PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE



Vendredi 18 février 2011

Vendredi 18 février, un prêtre catholique a été assassiné à Manouba, près de Tunis.

Le père Marek Rybinski était un frère salésien polonais de 33 ans et a été retrouvé égorgé dans le hangar de l'école privé où il enseignait. Son corps avait été disposé les pieds orientés vers le sud-est, en direction de la Mecque. Le fait que rien n'ait été volé et "la façon dont il est mort rappelle la méthode des islamistes", avait évoqué le père qui dirige l'école. Selon lui, l'établissement avait déjà reçu des lettres de menaces.

Le gouvernement a condamné ce meurtre qu'il attribue à des extrémistes. Craignant "des amalgames", Ennahda, le principal mouvement islamiste, a condamné également les auteurs de ce crime, commis le jour de prière et de prêche de l'Islam.

Dimanche, des centaines de manifestants inquiets de la multiplication d'actes extrémistes, ont défilé dans les rues de Tunis contre le fanatisme et pour une "Tunisie laïque". Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a reçu dimanche après-midi l'archevêque de Tunis Lahham Maroun.

L'Union européenne, par la voix de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a demandé lundi que les assassins de ce prêtre soient retrouvés et traduits en justice.

"La Tunisie a toujours été une terre de tolérance religieuse et je tiens à souligner l'importance de préserver cela afin de construire des règles totalement démocratiques, fondées sur le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales", a-t-elle insisté. "La liberté de religion ou de conviction est un droit humain universel et a besoin d'être protégé partout et pour tous", a ajouté la chef de la diplomatie européenne.



Mgr Lahham décrit ainsi les circonstances de la mort du Père Rybinski.

« Le Père Rybinski était sorti de la maison missionnaire le jeudi 17 février vers midi, laissant sa voiture à la mission. Le lendemain, vendredi 18, nous avons trouvé son ordinateur allumé dans sa chambre. Nous pensons donc que quelqu’un l’a appelé sous un prétexte de façon à le faire sortir. Cette personne aurait enlevé le Père Rybinski le 17 février pour le tuer le lendemain. Son corps a été retrouvé dans l’un des dépôts de l’école. Le ou les meurtriers sont des personnes qui connaissent bien l’édifice parce que ce dépôt est caché derrière l’école. En outre, ils savaient que le Père Rybinski avait les clefs de ce local. J’ai vu le corps aux alentours de 13 heures et le sang n’était pas encore coagulé, ce qui a été confirmé par le médecin légiste. Donc l’homicide avait eu lieu quelques heures auparavant ».

Le missionnaire aurait été égorgé.

« Les Salésiens avaient reçu voici 15 jours une lettre de menace avec une demande d’argent sinon ils ne seraient pas venus le tuer à la maison – poursuit Mgr Lahham. La lettre était écrite dans un excellent français et portait une svastika nazie en guise de signature. Les Pères avaient dénoncé le fait à la police. Les agents avaient répondu qu’ils en prenaient acte et avaient invité les missionnaires à signaler si des malfaiteurs s’étaient de nouveau manifesté. Malheureusement, ils ont frappé de cette manière ».

Hier soir, 18 février, Mgr Lahham a présidé dans la Cathédrale de Tunis une Messe de suffrage pour le repos de l’âme du prêtre assassiné. Le Père Rybinski avait 33 ans et était originaire de l’Inspectorat de Varsovie (Pologne). Il avait été ordonné prêtre en mai 2005 et était arrivé à Manouba en septembre 2007 où il occupait les fonctions d’économe de la communauté


Addendum : Les autorités tunisiennes ont annoncé lundi soir l'arrestation du meurtrier présumé. Il s'agirait d'un menuisier tunisien qui travaillait dans l'école où a été retrouvé le corps

La Fédération des Églises protestantes de Suisse et la Conférence des évêques (catholiques) suisses viennent de lancer un appel aux autorités turques contre l’expropriation du cloître araméen Mor Gabriel.

"C’est avec consternation que la Fédération des Églises protestantes de Suisse FEPS et la Conférence des évêques suisses CES observent les graves attaques contre les chrétiens en divers pays. Les tentatives répétées des autorités turques d’attaquer le cloître orthodoxe syrien de Mor Gabriel, au moyen de procédures douteuses en sont un exemple frappant. (...)

Le 26 janvier 2011 à Ankara, la Cour de Cassation a décidé l’expropriation d’éléments importants du domaine du cloître. Elle a justifié cette décision par le fait que la communauté se serait approprié indûment ce terrain. Or le cloître a été fondé en 397 déjà, et il peut attester de sa qualité de propriétaire du sol par des actes officiels valides, que l’instance précédente avait encore reconnus comme des preuves de propriété.

La FEPS et la CES constatent avec préoccupation que ce cloître vieux de 1600 ans est menacé par des forces visiblement gênées par des symboles de vie chrétienne. Des allégations sans fondement font le procès du chef de l’Église orthodoxe syrienne, l’archevêque Mor Timotheos Samuel Aktas. FEPS et CES soutiennent la direction du cloître dans sa décision de faire recours contre le jugement de la Cour de Cassation.

La Fédération des Églises protestantes de Suisse et la Conférence des évêques suisses appellent le gouvernement turc à reconnaître tous les groupes ethniques chrétiens dans le pays et à leur garantir le droit à la liberté religieuse. Au nom des Églises catholique romaine et protestantes en Suisse, les auteurs appellent le gouvernement turc, en sa qualité d’exécutif du pays présidant actuellement le Conseil de l’Europe et candidat à l’adhésion à l’Union européenne, à contrer résolument ces atteintes aux droits de l’homme."

Des nationalistes turcs ont attaqué l’église catholique Sainte-Marie de Trabzon (Trébizonde), sur la Mer Noire au mois de janvier. C’est dans cette église déjà que fut assassiné, le 5 février 2006, le Père Andrea Santoro, un prêtre fidei donum italien qui desservait cette paroisse comme curé depuis 3 ans.

Selon les journaux turcs du 15 février, un groupe de personnes se sont rassemblées il y a quelques semaines dans la cour de l’église Sainte-Marie de Trabzon et ont exigé que l’on décroche la croix au sommet de l’édifice religieux. Ces agresseurs ont scandé des slogans nationalistes, lancé des cocktails molotov et des bouteilles dans la cour de l’église catholique aux cris de

"si vous ne descendez pas la croix, nous le ferons nous-mêmes !".

Ces derniers n’ont pas été arrêtés pour le moment. La police n’aurait pu identifier personne sur les vidéos des caméras de surveillance. Les membres de la communauté catholique locale craignent pour leur vie, selon des témoignages de paroissiens.

En principe, la Constitution turque de 1982 garantit la liberté religieuse et limite l’exercice du culte aux édifices religieux. L’activité missionnaire n’est pas interdite. Dans la pratique, les minorités religieuses sont cependant victimes de discrimination administrative et sont étroitement contrôlées par le gouvernement. Les activités missionnaires sont réprimées.

Depuis plusieurs années, les religieux chrétiens font l’objet d’attaques en Turquie, pays musulman qui aspire à intégrer l’Union européenne.

Le père Luis Carlos Orozco Cardona, 26 ans, a été assassiné à Rio Negro (Antioquia) le 12 février au soir.

Un jeune homme a ouvert le feu sur le prêtre, qui était vicaire de la Cathédrale du Diocèse de Sonson-Rionegro, du milieu de la foule. Le prêtre, gravement blessé, a été emmené à l’hôpital Saint Jean de Dieu où il a succombé à ses blessures. L'auteur du meurtre du prêtre, mineur, a été écroué, mais ses motivations demeurent pour l’heure inconnues.

Le père Orozco Cardona avait été ordonné prêtre le 26 février 2010.
Le diocèse de Sonson-Rionegro a publié un communiqué signé par l’Evêque du Diocèse, S.Exc. Mgr Fidel Leon Cadavid Marin, dans lequel il est demandé à ce que la lumière soit faite sur cet homicide :

« Nous déplorons profondément le vil assassinat dans la nuit du 12 février du père Luis Carlos Orozco Cardona, prêtre ayant travaillé comme Vicaire de la Paroisse cathédrale de Rionegro.
Ceci démontre une fois encore, la grave crise des valeurs humaines et chrétiennes dont souffre notre société à cause de l’oubli de Dieu, du mépris de la vie humaine et de la dignité de la personne humaine ».

Une foule de musulmans ont incendié deux églises et pillé une troisième lors d'affrontements avec la police dans le centre de Java, afin de réclamer la peine de mort pour un chrétien condamné pour blasphème contre l'Islam.
Ils ont également prit d'assaut un orphelinat ainsi qu’un centre de soins tenus par des chrétiens. Les violences se sont produites à Temanggung et n’ont pu être stoppées par l’intervention de la police, qui a été la cible elle aussi des manifestants, malgré le renfort de l’armée

Antonius Richmond Bawengan, 58 ans, jugé pour avoir distribué des tracts insultant l'Islam, a été condamné à 5 ans de prison, la peine maximale pour ce délit. Mais le jugement a mis en colère une foule de quelque 1.500 personnes, qui jugeaient la peine trop clémente. Aussitôt la sentence connue, le tribunal a été attaqué par les manifestants, qui étaient plus d’un millier ; le bâtiment a été envahi, les vitres brisé, des véhicules incendiés. Les juges ont été molestés, ainsi que le procureur et l’accusé, qui ont pu être soustraits à la fureur de la foule mais on signale qu’au moins l’un d’entre eux a été gravement blessé.

"C'était aujourd'hui le moment le plus intense du procès... La foule a crié qu'il (l'accusé) devrait être condamné à la peine de mort ou livré au public", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police du centre de Java, Djihatono.
Ils scandaient "tuer, tuer" devant le tribunal et "brûler, brûler" en se dirigeant vers les églises", a précisé le porte-parole.

Les émeutiers ont en effet ensuite pris pour cibles les édifices religieux chrétiens de la ville. L’église catholique Saints-Pierre-et-Paul, sur le boulevard Sudirman, a été la première à être attaquée. Le lieu de culte a été caillassé puis saccagé pendant que le P. Sadhana, missionnaire de la Sainte Famille, était violemment frappé par les agresseurs en essayant de protéger le tabernacle de la profanation.
La foule s’est ensuite dirigée vers une église pentecôtiste (Pantekosta Church), qui, selon le pasteur Darmanto, président de l’Eglise chrétienne d’Indonésie, a été entièrement brûlée. Puis ils se sont attaqués à un orphelinat catholique et un centre de soins des Sœurs de la Providence, ainsi que la maison mère de la congrégation.
Enfin, l’église protestante Bethel Indonesia (rue Soepeno) a à son tour été incendiée.

Il y a quelques jours, l’Institut Setara pour la démocratie et la paix, un centre de recherche indépendant, a fait paraître un rapport dénonçant l’augmentation des violences en Indonésie à l’encontre des minorités religieuses.
Deux jours plus tôt, en effet, un millier d’islamistes armés de pierres et de machette avaient attaqué la communauté musulmane des Ahmadis, considérés comme hérétiques par le courant majoritaire de l’islam, toujours à Java (province de Banten, dans la partie occidentale de l’île).

D'après un rapport paru le 19 janvier 2011 sur le respect des droits de l'homme en Birmanie, le peuple Chin, chrétien, est systématiquement persécuté par l'armée birmane en raison de son identité chrétienne.

Torture, viols et condamnations aux travaux forcés, voilà ce qu'endure quotidiennement la minorité Chin qui vit dans la province du même nom à l'ouest de la Birmanie.

Evangélisés au siècle dernier par des missionnaires américains, les Chin sont chrétiens à 90% ce qui ne plaît pas à la junte au pouvoir qui souhaite instaurer "une société uniforme où la seule religion pratiquée serait le bouddhisme."

Ainsi les soldats birmans ne se contentent pas de confisquer la nourriture, de détruire les maisons, les villages et les églises des Chin mais ils usent également envers eux "d'une extrême violence" selon les termes du rapport de l'ONG Physicians for Human Rights basée aux USA, enrôlant de force, enlevant ou tuant les enfants de moins de 15 ans et violant systématiquement les autres.
Beaucoup ont déjà fuit vers l'Inde ou le Bangladesh.

Deux chrétiens érythréens sont morts en prison, suite au refus de soins médicaux qu'ils réclamaient pourtant.

L'une des victimes est une jeune femme de 27 ans, Seble Hagos Mebrahtu, qui avait été arrêtée après avoir été trouvée en train de lire la Bible chez elle, dans sa chambre à coucher.

Considérés comme des ennemis du pays, les chrétiens font l'objet de vagues d'arrestation en Erythrée. Une centaine de chrétiens croupissent en prison actuellement

Franco

Ce document montre «un excès de laïcisme» a déclaré Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères

...au sujet d'un projet de déclaration commune que l'Union Européenne devait promulguer le 31 janvier 2011.

Les 27 états européens étaient appelés à adopter une déclaration officielle sur les persécutions anti-chrétiennes, notamment en Egypte et en Irak. Cette déclaration devait faire suite à l'Appel des parlementaires en faveur des chrétiens d'Orient initié par le député français de Vendé Dominique Souchet, et relayé par les ministres des Affaires étrangères français, italien, hongrois et polonais qui ont demandé une réaction européenne dans une lettre commune à la haute représentante de l'Union, Catherine Ashton. Le projet avait obtenu le feu vert des vingt-sept ambassadeurs européens juste avant la réunion des chefs de la diplomatie de l’UE, le 31 janvier à Bruxelles, et le texte avait été préparé par la haute représentante aux Affaires étrangères de l’UE, Catherine Ashton, déjà vivement critiquée pour son immobilisme en diplomatie.

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont cependant été incapables de s’entendre sur une déclaration prônant la protection des libertés religieuses dans le monde. La plupart ont préféré se réfugier dans la neutralité en ne mentionnant aucune communauté spécifique ni aucun pays en particulier, ce qui sonne comme un aveu d'impuissance ou de lâcheté qui ne saurait faire pression sur quelque autorité que ce soit.

Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, s'est montré le plus virulent contre cette neutralité :

« J’ai senti que l’Europe ne serait pas crédible en présentant un texte consacré à la violence contre les minorités religieuses sans citer une seule fois le mot chrétien », a-t-il déclaré, en dénonçant une « laïcité exacerbée ».

Avec le soutien de la France, de la Pologne et de la Hongrie, il a essayé d’amender le texte pour y ajouter une référence aux victimes chrétiennes.

« En vain. De tels ajouts ont été jugés inacceptables par le Royaume-Uni – mais aussi par l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal - et certains pays nordiques, la Suède en particulier, inquiets de faire de ce débat un choc des civilisations ».

Ce texte qui « n’inclut aucune mention des chrétiens, comme si l’on parlait d’autre chose» est devenu pour lui inacceptable.
Dans la déclaration, Rome et Paris voulaient aussi dénoncer les attaques contre la communauté chiite de Kerbala.

Face aux divisions, les Vingt-Sept ont décidé de renvoyer le texte à leurs ambassadeurs.

« Nous sommes tous d’accord sur le fait que la liberté de pratiquer une religion fait partie de nos préoccupations sur les droits de l’homme et qu’il y a de vrais problèmes dans plusieurs parties du monde », a souligné devant la presse Catherine Ashton, qui présidait la réunion.

Une "préoccupation" face à des "problèmes". Bigre !
Les chrétiens sont l’objet de 90% des violences religieuses dans le monde, et les attentats islamistes contre eux se multiplient ces derniers mois, l'Irak a perdu pesque 60% de sa population chrétienne en seulement 8 ans (passant de 1,2 millions à moins de 500 000). Et l'Europe est d'accord pour se dire que cela fait partie de ses "préoccupations". Cela valait le coup de se réunir pour le préciser...

Catherine Ashton aurait déclaré que les 27 ministres se donnaient le temps de «réfléchir» sur la façon dont l’UE pourrait «s’assurer que nous reconnaissions des communautés particulières ou des religions qui trouvent qu’elles sont persécutées»

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe appelle ses membres à prendre des mesures contre les pays du Proche et du Moyen-Orient où la liberté de religion n'est pas respectée.

La recommandation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a été adoptée à une écrasante majorité. Elle fait suite aux attentats qui ont visé les communautés chrétiennes en Orient des derniers mois. Aussi, ce jeudi à Strasbourg, l'Assemblée a-t-elle demandé aux 47 Etats membres de prendre des mesures à l'encontre des Etats du Proche et du Moyen-Orient ne respectant pas la liberté de religion.

Dans le détail, l'Assemblée parlementaire invite le Comité des ministres du Conseil de l'Europe à "élaborer d'urgence une stratégie pour faire respecter la liberté de religion, y compris le droit de changer de religion". Cette stratégie devrait inclure "une liste de mesures pouvant être prises à l'encontre d'Etats qui sciemment ne protègent pas les confessions religieuses".

Ce texte semble reprendre des suggestions faites par le Centre européen pour le droit et la justice formulées lors d'une audition organisée le 25 janvier 2011, organisée en marge de la session de l'Assemblée parlementaire sur le thème « Persécution des Chrétiens d'Orient, quelle réponse de l'Europe ? » (un rapport de la situation est disponible sur leur site. Le rapport constate la "brutale augmentation" des violences antichrétiennes et le fait "que 75% des victimes de violence religieuse dans le monde sont chrétiennes".)

L'assemblée rappelle que le christianisme est né au Proche-Orient il y a plus de 2000 ans et que,

"depuis lors il y a toujours eu des communautés chrétiennes dans cette région. La coexistence de congrégations religieuses est un signe de pluralisme et de l'existence d'un environnement propice au développement de la démocratie et des droits de l'homme". "La disparition des communautés chrétiennes du Proche-Orient serait aussi catastrophique pour l'Islam car elle signifierait la victoire du fondamentalisme", ajoute-t-elle.

Pendant les débats, l'Assemblée a vigoureusement dénoncé l'épuration religieuse des Chrétiens de leur région natale. Le statut de dhimmi qui, conformément à la charia, relègue les Chrétiens au rang de citoyens de seconde classe, a aussi été condamné sans ambigüité. L'Assemblée a en outre demandé instamment à tous les Etats du Proche et du Moyen-Orient de condamner sans ambiguïté non seulement les attentats meurtriers contre des personnes innocentes mais aussi le recours à la violence en général et tout type de discrimination et d'intolérance fondée sur la religion.

Les 11 parlementaires turcs se sont abstenus ou ont voté contre le texte pour protester contre un article dénonçant des incidents survenus lors de la messe de minuit dans deux villages de Chypre nord, une partie de l'île contrôlée par Ankara.

"On met sur le même plan des actes de terrorisme et des faits d'intolérance", a regretté le président de leur délégation, Arol Aslan Cebeci, qui a toutefois qualifié de "regrettables" les faits mentionnés.

Les quatre parlementaires azerbaïdjanais ont adopté la même position.

Tu m'étonnes !...

Le révérend Saul Pradhan, 45 ans, était pasteur d’une Eglise pentecôtiste en Orissa (Inde) et oeuvrait à la réconciliation entre chrétiens et Hindous. Il a été retrouvé mort le 11 janvier dernier sur les bords d’une mare à proximité du village de Pakal, dans le district du Kandhamal, en Orissa. Son corps ensanglanté portait des traces de coups et de blessures, mais la police a conclu dans un premier temps à un « décès par refroidissement », avant de déterminer par autopsie qu'il était mort de noyade.

Mais plusieurs témoignages et la pression des organisations de défense des droits de l’Homme ont contraint la police à procédé, le 15 janvier, à l’arrestation de deux suspects, Marda Pradhan et Baiju Mallick, membres d’un groupe hindouiste radical et dernières personnes à avoir été vues en compagnie du pasteur.
Les proches du pasteur inquiet de son absence le matin du 11 se sont en effet mis à sa recherche et ont appris que le pasteur avait rendez-vous le 10 janvier au soir avec Marda Pradhan (sans lien de parenté avec la victime) et Baiju Mallick, deux extrémistes hindous impliqués dans les violences antichrétiennes de 2008. Ce n’est que l’après-midi du 11 janvier que sous la menace de la famille du pasteur, Marda Pradhan a mené cette dernière à l’endroit où se trouvait le corps.

Selon Dushashan, frère aîné de la victime, et Taruni, sa fille de 13 ans, ce dernier présentait des signes de lutte, avec « du sang qui sortait de la bouche, les membres cassés, le visage, le cou et la poitrine lacérés, les vêtements déchirés ». La veuve du pasteur se dit persuadée que l’assassinat de son mari est dû au fait qu’il tentait de réconcilier hindous et musulmans de la région, rappelant que le pasteur avait fait des démarches de pardon y compris envers ceux qui avaient brûlé sa maison.
Le Rév. Saul Pradhan faisait l’objet de menaces depuis plusieurs mois de la part des hindouistes qui lui demandaient de se convertir, lesquels avaient incendié sa maison lors des pogroms de 2008.

L’ensemble de la communauté chrétienne en Orissa s’est montré très alarmée de ce nouveau meurtre et le vicaire général du diocèse catholique de Cuttack-Bhubaneswar, le P. Bijay Kumar Pradhan (sans lien de parenté avec la victime), a demandé aux autorités de mener une action résolue contre les meurtriers et leurs commanditaires. Le P. Manoj Kumar Nayak, responsable diocésain de la réhabilitation des victimes, a déclaré pour sa part que la tentative de la police locale pour « enterrer » l’affaire de l’assassinat du pasteur était un « signal très inquiétant ».

La police de Raikia dont dépend le village (un secteur qui avait été particulièrement touché par les violences antichrétiennes) avait tout d’abord affirmé que la mort du pasteur n’avait aucun lien avec le communautarisme et qu’elle était due à un « sévère coup de froid », tentant également de dissuader la famille du Rév. Saul Pradhan de porter plainte contre les deux suspects.
Finalement l'autopsie a révélé que le pasteur était mort de "noyade" et la police a libéré les deux suspects.

L’association des « survivants du Kandhamal » a réagi par la voix de son président Bipra Charan Nayak, qui a déploré le fait que

les hindous radicaux aient mis en place « un plan d’élimination systématique de tous les leaders chrétiens » sans que les autorités du district ne fassent quoi que ce soit pour « stopper cette campagne de haine ».

En 2008, en effet, le district du Kandhamal a été l’épicentre de pogroms antichrétiens en Orissa, qui ont fait, selon les derniers bilans disponibles, plus d’une centaine de morts, 50 000 déplacés ainsi que des centaines de maisons et d’édifices religieux détruits.

Un chrétien copte égyptien de 71 ans a été tué et cinq autres personnes blessées par un policier qui a ouvert le feu mardi à bord d'un train à quelque 200 km au sud du Caire. Cette fusillade intervient 10 jours après l'attentat sanglant contre une église d'Alexandrie.



Le policier, Amer Achour Abdel Zaher, est monté à bord d'un wagon dans la localité de Samalut, à mi-chemin entre la capitale égyptienne et la grande ville d'Assiout, selon le ministère de l'Intérieur. Il a ensuite ouvert le feu avec son arme de service, tuant un passager copte, Fathi Saïd Ebeid, 71 ans, et blessant cinq autre coptes, dont son épouse âgée de 61 ans, selon un communiqué du ministère.

Le policier, qui n'était pas en uniorme, a été arrêté. Et comme dans les autres affaires d'assasinat de coptes, les autorités ont parlé d’un déséquilibré mental.



Plusieurs centaines de Coptes en colère se sont rassemblés dans la soirée aux abords de l'hôpital du Bon Pasteur à Samalut où étaient soignés les blessés. La police les a dispersé à l'aide de grenades lacrymogène. L'enquête a été confiée au parquet du gouvernorat de Minya.

Une église chrétienne orthodoxe a été incendiée dimanche soir à Ordjonikidze, en Ingouchie (république russe voisine de la Tchétchénie, située dans le Nord-Caucase) à l'aide d'une grenade RPG qui a atteint le toit de l'édifice.

Bien que rares, les actes de vandalisme contre les églises des minorités chrétiennes du Nord-Caucase, à majorité musulmane, ont augmenté au cours de l'année écoulée.

Une bombe puissante a explosé aux première heures de la nouvelle année 2011, samedi 1er janvier, devant l'église copte d'Al-Qiddissine (l'Eglise des Saints), à Alexandrie, au moment où les fidèles sortaient de la messe du Nouvel An. L'attentat a fait au moins 21 morts et 79 blessés, selon le bilan officiel.
Près de 1.000 fidèles assistaient à la messe, célébrée partout dans le monde à l'occasion du nouvel an, qui venait de se finir lorsque l'attaque a eu lieu, vers 0h30.

"J'étais à l'intérieur de l'église et j'ai entendu une énorme explosion", a confié le père Mena Adel. "Les corps des gens étaient en flammes".

Une mosquée située à proximité a également été endommagée et huit musulmans sont au nombre des blessés. Selon la police, "les premiers éléments de l'enquête indiquent qu'une voiture est à l'origine de l'explosion. Elle était garée devant l'église et on pense qu'elle appartenait à une personne fréquentant souvent cette église".
Mais le ministère de l'Intérieur égyptien a ensuite fait volte face pour juger probable que l'explosion ait été déclenchée par un kamikaze et ajouté que des "éléments étrangers" étaient vraisemblablement impliqués dans l'attentat. (Ce qui semble peu probable en vérité devant la violence de l'explosion qui a fait 8 blessés jusqu'à une mosquée proche. Le gouvernement cherche peut-être à isoler l'acte pour éviter des violences communautaires).

L'attentat n'a pas été revendiqué mais le gouverneur d'Alexandrie, Adel Labib, a immédiatement pointé du doigt Al-Qaïda. "L'organisation Al-Qaïda a menacé d'attaquer des églises en Egypte. Cela n'a rien à voir avec le sectarisme", a-t-il déclaré à la télévision d'Etat. L'Eglise copte d'Egypte avait en effet été directement menacée par Al Qaïda en novembre. L'"Etat islamique d'Irak", branche irakienne de la mouvance islamiste armée, accuse les orthodoxes de retenir contre leur gré des femmes qui se sont converties à l'islam.
Dans une déclaration mise en ligne il y a deux semaines sur un site internet islamiste, les musulmans étaient invités à attaquer des églises coptes d'Egypte "pendant les fêtes de Noël lorsque ces églises sont bondées". L'édifice visé la nuit du 31 décembre à Alexandrie y figurait.


Appel au calme des politiques

Quelques heures après l'attentat, le président Hosni Moubarak est intervenu à la télévision d'Etat et promis que les auteurs de l'attaque seraient retrouvés et punis. "Nous couperons les mains des terroristes et de ceux qui complotent contre la sécurité de l'Egypte", a-t-il dit. Soucieux d'éviter les divisions religieuses, le raïs a déclaré "De vils terroristes ont visé la nation, les coptes et les musulmans", précisant que le "terrorisme ne fait pas la distinction entre coptes et musulmans", dans une tentative pour éviter tout désir de vengeance de la communauté copte. Il a affirmé que le terrorisme ne déstabiliserait pas le pays et qu'il ne diviserait pas les communautés copte et musulmane. (en résumé, dans le discours oficiel, l'attentat est l'oeuvre d'un homme isolé, qui visait toute l'Egypte, même les musulmans, et non l'église copte...).

Les chrétiens, qui forment environ 10% de la population égyptienne, se plaignent de plus en plus de discriminations.
En janvier 2009, durant les célébrations du Noël orthodoxe, sept coptes avaient été tués dans une fusillade contre une église dans le sud de l'Egypte.
L'église des Saints, à Alexandrie, avait déjà été la cible d'une attaque en avril 2006: un homme armé d'un couteau y avait poignardé des fidèles.

La minorité chrétienne d'Egypte représente environ 10% des 79 millions d'habitants du pays. Les relations tendues avec la majorité musulmane dégénèrent régulièrement en violences.
En novembre, de violents affrontements avaient éclaté au Caire entre des manifestants chrétiens et les forces de la police anti-émeutes à la suite de l'arrêt du chantier d'une église. Deux chrétiens avaient été tués et plusieurs dizaines de personnes avaient été blessées, selon des sources médicales, tandis que plus de 150 manifestants étaient interpellés.
Depuis, le dispositif de sécurité avait été renforcé aux abords des églises devant lesquelles les voitures ne peuvent normalement plus stationner (et pourtant !).


Des condamnations internationales

Le pape Benoît XVI a condamné samedi l'intolérance religieuse, surtout à l'encontre des chrétiens, exhortant les dirigeants politiques à promouvoir la paix.

"Face aux tensions actuelles qui menacent, face surtout aux discriminations, aux abus et aux intolérances religieuses, qui aujourd'hui touchent particulièrement les chrétiens, j'adresse une nouvelle fois l'invitation pressante à ne pas céder au découragement et à la résignation", a déclaré le chef de l'Eglise catholique dans son homélie lors de la messe du Nouvel An célébrée en la basilique Saint-Pierre de Rome.

De son côté, la France a condamné "avec la plus grande vigueur" l'attaque terroriste. Dans un communiqué diffusé par le ministère des Affaires étrangères, Paris "rappelle son attachement au respect des libertés fondamentales dont la liberté religieuse et son soutien aux autorités égyptiennes dans leur lutte contre le terrorisme".

Les dirigeants égyptiens sont eux surtout inquiets à cause de l'élection présidentielle de septembre et ont immédiatement lancé des appels à l'unité. Ils redoutent par-dessus tout une explosion de violences entre communautés en cette année électorale.

Malgré toutes ces précautions, quelques 150 coptes se sont regroupés dans l'après midi pour manifester leur colère. Des incidents ont éclaté entre chrétiens et musulmans. Plusieurs voitures ont été incendiées. La police est intervenue à coups de gaz lacrymogènes pour disperser la foule tandis que des ambulances arrivaient sur les lieux.
Les coptes scandaient notamment :

"Lâches terroristes, le sang des Coptes n'est pas bon marché".
"O Moubarak*, le coeur des Coptes est en feu"
"O croix, nous nous sacrifions pour toi par notre âme et notre sang" .

\* Président égyptien

Une nouvelle église a été incendiée à Maiduguri, ville du nord du Nigeria où des églises avaient déjà été brulées et six personnes tuées la veille de Noël par des islamistes.
Aucune victime n'est à déplorer, l'église pentecôtiste étant vide au moment de l'incendie, d'origine criminelle.

La secte islamiste Boko Haram avait revendiqué les attaques du 24 décembre à Maiduguri et une série d'attentats le même jour dans la ville de Jos, dans le centre du Nigeria, qui avaient fait plus de 80 morts.

La police a déclaré avoir arrêté la semaine dernière 92 membres présumés de Boko Haram, un groupe qui avait lancé un soulèvement dans le nord du Nigeria en 2009, où des centaines de personnes avaient été tuées.

Six bombes ont été placées le 30 décembre au soir devant des habitations de chrétiens à Bagdad, provoquant la mort d’au moins deux personnes et en blessant une quinzaine d'autres. Deux bombes ont explosé dans l'ouest de Bagdad, la première dans le jardin de la maison d'une famille chrétienne vivant dans le quartier de Yarmouk qui a fait un blessé, et la seconde qui a touché deux chrétiens dans le secteur de Khadra. Un autre chrétien a également été blessé par une bombe placée rue al-Sinaa, à Karrada (centre), non loin de la cathédrale attaquée fin octobre. Dans le sud de Bagdad enfin, trois chrétiens ont été blessés dans un attentat dans le quartier de Dora, de même que deux autres par une bombe qui visait une maison de Saïdiya.

Ces attaques ont été perpétrées à partir de 19H30 dans six quartiers de la capitale irakienne contre une communauté visée à de nombreuses reprises ces deux derniers mois.
L'attaque la plus sanglante a eu lieu dans le quartier d'al-Ghadir, dans le centre de Bagdad, où une bombe artisanale a explosé vers 20H00, tuant deux chrétiens et faisant trois blessés, dont un chrétien. Les autres explosions, toutes dues à des engins artisanaux, n'ont fait aucun mort, mais blessé neuf chrétiens.
Al-Ghadir est un secteur où vivent toujours de nombreux chrétiens, même si beaucoup ont récemment fui, du fait des menaces lancées par la branche irakienne d'Al-Qaïda contre les membres de cette communauté.


Cette nouvelle vague d’attaques dans la capitale irakienne n’a pas été revendiquée mais semble porter la marque d’Al Qaeda, à l’origine des précédents attentats contre la communauté chrétienne irakienne.
Début novembre, la nébuleuse islamiste avait qualifié les chrétiens de "cibles légitimes", quelques jours après avoir revendiqué l'attaque sanglante de la cathédrale syriaque catholique Notre-Dame du perpétuel secours, où 44 fidèles et deux prêtres avaient été tués par un commando armé le 31 octobre.

Ce n'est pas la première fois que des maisons appartenant à des chrétiens sont visées lors d'attaques presque simultanées. Le mois dernier, quelques jours après les menaces proférées par Al-Qaïda, une série d'attentats (1, 2, 3) visant les domiciles de chrétiens de la capitale avait fait six morts et 33 blessés, renforcé le profond sentiment d'insécurité et poussé davantage de membres de cette communauté à fuir vers la région autonome du Kurdistan, ou à prendre le chemin de l'exil vers l'étranger. Le 25 décembre, c'est sous haute protection que les chrétiens d'Irak ont assisté aux messes de Noël alors que les dirigeants du pays les exhortaient à rester en Irak.

Sur les 800.000 à un million de chrétiens qui vivaient en Irak avant l'invasion de 2003, il n'en reste plus que la moitié.
Le 17 décembre, le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) a dénoncé un "lent mais régulier exode" de milliers de chrétiens d'Irak à la suite du carnage du 31 octobre.

Sur Radio Vatican, Mgr Warduni, évêque en Irak, a déploré une fin d’année « marquée par des attentats et des persécutions » :

« Ils ont voulu que nous la terminions par ces nouveaux actes terroristes. (...) Ce sont des gens sans conscience, sans religion. Ce qu’ils font est contre Dieu, contre l’humanité, mais aussi contre eux et contre leurs familles parce qu’ils ne sont pas en paix. (...)
Les familles chrétiennes vivent avec beaucoup d’amertume : pères, mères, frères et enfants sont tous en grand danger. Nous vivons dans une grande douleur, une grande tristesse, mais nous avons malgré tout l’espérance en Dieu.
[Le gouvernement irakien] a fait tout son possible pour nous faire célébrer Noël en sécurité. Mais maintenant, au contraire, les choses semblent encore pires : il n’y a plus cette sécurité qui nous avait été assurée pour Noël.(...)
Nous demandons la protection des minorités de ce pays. Il faut que ces minorités soient protégées. C’est une honte ! C’est une honte pour cette nation où ses habitants ne peuvent pas vivre en paix et en sécurité. J’accuse aussi le monde entier, parce que tout le monde devrait aider à apporter la paix dans le monde, et spécialement en Irak.
Le terrorisme ne pourra jamais anéantir la foi des chrétiens. Nous sommes fermes dans notre foi et nous serons toujours fermes, même s’il faut répandre notre sang pour le Seigneur, pour le monde et pour notre pays ».

Les Etats-Unis ont condamné le lendemain cette nouvelle vague d'attentats coordonnés contre des chrétiens, appelant le gouvernement irakien à mieux protéger cette communauté fragile.

Nous condamnons la violence perpétrée la nuit dernière contre des chrétiens par des terroristes en Irak", écrit dans un communiqué Mark Toner, un porte-parole du département d'Etat.

Les Etats-Unis demandent de "redoubler d'efforts pour protéger les chrétiens et arrêter les terroristes qui sont derrière ces actions", ajoute-t-il.

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