf Masih, un des bénéficiaires. Mais la peine ne quitte pas nos cœurs. L'argent ne peut racheter la terreur à laquelle nous avons été soumis »



Enfin, toujours au Pendjab, mais cette fois-ci dans la ville de Faisalabad, des manifestations anti-chrétiennes ont éclaté le 1er juillet. Rameutés par une rumeur selon laquelle un chrétien s'était rendu coupable de blasphème, des musulmans ont menacé de s'en prendre à un quartier chrétien. Imran Gill, un chrétien de 26 ans, a été arrêté après que des pages d'un manuel d'études coraniques contenant des versets du Coran eurent été trouvées devant chez lui parmi des vieux papiers destinés à être jetés au feu. Imran Gill a été inculpé de blasphème et incarcéré à la prison de Faisalabad après avoir été battu par la population puis par les policiers.

Trois hommes d'église ont été assassinés dans l'après midi du samedi 13 juin en pleine ville, dans le quartier d’Arcelia, à Tierra Caliente (Guerrero), au Mexique. ). Selon la Police ministérielle d’investigation (PIM), le prêtre et les séminaristes ont été atteints par des coups tirés par des individus aux alentours de 19 heures alors qu’ils roulaient en camionnette dans une des rues centrales d’Arcelia. Un véhicule les a rejoint de façon improvisée, on les a fait descendre de la camionnette et ils ont reçu plusieurs coups de calibre 9.

Les victimes sont le prêtre Habacuc Hernández Benítez, 39 ans, coordinateur de la pastorale des vocations dans le diocèse de Ciudad Altamirano, et les jeunes Eduardo Oregón Benítez, 19 ans, et Silvestre González Cambrón, 21 ans, tous les deux d’Ajuchitlán, Guerrero. Les trois ont été assassinés tandis qu’ils se rendaient à une réunion de pastorale des vocations,

La Conférence épiscopale mexicaine a condamné ce terrible assassinat.

« Nous condamnons aussi - lit-on dans le texte du communiqué - la violence qui touche notre pays, et nous exigeons des autorités compétentes, à tous les niveaux de gouvernement, qu’elles mènent une enquête urgente pour identifier les responsables de ce crime lâche ». Le communiqué se termine par la demande à tous de s’unir dans la prière pour le diocèse, pour le séminaire et pour les familles, « afin que le Seigneur leur donne la force et une prompte consolation ».

Le mobile des faits reste inconnu à ce jour.

« C’est un coup très douloureux pour Guerrero et pour l’Eglise du diocèse d’Altamirano ; nous sommes profondément meurtris par l’assassinat du prêtre et des deux jeunes séminaristes » a affirmé l’évêque. « Nous devenons des otages dans cet affrontement violent pour le règlement de comptes des cartels qui sont au-dessus de nous ; tout cela contamine les personnes, qui finissent par rivaliser entre elles par ces actions violentes en appliquant la loi de la jungle » a affirmé Mgr Aguirre Franco.

Le prélat a signalé aussi que dans cette région du pays, c’est la logique de tout résoudre au pistolet, du règlement de compte, et de l’effusion de sang, qui l’emporte. « C’est une société qui devient fratricide, où le frère assassine le frère ». En même temps il a indiqué que « les forces armées ne suffisent pas à résoudre le problème général du trafic de narcotiques et de la violence ; c’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place des actions qui résolvent de manière radicale ce problème, car on entre dans une guerre sans fin ».

L’Archevêque de Mexico a aussi condamné vivement l’assassinat des religieux à Guerrero.

« Tout acte de violence est déplorable en lui-même et encore plus quand il s’agit de personnes consacrées à Dieu, ce qui aggrave davantage la faute des assassins », lit-on dans le texte du communiqué. C’est pourquoi ils demandent aux autorités compétentes d’enquêter jusqu’au bout sur ce crime, pour punir selon la loi les coupables, et prient Dieu « pour l’éternel repos des victimes de ce lâche attentat », s’unissant à la douleur des fidèles de Ciudad Altamirano et de son Archidiocèse d’Acapulco.

L'explosion d'une bombe en plein office, dans une église bondée de la banlieue de la capitale Katmandou, a fait 2 morts et 14 blessés.

Il s'agit de la première attaque visant une église catholique au Népal, a indiqué la police. Près de 500 personnes se trouvaient dans l'église de l'Assomption, sitée à Lalitpur, à quatre kilomètres au sud de Katmandou, et seul lieu de culte catholique de la capitale, au moment de l'explosion, qui a tué une adolescente de 15 ans, Celestina Joseph, et une femme de 30 ans. Cinq autres blessés sont dans un état grave.

Un tract d'un groupe extrémiste hindou, l'Armée de défense nationale, a été retrouvé sur les lieux de l'attentat, selon la police. L'attentat s'est produit quelques heures avant un vote prévu des parlementaires népalais pour élire un nouveau Premier ministre après des semaines d'instabilité politique.

L'Armée de défense nationale, qui assure vouloir restaurer la monarchie abolie en 2008, a revendiqué par le passé le meurtre d'un missionnaire dans l'est du Népal en juillet. Elle a également revendiqué un attentat à la bombe visant une mosquée l'année dernière, qui avait tué deux personnes.

Un jeune homme a été battu à mort le 9 mai dans une boutique de bord de route parce qu'il portait une petite croix autour du cou.

Ishtiaq Masih voyageait en bus quand celui-ci s'est arrêté en bordure de la route dans le village de Machharkay, dans le Punjab, au Pakistan, pour permettre aux passagers de se rafraîchir. Le jeune homme commande un thé dans une échoppe, mais lorsqu'il est venu payer, le propriétaire a remarqué qu’il portait une croix autour du cou. Il s’est emparé d’ishtiaq et a demandé à ses employés d’apporter tout ce qu’ils pouvaient trouver pour le battre. Ishtiaq avait passé outre à l’avis affiché sur le stand informant que les non musulmans ne seraient pas servis. Ishtiaq n’avait pas remarqué l’avis avant de commander son thé, ayant passé sa commande avec un groupe de passagers du bus.

Le propriétaire et 14 de ses employés ont battu Ishtiaq avec des pierres, des barres de fer et des battes, et ils l’ont poignardé à plusieurs reprises avec des couteaux de cuisine pendant qu’il implorait miséricorde. Les autres passagers du bus et des passants sont finalement intervenus et l’ont transporté au Centre de santé rural du village. Ishtiaq est décédé des suites de blessures.

Le Makah Tea Stall est situé sur l’autoroute Sukheki-Lahore et appartient à Mubarak Ali, un musulman radical âgé de 42 ans. Un grand panneau d’avertissement est effectivement posé à l'entrée indiquant en rouge avec un symbole de tête de mort que : « Tous les non-musulmans doivent déclarer leur religion avant de passer une commande. Ce stand de thé sert uniquement les musulmans ». L’avis menace ceux qui enfreignent la règle de « terribles conséquences ».

Bien que la police ait enregistré une plainte, aucune mesure n’a été prise en vue d’arrêter Ali ou ses employés. Le chef de la police de Pindi Bhatian Saddar, Muhammad Iftikhar Bajwa, a déclaré que des enquêtes étaient en cours. Interrogé sur le panneau d’avertissement dans le commerce d’Ali, il a affirmé qu’il ne pouvait pas l’ôter.
Toutefois, la constitution du Pakistan interdit explicitement ce type de discrimination et la police peut prendre des mesures énergiques contre l’enseigne. Mais le Pakistan est un état musulman.

Depuis le mercredi 29 avril, le gouvernement égyptien fait abattre tous les porcs du pays, officiellement pour prévenir les risques de transmission de la grippe A. mais le gouvernement ne convainc pas vraiment les éléveurs.

« Ils disent qu’ils tuent les cochons à cause d’un virus, mais il n’y a pas de maladie ici, des vétérinaires sont venus faire des analyses et ils n’ont rien trouvé », annonce Samir, qui vit avec sa famille dans un taudis.

Le gouvernement a présenté sa décision comme une mesure de précaution contre la propagation de la grippe A (d’abord appelée « porcine »), avant de se reprendre en parlant de mesure d’hygiène visant à éliminer des « élevages insalubres ». On compte entre 250 000 et 300 000 porcs en Égypte, dont 60 000 sont élevés au Muqattam.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pourtant rappelé qu’à sa connaissance, aucun malade n’avait été contaminé par des porcs et que la transmission se faisait principalement entre humains.

« Le porc peut agir comme un réceptacle pour le virus de la grippe aviaire, qu’il peut ensuite transmettre à l’homme, avance Samer Gallal, porte-parole du ministère de l’agriculture égyptien. Or, les cochons vivent avec les poules et les hommes dans les quartiers des chiffonniers, c’est un vrai danger. »

Les arguments hygiénistes ont du mal à convaincre au Muqattam.

« Ils font ça parce que l’Égypte est un pays musulman et qu’ils ne veulent pas des cochons ici », risque Teresa, une jeune maman.

Quelle qu’ait été l’intention du gouvernement égyptien, ce sentiment prévaut aujourd’hui chez de nombreux coptes :

« Ils voulaient faire ça depuis longtemps, et la grippe porcine est le prétexte qu’ils attendaient », estime Nagib, pharmacien copte de Shubra, au nord du Caire.

Dimanche 3 mai, de violents affrontements ont éclaté sur la colline du Muqattam, au Caire, où vivent 35 000 « zabalin », les chiffonniers, en majorité des chrétiens coptes, qui collectent et recyclent les ordures de la capitale égyptienne. Entre 300 et 400 habitants du quartier ont lancé des pierres et des bouteilles sur les policiers, qui ont répliqué par des tirs de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes. Douze personnes ont été blessées dans les rangs de la police, et une dizaine parmi les manifestants.
Des incidents similaires ont éclaté à Khanka, un quartier du nord du Caire où vivent également des éleveurs de porcs. Lundi 4 mai, en matinée, une quinzaine de camions anti-émeutes étaient postés à l’entrée du Muqattam, l’opération de saisie des animaux devant reprendre dans l’après-midi.

"Ils devront passer sur nos cadavres pour prendre les troupeaux", hurle Karam Assaïe, qui montre sa voiture, dont toutes les vitres ont été brisées par la police dans l'affrontement.

Les élevages, eux, ont été remontés vers la colline, et il paraît impossible que la police puisse à son tour pénétrer ces ruelles et ces arrière-cours à moins de déclencher une bataille rangée.

Le pape Chenouda III, patriarche de l’Église copte-orthodoxe, a choisi la neutralité, affirmant ne pas vouloir intervenir dans la décision du gouvernement. « Les coptes ne mangent pas de viande de cochon. Ce sont les étrangers et les touristes qui consomment du porc », a-t-il déclaré au journal gouvernemental Al-Ahram. En réalité, les chiffonniers coptes mangent une partie de leurs bêtes. Les autorités religieuses coptes envisagent cependant de participer au dédommagement des éleveurs.

Le gouvernement a, quant à lui, promis 100 livres égyptiennes (13,35 €) pour chaque porc mâle abattu, et 250 livres (35 €) par femelle. Un argent dont les chiffonniers ont peur de ne jamais voir la couleur. « Même s’ils me donnent 5 000 livres, ce n’est pas une compensation juste : je gagne 1 000 livres par mois grâce à mes porcs », explique Lamar.

Au-delà des éleveurs de porcs, l’ensemble de la filière du recyclage « artisanal » des chiffonniers du Caire pourrait pâtir de cette décision : « Seuls les cochons se nourrissent des déchets organiques. S’ils ne sont plus là, que fera-t-on des ordures ? » s’inquiète Ibrahim, un des rares chiffonniers musulmans, qui a toujours vécu en bonne entente avec ses voisins coptes. En effet, les zabalin récupèrent les poubelles dans les quartiers touristiques autour des grands hôtels qui longent le Nil. Des tonnes de détritus sont ainsi ramassées par ces chiffonniers, qui suppléent largement les éboueurs de la ville, débordés par l'ampleur du ramassage des ordures de 15 millions d'habitants.

Les éleveurs ne voient qu'une seule raison au sort qu'il leur est fait : "Une persécution volontaire du gouvernement contre les coptes. Dès qu'ils le peuvent, ils cherchent à nous nuire !". Il n'a échappé à aucun d'entre eux que la décision d'abattage des porcs avait été prise, le 28 avril, après que les Frères musulmans élus à l'Assemblée ont attaqué l'influence "maudite" des cochons. Les coptes font partie des rares Egyptiens à ne pas respecter l'interdit alimentaire qui frappe le porc.

Les prêtres essayent d'apaiser les tensions en invitant les éleveurs à accepter l'indemnisation.

Deux chrétiens ont été tués dimanche soir par des inconnus à Kirkouk (255 km au nord de Bagdad), a indiqué la police irakienne précisant qu'il s'agissait d'"attaques terroristes". Les assaillants sont entrés par effraction au domicile de Youssef Chaba, un employé de la Compagnie pétrolière du Nord, et ont ouvert le feu, le tuant et blessant ses deux fils Bassel et Samer,

Quelques minutes plus tard, c'est une femme qui était assassinée dans la même ville, par d'autres hommes armés. Ils ont usé d'armes automatiques contre Mouna Latif Daoud et sa fille avant de poignarder les deux femmes. La fille s'en est sortie vivante.

L'évèque chaldéen de Kirkouk, Louis Sako, a condamné ces "crimes terroristes et lâches", affirmant que

"les chrétiens sont les bâtisseurs de ce pays et nous demandons que la justice soit faite contre ces meurtriers".

Il y a trois semaines, un chrétien avait été égorgé chez lui également à Kirkouk.

Avant l'invasion de 2003, près de 50.000 chrétiens vivaient dans cette ville, capitale d'une province riche en pétrole et où cohabitent Kurdes, Turcomans, Assyro-chaldéens (chrétiens) et Arabes.

Les violences anti-chrétiennes ne cessent de croître en Irak après plusieurs assassinats déjà relevés, dont celui de l'évêque de Mossoul ou mars 2008. L'agence « AsiaNews révèle le meurtre de cinq nouveaux chrétiens en Irak, à Kirkuk, à Bagdad et à Mossoul, entre fin mars et début avril. Mgr Louis Sako, archevêque de Kirkuk demande aux chrétiens de prier en cette semaine sainte pour que « le sang des martyrs apporte la paix ». L'archevêque craint que ces violence qui « semblent ne jamais finir » ne fasse qu'aggraver « l'exode » des chrétiens et que soient effacés de la carte de l'Irak « deux mille ans d'histoire ».

« En cette semaine sainte, demande Mgr Sako, prions pour la paix et la stabilité en Irak. Prions afin que le sang des martyrs puisse rapporter la paix. Le Christ crucifié et ressuscité noue demande de persévérer et de maintenir cette présence et ce témoignage ».

Sabah Aziz Solaiman, un homme de 71 ans, a été tué à Kirkuk au matin du 31 mars, après que des individus aient pénétré chez lui par effraction. Nimroud Khodir Moshi, propriétaire d'un restaurant du quartier de Mashtal à Bagdad, a été abattu le 1er avril. Le 2 avril, toujours à Bagdad, c'est au tour de deux sœurs de 47 et 60 ans dans le quartier de Dora' Mecanic. Le 4 avril, c'est à Mossoul, dans le quartier al Madida, que Abdoul Aziz Elias Aziz, réparateur de générateurs électriques a été abattu sur le seuil de son atelier.

Mgr Sako déplore une violence « criminelle et organisée, attirée par l'argent, sans scrupule et capable de tuer de sang froid ».

Mgr Angelito Lampon, évêque du vicariat apostolique de Jolo, au sud des Philippines, a déclaré à l’association catholique internationale Aide à l’Eglise en détresse (AED) que les chrétiens de la région sont toujours terrorisés. Il explique que le climat de « paix relative » qui règne aujourd’hui n’est que le résultat de la présence d’une unité militaire de la marine, surtout sur l’île de Tabawan, où le père Roda a été tué l'an dernier.

Un an après cet assassinat, la situation de l’Eglise ne s’est pas améliorée et les extrémistes islamiques continuent d’attaquer les chrétiens. Même les prêtres, qui refusaient jadis la protection des forces de sécurité, estimant qu’elle « était incompatible avec leur témoignage chrétien », reconnaissent que « les circonstances sont telles qu’ils n’ont plus le choix », commente l’évêque dans des propos rapportés par l’AED dans un communiqué parvenu à l’agence ZENIT.

Mgr Lampon explique que les activités de l’Eglise sont entravées par le fait que les habitants de la zone doivent rentrer chez eux avant la tombée du jour pour des raisons de sécurité. Les enlèvements à des fins d’extorsion se poursuivent, ainsi que diverses sortes d’attaques violentes. Le mois dernier Jolo a été la cible d’attaques au mortier dont l’une a fait divers morts dans une zone périphérique, une autre a endommagé le toit de la salle de sport d’une école de garçons tenue par les Frères maristes et une troisième est tombée à deux pas de la troisième brigade de la marine, située non loin du siège épiscopal.
Pendant plusieurs jours, il a fallu évacuer chaque nuit les habitants et leur donner un abri, en les accueillant, entre autres lieux, dans les classes de l’école catholique Notre-Dame.

Le vicariat de Jolo comprend la province de Sulú et les quelque 450 autres îles Tawitawi du sud des Philippines. Dans cette région, les catholiques représentent un peu plus de 3% de la population, à majorité musulmane. Les îles de Jolo et Basilán sont considérées des lieux de refuge des militants d’Abu Sayyaf, qui revendiquent être des guerriers de l’islam, alors que la communauté internationale et la population philippine les considèrent comme des terroristes.

Le père Reynado Jesús Roda, tué en janvier de l’année dernière, est le troisième prêtre assassiné dans la région au cours de ces onze dernières années.

Plusieurs centaines de personnes s'en sont pris, ce dimanche, à des boutiques tenues par des chrétiens dans le port égyptien d'Alexandrie après le meurtre d'un musulman.
Une simple rumeur selon laquelle l'homme a été tué à coups de couteau par les propriétaires de son logement, trois frères de confession chrétienne, s'est répandue et une foule criant vengeance contre tous les chrétiens s'est formée à l'issue de ses obsèques.

La communauté chrétienne est en en ce moment la communauté la plus discriminée au monde, estime Mgr Silvano Tomasi, l'observateur permanent du Saint-Siège aux Nations unies.

Il explique pourquoi le Saint-Siège s'est opposé à la résolution des Nations unies sur la diffamation des religions qui a eu lieu à Genève votée dans un climat très controversé le jeudi 26 mars 2009 (à 23 contre 11 et 13 abstentions). Ce concept est combattu par les pays occidentaux et une coalition de 180 ONG, qui y voient une entrave à la liberté d’expression et la porte ouverte à tous les abus.

Cette résolution était présentée par le Pakistan au nom des pays de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) qui se déclaraient « profondément préoccupés » par la diffamation fréquente des religions, mais où seul l'islam était indiquée comme étant attaquée. La résolution, qui n’est pas légalement contraignante, fait état de la "vive inquiétude concernant les stéréotypes négatifs et la diffamation des religions, et les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religions ou de croyance, toujours nombreux dans le monde".

"L’islam est à tort fréquemment associé à des violations des droits de l’homme et au terrorisme", affirme le texte qui appelle les pays membres de l’ONU à "combattre la diffamation des religions et l’incitation à la haine religieuse en général", notamment dans les médias. La résolution stipule en outre que "la diffamation des religions constitue une grave atteinte à la dignité humaine menant à des restrictions de la liberté religieuse de ses adeptes et une incitation à la haine religieuse et à la violence".
Les 180 ONG qui s'opposaient à ce texte critiquent un concept "sans aucun fondement dans le droit national ou international" et en contradiction avec le principe même des droits de l’homme, "qui protègent les individus contre les violences, pas les croyances contre un examen critique".
Terry Cormier, le représentant du Canada auprès de l’ONU, expliquait le vote contraire de son pays à la résolution contre la diffamation des religions ainsi :

« Les droits humains appartiennent aux individus, pas aux religions. Ce n’est pas au Conseil de discuter diffamation des religions, un concept qui met en danger la liberté d’expression. »

L’Allemand Konrad Scharinger renchérissait au nom de l'Union européenne.

« On ne peut mélanger discrimination et diffamation. La discrimination est couverte par le Pacte international sur les droits civils et politiques, qui prohibe fermement toute incitation à la haine religieuse. L’Union européenne condamne l’islamophobie, la christianophobie et la violence envers les autres religions, mais elle pense qu’il n’y a pas lieu de protéger une religion en particulier. »

L'observateur permanent du Saint-Siège auprès des institutions de l'ONU à Genève s'est exprimé le 27 mars sur Radio Vatican. Le Saint-Siège souligne, contre cette résolution, que la liberté d'expression est strictement liée à la liberté religieuse.

« Si on commence à ouvrir la porte à un concept de diffamation qui s'applique aux idées », l'Etat risque en quelque sorte « de décider quand une religion est diffamée ou non, et cela touche finalement la liberté religieuse », a estimé Mgr Tomasi.

« Par exemple, la reconnaissance juridique de ce concept abstrait de diffamation de la religion peut être utilisé pour justifier des lois contre le blasphème qui, nous le savons bien, sont utilisées dans certains Etats pour attaquer des minorités religieuses, même de manière violente », a-t-il ajouté.

Le haut prélat a aussi évoqué l'augmentation de l'intolérance religieuse dans le monde, en particulier contre les minorités chrétiennes.

« Si nous regardons la situation mondiale nous voyons que, de fait, les chrétiens - comme plusieurs sources le précisent - sont le groupe religieux le plus discriminé ; on peut en effet parler de plus de 200 millions de chrétiens, d'une confession ou d'une autre, qui se trouvent en situation de difficulté, parce qu'il y a des structures légales ou des cultures publiques qui portent, en quelque sorte, à une certaine discrimination vis-à-vis d'eux ».

« C'est une donnée dont on ne parle pas beaucoup, mais qui est pourtant réelle, surtout si nous pensons aux violences qui sont arrivées ces derniers mois dans différents contextes politiques et sociaux ».

Mgr Tomasi a enfin estimé qu'il y a « des situations particulières qui portent à une certaine marginalisation de ceux qui croient vraiment et vivent leur foi chrétienne ».

« Il y a des situations - même des déclarations parlementaires publiques - qui attaquent cela ou un aspect de la croyance chrétienne, et cela tend à reléguer les chrétiens aux marges de la société et à retirer la contribution de leurs valeurs à la société », a-t-il ajouté.

Trois prêtres ont été tués par des malfaiteurs en Afrique du Sud et au Burundi, les vendredi 27 février et le week end du 7 et 8 mars 2009, selon le rapport de l'agence Fides.

Le jeune prêtre burundais Daniel Matsela Mahula, du diocèse de Klerksdorp (Burundi), a été tué le 27 février par quatre malfaiteurs, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture. Agé de 33 ans, il avait été ordonné prêtre en décembre 2002 et effectuait son service à la « Peter's Catholic Church » de Jouberton.

Le 7 mars, c'éatit au tour du père Lionel Sham, curé de Mohlakeng (archidiocèse de Johannesburg ; Afrique du Sud), d'être enlevé dans sa maison. La police a retrouvé le corps du prêtre âgé de 66 ans.

« Le père Sham était connu pour son ouverture à l'égard de tous et sa générosité envers les personnes démunies », affirme l'Agence Fides qui publie la réaction de Mgr Buti Tlhagale, archevêque de Johannesburg. « Tout ce que nous pouvons faire à présent est de prier avec sa famille, la paroisse de Mohlakeng et les nombreuses personnes qui aimaient et connaissaient le père Lionel », a affirmé le prélat. « Je désire exprimer ma gratitude aux innombrables personnes qui ont cherché le père Lionel et qui ont prié pour son retour ».

Le lendemain, c'est le père Révocat Gahimbare, curé de la paroisse de Karuzi (Burundi) qui a été tué par quatre malfaiteurs déguisés en policiers qui cambriolaient le monastère des Sœurs « Bene Maria ». Ayant eu connaissance de l'assaut, le père Gahimbare s'était précipité au secours des religieuses, mais les malfaiteurs lui ont tendu un guet-apens le long de la route, et l'ont tué.

Le journal chrétien rapporte qu'un jeune chrétien pakistanais, Mushtaq Gill, a été tué en février dans la ville de Faisalabad par des Islamistes qui exigeaient qu’il se convertisse à l’Islam. Mushtaq Gill leur a expliqué qu’il était chrétien, alors la bande l'a assassiné. Il s'agit selon le père e la victime du group Lashkar-e-Tayyaba, dont le leader se nomme Abou Saeed.

All Pakistan Minorities Alliance (APMA) explique que ce cas n’est pas unique. Les chrétiens sont régulièrement attaqués dans le pays.
Certains observateurs estiment que le chômage massif alimente les réseaux extrémistes à Faisalabad, grande ville industrielle du Pendjab. La crise et le chômage massif font le jeu des mouvements radicaux. C’est ce qu’explique Samina Ahmed, responsable de l’ONG International Crisis Group au Pakistan :

« Très souvent les gens rejoignent les organisations jihadistes parce que ça leur donne un emploi. Un métier avec un revenu, un revenu régulier. Alors est-ce que parmi ces jeunes hommes au chômage, certains vont décider de rejoindre des groupes jihadistes parce qu’ils n’ont pas d’autres choix ? Et ces organisations extrémistes vont-elles en profiter pour les recruter ? Il faut bien être conscient que ces groupes jihadistes sont très réactifs et savent tirer avantage des situations de fragilité ».

Les chrétiens sont les premières cibles des attaques de ces groupes radicaux

Deux étudiantes chrétiennes de la Fatima’s Memorial Hospital de Lahore, ua Pakistan sont accusées d’avoir profané des versets du Coran suite à l’affichage au sein de cette institution d’une image de Jésus-Christ crucifié. La tradition islamique interdit explicitement de publier des images de Dieu, de Mahomet ou de tous les grands noms de la tradition chrétienne ou juive. Les deux femmes chrétiennes risquent ainsi la peine de mort, conformément à la loi de 1985 adoptée pendant la dictature du général Zia ul Haq, article 295-C du code pénal (qui avait pour ambition de rallier au général les intégristes musulmans).

Après avoir refusé de retirer l’image à la demande de la direction de l’école d’infirmière, celle-ci a finalement été détruite par des fondamentalistes arabes.

La répression contre le blasphème est une réalité au Pakistan, un pays connu pour être un consciencieux persécuteur de la liberté d’expression, soucieux de réprimer la moindre déviance sur le plan religieux par l’application de la charia. Si les deux chrétiennes étaient condamnées, elles pourraient payer de leur vie un acte banal relevant de leur pratique religieuse.

Cette affaire rappelle celle de l’universitaire Younus Shaikh, qui avait été accusé par des étudiants d’avoir blasphémé en prononçant qu’avant l’apparition de l’islam ni Mahomet ni ses parents n’étaient musulmans. Ou encore celle de ce chrétien de 25 ans, condamné à mort en avril 1998 pour s’être exprimé positivement à propos de Salman Rushdie en public, propos assimilés à des insultes contre Mahomet.

Les chrétiens représentent 2% de la population pakistanaise et côtoient d’autres minorités telles que les hindous et les sikhs. L’accusation de blasphème est en fait habilement utilisée dans beaucoup de conflits qui peuvent n’avoir aucune connotation religieuse afin d’obtenir des compensations financières ou des terres. 200 chrétiens auraient été condamnés pour blasphème jusqu’en 1998.

Notons que le mois dernier, cinq chrétiens accusés de blasphème ont été relaxés.
En avril 2007, cinq chrétiens accusés de blasphème étaient envoyés en prison. Un an et demi plus tard, ils viennent d’être relâchés suite à des réunions de réconciliation entre des responsables chrétiens et musulmans, ce qui constitue un cas sans précédent dans ce pays. Ainsi, le lundi 19 janvier, un tribunal du Pendjab a ordonné la libération de Salamat Masih, 42 ans, de son fils Rashid, 16 ans ainsi que de leurs proches, Ishfaq, Saba et Dao Masih. Une fatwa a même été publiée, innocentant les cinq chrétiens, ce qui devrait les protéger d’éventuelles représailles.

Une église orthodoxe serbe a été une nouvelle fois la cible de violences et de profanation dans la localité de Kolunic près de Bosanski Petrovac (Bosnie-Herzégovine), suscitant une grande inquiétude parmi les serbes peu nombreux dans cette région de la Fédération musulmano-croate.

Dans le même temps, l’Eparchie de Bihac et de Petrovac de l’Eglise orthodoxe serbe a communiqué que des gens avaient tenté de pénétrer dans l’Eglise cathédrale de Saint Sava à Drvar. L’Eparchie souligne que les attaques anti-serbe se multiplient dans cette région ces dernières années, visant particulièrement les églises orthodoxes, et que les responsables n’ont jamais été arrêtés.
Au cours de la dernière guerre en Bosnie-Herzégovine, les Bosniaques ont détruit ou endommagé 12 églises orthodoxes dans la région de Bosanski Petrovac dont seulement trois ont été reconstruites. La ville vivaient environ 12 500 serbes auparavant, et seulement 4 250 y sont revenus.


Samedi 14 Février

L'église de Saint-Philibert, en Beauce au Québec, a été entièrement brûlée samedi soir, après qu'un homme y ait mis le feu. L'incendie aurait débuté vers 19 h 45, et les pompiers affirment que la structure en bois a été détruite en moins de deux heures.

Un suspect a été arrêté, et il ressort à ce stade de l'enquête qu'il aurait mis le feu à l'édifice pour dissimuler un cambriolage d'objets sacrés.

Selon le maire Marc Nadeau, il s'agit d'un geste inacceptable. « C'est le coeur de la municipalité qui est parti. » Le bâtiment était assuré et le maire a l'intention de reconstruire l'église du village de 400 habitants.

Personne n'a été blessé à la suite de l'incendie qui a complètement ravagé l'église, construite en 1919. Des analyses visant à déterminer les causes exactes de l'incendie sont prévues pour dimanche. Quant au suspect, il devrait comparaître lundi au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce.

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