PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Les media égyptiens ont relaté mi-octobre une altercation dans une école de Mallawi (province de Minya), entre musulmans et chrétiens, prétendument au sujet d'une place dans une salle de cours. L'altercation s'est achevée par la mort d'un étudiant chrétien, sans implication communautaire selon les médias. Cependant, le site d'information copte Copts Without Borders a réfuté cette version et a rapporté que l'étudiant chrétien avait été tué parce qu'il portait une croix.

« Nous voulions croire la version officielle, explique l'activiste Mark Ebeid, parce que la version des coptes était une catastrophe qui importait la persécutions des chrétiens jusque dans les écoles.»

Mais les parent de l'adolescent de 17 ans Ayman Nabil Labib ont brisé le silence le 30 octobre, confirmant que leur fils a été assassiné le 16 octobre

« de sang froid, parce qu'il a refusé de retirer sa croix comme le lui a ordonné le professeur musulman ».

Nabil Labib, son père, a expliqué à l'ONG Copts United que son fils portait une croix tatouée sur son poignet, selon la tradition copte, ainsi qu'une autre croix qu'il porte sous ses vêtement.

Les deux parents ont rapporté que les camarades de classe d'Ayman, présents pendant l'altercation, ainsi qu'à l'hôpital puis aux funérailles, avaient raconté que le professeur lui avait demandé de recouvrir la croix qu'il avait au poignet. Il a refusé et a sorti sa croix de poitrine de sous sa chemise, en défi. Le professeur a alors frappé l'adolescent, et plusieurs musulmans se sont joints à l'assaut. Selon les témoignages des camarades, la bataille n'a pas du tout eu lieu dans la cours de l'école, comme raconté dans la version officielle, mais bien en pleine classe. L'adolescent a fini par fuir aux toilettes du rez-de-chaussée, mais ils l'ont poursuivi et ont continué à le frapper. Quand un des superviseurs l'a ramené à sa chambre, il respirait encore. De là, l'ambulance l'a emporté mort, une heure plus tard.

La police a arrêté et mis en détention provisoire deux lycéens musulmans, Mostapha Essam et Walid Mostafa Sayed, dans son enquête pour assassinat.

Le père, Nabil, a ajouté que tout le monde dans Mallawi sait comment les évènements se sont déroulés, mais aucun parents d'élève n'est prêt à laisser leurs enfants témoigner auprès de la police.

« Ils ont peur de l'administration de l'école, qui ont beaucoup de moyens de faire du tort aux élèves, et ont peur des familles des deux musulmans ».

Selon lui, le professeur d'arabe, le directeur et le superviseur devraient être inculpés au même titre que les deux étudiants qui ont commis le crime.

« Le professeur a incité les étudiants à attaquer mon fils, le directeur qui n'est pas entré dans la classe pour voir ce qui se passait quand il a été alerté de la bataille, mais a réclamé d'être laissé tranquille pendant qu'il sirotait son thé, et le superviseur qui a échoué dans son rôle. »

La police a trois témoins, deux salariés qui ont reconnu des assaillants et un étudiant, qui a voulu se rétracter ensuite, mais cela lui a été refusé.

Le gouverneur de Minya, El-Rouby, a rendu visite à l'évêques copte Dimitrious de Mallawi pour présenter ses condoléances, accompagné par des autorités militaires. Il a suspendu le directeur de l'école et deux superviseurs ainsi que deux travailleurs sociaux qui étaient en fonction quand Ayman est mort. il les a assignés à un comité d'enquête, mais ils ont tous disparu depuis.
Après les funérailles d'Ayman, plus de 5000 chrétiens ont marché le long des rues de Mallawi, dénonçant le meurtre de l'étudiant qu'ils décrivent comme un martyr de la croix, et les crimes répétés contre les coptes en Egypte.

Le meurtre intervient une semaine après le massacre de Maspero réprimant les protestations coptes au cours desquelles 27 personnes furent tuées et 300 blessées.

Des coptes manifestaient dimanche 9 octobre pour protester contre l’incendie d’une église dans le gouvernorat d’Assouan. La manifestation a dégénéré et l'armée est intervenue massivement, tuant 26 personnes blessant 200 autres. Au moins 40 personnes ont été arrêtées dans la nuit, à la suite à cette nouvelle flambée de violence, la pire depuis la chute de Moubarak, désormais appelé le massacre de Maspero (et certains évoquent un Bloody Sunday égyptien).



Les manifestants étaient essentiellement chrétiens, mais étaient accompagnés de certains musulmans qui soutenaient leur protestation devant le siège de la télévision d’Etat, au Square Maspero. Ils réclamaient notamment le limogeage du gouverneur de la province d’Assouan, accusé de complicité au sujet de l’incendie criminel des églises.

«Les manifestants étaient contenus par un important cordon policier, dans le calme, quand des militaires sont brutalement intervenus pour les disperser », raconte Mohammed, employé d'une chaîne de télévision privée dont les bureaux surplombent la scène. « Des coups de feu ont éclaté. Je ne sais pas qui tirait sur qui, mais les tirs se sont intensifiés et des véhicules blindés de l'armée ont foncé dans la foule. Ça a été une boucherie. On a ramassé des corps jusque dans la cage d'escalier de notre immeuble.»

« La télévision d’état égyptienne a accusé les Coptes d’avoir attaqué l’armée et tué des militaires, ce qui est complètement faux », explique une jeune femme chrétienne. « Nous hésitons à quitter le pays, beaucoup de nos amis sont partis. L’économie se fige puisque les investisseurs ne viennent plus, tout comme les touristes. C’est la première fois dans ma vie que j’appelle mon mari toutes les heures, pour lui demander où il est, ce qu’il fait. La police est devenue inexistante, c’est la loi de la jungle. C’est la peur qui règne sur le Caire. Je ne sors plus toute seule, j’ai peur, je porte la croix et je ne veux pas l’enlever ».

Le blog copte regorge de vidéos témoignant de l'horreur de ce massacre où l'on voit les militaires s'acharner contre des individus isolés au sol ou écraser les foules avec des blindés lancés à toute allure.



Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par l'ancien ministre de la Défense de Hosni Moubarak, a accusé les Coptes d'avoir tiré les premiers sur les militaires et tué trois appelés, une information démentie par plusieurs médias égyptiens. L'Église copte a par la suite mis en cause des «inconnus infiltrés», attisant la colère des milliers de fidèles rassemblés lundi à la cathédrale du Caire pour les funérailles. Alors que les militaires ont interrompu dès le début des violences les retransmissions des chaînes privées, la télévision d'État a retrouvé ses réflexes de propagande des heures les plus sombres de la révolution, incriminant des «mains étrangères» et appelant les Égyptiens à protéger les soldats contre leurs agresseurs, encourageant les civiles à descendre se battre dans la rue.



Le cardinal Antonios Naguib, patriarche des coptes catholiques d’Alexandrie, a affirmé sur Radio Vatican :

« Aujourd’hui, les chrétiens d’Égypte sont confrontés à la montée en puissance des salafistes, ces musulmans extrémistes réapparus sur la scène politique à la faveur de la révolution. Les coptes vivent dans l’angoisse. Récemment, l’église de Sole, voisine du quartier du Mokattam au Caire, a été détruite, les deux églises d’Imbaba en plein cœur du Caire ont été attaquées et brûlées. A Qena, le gouverneur copte a été mis à l’écart en raison de l’opposition des salafistes, des chrétiens qui souhaitaient restaurer une église voisine d’Assouan ont été menacés, les deux gardiens d’une église près de Fayoum ont été assassinés ».



Pour apaiser la situation, la justice égyptienne a été chargé de former une commission afin d'étudier le cas des églises dites sans autorisation.
Le ministre égyptien des Finances, Hazem el Beblaoui, a remis sa démission hier en signe de protestation contre lcette répression sanglante.

Naguib Gébraïl, président de l’Union égyptienne des droits de l’Homme (UEDH), affirme que près de 100’000 coptes ont déjà quitté l’Egypte depuis mars 2011, craignant pour leur sécurité face à la montée des salafistes et autres intégristes musulmans.

Le Point (attention vidéo choquante)
AED France
Le Figaro
Blog Copte

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