PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Eglise sainte Marie à Imbaba Des violences ont éclaté samedi soir à Imbada, un quartier populaire du Caire, en Egypte, entre musulmans et chrétiens coptes. Les principaux affrontements se sont produits autour d'une église attaquée par des musulmans qui pensaient qu'une chrétienne voulant se convertir à l'islam y était retenue contre son gré depuis plus d'un an.
12 personnes sont mortes, chrétiens et musulmans, et le ministère de la santé a fait état de 232 blessés dans un dernier bilan. 190 personnes ont été arrêtées.

Le danger couvait depuis plusieurs semaines, et les spécialistes cragnaient déjà des violences pour le vendredi (jour de prière et de prêche chez les musulmans), susceptibles d'amener une véritable guerre civile en Egypte autour de la question de deux chrétiennes, femmes de prêtres coptes (orthodoxes), que les musulmans imaginent vouloir se convertir à l'Islam.
Ces dernières semaines en effet, plusieurs manifestations à l'appel de salafistes ont eu lieu pour réclamer la «libération» de deux épouses de prêtres qu'ils estiment séquestrées par l'Eglise. Le vendredi 29 avril et le vendredi 6 mai, plusieurs milliers de musulmans ont organisé des sit-in et des manifestations devant la cathédrale Saint Marc, pour réclamer la « libération » de Camilia Sheahata. Cette Égyptienne de 26 ans, femme d’un prêtre de Minya (Haute-Égypte), avait disparue en juillet 2010, vraisemblablement après une dispute conjugale, et avait été retrouvée chez une amie. Les services de sécurité de l’État l’avaient alors « remise » à l’Église copte. Mais des groupes salafistes ont organisé régulièrement des manifestations pour exiger que leur « sœur » Camilia – qu’ils pensent convertie à l’islam – soit libérée. La même histoire est présentée pour Wafa Constantine, femme de prêtre également et que la rumeur dit morte. Les Coptes expliquent au contraire qu'elles avaient été enlevée par des musulmans et qu'elles ont simplement regagné leur domicile, sans intention de se convertir. Camilia Chehata a enregistré une vidéo dans laquelle elle nie en bloc toutes les rumeurs musulmanes, cependant, aucune des deux n'est réapparue publiquement pour donner sa version des faits.

« Même lorsqu’on parle avec des amis musulmans, qui ne sont pas salafistes, ils pensent que Camilia est musulmane et que l’église l’emprisonne. Ils répètent ce qu’ils entendent dans les médias et dans la rue », explique une habitante du quartier de Shubra-El-Kheima, réputé pour la cohabitation pacifique entre les deux communautés.

Samedi 30 avril, le procureur général égyptien a convoqué Camilia Shehata pour qu’elle vienne dire elle-même devant un tribunal quelle est sa religion. Naguib Gobrael, son avocat, assure qu’elle vit désormais avec son fils et son mari, et qu’elle est « fière d’être chrétienne ». Pour beaucoup, seule une déclaration d’elle en personne pourrait apaiser la situation.

Trop tard semblerait-il, car ce samedi 7 mai, au lendemain du grand sit-in musulman devant la cathédrale (qui aurait tourné au soutien à Oussama ben Laden), des milliers de musulmans ont attaqué l'église Saint-Ménas pour exiger la libération de Camilia. Des témoins ont évoqué l'usage de bombes incendiaires et des tireurs placés sur les toits, qui auraient visé les chrétiens sortis hors du bâtiment pour le protéger. Des coups de feu ont éclaté et les deux camps se sont affrontés à coup de pierres et de cocktails Molotov tandis que l'église était incendiée.
Une autre église du quartier, l'église de la Vierge Marie, a été également incendiée, et de nombreux soldats et de policiers anti-émeutes ont été déployés après les violences.

Plus tard en journée, de nouveaux affrontements ont éclaté lorsque de jeunes musulmans s'en sont pris à un cortège de manifestants chrétiens qui défilaient entre les bureaux du procureur général et le siège de la télévision d'État.




Ce dimanche, alors que le Premier ministre Essam Charaf a reporté un déplacement à l'étranger et convoqué une réunion de crise, l'armée égyptienne a annoncé que les 190 personnes arrêtées seraient déférées devant la cour militaire suprême. Un général, s'exprimant dans la nuit à la télévision, avait assuré auparavant que l'armée ne permettrait pas «à quelque courant que ce soit d'imposer son hégémonie en Egypte».

Les autorités vont «frapper d'une main de fer tous deux qui cherchent à nuire à la sécurité de la nation», a déclaré le ministre de la Justice, Abdel Aziz al-Gindi. Pour cela, le gouvernement devrait appliquer de manière immédiate «les lois qui criminalisent les attaques contre des lieux de culte et contre la liberté de croyance».



Les Coptes, ou chrétiens d'Egypte, sont présents en Egypte depuis les premiers temps du christianisme et représentent entre 6 et 10% des quelque 80 millions d'Egyptiens. Ils s'estiment discriminés et de plus en plus marginalisés dans une société en grande majorité musulmane sunnite. Ils ont été visés par plusieurs attentats, en particulier celui de la nuit du 31 décembre contre une église copte à Alexandrie qui a fait 21 morts. Début mars, six Coptes avaient également trouvé la mort lors d'affrontements avec des musulmans.
Une branche irakienne d'Al-Qaïda avait d'ailleurs trouvé prétexte de cette affaire de femmes séquestrées après l'attentat du 31 octobre à Bagdad dans une cathédrale syriaque catholique qui avait fait 53 morts. Le message de revendication promettait alors d'autres attaques si les deux égyptiennes n'étaient pas relâchées.

Depuis la chute de Hosni Moubarak, les salafistes sont beaucoup plus actifs sur la scène politique : ils étaient nombreux à participer aux manifestations contre la nomination d’un gouverneur copte à Qena, en Haute-Égypte, il y a dix jours.

Farah Hatim, une infirmière chrétienne âgée de 24 ans, a été enlevée et convertie de force à l’islam le 8 mai dernier, à Rahim Yar Khan (sud du Punjab). Zeehan Iliyas, un employé de banque musulman souhaitait l’épouser de force. Le cas de la jeune fille, séquestrée et rouée de coups, a été signalé à l’Agence Fides par la Fondation Masihi qui s’occupe de la défense des chrétiens au Pakistan. Elle a vraisemblablement signé sous la torture une déclaration dans laquelle elle affirme s’être convertie volontairement et librement.

« Il s’agit seulement d’un expédient pour couvrir les coupables. Farah présente d’évidents signes de mauvais traitements et des blessures ».



Le juge appelé à se prononcer dans le cadre de cette affaire, Khurshid Shah, les a ignorés, ainsi que l’a expliqué la famille de la jeune femme.

« L’ensemble du système protège les coupables. Les accointances sont flagrantes » a déclaré la Fondation Masihi à Fides.



Rizwan Paul, Président d’une ONG d’inspiration chrétienne « Life for All », a indiqué à Fides :

« Le Sud du Punjab est un paradis pour les extrémistes. Le nombre de cas de persécution envers des chrétiens est en hausse et de nombreux cas demeurent cachés. Souvent, comme dans le cas de Farah, il existe des complicités au sein de la police et du monde politique et l’injustice prévaut. La haine et la discrimination contre les chrétiens sont très diffuses et les autorités sont pour le moins indifférentes ».



La police a également cherché, selon Fides, à arrêter les deux frères de Farah afin d’intimider la famille et la convaincre d’abandonner la poursuite.



La famille musulmane dans laquelle se trouve désormais Farah continue à affirmer que la jeune femme a quitté de son plein gré sa famille d’origine. Selon des sources de Fides en revanche, il s’agit d’un cas emblématique de jeune femme chrétienne enlevée et convertie de force.

Pour Mgr Lawrence Saldanha, Archevêque émérite de Lahore et ancien président de la Conférence épiscopale, la cause est perdue car les lois sont contre les chrétiens.

« Nous avons connaissance de nombreux cas semblables à celui-ci et de nombreux autres ne sont jamais connus parce que les chrétiens sont menacés et ont peur de s’exposer. Il s’agit de violations flagrantes des droits de l’homme, de la liberté de conscience et de religion ».



Les cas de conversions forcées à l’islam, de viols et de mariages forcés augmentent au Pakistan. On en dénombre plus de 700 par an. Les victimes de ces phénomènes sont surtout les jeunes femmes chrétiennes ou hindoues, les plus vulnérables dans la mesure où elles appartiennent à des communautés pauvres, sans défense, marginalisées et donc facilement exposées aux abus, aux menaces et aux violences. Souvent, elles n’ont pas même le courage de porter plainte.
Les chrétiens du Pakistan, qui représentent, 2,2% de la population du pays, sont souvent victimes d’un système judiciaire qui ignore les procédures élémentaires et l’égalité des droits, comme le démontre d'affaire Asia Bibi.



Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’ONU à Genève, a affirmé qu’une « révision du système judiciaire » était nécessaire afin que les droits des minorités puissent être réellement protégés. Il a indiqué qu’une intervention du Conseil de l’ONU pour les Droits de l’Homme, dans le cas de Farah Hatim, serait souhaitable.
Il a rappelé que l’enlèvement et la conversion forcée de jeunes victimes appartenant à la minorité chrétienne n’était pas nouveau.

« Cela fait des années que des jeunes filles chrétiennes sont contraintes d’épouser de jeunes musulmans et – dans ce processus – obligées de renoncer à leur foi contre leur volonté et forcées d’adhérer à la foi islamique. Chaque année, 700 jeunes filles environ sont soumises à ce type de conversions forcées ».



S’exprimant sur Radio Vatican, en évoquant également la loi anti-blasphème, il a ajouté :

« des musulmans et des chrétiens sont d’accord pour dire que la loi actuelle sur le blasphème ne fonctionne pas : elle est uniquement utilisée comme instrument de persécution contre certaines personnes, comme abus de pouvoir ou comme excuse pour régler des problèmes qui n’ont rien à voir avec la religion. C’est pourquoi il est urgent de modifier et d’abolir ce type de loi afin que la liberté religieuse puisse être pratiquée avec sérénité par tous, a-t-il affirmé. C’est un chemin difficile parce qu’en ce moment la majorité et l’opinion publique sont particulièrement susceptibles et n’acceptent aucune modification de cette loi. Mais lentement, il faudra éduquer et marcher dans cette direction ».

Addendum 20 juin : Le Ministère fédéral pour l’Harmonie interreligieuse et les Minorités religieuses au Pakistan a ouvert une enquête sur le cas de Farah Hatim. La jeune femme sera interrogée pour connaître ses intentions.
Ces jours derniers, se sentant en danger et menacés, les membres de la famille de Farah ont demandé l’aide de la All Pakistan Minorities Alliance, ONG engagée dans la défense des minorités religieuses au Pakistan qui a donné asile à la famille de Farah à Islamabad et a confié le cas à ses avocats. Entre temps, en Italie, un certain nombre de parlementaires appartenant à différents groupes politiques, ont soulevé le cas devant le Parlement (au cours de la séance n° 486 du 15 juin), la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés ayant ainsi adressé une lettre à l’ambassadeur du Pakistan en Italie, signalant le cas de Farah. Elle a également invité le gouvernement italien à intervenir auprès du gouvernement pakistanais.

Plus de 500 manifestants musulmans ont tenté d'attaquer une église à coups de pierre après avoir causé des dégâts dans une école chrétienne dirigée par des missionnaires, selon la police.

Environ 500 manifestants s'étaient réunis dans une banlieue du district de Gujranwala près de Lahore, principale ville de la province du Pendjab, après que deux pages brûlées du Coran eurent été découvertes dans un cimetière chrétien. Les religieux musulmans ont fait porter à la communauté chrétienne la responsabilité de cet incident et appelé au cours de leurs prêches samedi dans les mosquées à protester contre ce qu'ils ont qualifié de blasphème.
Au cours de l'après-midi, plus de 500 manifestants ont attaqué une école chrétienne puis, munis de pierres, se sont dirigés vers une église pour l'attaquer à son tour. La police est intervenu à temps et a arrêté plusieurs manifestants.

«Ils sont entrés dans l'école et ont cassé le mobilier. Ils ont tenté de marcher vers une église mais nous les avons dispersés», a déclaré à l'AFP au téléphone un responsable de la police du district de Gujranwala. «Nous avons arrêté plusieurs personnes, la situation est encore tendue», a-t-il dit.

Nadeem Anthony, un militant engagé dans l'action sociale, a déclaré à l'AFP, après s'être rendu dans le secteur, que «plusieurs familles chrétiennes» avaient quitté le quartier.

Le ministre pakistanais des Minorités religieuses Shahbaz Bhatti, un catholique qui militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème, avait été assassiné le 2 mars.
Le 4 janvier, le gouverneur du Pendjab Salman Taseer, qui avait lui aussi appelé à amender la loi prévoyant la peine de mort en cas de blasphème, avait été criblé de balles par un policier chargé de sa protection.
Tous deux avaient plaidé la clémence pour Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour avoir prétendument «insulté» le prophète Mahomet.

Eglise du Sacré Coeur à Bagdad Une bombe a explosé devant la porte arrière de l'église du Sacré-Coeur, dans le quartier de Karrada au centre de Bagdad, après la messe du dimanche de Pâques.

Entre quatre et sept personnes - dont des policiers - ont été blessées par cette explosion d'une bombe, qui n'a pas fait d'autres victimes puisque l'église venait de se vider après la messe.
Les vitres des bâtiments voisins ont volé en éclats et un pick-up de la police garé devant la porte de l'église a été gravement endommagé. Le ministère de l'intérieur évoque quatre blessés, dont deux policiers, mais un journaliste de Reuters aurait vu sept blessés, dont trois policiers, dans un hôpital des environs. La bombe, cachée sur le bord de la route, a explosé lorsque le pick-up de la police a roulé dessus.

Voiture détruire de la police

Évêque auxiliaire chaldéen de Bagdad, Mgr Shlemon Warduni, a déclaré à Radio Vatican que les catholiques en Irak tentaient d’associer leurs souffrances à celles du Christ sur la croix afin que leur pays vive finalement une résurrection.

« Notre espérance est renforcée car nous mettons tout entre les mains du Seigneur » a expliqué l’évêque à Radio Vatican après l’explosion de la bombe. « Nous prions pour que le Seigneur crucifié unisse tous les peuples et pour que le Seigneur ressuscité nous donne la grâce de vivre la joie de la résurrection ». « Nous savons que le Seigneur sera toujours avec nous »

Selon l'évêque, les catholiques irakiens veulent être en mesure de dire aux autres catholiques : « voyez combien Dieu aime tout le monde et est toujours avec nous ».

Le 31 octobre, 52 personnes, dont deux prêtres, avaient péri lors de l'attaque par un commando d'Al Qaïda de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, Notre-Dame du Perpétuel Secours.
C'était l'attaque la plus meurtrière visant la minorité catholique d'Irak depuis l'intervention militaire anglo-américaine de 2003.

Selon l'Onu, des centaines de familles chrétiennes se sont réfugiées au Kurdistan irakien ou dans des pays de la région depuis l'attaque du 31 octobre qui a beaucoup marqué les esprits.
L'Irak comptait jadis environ 1,5 million de catholiques sur une population totale de 30 millions. Aujourd'hui, ils ne seraient plus que 850.000.

Après la mort de deux musulmans, le 18 avril 2001, des violences ont éclaté dans la ville d’Abou Qurqas El Balad, dans le sud de l’Egypte (gouvernorat de Minya). Accusés, à tort, les chrétiens ont été la cible de représaille simmédiates. Un chrétien copte a été tué, une vieille femme précipitée de son balcon du deuxième étage et dix coptes ont été hospitalisés. Des maisons coptes, les magasins, les entreprises, les champs et le bétail ont été pillés et incendiés.



Les Chrétiens vivent dans la terreur, anticipant un bain de sang pour le vendredi suivant 22 avril (jour de prêche dans les mosquées), parce que les musulmans ont annoncé leur intention de venger la mort des deux musulmans. Des rumeurs à Abu Qurqas racontent que des étrangers et des camions chargés d’armes entraient dans le village pour exécuter les menaces faites au cours de la semaine de Pâques. Les villageois chrétiens terrorisés ont sollicité de l’aide partout, même à des groupes coptes en Europe et aux États-Unis, ainsi qu'à l'Oeuvre d'Orient en France.

Selon l’évêque copte Anba Makarious vingt familles ont vu leurs maisons et les commerces pillés puis incendiés par les musulmans, et leur bétail a été volé.

« Un magasin était à seulement 50 mètres de la station de police », dit-il.

Il a également confirmé que la mère d’Adel Abdallah a été précipitée depuis son balcon du deuxième étage.

Un Couvre-feu a été imposé dans le village le mardi soir et mercredi, de 19 heures jusqu’à 6 heures pour contrôler la violence, mais diverses sources ont signalé que les pillages et destructions de biens copte s’est poursuivie après le couvre-feu, même en la présence de l’armée et de la police.



Selon les villageois, l'affaire vient d'une bagarre qui a éclaté le lundi 18 avril à l'est de la ville entre les deux familles musulmanes, Abdel-Kader et el-Gazzar, et qui a entraîné la mort de deux musulmans. Mais au même moment avait lieu une altercation entre un chauffeur de minibus et ses passagers et les gardes d'une villa devant laquelle un dos d'âne avait été construit et aurait endomâgé le minibus. Les gardes de la villa (d'un avocat copte) ont dû tirer en l’air pour disperser la foule.
Mgr Makarious, êveque d’el-Minya et d’Abu Qurqas, a confié que la première version de l’histoire était que les musulmans ont été tués pendant la dispute entre les deux familles, puis que l’histoire a changé afin d’accuser les Coptes.
Ayad Shaban, un villageois, a confirmé à Al Karma TV que les musulmans ont été tués dans le côté Est du village où la majorité des musulmans vivent. « Puis l’histoire du dos d’âne est arrivée, et les musulmans ont relié les deux histoires et ont accusé les chrétiens de la mort survenue. Il n’y a pas de preuve que les chrétiens ont tué les musulmans. » Il a ajouté que la relation entre les musulmans et les chrétiens sont généralement bonnes et estime que ceux qui ont créé cette histoire sont venus de l’extérieur du village pour exciter les musulmans.
En représailles, les musulmans ont attaqué et pillé deux cafés touristiques appartenant à l’avocat Roushdy. Un café-restaurant a été transformée en mosquée appelée les « Martyrs » et le second a été détruit.
Le lendemain, lors des funérailles des musulmans morts, des centaines de musulmans des villages voisins et des flyers leurs ont été distribués disant que les chrétiens étaient les coupables. Après avoir enterré les morts, la foule musulmane a crié à la vengeance de leurs deux « martyrs » et ont attaqué des maisons chrétiennes en criant «Allah Akbar». Sous les yeux de la police.

Le père Rofail de l’église des Saints à Abou Qorqas a déclaré:

« C’était terrible, les gens qui ont été à l’enterrement en sont partit et ont commencé à tirer en l’air et lancé des cocktails Molotov dans les maisons et les champs appartenant à des coptes, des maisons ont été démolies et tout ce qui appartenait à des chrétiens a été détruit. »



L'armée n'a pas permis aux media d'entrer dans le quartier ensuite, mais des vidéos amateur ont circulé.

Selon la militante Copte Nader Shoukry, quinze coptes et huit musulmans ont été arrêtés pour l’assassinat des deux musulmans. Personne n’a été arrêté pour les attentats contre les Coptes.

« Aucun des musulmans qui a pillé et détruit des biens copte a été interrogé, a déclaré l’évêque Makarious.

Il a ajouté que c’était un miracle que les coptes n’ont pas été blessés lorsque leurs maisons ont été incendiées.

« Ils ont dû sauter par-dessus les toits des maisons voisines pour échapper aux flammes. Dans un cas, un mur a dû être cassé entre deux maisons pour amener les gens comme ils ne pouvaient pas s’échapper autrement. » Il a critiqué la police et l’armée pour ne pas avoir pris la situation sous contrôle. « Nous nous attendions à plus d’implication de la part de la police et de l’armée »


Muslims set Coptic properties on fire in Abu Qurqas

En moins d’une semaine, trois églises ont été attaquées au Pakistan par des extrémistes musulmans

Le lundi 28 mars 2011, un groupe de six ou sept personnes armées a attaqué l’église catholique Saint Thomas dans le district militaire de Wah, à 50 km de Rawalpindi, selon l'agence Asianews. Les extrémistes ont jeté des pierres sur l’édifice et cassé les vitraux vers 18h30, au moment où le garde de sécurité s'est absenté. Ils ont également tenté d’en forcer la porte pour y mettre le feu, mais sans succès et sans faire usage de leurs armes. Selon le pasteur Tariq Emmanuel, qui habite près de l'église, c'est parce que la zone est sous haute sécurité à cause d'un dépôt de munitions tout proche, et que les militaires auraient immédiatement réagi en cas de coups de feu.
Il faut franchir quatre barrière pour pénétrer dans la zone où se trouvait l'Eglise. Et l'évêque d’Islamabad, Mgr Rufin Anthony, qui s’est rendu sur place, n'a pas manqué de dénoncer l'attitude pour le moins passive de l'armée.

Le curé de l’église, le père Yusaf Amanat, a fait part à l’agence Fides de sa préoccupation face à ces actions intimidatrices qui pourraient être liées à l’épisode d’autodafé du Coran récemment réalisé en Floride, aux Etats-Unis, par le Pasteur Wayne Sapp (sous les instigations du pasteurs Terry Jones), bien que la communauté catholique ait condamné ce geste.

L'évêque a demandé aux autorités de police de prendre des mesures urgentes et affirmé son intention d’organiser une rencontre avec les responsables de l’Eglise anglicane et d’autres Eglises protestantes pour examiner la situation actuelle des minorités religieuses.

"Nous vivons dans une condition de précarité, de peur et de souffrance. Le gouvernement devrait inscrire de telles questions parmi ses plus hautes priorités", a-t-il déclaré.

Le lundi précédent 21 mars, une foule d'extrémistes islamiques a attaqué une église pentecôtiste à Hyderabad, tuant deux chétiens et brûlant des exemplaires de la Bible. Des témoins ont rapporté que les fondamentalistes ont envahi le lieu de culte pour y mettre le feu, mais qu'un groupe de croyant se sont opposés à eux. Les forces de sécurités ont fui pendant que les attaquants scandaient des slogans anti-chrétiens.
Deux chrétiens y ont été assassinés et deux autres grièvement blessés.
Ces chrétiens de Camp Hurr, une colonie de travailleurs chrétiens à Hyderabad dans la province du Sindh, célébraient le 30ème anniversaire de la fondation de leur église appartenant à l’Armée du Salut. Des jeunes musulmans s’étaient réunis devant l’église, se mettant à faire de la musique de façon bruyante et à taquiner des femmes se rendant à la célébration. Quatre chrétiens sont alors sortis de l’église pour demander aux jeunes de cesser de faire du bruit et d’ennuyer les femmes, en leur demandant de respecter le caractère sacré des lieux. Après des explications houleuses, les jeunes musulmans s’en sont allés, pour revenir avec des pistolets… et ouvrir immédiatement le feu.
Younis Masih, 47 ans, et Jameel Masih, 22 ans ont été tués sur le coup. Siddique Masih, 45 ans, et Waseem, environ 20 ans, ont été grièvement blessés.

Les chrétiens sont surtout atterrés par l’attitude des autorités. La mère de Jameel, Surraya Bibi, a déclaré que

"la police s’est comportée comme si rien d’important ne s’était passé! Les policiers n’ont enregistré la dénonciation que tard dans la nuit, quand nous avons tous bloqué pendant plusieurs heures, avec les deux cadavres, l’artère principale d’Hyderabad…"

La police n’a encore arrêté aucun des auteurs de ce crime, se contentant d’appréhender quelques jeunes qui n’avaient rien à voir avec l’attentat.

Un autre incident a eu lieu à la "Full Gospel Assembly Church", dans le quartier de Badami Bagh à Lahore, qui a été attaquée. Une fois encore, les fondamentalistes ont brûlé l'église, jeté des exemplaires de la Bible dans la rue et accusé les chrétiens de blasphème, prétendant avoir découvert des fragments du Coran non loin de l'église.

Une église chrétienne du Kérala, Etat du Sud de l’Inde, a été incendiée et complètement détruite le 23 mars dernier. L’église de Sainte Marie ainsi livrée aux flammes par des inconnus appartenait à l’Eglise orthodoxe de rite syro-malankar, et se trouvait à Poddivatuvialla. Les fidèles locaux ont manifesté leur amertume et leur déception.
Le Kérala est un Etat où les chrétiens représentent 20% de la population et où la communauté est très visible, appréciée et enracinée dans la société. Les actions violentes de groupes extrémistes hindous y sont vraiment très rares.

Autre illustration du durcissement des extrémistes hindoux, dans le Diocèse de Jhabua (Etat du Madhya Pradesh, en Inde centrale), qui ont bloqué un véhicule transportant les statues composant les stations d’un Chemin de Croix d’une Paroisse catholique de Jhapadra et les ont détruites. Les dégâts sont importants financièrement, mais l’Eglise locale déplore surtout la violence et le dommage spirituel d'une tel acte.

Dans le diocèse de Khandwa, dans le même état, un prêtre catholique de 45 ans, le Père Sebastian Kaiparambil, résidant à Badwha a été agressé dans les premières heures de la nuit entre le 29 et le 30 mars. Le prêtre dormait lorsque trois personnes se sont introduites dans sa chambre, l’ont roué de coups en le blessant gravement, et se sont enfuient en lui dérobant environ 50.000 roupies. Le prêtre est à l'hôpital.
Selon le Père Sebastian, les malfaiteurs auraient demandé des « documents » particuliers.
Après l’épisode, S.Exc. Mgr Leo Cornelio, Archevêque de Bhopal, qui préside le Conseil des Evêques du Madhya Pradesh, a envoyé un Mémorandum au Premier Ministre de l’Etat, lui signalant avec préoccupation l’agression en question, ainsi que le récent épisode de destruction des statues d’un Chemin de Croix, demandant protection et sécurité pour les chrétiens.

Dans un autre Etat, celui du Rajasthan (Inde du nord), le Pasteur Harish Ninama a été contraint en février dernier de parcourir plus de 5 Km nu, dans la rue principale de la ville, sous les moqueries d’un certain nombre de jeunes extrémistes hindous en motocyclette qui l’ont insulté, dépouillé et roué de coups. Des suspects ont été arrêtés.

« Ces épisodes démontrent que l’extrémisme hindou est présent et répandu partout, rapportent des sources locales. Il s’agit d’un problème qui doit être pris au sérieux. Les chrétiens, comme les autres citoyens indiens, doivent être mis en condition de jouir de leurs droits et de la pleine liberté religieuse ».

Une bombe a explosé, sans faire de blessé, dans la nuit de samedi au dimanche 27 mars 2011 (vers 04H15 ) devant l'entrée de l'église syriaque orthodoxe Sainte-Marie à Zahlé, dans l'est du Liban. Il s'agit d'une cité industrielle majoritairement chrétienne située à une cinquantaine de km de Beyrouth

La bombe de deux kilogrammes de TNT a soufflé la porte de l'édifice endommagé des bancs et l'autel, ainsi que sept voitures garées à proximité. L'attentat n'a pas encore été revendiqué.

"Je dénonce ce type d'attentat et j'exhorte les gens à rester calmes", a déclaré Mgr Youstinios Boulos Safar, évêque de Zahlé, précisant qu'il comptait célébrer la messe dominicale dans l'église visée.

Un catholique pakistanais de 55 ans, David Qamar, avait été accusé de blasphème et jeté en prison. Il a été retrouvé mort mardi 15 mars dans sa prison de Karachi. Les autorités ont conclu à un infarctus, qui ne convainc ni la famille ni l'Eglise, qui réclame "la transparence". Ses funérailles ont eu lieu à Lahore le 17 mars.
La famille de David Qamar reçoit des menaces qui les ont poussé à faire une cérémonie discrète; malgré la présence de 300 personnes dont des clercs et des militants pour les droits de l'homme.

Le P. Andrew Nisari, vicaire général du diocèse de Lahore, a souligné

« le choc et la grande tristesse » de la communauté qui « reçoit pour la seconde fois en moins de deux semaines le corps d'un chrétien, mort après avoir été accusé de blasphème »,

faisant allusion au meurtre du ministre chrétien Shabhaz Bhatti, abattu le 2 mars dernier pour son opposition à cette même loi anti-blasphème, il a réclamé que « les autorités prennent enfin la décision de protéger les minorités religieuses ».

« Combien de temps encore le sang des chrétiens devra-t-il couler ? Nous n'avons pas encore fini de pleurer Shabhaz Bhatti, et notre inquiétude ne fait que croître pour l'avenir des chrétien au Pakistan », a déploré Mgr Anthony Rufin, évêque d'Islamabad-Rawalpindi.

David Qamar avait été arrêté en mai 2006 après dénonciation de l'un de ses concurrents en affaires, un musulman qui l'avait accusé de lui avoir envoyé des SMS injurieux à l'égard de Mahomet. Bien que la carte SIM du portable émetteur des texto blasphématoires ait été enregistrée sous le nom d'un musulman dénommé Ahmed Manwar, David Qamar avait été jugé coupable, le 25 février 2010, par le tribunal de Karachi d'« atteinte aux sentiments religieux » et de « blasphème contre le prophète Mahomet ». Il avait été condamné à la prison à vie, tandis qu'Ahmed Manwar était acquitté, faute de preuves. Le condamné avait fait appel avec l'appui d'une ONG, qui avait bon espoir d'aboutir positivement.

David Qamar avait confié à ses proches être victime de violences et de menaces de mort de la part des gardiens comme de ses codétenus. Il l'avait notifié par écrit à la direction de la prison, et son avocat avait averti le tribunal, mais rien n'a été fait. Il disait récemment à un proche:

« Ils ne cessent de me menacer et de me dire qu'ils vont bientôt en finir avec moi, parce qu'une peine de prison ce n'est pas assez, et que je mérite la mort. »

Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cela arrive, puisque Robert Danish, arrêté pour blasphème, est mort en 2009 dans des circonstances non élucidées dans une prison de Faisalabad , et que deux frères chrétiens ont été abattus à la sortie du tribunal d'où ils venaient d'être blanchis d'une accusation de blasphème.

De plus, les propos contradictoires tenus par les autorités pénitentiaires comme par les responsables de l'hôpital ont également de quoi troubler. Selon le porte-parole de la prison de Karachi, David Qamar avait appelé à l'aide depuis sa cellule et avait été transporté à l'hôpital « où il était arrivé vivant », tandis que le personnel hospitalier assure tout au contraire qu'il n'a pu que constater puis certifier le décès. La prison a ensuite prétendu que David Qamar était affaibli par un traitement pour la tuberculose (inconnu de la famille), tandis que l'hôpital évoquait « le stress et la dépression ».
Une autopsie a néamoins été faite sous la pression de la famille et des associations, qui a conclu à une crise cardiaque, sans aucune trace de coups ou blessure. Un constat qui n'est pas partagé par les représentants d'assoication qui ont vu le corps et ont noté des traces de torture.

« Le certificat de décès de David est du même type que celui qui a été fait pour la petite Shazia où 27 marques de torture avaient été déclarées comme étant dues à une maladie de peau », s'indigne Nazir Bhatti, président du Pakistan Christian Congress.

« Maintenant, nous craignons fortement pour la vie d'Asia Bibi qui se trouve dans les mêmes conditions que David : dans une cellule où tout peut arriver. Après cet événement, nous demandons aux autorités de protéger sa vie et nous réitérons notre appel en faveur de l'abolition de la loi sur le blasphème », a déclaré Haroon Barkat Masih, directeur de la Masihi Foundation.

Cette ONG s'occupe du cas d'Asia Bibi, jeune mère de famille condamnée à mort pour blasphème.

De plus en plus de chrétiens pakistanais se convertissent à l'islam à cause des menaces et des intimidations, écrit un journaliste pakistanais du quotidien progressiste The News international.

Les lois anti-blasphème actuellement en vigueur au Pakistan punissent de la peine de mort toute offense faite à Mahomet, et de la prison à perpétuité toute profanation du Coran, sur la base des articles 295-B et 295-C du Code pénal pakistanais. Ces lois, qui s'appuient essentiellement sur la dénonciation, sont dénoncées par les militants des droits de l'homme au Pakistan comme à l'étranger, sans résultat.

Une église éthiopinne rasée Selon le quotidien soudanais "Sudan Tribune" du 8 mars, plusieurs milliers d'extrémistes musulmans auraient incendié des dizaines de lieux de culte et des maisons de chrétiens dans la banlieu de Jimma, capitale de l'ancienne province de Kaffa (où est né le café), en Oromia, zone qui s’étend de l’est au sud-ouest de l’Ethiopie. On compte jusqu'à 59 lieux de cultes ainsi rasés, 28 maisons détruites, et un chrétien tué. Ces violences font suite à de fausses allégations de profanation du Coran par des chrétiens.
Selon les témoins, la police regardait sans réagir.
Un chrétien orthodoxe serait mort et des milliers d’autres auraient fui leurs foyers, depuis le 7 mars, date des attaques. Entre 4 000 et 10 000 chrétiens auraient été contraints de quitter leur foyer suite à ces attaques, une grande partie de leur biens ayant été également "confisqués" par les musulmans attaquants, et les églises d'Ako, de Jimma, Dimtu et Derbo sont complètement dépassés par le nombre de réfugiés à accueillir.
Les attaques ont commencé à Asendabo, puis se sont étendues à Chiltie, Gilgel, Gibe, Nada, Dimtu, Uragay, Busa et Koticha.

Sur les 59 lieux de cultes détruits, 38 appartiennent à l'Eglise Ethiopian Kale Hiwot Church (EKHC), 12 appartenaient à l'église Mekane Yesus, six aux adventistes du septième jour; deux aux Muluwongel, et une à la congrégation “Jesus Only”. Il faut y ajouter plusieurs bâtiments d'étude et 28 maisons de chrétiens. Le coût total des dégâts est estimé à 3,5 millions de dollars !!

Les habitants de Jimma ont confirmé ces évènements au "Sudan Tribune". Mais ils ignorent les motifs qui ont mené à cette attaque inhabituelle.

"Ils sont allés sauvagement brûler des églises, des maisons de chrétiens", a déclaré un témoin. "Nous ne savons pas qui sont ces auteurs, ni pourquoi ils ont attaqué, et la police peine à contrôler la situation", a-t-il précisé. "les chrétiens ont besoin de plus de protection. Les gens ici ont peur".

De son côté, la police s’est refusée à tout commentaire. Elle se contente d’affirmer "qu’une enquête rigoureuse est en cours".

"Nous sommes profondément troublés par ce qui s'est passé en Ethiopie, où les relations entre les religions ont été relativement pacifique", a déclaré John Graz, directeur du département de l'église adventiste mondiale des affaires publiques et la liberté religieuse.

Ces attaques intervienne à peu près en même temps qu'un appel à la "révolution islamique" lancée jeudi 3 mars par le groupe terroriste Al-Shabaab, par la voix du Sheik Mahad Omar Abdikarim, positionné en Somalie. Il appelait les musulmans d'Ethiopie et du Kenya à se révolter contre leurs gouvernements chrétiens, quelques jours après les premières attaques contre des églises en Ethiopie.

L'armée etiopienne et kenyanne auraient attaqué sur le sol somalien ce groupe terroriste menaçant leurs pays, la Somalie étant elle-même engagée dans une guerre civile où des partis islamiques commencent à prendre le pouvoir dans certaines régions, aidés par l'Iran et le Hezbollah.
Certains journaux locaux estiment donc que l'accusation de profanation du Coran n'est qu'un futile prétexte pour pousser les musulmans à prendre le contrôle de l'Ethiopie, donnant ainsi à l'Iran un accès à la mer rouge et au canal de Suez, avec l'aide d'une Egypte en passe de devenir bien plus islamique.
Ces analyses restent privées et n'ont pas été officialisées d'une quelconque manière.

Les éthiopiens sont à 40% orthodoxe, 26% protestants divers, et 34% musulmans sunnites.

Des affrontements très violents ont eu lieu mardi 8 mars entre coptes et musulmans dans un quartier de chiffonniers du Caire faisant 13 morts et 140 blessés, selon le ministère de la Santé. Ce sont les plus graves depuis le renversement, le 11 février dernier, du président Hosni Moubarak.

Un millier de coptes protestaient contre l'incendie d'une église le samedi précédent à Soul, près du Caire. Ils réclamaient qu'elle soit reconstruite et que cessent les attaques islamiques dont ils sont les victimes répétées. Les habitants du Muqattam (quartier très pauvre de chiffoniers, essentiellement chrétiens) ont décidé de se manifester à leur tour en bloquant le périphérique qui passe devant le quartier, pour dénoncer l’attaque islamique contre l’église de Soul.
Depuis samedi, en effet, des milliers de chrétiens campent devant le bâtiment de la télévision d’État, près de la place Tahrir, en assurrant ne pas quitter les lieux tant que l’église de Soul n’aura pas été reconstruite, et leurs droits reconnus par le nouveau pouvoir.
Le maréchal Tantaoui, à Hélouan, avait promis de reconstruire l'église de Soul avant Pâques, afin d'apaiser la tension.

« Dans l’après-midi, il y a eu des accrochages entre les gens du Muqattam et les habitants musulmans de Saïda Aïcha, un quartier voisin. Ils étaient furieux que l’on ait bloqué la route. Ils ont arrêté une voiture d’un habitant du Muqattam et l’ont battu », raconte un témoin.

Les coptes du quartier défavorisé ont alors fait descendre des habitants de Saïda Aïcha d’un microbus et les ont roués de coups à leur tour. En fin d’après-midi, deux foules se faisaient face sur un pont, près de l’entrée du Muqattam : coptes d’un côté, musulmans de l’autre se lançant des projectiles.

« Il y avait un tank entre les deux, qui avançait en direction des chrétiens, comme pour les repousser vers le quartier. »

Les soldats ont tiré d’abord en l’air, puis sur les pieds des manifestants coptes, selon des témoins, ce que l'armée réfute.

« Plusieurs garçons ont été blessés aux jambes, dont mon voisin de 15 ans, raconte Ayman, qui a participé aux affrontements. Puis ils ont commencé à tirer directement sur la foule. Il y a eu rapidement beaucoup de blessés… L’armée a refusé de laisser passer les ambulances, quatre jeunes sont morts parce qu’ils n’ont pas pu être emmenés à temps à l’hôpital. »

Les manifestants musulmans ont progressé de deux cents mètres à l’intérieur du quartier, pillant et brûlant maisons et magasins. Selon certains habitants, les assaillants étaient composés de salafistes (islamistes fondamentalistes) et de « baltaguis », des hommes de main de l’ancien régime. « Parmi les victimes, il y a un musulman, Ali Hassan Hussein. Il habitait le quartier et travaillait comme chiffonnier. Il s’est battu avec nous », affirme Hanna Rostom, un ingénieur.
D'abord enthousiasmé par la révolution du mois dernier, il est à présent plus pessimiste.

« Comment les familles des morts peuvent-elles oublier que ce sont des musulmans qui ont fait ça ? Comment ne pas se méfier de tout le monde maintenant ? » Il craint que l’événement provoque une flambée des violences interreligieuses dans tout le pays. « D’autant que l’armée est au moins complice : ils ne font rien quand on nous attaque. Nous avons peur pour nos familles. Nous n’avons pas d’armes, que peut-on faire s’ils nous attaquent à nouveau ? »

L'armée a perdu le contrôle, en dépit de communiqués affirmant que les forces armées « faisaient face avec succès aux émeutes », quand des extrémistes musulmans ont attaqué les manifestants. Les heurts ont duré quatre heures.

« Tous les morts ont été tués par balles », affirme le père Samaane Ibrahim, accusant des « salafistes » et des « voyous ».

Hier, l'amertume était grande chez les Coptes, qui représentent 6 à 10 % des 80 millions d'Égyptiens.

« Nous nous attendions à ce que l'armée nous défende. Maintenant, nous savons qu'elle est contre nous, comme la police ».

L'armée peine à faire régner l'ordre dans les rues, où la police, détestée par la population, ne fait son retour qu'au compte-gouttes.

Mercredi après-midi, plusieurs chars ont bouclé le quartier. « Nous avons reçu des menaces des gens de Saïda Aïcha. Nous sommes en contact avec l’armée pour essayer d’assurer la sécurité des habitants », affirmait mercredi le P. Yohannes, l’un des prêtres du quartier.

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui assume la direction du pays depuis la chute de Moubarak, a averti contre le chaos "qui menace la sécurité nationale, spécialement avec l'existence de forces étrangères qui visent la stabilité et la sécurité du pays".

Mercredi, le pape Chenouda, chef de l’Église copte, a demandé aux prêtres d’encourager les manifestants chrétiens du quartier de Maspero – des dizaines de milliers mercredi soir – à rentrer chez eux, pour apaiser la situation. Mais la colère des coptes risque d’être très difficile à contenir.

Mercredi, l'université Al-Azhar, qui forme le clergé sunnite, a condamné les attaques contre les chrétiens, les qualifiant d'« anti-islamiques ». La puissante confrérie des Frères musulmans dénonçait une provocation des partisans de Moubarak.


Samedi 5 Février 2011

Un groupe de musulmans s'est rendu à l'église Al-Chahidaine (St-Mina et St-George ?), du village de Soul, près du Caire (governorat d'Helouan), et y a mis le feu. Ils ont agi en représailles de violences qui ont opposé la veille une famille chrétienne et une famille musulmane ayant abouti à la mort de deux hommes.

Les violences ont été provoquées par une relation amoureuse entre un chrétien et une musulmane du gouvernorat de Helouan, au sud du Caire, qui a suscité l'ire de leurs familles. Le père de la femme musulmane a été tué par son cousin parce qu’il n’avait pas tué sa fille pour préserver l’honneur de la famille, ce qui a conduit son fils à venger son père en tuant le cousin (d'autres témoignages disent simplement que le cousin est mort de ses blessures pendant le combat contre le père). Les musulmans du village ont blâmé les chrétiens. Un imam local, le Sheik Ahmed Abu Al-Dahab, a notamment appelé ses fidèles à tuer les chrétiens parce qu'ils n'avaient pas le droit d'être là au cours du prêche du vendredi. Les attaques ont débuté le lendemain, après les funérailles du père de l'Egyptienne.

Un groupe de musulmans s'est rendu à l'église du village et y a mis le feu. Ils ont fait exploser 5 ou 6 bouteilles de gaz à l’intérieur, ils ont détruit la croix et les coupoles et ont tout brûlé à l’intérieur. Le prêtre et des diacres se rouvaient à l'intérieur de l’église pendant l'incendie, et ont réussi à s'extraire du feu. Ils ont échappé au lynchage grâce à des hommes armés qui les ont emenés Selon des témoins, les émeutiers musulmans scandaient «Allahu Akbar» et ils ont juré de célébrer leurs prières du matin sur le terrain de l'église après l’avoir rasée, tout en commançant à prier sur le lieu et à collecter des fonds pour reconstuire une moquée à la place.


L'armée a réussi à éteindre l'incendie et à rétablir le calme, selon un responsable de la sécurité. Mohamed Hussein Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées au pouvoir, a dit que l'édifice serait reconstruit avant les vacances de Pâques, mais pas au même endroit. Selon les habitants une pancarte est déjà en place sur le leu de l'ancienne église indiquant "Mosquée Al-Ramla"

Les relations amoureuses entre musulmans et chrétiens sont taboues en Egypte. Le mariage entre un chrétien et une musulmane est même illégal à moins que le chrétien ne se convertisse à l'islam.

Les Coptes, ou chrétiens d'Egypte, représentent de 6 à 10% de la population du pays.

Le ministre pakistanais des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti, 42 ans, a été assassiné en plein jour, le 2 mars 2011 à Islamabad (Pakistan). Trois ou quatre hommes à bord d'une voiture ont ouvert le feu à l'arme automatique sur le véhicule du ministre chrétien dans un quartier chic de la capitale. Les assaillants ont réussi à prendre la fuite.

Shahbaz Bhatti se rendait fréquemment chez sa mère sans gardes du corps, et c'est en revenant vers son lieu de travail qu'il a été assassiné. Catholique, il militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème au travers d'un amendement présenté par certains parlementaires, et dénoncait les violences et intimidations envers la minorité chrétienne.

« Je suis la première cible maintenant», avait-il déclaré à l'AFP après l'assassinat du gouverneur Taseer.

Ce meurtre survient en effet deux mois après l'assassinat du gouverneur du Penjab Salman Taseer qui s'opposait lui aussi à la loi sur le blasphème. Le 4 janvier, devant un complexe commercial du centre d'Islamabad, il avait été criblé de balles par un policier du commando d'élite chargé de sa protection. L'assassin avait invoqué le fait que Salman Taseer défendait Asia Bibi, une chrétienne condamnée à mort pour avoir prétendument «insulté» le prophète Mahomet.

Depuis, le policier meurtrier est vu comme un «héros» par une grande partie de la population de la République Islamique du Pakistan. Les manifestations contre toute modification de la loi se multiplient. Plusieurs imams et dirigeants de mouvements fondamentalistes réaffirment que l'islam récompense ceux qui tueront des apostats ou ceux qui défendent ces derniers.

Mgr Joseph Coutts, évêque de Faisalabad et vice-président de l’épiscopat pakistanais, a déclaré en apprenant la nouvelle :

« C’est une journée noire pour les chrétiens du Pakistan. Nous sommes désormais dans une urgence dramatique. Les chrétiens sont non seulement tristes, mais très en colère. Cet assassinat signifie que personne n’est plus à l’abri. Nous devons nous organiser. » « C’est l’exemple parfait et tragique de l’insoutenable climat d’intolérance qui règne dans notre pays », a affirmé pour sa part Mgr Lawrence Saldanha, archevêque de Lahore et président de l’épiscopat pakistanais. Il demande « au pays de reconnaître cette situation, de tout faire pour éviter que la violence ne triomphe ».

Depuis 1986 que la loi prévoit la peine de mort pour blasphème, celle-ci n'a jamais été appliquée. Mais des dizaines de personnes accusées d'avoir profané l'islam et le Coran - chrétiens, musulmans et hindous - ont été tuées, soit en prison par des policiers ou des gardiens, soit dans la rue une fois relâchées.

Les chrétiens représentent moins de 2% des quelque 170 millions de Pakistanais. Majoritairement pauvres, ils sont cibles de vexations et de persécutions fréquentes

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a condamné un «acte de violence inqualifiable», estimant que les chrétiens pakistanais sont «frappés par la haine».

Le président des Etats-Unis Barack Obama s'est dit aujourd'hui "profondément attristé" par l'assassinat du ministre pakistanais des Minorités Shahbaz Bhatti et a appelé Islamabad à identifier et punir les coupables de la mort de ce responsable chrétien.

Des milliers de musulmans ont détruit cinq églises et deux maisons appartenant à des chrétiens évangéliques les 1er et 2 mars 2011 à Asendabo, en Ethiopie, selon International Christian Concern (ICC). Les dirigeants chrétiens demandent protection car les assaillants musulmans ont continué à brûler des églises même après l’arrivée de la police fédérale dans la ville, qui s'est déclarée submergée par la foule.

Les musulmans ont réagi à des accusations affirmant que les chrétiens avaient profané le Coran. Plus de dix mille musulmans criaient “Allah Akbar” (Allah est grand), durant les attaques contre les cinq églises évangéliques. Après que trois églises aient brûlé, le gouvernement a envoyé la police fédérale, qui a été sumergée et n'a pas pu empêcher deux églises supplémentaires d'être brûlées le lendemain.

Aucun des assaillants musulmans n’a encore été arrêté. Les représentants du gouvernement ont déplacé plusieurs chrétiens dans la ville voisine, Jimma, pour leur sécurité. Le journal Bloomberg a rapporté que le ministre éthiopien de la Communication, Bereket Simon, a déclaré que seules deux maisons, utilisées pour le culte évangélique, ont été brûlées.

“Il n’y a pas eu un seul mort, a-t-il ajouté par téléphone depuis Addis Abeba. “C’est une affaire très mineure, un incident isolé.”

L’Ethiopie est un pays à majorité chrétienne (63%) et un des plus anciens pays chrétien du monde. Ceux-ci sont cependant sporadiquement attaqués dans les zones où sont présents les musulmans.

Il y a quelques semaines dans la ville voisine de Besheno, les chrétiens avaient eu la surprise de trouver des menaces placardées sur les portes de leurs maisons :

“convertissez-vous à l’islam ou vous serez exécutés”

(source)

Après ces deux jours de violence, les responsables chrétiens craignent donc que les musulmans commettent des meutres, si le gouvernement n’envoie pas des forces de sécurité pour contenir les assaillants. Ils appellent les chrétiens du monde à contacter les ambassades éthiopiennes de leurs pays respectifs pour demander la protection des chrétiens et de leurs biens en Ethiopie.

Suite à l'échec de l'Union à condamner les persécutions anti-chrétienne survenu fin janvier, les ministres des Affaires Etrangères se sont remis au travail et ont finalement aboutit à un texte pour demander des "propositions concrètes" face à la montée de l'intolérance religieuse dans le monde, à l'encontre notamment des chrétiens mais aussi des musulmans. Une formulation prudente, fruit d'un difficile compromis à 27.

Fin janvier, les ministres européens des Affaires étrangères n'étaient pas parvenus à se mettre d'accord sur une déclaration qui ne mentionnait au départ aucun exemple concret, dans le souci, selon des diplomates de certains Etats européens de ne pas alimenter le "choc des civilisations".
Ils ont fini par le faire au cours de leur réunion de lundi, en optant pour un texte disponible ici et qui parvient à la formulation suivante :

"Le Conseil exprime sa profonde préoccupation concernant le nombre croissant de manifestations d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion, dont témoignent les violences et les actes de terrorisme perpétrés récemment, dans différents pays, contre des chrétiens et leurs lieux de culte, des pèlerins musulmans et d'autres communautés religieuses, actes qu'il condamne fermement.

Aucune région du monde n'est hélas épargnée par le fléau de l'intolérance religieuse", souligne le texte qui "réaffirme que l'Union européenne est résolument attachée à la promotion et à la protection de la liberté de religion ou de conviction sans aucune discrimination".

"(...) Les Etats ont pour premier devoir de protéger leurs citoyens, y compris les personnes appartenant à des minorités religieuses, toutes les personnes appartenant à des communautés et à des minorités religieuses devraient pouvoir pratiquer leur religion et leur culte librement, individuellement ou en communauté, sans craindre d'être la cible de manifestations d'intolérance ou d'attaques, ont souligné les ministres."

L’esprit de compromis consiste cependant à garder le flou sur les événements et les lieux.

Le texte adopté invite aussi la Haute Représentante aux Affaires étrangères, Catherine Ashton, "à rendre compte des mesures prises et des propositions concrètes faites pour renforcer encore l'action de l'UE en la matière". Toutefois, à ce stade, rien de très concret sur ce que l'UE compte faire pour mieux protéger les minorités religieuses. Elle jouera un rôle plus actif dans les enceintes multilatérales, en particulier l’ONU. Commentant le compromis trouvé, le ministre français des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a jugé que c'était "déjà très bien par rapport au non-aboutissement de la dernière fois".

"Que l'UE se positionne en ayant bien en tête que sa défense de la liberté et des droits de l'homme, ça passe aussi par la défense de la liberté des religions, me semble une évidence", a-t-il ajouté en marge de la réunion

Cette déclaration est « un pas dans la bonne direction », selon les épiscopats catholiques siégeant à la Comece. Maintenant « il faut des actions concrètes pour garantir la sécurité des communautés chrétiennes », souligne leur porte-parole, Johanna Touzel.

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