PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Trois prêtres ont été tués par des malfaiteurs en Afrique du Sud et au Burundi, les vendredi 27 février et le week end du 7 et 8 mars 2009, selon le rapport de l'agence Fides.

Le jeune prêtre burundais Daniel Matsela Mahula, du diocèse de Klerksdorp (Burundi), a été tué le 27 février par quatre malfaiteurs, alors qu'il se trouvait au volant de sa voiture. Agé de 33 ans, il avait été ordonné prêtre en décembre 2002 et effectuait son service à la « Peter's Catholic Church » de Jouberton.

Le 7 mars, c'éatit au tour du père Lionel Sham, curé de Mohlakeng (archidiocèse de Johannesburg ; Afrique du Sud), d'être enlevé dans sa maison. La police a retrouvé le corps du prêtre âgé de 66 ans.

« Le père Sham était connu pour son ouverture à l'égard de tous et sa générosité envers les personnes démunies », affirme l'Agence Fides qui publie la réaction de Mgr Buti Tlhagale, archevêque de Johannesburg. « Tout ce que nous pouvons faire à présent est de prier avec sa famille, la paroisse de Mohlakeng et les nombreuses personnes qui aimaient et connaissaient le père Lionel », a affirmé le prélat. « Je désire exprimer ma gratitude aux innombrables personnes qui ont cherché le père Lionel et qui ont prié pour son retour ».

Le lendemain, c'est le père Révocat Gahimbare, curé de la paroisse de Karuzi (Burundi) qui a été tué par quatre malfaiteurs déguisés en policiers qui cambriolaient le monastère des Sœurs « Bene Maria ». Ayant eu connaissance de l'assaut, le père Gahimbare s'était précipité au secours des religieuses, mais les malfaiteurs lui ont tendu un guet-apens le long de la route, et l'ont tué.

Le journal chrétien rapporte qu'un jeune chrétien pakistanais, Mushtaq Gill, a été tué en février dans la ville de Faisalabad par des Islamistes qui exigeaient qu’il se convertisse à l’Islam. Mushtaq Gill leur a expliqué qu’il était chrétien, alors la bande l'a assassiné. Il s'agit selon le père e la victime du group Lashkar-e-Tayyaba, dont le leader se nomme Abou Saeed.

All Pakistan Minorities Alliance (APMA) explique que ce cas n’est pas unique. Les chrétiens sont régulièrement attaqués dans le pays.
Certains observateurs estiment que le chômage massif alimente les réseaux extrémistes à Faisalabad, grande ville industrielle du Pendjab. La crise et le chômage massif font le jeu des mouvements radicaux. C’est ce qu’explique Samina Ahmed, responsable de l’ONG International Crisis Group au Pakistan :

« Très souvent les gens rejoignent les organisations jihadistes parce que ça leur donne un emploi. Un métier avec un revenu, un revenu régulier. Alors est-ce que parmi ces jeunes hommes au chômage, certains vont décider de rejoindre des groupes jihadistes parce qu’ils n’ont pas d’autres choix ? Et ces organisations extrémistes vont-elles en profiter pour les recruter ? Il faut bien être conscient que ces groupes jihadistes sont très réactifs et savent tirer avantage des situations de fragilité ».

Les chrétiens sont les premières cibles des attaques de ces groupes radicaux

Deux étudiantes chrétiennes de la Fatima’s Memorial Hospital de Lahore, ua Pakistan sont accusées d’avoir profané des versets du Coran suite à l’affichage au sein de cette institution d’une image de Jésus-Christ crucifié. La tradition islamique interdit explicitement de publier des images de Dieu, de Mahomet ou de tous les grands noms de la tradition chrétienne ou juive. Les deux femmes chrétiennes risquent ainsi la peine de mort, conformément à la loi de 1985 adoptée pendant la dictature du général Zia ul Haq, article 295-C du code pénal (qui avait pour ambition de rallier au général les intégristes musulmans).

Après avoir refusé de retirer l’image à la demande de la direction de l’école d’infirmière, celle-ci a finalement été détruite par des fondamentalistes arabes.

La répression contre le blasphème est une réalité au Pakistan, un pays connu pour être un consciencieux persécuteur de la liberté d’expression, soucieux de réprimer la moindre déviance sur le plan religieux par l’application de la charia. Si les deux chrétiennes étaient condamnées, elles pourraient payer de leur vie un acte banal relevant de leur pratique religieuse.

Cette affaire rappelle celle de l’universitaire Younus Shaikh, qui avait été accusé par des étudiants d’avoir blasphémé en prononçant qu’avant l’apparition de l’islam ni Mahomet ni ses parents n’étaient musulmans. Ou encore celle de ce chrétien de 25 ans, condamné à mort en avril 1998 pour s’être exprimé positivement à propos de Salman Rushdie en public, propos assimilés à des insultes contre Mahomet.

Les chrétiens représentent 2% de la population pakistanaise et côtoient d’autres minorités telles que les hindous et les sikhs. L’accusation de blasphème est en fait habilement utilisée dans beaucoup de conflits qui peuvent n’avoir aucune connotation religieuse afin d’obtenir des compensations financières ou des terres. 200 chrétiens auraient été condamnés pour blasphème jusqu’en 1998.

Notons que le mois dernier, cinq chrétiens accusés de blasphème ont été relaxés.
En avril 2007, cinq chrétiens accusés de blasphème étaient envoyés en prison. Un an et demi plus tard, ils viennent d’être relâchés suite à des réunions de réconciliation entre des responsables chrétiens et musulmans, ce qui constitue un cas sans précédent dans ce pays. Ainsi, le lundi 19 janvier, un tribunal du Pendjab a ordonné la libération de Salamat Masih, 42 ans, de son fils Rashid, 16 ans ainsi que de leurs proches, Ishfaq, Saba et Dao Masih. Une fatwa a même été publiée, innocentant les cinq chrétiens, ce qui devrait les protéger d’éventuelles représailles.

Une église orthodoxe serbe a été une nouvelle fois la cible de violences et de profanation dans la localité de Kolunic près de Bosanski Petrovac (Bosnie-Herzégovine), suscitant une grande inquiétude parmi les serbes peu nombreux dans cette région de la Fédération musulmano-croate.

Dans le même temps, l’Eparchie de Bihac et de Petrovac de l’Eglise orthodoxe serbe a communiqué que des gens avaient tenté de pénétrer dans l’Eglise cathédrale de Saint Sava à Drvar. L’Eparchie souligne que les attaques anti-serbe se multiplient dans cette région ces dernières années, visant particulièrement les églises orthodoxes, et que les responsables n’ont jamais été arrêtés.
Au cours de la dernière guerre en Bosnie-Herzégovine, les Bosniaques ont détruit ou endommagé 12 églises orthodoxes dans la région de Bosanski Petrovac dont seulement trois ont été reconstruites. La ville vivaient environ 12 500 serbes auparavant, et seulement 4 250 y sont revenus.


Samedi 14 Février

L'église de Saint-Philibert, en Beauce au Québec, a été entièrement brûlée samedi soir, après qu'un homme y ait mis le feu. L'incendie aurait débuté vers 19 h 45, et les pompiers affirment que la structure en bois a été détruite en moins de deux heures.

Un suspect a été arrêté, et il ressort à ce stade de l'enquête qu'il aurait mis le feu à l'édifice pour dissimuler un cambriolage d'objets sacrés.

Selon le maire Marc Nadeau, il s'agit d'un geste inacceptable. « C'est le coeur de la municipalité qui est parti. » Le bâtiment était assuré et le maire a l'intention de reconstruire l'église du village de 400 habitants.

Personne n'a été blessé à la suite de l'incendie qui a complètement ravagé l'église, construite en 1919. Des analyses visant à déterminer les causes exactes de l'incendie sont prévues pour dimanche. Quant au suspect, il devrait comparaître lundi au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce.

Des hommes armés ont enlevé dimanche soir un prêtre catholique, le Révérend Père Pius Kii, dans l'Etat de Rivers, dans la région rebelle du Delta du Niger, au Nigeria. Le père Kii a été enlevé durant la nuit alors qu'il quittait en voiture son église -la "Christ the King" Catholic Church- à Port Harcourt, la capitale de l'Etat.

Selon la police, aucun groupe n'a jusqu'ici revendiqué cet enlèvement, qui a été qualifié de "crime haineux" par le Diocèse catholique de Port Harcourt.

Les prises d'otages pour le versement de rançons sont devenues fréquentes dans cette région pétrolière du Nigeria. Est-ce la motivation de ces hommes ?

Le 24 janvier dernier, sur l'île de Majuli, dans l'Etat de l'Assam, dans le nord-est de l'Inde, des groupes d'extrémistes hindous ont agressé environ 500 catholiques aborigènes qui revenaient de l'ordination du P. Hemanto Pegu, premier prêtre issu de l'ethnie Mishing. Les fidèles étaient venus de plusieurs paroisses en dehors de l'île afin d'assister à la célébration et s'en retournaient en passant par la ville de Kamalabari.

« Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris, rapporte le témoignage du P. William Horo.

Un premier groupe de chrétiens a été arrêté dans la ville de Kamalabari par un groupe d'hommes et de femmes qui les ont insultés et menacés : « Pourquoi venez-vous convertir les aborigènes ? Sales mangeurs de viande, ne revenez jamais ici, sinon nous vous couperons en morceaux et nous les jetterons dans le Brahmapoutre ! »
Puis deux prêtres sont arrivés dans la ville en voiture, suivis de deux cars et d'un camion transportant des centaines de fidèles. La foule, plus virulente, les a fait sortir de force de leurs véhicules et les a frappés violemment à coups de pieds et coup de poings. « Voilà les missionnaires », ont-ils dit, « frappons-les et tuons les ! ». Ils ont également attaqué deux autres prêtres qui arrivaient en motocyclette et menacé de mort les fidèles s'ils s'avisaient de revenir dans l'île.
Insultant les femmes et les religieuses qui les imploraient à la clémence, le groupe hindouiste a ensuite contraint tous les voyageurs à finir leur route à pied jusqu'au bac, à cinq kilomètres de là, sous les menaces et les jets de pierre, lesquels ont blessé plusieurs étudiants.

Le P. William Horo, chargé de communication pour le diocèse de Dibrugarh, dont dépend la région de Majuri, a condamné, dans une déclaration du 2 février, « l'attaque brutale » qui marque « une rupture dans une coexistence jusque-là harmonieuse » entre les différents groupes ethniques de l'Assam.

Le 2 février, Mgr Jospeh Aind, évêque de Dibrugarh, a dénoncé vigoureusement cette atteinte aux droits de l'homme et a déclaré que l'agression avait eu pour résultat de diviser les chrétiens et les hindous de Majuli, qui avaient jusqu'ici vécu en bonne intelligence sur l'île. L'agression « a profondément blessé les sentiments de l'ethnie Mishing, en ne respectant pas leur appartenance religieuse », a déclaré le prélat. Il a également rejeté fermement l'allégation selon laquelle les catholiques auraient une démarche prosélyte envers les aborigènes de Majuli.

Selon Allen Brookes, l'un des responsables laïcs catholiques de l'Assam, les agresseurs étaient les membres d'une secte locale hindouiste et ne sont pas représentatifs de l'ensemble de la communauté hindoue de l'île. Il rappelle que Majuli sert de base à des groupes séparatistes qui s'indignent du fait que l'Eglise dirige de nombreuses écoles et mène des projets de développement sur l'île.

En Cisjordanie et à Gaza, la charia est la source principale de la législation. En juin 2007, le gouvernement unifié s’est effondré quand le mouvement islamique militant du Hamas a pris le pouvoir dans la bande de Gaza. Cette instabilité a entraîné une aggravation de la violence contre les chrétiens, les militants devenant plus hardis pour harceler les chrétiens d’origine musulmane. On a obligé deux d’entre eux à s’enfuir en Jordanie. Plusieurs chrétiens ont été emprisonnés, interrogés et battus. Un grand nombre de personnes de la communauté chrétienne ont choisi de quitter le pays.

Depuis le meurtre de Rami Ayyad, qui tenait une librairie chrétienne à Gaza, largement condamné par le parlement européen, et les menaces de mort de militants islamiques, plusieurs familles chrétiennes ont été évacuées de la ville, et ne savent plus que faire. Un habitant témoigne :

« 70 % des chrétiens veulent quitter Gaza parce qu’ils ont vraiment très peur. Mais nous aimons Gaza, c’est là où nous avons nos racines, nos maisons. »

Beaucoup ont déjà fui ou cherchent à émigrer à cause de la détérioration générale des conditions de vie, lié aux assaut d'Israël et à la situation de guerre : coupures d’électricité, manque de vivres et de médicaments. Hanna Massad , le pasteur de l’église baptiste de Gaza, a déjà dû quitter les lieux. Il a essayé plusieurs fois d’aller dans son église pour prêcher mais il a été refoulé à la frontière. Les membres de l’église sont confrontés à des menaces croissantes.

On compte 3000 chrétiens pour un million de musulmans en Palestine, selon la chaine Arte.

(à cette heure, l'article d'origine ne peut plus être trouvé sur le site source, il faut donc prendre cette information avec prudence.)

Un membre de la police religieuse d'Arabie Sahoudite, la milice des « Moutawaa » qui veille à la bonne application de la charia islamique, a assassiné sa propre sœur, après avoir appris qu’elle s’était convertie au christianisme. Il l’a lapidée, brûlée et lui a coupé la langue, la laissant agoniser jusqu’à la mort.

Le site « Aafaq.org » affirmait que « la jeune Fatima Bint Mohammed Ben Othman Al-Matiri (26 ans), originaire de la province Est, a eu une conversation avec sa mère et son frère, au cours de laquelle la jeune convertie a défendu Jésus-Christ, suscitant la colère de sa famille et poussant son frère à l’espionner ». (article non trouvé).

Le religieux a réussi à s’emparer de l’ordinateur de sa sœur et y a découvert des textes qu’elle avait écrits concernant sa nouvelle religion, et ses louages du Christ. La jeune Fatima participait, sous plusieurs pseudonymes, à des forums de chrétiens et de néo-convertis, notamment des Coptes. Elle défendait « la liberté religieuse et de la foi », critiquant l’islam et son hégémonie. Dans l’une de ses contributions, « elle comparait le Christ à Mahomet, favorisant les prêches pacifiques de Jésus et dénonçant l’islam, ainsi que la vie controversée de Mahomet... », précise « Aafaq.org ». Son frère, membre de la milice islamique, n’a pas supporté le comportement de sa sœur. Il s’est alors acharné sur sa victime, ne lui laissant aucune chance de survie.

Peu avant son meurtre, et en apprenant que son cas venait d’être dévoilé, la jeune Fatima avait écrit son dernier message au forum des « chrétiens arabes », faisant état de sa peur. Mais elle a rassuré ses lecteurs que « Jésus était sa lumière et sera son compagnon », et qu’elle ne craignait rien. De ce fait, Fatima aura été la « première martyre chrétienne d’Arabie saoudite ».

Si la date de cet assassinat n’est pas précisée, il n’en demeure pas moins que l’assassin est actuellement en détention, et les autorités tentent d’étouffer l’affaire par crainte de la réaction de l’opinion internationale. En effet, de telles révélations sont dommageables et l’image de l’Arabie saoudite pourrait en pâtir si la communauté internationale s’emparait de ce meurtre. Les proches de la victime tentent de leur côté de présenter le meurtre comme une affaire de mœurs. Mais le fait que plusieurs sites internet s’en soient emparés risque de porter préjudice au pouvoir saoudien et à l’institution religieuse.
Les wahhabites, qui financent les conversions à l’islam à travers le monde, et notamment en Europe (religion du pardon et de la miséricorde, disent-ils), et qui défendent le droit des musulmans dans les pays non-islamiques, ont une autre vision du pardon et de la miséricorde et l’appliquent avec le sabre dans le propre pays et au sein de leurs familles. Un bel exemple de piété.

Traduction et synthèse de Randa Al Fayçal

(information à prendre avec prudence, certains passages laissent incrédules.)

Une bombe a explosé mercredi devant une église de Kabacan, à North Cotabato, alors qu'une autre tentative d'attentat a été déjouée jeudi matin par les forces de sécurité dans un autre village.

Randolph Cabangbang, porte-parole du Commandement de Mindanao oriental, a expliqué que la bombe, un engin de retardement, avait explosé vers 21H40 locales devant une église sur la rue Matalam, sans faire de morts. Il s'agit selon lui de la première église catholique ciblée par les rebelles musulmans depuis l'offensive militaire en août dernier.

Le lendemain, la police a désamorcé une autre bombe de retardement placée au portail d'une église catholique dans le village de Segundo. Elle voit l'action des membres du Front Moro islamique de libération (MILF) derrières ces attaques. Fort de 12.000 membres, le mouvement a repis ses armes contre le gouvernement en août à la suite de l'avortement d'un accord de paix, suspendu par la Cour suprême à la veille de la conclusion.

Pélerin magazine a diffusé un article poignant d'un prêtre, qui a souhaité resté anonyme et ne pas révéler son pays d'origine, sur les conditions de vie d'un chrétien en terre d'Islam. Ce prêtre a souhaité prendre la parole à l'occasion du premier forum catholiques-musulmans qui aura lieu de 4 au 6 novembre, au Vatican, destiné à mettre en place une instance de dialogue avec des intellectuels musulmans.

Préambule
Entre 9 et 11 millions de chrétiens vivent en terre d’islam. Leurs conditions de vie varient d’un pays à l’autre. Le Liban est le seul pays à majorité musulmane où ils jouissent des mêmes droits. Ailleurs, les petites communautés sont tolérées à condition de ne pas évangéliser. Depuis la montée de l’islamisme et l’arrivée des troupes occidentales en Afghanistan (2001) et en Irak (2003), les agressions antichrétiennes se sont multipliées dans la plupart des pays musulmans. Si les chrétiens sont admis et reconnus dans la majorité de ces pays, il en est tout autrement pour les convertis, victimes de persécutions. Et même si le Coran honore Jésus et les chrétiens dans plusieurs de ses versets, l’islam interdit la conversion d’un musulman.

Il reste très peu de chrétiens
"Je ne vous donnerai ni mon nom ni de renseignement sur le pays d'où je viens, car je dois être prudent. Pour moi et pour mes amis. Je suis prêtre et j'habite en terre d'islam depuis un demi-siècle. Dans mon pays, alors que la communauté était florissante avant l'arrivée de l'islam, il reste très peu de chrétiens. Là où je vis, comme dans la plupart des pays musulmans, les chrétiens sont tolérés, mais à des conditions inacceptables. Ainsi nous est-il interdit de témoigner de notre foi dans la langue du pays. Nous n'avons ni séminaire ni monastère. Nous ne pouvons pas non plus construire d'église. Quant aux conversions, elles sont passibles de la peine de mort. Pour l'islam, tout musulman qui veut le baptême est un traître à reconvertir ou à tuer.

Ils ont frappé un jour à ma porte
Or, je m'occupe d'accompagner les convertis, de les former jusqu'au baptême. J'en connais un grand nombre, que je ne suis pas allé chercher avec une épuisette, mais qui ont frappé un jour à ma porte, en me demandant que je leur parle de Jésus-Christ. Des personnes qui, après avoir étudié le Coran, ont choisi librement l'Evangile pour rencontrer Dieu. J'ai accepté de témoigner pour que les chrétiens de France sachent la détresse dans laquelle vivent ces convertis. Et pour que les responsables réunis à Rome pour dialoguer avec des musulmans n'oublient pas les difficultés qui frappent les minorités chrétiennes en pays d'islam.

Grâce à Internet, il a découvert un Evangile
J'aimerais vous raconter l'histoire d'Ahmed*, étudiant de 25 ans. Pour lui, tout a débuté par un songe. Un homme en blanc lui mettait la main sur l'épaule. Chez nous, sur cette terre d'Orient où Dieu s'est révélé aux hommes, les rêves jouent un rôle capital. A partir du moment où Ahmed a eu ce songe, il n'a eu de cesse d'en chercher la signification. Grâce à Internet, il a découvert un Evangile dans sa langue et l'a lu. Puis il m'a rendu visite après des heures de voyage. « J'ai plein de questions sur l'Evangile », m'a-t-il lancé. Il n'avait pas d'Evangile. Trop dangereux. « Mais j'ai un téléphone portable. » Et là, stupéfait, j'ai découvert tout l'Evangile, enregistré dans son téléphone. Durant des heures, il m'a posé des questions sur Jésus et sur la prière.

Je l'ai freiné, car je ne baptise qu'après trois ans de formation
Ahmed n'est pas une exception. Rachid est arrivé chez moi, saisi lui aussi par Jésus grâce à un songe. Il devait, selon ses mots, « poursuivre son chemin jusqu'au bout ». Il m'a demandé le baptême. Je l'ai freiné, car je ne baptise qu'après trois ans de formation. « Il faut savoir si l'appel de Jésus est vraiment solide, ai-je rétorqué. Si ton rêve vient vraiment de Dieu. » C'est toujours ainsi que je procède.

Je dis aussi à ces personnes les difficultés qui les attendent. « Une fois baptisé, vous devrez vivre votre foi dans la clandestinité, vous cacher de vos voisins, voire de votre famille. Vous aurez du mal à vous marier. Si les autorités découvrent que vous êtes convertis, vos enfants seront placés chez des musulmans pour être rééduqués. » (note : voir l'histoire de Seba et d'Aneela par exemple). L'histoire de Fatima illustre ces problèmes. Cette jeune femme issue d'une famille de notables musulmans, s'est vue, en songe, crucifiée sur la croix. Ce rêve la hantait. Elle finit par découvrir Jésus, trouve un Evangile dans sa langue, le lit, le médite. Elle se fait baptiser, mais elle est dénoncée. Son mari l'enferme dans sa chambre sans nourriture, jusqu'à ce qu'elle perde l'enfant qu'elle attendait. Comme elle refuse de renier le Christ, il la jette dehors. Ses parents la battent. Son père menace de la tuer. Elle parvient à s'enfuir. Depuis, elle vit cachée, dans une extrême pauvreté mais heureuse. Elle veut devenir religieuse.

Ils se posent des questions sur l'Islam
Chaque année, j'accompagne une cinquantaine de convertis. Nous organisons des réunions, en étant très méfiants. Dans nos groupes, personne ne sait comment s'appelle son voisin. Ainsi, si l'un de nous est arrêté, il ne peut rien révéler. Une fille nous aide aussi. Elle prend l'Eucharistie et la met sous son voile pour aller donner la communion. L'on se demande souvent pourquoi ces musulmans deviennent chrétiens. Il n'y a pas d'explication rationnelle. C'est une rencontre d'amour foudroyante. La plupart sont jeunes et insatisfaits avec l'islam, imposé ici par la force. Et puis, ils se posent des questions. Les contradictions du Coran les travaillent.

Ce ne serait pas l'Esprit saint qui ferait du prosélytisme ?
On me fait souvent le reproche d'évangéliser. « Vous nuisez au dialogue. » Cela m'a été dit par des autorités dans l'Eglise, qui m'accusent de mettre des gens en danger, de provoquer des divisions dans les familles. Un jour, le nonce apostolique m'a reproché mon prosélytisme. « Ce ne serait pas l'Esprit saint qui ferait du prosélytisme ? ai-je répondu. Qui mène l'Eglise, sinon Lui ? Si je ne porte pas la bonne nouvelle, ma mission de prêtre est inutile. Et si je refuse la confrontation avec les autorités musulmanes, en restant dans les limites qu'elles me fixent, que vaut le dialogue ? » Je demande aux responsables chrétiens qui, à Rome, dialoguent avec des dignitaires musulmans, de ne pas tenir des propos tièdes. Le dialogue interreligieux est indispensable, mais il se doit d'être chrétien, solidaire avec les Eglises persécutées. Il faut affirmer haut et fort les valeurs des Eglises d'Orient. Elles sont en dialogue depuis des siècles, mais persécutées depuis l'arrivée de l'islam sur leurs terres. Il les a réduites à l'état de petit reste silencieux et stérile. Ces Eglises ne peuvent accueillir aucun converti ! Que nos amis musulmans d'Occident qui réclament des droits exigent de leurs coreligionnaires, en pays d'islam, les mêmes droits à l'égard des minorités chrétiennes. C'est cette réciprocité, nécessaire pour un franc dialogue, que rappelle souvent Benoît XVI. »

Le père Bernard Digal est mort tragiquement le mardi 28 octobre suite aux blessures imposées le 25 août dernier par des radicaux hindous lors des violences qui ont secouées (et secouent toujours à la date de ce post) la région de l'Orissa en Inde. Le père Digal appartenait à l’Archidiocèse de Cuttack-Bhubaneshwar, en Orissa.

Le père Bernard, 45 ans, avait été transporté à l’hôpital de Chennai, dans le Tamil Nadu, pour être soumis à une intervention chirurgicale délicate à la tête, mais son corps, mal remis des nombreux traumatismes, blessures et lésions, a cédé.

“Durant sa vie, le père Bernard a montré détermination et courage en témoignant et en mourant pour le Christ. Il est mort en véritable chrétien, et juste après l’agression qu’il a subi, il a pardonné à ses ennemis et ses persécuteurs. Notre affection et nos prières vont à toutes les personnes qui lui sont proches, pour les renforcer et les encourager dans ce moment de difficulté”, a déclaré le père Mrutyunjay Digal, prêtre du même archidiocèse et secrétaire de l’Archevêque local, Mgr Raphael Cheenath.

Des messages de condoléance et de solidarité sont arrivés en Orissa de nombreux diocèses, de la Conférence épiscopale, de mouvements et associations chrétiennes comme de plusieurs organisations civiles. En se préparant à célébrer les obsèques, la communauté catholique locale affirme que “l’intercession du père Bernard du Ciel donnera réconfort et espérances à tous les chrétiens persécutés en Orissa”.

Le 18 août dernier, le corps d'un prêtre carme avait été retrouvé assassiné dans l'Andhra Pradesh. Selon certaines organisations chrétiennes indiennes, on compterait environ 100 morts, des milliers de personnes blessées ou malmenées, alors que les massacres, plus ou moins cachés, continuent. Environ 15.000 chrétiens sont encore dans des camps de réfugiés, alors que 40.000 ont fui dans les forêts ou dans d’autres lieux, terrorisés et dépossédés de leurs maisons et propriétés par des groupes extrémistes hindous.

Les autorités chassent systématiquement les religieux qui sont découverts hors des camps de réfugiés afin de les livrer aux mains des fanatiques. Quand les policiers ne battent pas eux-même les catholiques. Le père Digal s'était indigné du comportement des autorités, ainsi que d'autres religieuses, lors de l'attaque de son église où il avait été laissé pour mort.

Deux prêtres catholiques, religieux jésuites, l'un Equatorien, l'autre Russe, ont été tués au centre de Moscou. Les victimes sont le père Victor Betancourt, jésuite équatorien, qui travaille pour l'Institut de Philosophie, Théologie et Histoire Saint Thomas de Moscou, et le père Otto Messmer, citoyen russe et supérieur de la Région russe, qui rentrait lundi soir dans la communauté après un voyage à l'étranger. Ils avaient respectivement 42 ans et 47 ans, et ont été tué le 25 puis le 28 octobre. Une enquête criminelle a été ouverte pour assassinat. Leur coprs ont été découvert par un autre jésuite, inquiet de leur silence.

Les jésuites lancent un appel à la fin de la violence : « Que toute la Compagnie prie pour le repos éternel des confrères et pour que la violence cesse ! » Le père général des jésuites, Adolfo Nicolás, « invite tous les jésuites à exprimer soutien, aide et solidarité aux confrères de la région russe, en ce moment difficile, ainsi qu'aux familles des confrères décédés. Il remercie pour les condoléances reçues de l'Église qui dès qu'elle apprit la nouvelle, a confirmé son appui et sa solidarité », indique la curie des jésuites à Rome.

L'Eglise orthodoxe russe a exprimé ses condoléances aux catholiques et aux jésuites à la nouvelle de ce drame, par la voix du P. Igor Vyzhanov, secrétaire du Département du patriarcat pour les relations extérieures, rapporte l'agence Interfax.

Mgr Georges Casmoussa, évêque syriaque (catholique) de Mossoul, était invité en France, jeudi 23 octobre, par l'AED (association catholique Aide à l'Eglise en Détresse) à l'occasion de la présentation du rapport 2008 sur la liberté religieuse dans le monde. Il y a dénoncé "l'atmosphère de peur et de panique ainsi que les menaces directes" qui, ces dernières semaines, ont poussé la moitié des familles chrétiennes de la ville à fuir leurs maisons. L'évêque de Bagdad, Mgr Shimoun Wardouni, dénonce, lui, une véritable campagne lancée contre eux qui a provoqué la fuite, en comptabilisant les villages alentour, de plus de la moitié de la communauté restante dans la "ville des églises" : 2 400 familles selon Bagdad, soit environ 12 000 personnes.

En quinze jour d'octobre, une quinzaine chrétiens ont été tués et plusieurs maisons détruites (à l'explosif). Selon Mgr Casmoussa, les chrétiens ont trouvé refuge dans des salles paroissiales ou des églises de villes situées dans la plaine de Ninive, et seules 35 des 1 500 familles exilées seraient pour l'heure rentrées à Mossoul.

"Au rythme d'émigration actuel, il n'y aura bientôt plus d'Assyriens dans le berceau même du christianisme moyen-oriental !" s'alarme un ingénieur syriaque (catholique) de Bagdad.

Numériquement faibles et politiquement inexistants dans l'Irak moderne, les chrétiens se flattent de former "la plus ancienne communauté religieuse d'Irak". Certains de ses membres parlent encore une langue voisine de l'araméen biblique. Jusqu'en 2003, Saddam Hussein, qui les protégeait, notamment parce qu'ils étaient trop faibles pour présenter une menace à son pouvoir, les évaluait à près d'un million. Combien en reste-t-il ? "On ne sait pas vraiment", reconnaît l'évêque chaldéen de Bagdad, Mgr Shimoun Wardouni. "Peut-être un demi-million, peut-être moins". C'est-à-dire moins de 2 % de la population nationale

Mgr Casmoussareste prudent sur les motivation de ces exactions :

"Je ne peux pas prétendre que les raisons sont uniquement religieuses, mais je ne peux pas non plus laver la conscience des groupes fondamentalistes (musulmans). Il y a sans doute à la fois des raisons politiques et religieuses."

Pour l'évêque de Bagdad, en revanche, pas de doute, Al-Qaida est le coupable tout désigné des meurtres de Mossoul. Mais tout le monde n'est pas de cet avis. Certains accusent les chiites, qui se sont beaucoup implantés dans des villages chrétiens ces dernières années, et qui chercheraient à s'étendre.

Mgr Casmoussa attend des autorités irakiennes qu'elles assurent la sécurité dans toute la ville. Ces dernières semaines, un millier de policiers ont été déployés à Mossoul et le gouvernement a annoncé avoir arrêté des responsables des dernières violences.

"On ne demande pas qu'un char soit installé devant chaque maison chrétienne, et surtout pas un char américain ! Nous voulons que la loi et la sécurité soient appliquées pour tous. Il ne suffit pas que le gouvernement nous dise qu'il a mis la main sur tel ou tel groupe, il faut qu'un procès se tienne pour que la confiance du peuple envers les autorités soit restaurée", plaide le religieux.

A Bagdad, Mgr Wardouni a demandé au chef du gouvernement d'envoyer "plutôt des renforts militaires", et non la police - largement dominée par les chiites - "parce que nos gens ont plus confiance dans l'armée". Et puis il y a le facteur kurde. Certaines victimes survivantes des violences à Mossoul pointent plutôt du doigt "des éléments kurdes" qui agiraient ainsi pour pousser les chrétiens, largement implantés dans et autour du Kurdistan autonome, à se solidariser politiquement avec cette autre communauté minoritaire (20 % de la population) qui cherche à étendre la superficie qu'elle contrôle.

Minorités chrétiennes en Irak

Mardi, le Vatican s'est montré "extrêmement préoccupé" par la situation des chrétiens d'Irak et s'est interrogé sur la volonté des autorités de les protéger.

La France s'est proposé de recevoir des réfugiés irakiens. Mgr Casmoussa y est sensible, mais il rappelle ses priorités :

"Si la France peut accueillir des gens en détresse, nous lui serons reconnaissants, mais notre principe consiste à maintenir les Irakiens en Irak."


Reportage Reuters par Le Monde :

Reportage par LCI

Une église incendiée au Madhya Pradesh Une nouvelle église catholique a été incendiée dans l'Etat indien du Madhya Pradesh, rapporte « Eglises d'Asie », l'agence des Missions étrangères de Paris (EDA). D'aucuns reprochent au gouvernement son « inaction ». Cette église était dédiée à sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, surnommée en anglais « Petite fleur », « Little Flower ». Le 22 octobre, au petit jour, un groupe non identifié a mis le feu à l'église de Little Flower à Tikamgarh, dans le diocèse catholique de Satna. Les flammes ont eu le temps d'atteindre la porte principale de l'église ainsi que le revêtement du sol du bâtiment. C'est vers 5 h 15 du matin, alors qu'elles se rendaient à la première messe que des religieuses ont donné l'alerte. Le P. Siju John a alors appelé la police et les pompiers qui ont pu maîtriser l'incendie. Les policiers ont confirmé l'utilisation d'une substance inflammable pour le départ de l'incendie criminel.

Le porte-parole de l'Eglise catholique du Madhya Pradesh, le P. Anand Muttungal, a qualifié cette attaque de « particulièrement atroce » et souligné le fait que l'inaction du gouvernement encourageait les actes contre les chrétiens, qui se sont multipliés ces derniers mois. Selon lui, plus de 171 attaques d'églises, institutions ou lieux de culte chrétiens se sont produites depuis que le Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) est arrivé au pouvoir il y a cinq ans. Les incidents semblent se multipliés dans l'Etat du Madhya Pradesh à l'approche des élections législatives de novembre prochain.

« Personne n'a été poursuivi pour ces attaques, et les agresseurs sont ainsi encouragés à continuer leurs exactions en toute impunité », a ajouté le P. Anand Muttungal.

Selon lui, ce dernier incident est le fait « d'hindous fanatiques » dont la stratégie est de diviser les chrétiens et les hindous à l'approche des élections. C'est aussi l'avis du président de l'Association des chrétiens du Madhya Pradesh, Kurishinkal Joshi :

« C'est une tentative d'intimidation de la population avant les élections législatives. »

L'association a demandé au gouvernement de l'Etat qu'il assure la protection des chrétiens et de leurs lieux de culte.

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