PERSÉCUTIONS DANS LE MONDE


Un attentat à la voiture piégé a eu lieu dimanche 2 mai 2010 près de Mossoul (capitale de la province de Ninive), qui visait un bus transportant des étudiants et des employés chrétiens se rendant de Hamdaniya, plus grande localité chrétienne du nord, à l'université de Mossoul (350 km au nord de Bagdad).

Un commerçant a été tuée et 80 autres étudiants blessés.

"C'étaient tous des étudiants chrétiens. Ils prennent des bus comme ceux-là pour aller à l'université de Mossoul, depuis les périodes troublées où les chrétiens ont été pris pour cibles", a expliqué Nissan Karoumi, maire de Hamdaniya.

Les insurgés sunnites, comme le réseau Al Qaïda, s'en prennent depuis des années aux chrétiens, aux yazidis, aux shabaks et aux autres minorités d'Irak, de même qu'aux chiites.
Mossoul, capitale de la province de Ninive, est au coeur de vieilles luttes entre les Arabes et la minorité kurde pour le contrôle des terres, du pouvoir et des richesses comme le pétrole.

Dans un rapport publié en novembre, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) affirmait que les minorités, notamment chrétiennes, du nord de l'Irak, étaient les victimes collatérales du conflit entre Arabes et Kurdes sur des territoires disputés et également des extrémistes sunnites.

Entre le 14 et le 23 février, huit chrétiens avaient été tués à Mossoul et dans ses environs, et depuis l'invasion conduite par les Américains en 2003, il ne reste plus que 550.000 chrétiens, en majorité des chaldéens catholiques, sur les 800.000 qui vivaient dans ce pays, pour une population totale de 30 millions d'Irakiens. Fin 2008, une campagne systématique de meurtres et de violences ciblés a fait 40 morts parmi les chrétiens de Mossoul, provoquant le départ de plus de 12.000 d'entre eux.

Le pape Benoît XVI a condamné les récentes violences contre les chrétiens irakiens et demandé aux autorités de protéger "les minorités religieuses les plus vulnérables" du pays.

Radio Vatican a dénoncé fin avril 2010 une persécution anti-chrétienne des autorités en Ouzbékistan, rapportées par Asia News. Notamment, lors de contrôles effectués au domicile des chrétiens, des livres religieux ont été détruits.
Le motif de ces persécutions est qu'il s'agit d'activités « non conformes et non autorisées par le statut » législatif.

Le code pénal du pays (art. 244-3) punit de prison jusqu'à une peine de trois ans, « la production illégale, la possession, l'importation et la distribution de littérature religieuse ». De nombreux fidèles ont ainsi fait de la prison, y compris pour « avoir enseigné sans autorisation ».

La surveillance vise spécialement les étudiants, qui ont l'ordre d'éviter toute implication dans des « religions étrangères » à la tradition locale, sous menace de l'application de l'art. 240 § 2 du Code d'administration qui interdit « d'attirer les croyants dans une confession ou dans d'autres activités missionnaires ». Tout événement de groupe est passible d'une dénonciation pour les chrétiens qui participent à des match de football ou à des fêtes d'anniversaires.

Les persécutions semblent plus prononcées dans le Nord-Ouest du pays, dans la région du Karakalpakstan, où les chrétiens sont sujets à des menaces continuelles, à des amendes sévères, à la confiscation et destruction de matériel religieux, du fait de la police et des autorités civiles.

La République d'Ouzbékistan est un pays d'Asie centrale de plus de 28 millions d'habitants, à 90% musulmans (sunnites), et dont 80% de la populationest Ouzbeks, peuple de langue turque. C'est une ancienne république soviétique, devenue un État indépendant le 31 août 1991. Le pays est officiellement laïque.

Dans la soirée du 17 avril, une trentaine d'hommes a fait irruption au milieu d'une réunion de prière, le visage masqué par des étoffes de couleur safran (symboles des mouvements extrémistes hindous), et ont frappé les participants, faisant un mort et trois blessés.

Ce rassemblement protestant se tenait à Saliya, village du district de Betul, dans l'Etat du Madhya Pradesh.

« Lorsqu'ils sont entrés, nous étions en train de chanter un cantique les yeux fermés », explique-t-il. Mais dès que leurs agresseurs ont commencé à les frapper avec des bâtons, des barres de fer et différentes armes, les chrétiens se sont mis à courir dans tous les sens pour se mettre à l'abri. « Ils nous battaient en nous accusant de nous livrer à des conversions forcées », raconte le témoin.

Il ajoute que pendant qu'ils fuyaient dans l'obscurité, un jeune homme de 25 ans, Amit Gilbert, est tombé dans un puits à ciel ouvert où il s'est noyé, tandis que trois autres, dont une femme, étaient gravement blessés. Cette dernière a eu la colonne vertébrale brisée et son état est jugé très préoccupant par les médecins. Avant de disparaître, le groupe des assaillants a détruit le matériel liturgique, des bibles et vandalisé les véhicules des chrétiens.

Sept personnes ont fini par être arrêtées par la police, mais aucune information n'a encore filtré sur l'identité des agresseurs. Le Madhya Pradesh Isai Mahasangh (Grand conseil des chrétiens du Madhya Pradesh, MPIM) a déclaré suspecter fortement le Bajrang Dal d'être à l'initiative de l'agression, une allégation démentie par Preetivardhan Chaturvedi, responsable local du groupe hindouiste.

Cette nouvelle attaque a poussé les crétiens à répondre à l'appel de Mgr Cornelio, archevêque catholique de Bhopal, qui avait déjà alerté le gouvernement sur ces exactions, et de la Confédération des chrétiens (MPIM). Ils étaient 5000 à défiler le lundi 18 avril 2010 dans les rues de Bhopal en demandant que les droits des chrétiens et des minorités soient respectés et les agresseurs sanctionnés.

A l'issue de la manifestation, Mgr Leo Cornelio s'est adressé à la foule :

« Nous sommes des citoyens de cet Etat et en tant que tels, nous avons les mêmes droits à mener une vie qui ne soit pas faite de peur et d'humiliation. » Cette demande de respect des minorités a été reprise par d'éminents hommes politiques et responsables religieux qui étaient venus apporter leur soutien aux chrétiens. « Nous sommes avec vous ! », a ainsi lancé à la foule Haji Haroon.

Leader musulman et président du principal parti d'opposition, il a rappelé que les chrétiens s'étaient risqués dans la jungle et dans les lieux les plus reculés de l'Etat pour y apporter aide médicale et éducation à tous les pauvres et laissés-pour-compte de la société. Quant à Shailendra Shailey, leader communiste, également présent au meeting, il a tenu à souligner que les chrétiens se refusaient à entrer dans le cercle de la violence, mais, au contraire, travaillaient à l'amélioration de la société et à la paix. Et pourtant, concluait-il,

« les chrétiens sont persécutés sans raison pour avoir fait ce bon travail ».

Au Madhya Pradesh, on estime que les chrétiens représentent moins de 1 % d'une population de 55 millions, à 91 % hindoue.

Environ 200 militants hindouistes ont attaqué les participants à une session évangélique qui se tenait du 13 au 15 avril 2010 dans le grand stade de la ville de Balaghat, réunissant des milliers de participants. Après plusieurs tentatives pour pénétrer dans l'enceinte, repoussés par la police, ils ont lancé un cocktail Molotov, sans faire de victimes, et s'en sont pris ensuite au participants le dernier jour, à la fin de la session, lorsqu'ils retournaient aux cars. La police les a identifiés comme appartenant au Bharatya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien) et au Bajrang Dal.

22 d'entre eux ont été arrêtés, après qu'ils aient attaqué la police à coup de pierres. L'incident a obligé les forces de l'ordre à protéger les églises et les prêtres de toute la région, comme cela avait déjà été le cas lors de l'attaque manquée de la cathédrale syro-malabar de Satna en mars dernier.

Le 15 avril, Mgr Leo Cornelio, archevêque catholique de Bhopal, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il avait

« rappelé au gouvernement qu'il était de son devoir de protéger chaque citoyen, sans considération de caste, de religion ou autre », et que les chrétiens étaient continuellement « persécutés et humiliés » par les groupes hindouistes qui agissaient en toute impunité. « Nos fidèles sont arrêtés sur de fausses accusations et jetés en prison, alors que ceux qui les attaquent se promènent librement », a-t-il ajouté.

Comme d'autres observateurs avant lui, il n'avait pas manqué de souligner que les chrétiens subissaient ces violences en constante augmentation depuis 2003, année de l'arrivée au pouvoir du BJP. Selon les statistiques de l'Eglise locale et de plusieurs organisations chrétiennes, il n'y aurait eu plus de 170 attaques antichrétiennes depuis cette date. Mais « nous ne céderons pas à la pression », avait conclu l'archevêque, qui avait appelé à une manifestation pacifique pour le 18 avril.

Les chrétiens de Gaza ne sont pas autorisés, cette année encore, à se déplacer en pélerinage à Jérusalem, par décision des autorités islamiques de Gaza (semble-t-il). Les chrétiens se plaignent d'une cohabitation avec les musulmns de plus en plus difficile, alors qu'elle ne posait aucun problème avant la prise de pouvoir du Hamas. La production de vin a même été interdite (comme tout alcool), ce qui pose problème aux chrétiens censés célébrer l'eucharistie avec du pain et du vin.

Une ONG chrétienne avait décidé de protester contre ces restrictions d’accès à Jérusalem le dimanche des Rameaux, en organisant une marche pacifique partie de la basilique de la Nativité de Bethléem. Cette manifestation a été bloquée par la police et les forces israéliennes au check-point de la « Tombe de Rachel », et plusieurs marcheurs ont été arrêtés, dont Abbas Zaki, membre du Comité central du Hamas.

Le responsable d'une église évangélique souterraine a été tué par balles le 15 mars alors qu'il se trouvait dans son village de Mahoday (à 50 kilomètres de Johwar) dans le sud du pays. Après l'avoir abattu, ses assaillants ont ordonné que le cadavre soit laissé aux chiens afin que cela serve d'avertissement à ceux qui souhaiteraient se convertir. La victime se nommait Madobe Ali. L'église évangélique en Somalie est durement mise à l'épreuve en Somalie. Le 1er janvier un autre de ses responsables avait lui aussi été abattu dans la banlieue de Mogadiscio.

Quand le nouveau président est arrivé au pouvoir en Somalie, il a instauré la charia dans tout le pays. Pourtant, il passe pour un modéré aux yeux du mouvement islamiste Al-Shabaab, qui a pris le contrôle du centre et du sud du pays. Son application de la charia est beaucoup plus stricte que celle du président somalien et il entend bien l'imposer à tout le pays. Ce groupe entend en effet débarrasser la Somalie de tous les non-musulmans. Ces islamistes, qui luttent contre le gouvernement de transition du président Cheik Ahmad, contrôlent déjà la partie sud du pays.
Dans les régions dirigées par Al-Shabaab, tous les commerces doivent fermer à l'heure de la prière. Dans les transports publics, les hommes doivent s'asseoir à l'avant et les femmes à l'arrière. De plus, tout divertissement, même regarder des films, est interdit. Toute la population souffre de ce manque de liberté, mais les chrétiens d'origine musulmane certainement plus que les autres Somaliens. Ils sont traqués et assassinés sans ménagement s'ils sont trouvés.

Le 20 juillet 2009, les militants d'Al-Shabaab avaient déjà assassiné un chrétien d'origine musulmane, Mohammed Sheikh Abdiraman à 100 km au nord de la capitale Mogadiscio. Et un mois plus tard, c'est un converti de 41 ans, Ahmed Matan, qui a été assassiné le 18 août 2009. Mais il reste en Somalie une église souterraine fervente qui continue à prier.

En 2009, Al-Chabaab a tué au moins 15 chrétiens, dont des femmes et des enfants. Les chrétiens somaliens n'ont rien à espérer du pouvoir en place car bien que le président Ahmad se qualifie lui-même de modéré, il prône une version de la charia (loi islamique) qui punit de mort ceux qui renoncent à l'islam.

Vingt-quatre ouvriers coptes (chrétiens) ont été blessées par des jets de pierre dans la province de Mersa Matrouh, dans le nord de l'Egypte.
Les affrontements ont éclaté vendredi lorsque des musulmans se sont mis à lancer des pierres contre des ouvriers du bâtiment chrétiens, croyant qu'ils construisaient une église. Les coptes disent qu'ils construisaient le mur d'enceinte d'un hospice et non une église.

Vingt personnes, musulmans et coptes, ont été arrêtées.

8 églises ont été brûlées fin février par de jeunes musulmans dans un climat de violences extrême. En trois jours seulement, 3 églises ont été brûlées : l’église Redeemed Christian Church of God à Tudun Wada le 25 janvier ; l’église Christian Faith Bible et la chapelle Living Faith Fondation, toutes deux à Gusau, les 20 et 24 janvier. Deux pasteurs et quarante-six autres chrétiens ont été tués dans des violence, à Jos, en janvier. La police a estimé à plus de trois cents vies perdues dans l'affrontement.

Le pasteur Edwin Okpara, chef de l'Association Chrétienne du Nigeria (ACN) des dix neuf Etats du nord, qui habite l'Etat de Zamfara, a déclaré être déçu par le manque de réaction de la police d'Etat suite à ces incendies d'églises.

« Il est regrettable qu'il n'y ait eu aucune réponse de la police, et même le gouverneur de l'Etat a refusé de nous rencontrer», a-t-il déclaré.

Dans une pétition datant du 26 janvier, l’ACN a déclaré que les incendies des églises ont eu lieu au lendemain d'un «grand complot pour déclencher des troubles à l’encontre des Eglises et des chrétiens suite aux affrontements religieux à Jos, dans l’Etat du Plateau ». L'association a déclaré que les auteurs des attaques des églises dans l’Etat de Zamfara s'étaient enhardis parce que qu’aucune tentative sérieuse pour arrêter ceux qui ont commis les attentats à Jos n’a été faite. La Police d'Etat n’a pas souhaité commenter la demande de l’ACN.

« Nous sommes sérieusement préoccupés par l'insécurité et la panique que ces attaques ont généré dans la communauté chrétienne et nous demandons que toutes les mesures nécessaires et urgentes soient prises par nos autorités pour préserver la sécurité des vies des chrétiens et des musulmans en tant que citoyens du Nigeria. » réclame le CAN. « Malgré ces attaques et ces provocations, l'Eglise et les chrétiens comme peuple pacifiste ont toujours conservé leur calme et n'ont aucun projet de réplique. Mais nous vous demandons d'agir et de protéger nos intérêts ».

L’Etat de Zamfara, au nord du Nigeria, fut le premier à instaurer la Shariah fin janvier. Le Nigeria, qui comptait encore 48% de chrétiens dans les années 2000, semble glisser peu à peu sous la coupe des milices islamistes selon quelques observateurs.

Ces violences islamiques ont lieu dans un silence étourdissant de la part des grands média internationaux.

Mise à jour : les affrontements à Jos ont fait début mars entre 150 et 500 victimes selon les sources, dans des conflits ethniques qui sont aussi confessionnels. Les médias se font tous l'écho désormais de ces effroyables tueries qui ont lieu au Nigeria. L'affaire semble plus compliquée qu'il n'y paraît. A l'origine, l'ethnie sédentaire berom (chrétien) aurait assailli l'ethnie nomade fulani (musulmans) car ceux-ci voleraient trop de bétail aux beroms. 300 musulmans (chiffre aberrant de l'AFP qui demande à être confirmé) auraient été tués ainsi en janvier. Ceux-ci se seraient donc vengés dans ce premier raid de fin janvier qui a fait 50 victimes, puis dans un second raid du 6 mars qui aurait fait entre 150 et 500 victimes (les chiffres donnés se contredisent). En trois heures, des centaines de personnes ont été massacrées, tuées à la machette et brûlées, et les maisons incendiées, selon les témoins qui ont décrit de véritables scènes d’horreur. Apparemment les attaques étaient coordonnées, les assaillants ont lancé les attaques simultanément sur trois villages. De récents rapports de sécurité affirment que « des intégristes islamistes » dans la région ont encouragé les violences. Les habitants accusent l'armée d'être restée passive alors qu'ils avaient reçu des menaces téléphoniques et que le couvre feu avait été instauré depuis janvier entre 18h00 et 06h00. Le président par intérim Goodluck Jonathan a démis son conseiller à la sécurité, le général Sarki Mukhtar suite à ces massacres.
Ce conflit semble plus ethnique que religieux, même si on ne peut occulter les incendies d'Eglise fin janvier et l'excitation orchestrée par les intégristes islamistes.

Le 16 février dernier, Amnesty International a rendu public un rapport réclamant au gouvernement de Birmanie l’arrêt des répressions anti-chrétiennes qui ont lieu avant la tenue des élections. Les minorités chrétiennes sont persécutées dans ce pays boudhiste ou seul le boudhisme est admis comme religion par le gouvernement. Le gouvernement se méfie en effet des minorités ethnique qui portent ces religions.

La semaine du 8 février, quatre jeunes femmes chrétiennes ont été arrêtées pour avoir avoir distribué des aumônes contenant des messages chrétiens.

Mireille Boisson, responsable d’Amnesty International au Myanmar, a été interrogé par Radio Vatican. Ecouter son témoignage

À l’approche des élections en Birmanie, de nombreux militants appartenant à plusieurs minorités ethniques sont persécutés, arrêtés, voire torturés.

Deux églises protestantes (appartenant à l’“Église de l’Inde du Nord” et à l’“Armée du Salut”) ont été attaquées, incendiées et rasées au mois de février 2010 et les pasteurs présents ont été agressés et frappés, et leurs maisons saccagées. Certains chrétiens accusés d’être impliqués dans la violence ont été arrêtés par la police, tandis qu’aucun extrémiste indou n’a été arrêté.

Ces violences surviennent dans un contexte de tension liées à la diffusion du portrait blasphématoire du Christ publié dans un manuel scolaire. Des religieuses ont découvert cette image odieuse présentée dans le manuel pour illustrer le mot "idole", et présente le Christ lui-même fumant une cigarette et un verre de bière à la main.
Les religieuses ont demandé aux enfants la restitutions des livres et ont envoyé une lettre aux autorités en exprimant leur déception pour ce total manque de respect envers les symboles religieux chrétiens. Le gouvernement de l’État a ordonné de retirer le livre de la circulation.
Les Églises chrétiennes en Inde sont en train de prendre des mesures :

"Nous avons demandé à toutes les écoles catholiques en Inde de retirer le texte et de boycotter tous les livres de la Skyline Publications. Cette image est inacceptable et va contre tout principe de respect et de dialogue” a déclaré à l’agence Fides, le P. Babu Joseph, porte-parole de la Conférence épiscopale de l’Inde. On est aussi en train d’examiner la possibilité de promouvoir une action légale, au niveau économique, contre la maison éditrice."

Mais le portrait a aussitôt été publié par certains mass-médias, et a même été exposé dans les rues de la ville de Jalandhar dans l’État du Punjab (Nord-Ouest de l’Inde), en provocation manifestement.
Les chrétiens du lieu ont protesté de manière pacifique devant les autorités civiles, en demandant que soient enlevées les images. Dans la ville de Batala (district de Gurdaspur), la situation a dégénéré : certains jeunes chrétiens ont cherché à enlever les tracts présents dans un marché à dominance indoue, mais d’autres jeunes, extrémistes indous, ont tenté de les en empêcher. S’en est suivi une rixe et la violence s’est étendue à la ville entière, dans la mesure où les responsables des mouvements extrémistes comme “Bajrang Dal” et “Shiv Sena” sont descendus armés dans les rues et ont incité les esprits à la violence contre les chrétiens.

L'appel à la violence a dégénéré jusqu'à la mise à feu des deux églises protestantes, qui ont été entièrement détruites par les foules hindoues.

En Irak, des élections législatives auront lieu le 7 mars prochain, dans moins de deux semaines, et ces périodes électorales sont propices à des tensions qui se rabattent souvent sur les chrétiens, alors pris pour cibles. Ainsi en 2008, une vague de violences avait entraîné la mort de 40 chrétiens et 12.000 autres avaient dû fuir Mossoul et ses environs.

5 chrétiens ont déjà été tués depuis le 14 février à Mossoul, et trois autres viennent s'ajouter à la liste. Un syriaque catholique et ses deux fils ont en effet été tués dans leur maison à Mossoul, où vivent toujours 15.000 à 20.000 membres de cette minorité.

"Des inconnus ont pénétré dans la maison d'Aishoua Maroki, 59 ans, et l'ont tué par balles ainsi que ses deux fils Mokhlas, 31 ans, et Bassem, 25 ans. Ils ont en revanche laissé la vie sauve à sa femme et sa fille avant de s'enfuir en emportant l'or que la famille possédait", a précisé le commandant Khalaf al-Joubouri.

Un policier et un homme non encore identifié ont également été tué mardi à Mossoul ces derniers jours

Les autorités locales craignent que les chrétiens ne soient les principales victimes d'une montée des tensions liée aux législatives du 7 mars. Pour sa part, la communauté chrétienne de Mossoul dénonce l'inaction des services de sécurité face à des tueurs qui s'échappent à chaque fois.

addendum 26/02/2010 : Des centaines de familles chrétiennes ont fui Mossoul, mercredi 24 février 2010, selon l’archevêque chaldéen de la ville, Mgr Emil Shimoun Nona.

"Nous devons faire face à une véritable urgence humanitaire, les gens ont tout quitté, laissant leur maison derrière eux, leurs biens, leurs activités commerciales…", a informé le prélat auprès de l’agence de presse catholique italienne AsiaNews.

Mgr Nona souligne que l’archidiocèse tente d’aider les réfugiés en leur fournissant des biens de base, mais "la situation est dramatique". L’archevêque, dont le prédécesseur – Mgr Paulos Faraj Rahho avait été enlevé par des hommes armés le 29 février 2008 avant d’être retrouvé mort deux semaines plus tard – va se rendre prochainement à Bagdad pour tenter d’obtenir une réaction et l’intervention du gouvernement central.

Le gouvernement irakien a annoncé jeudi la création d'une commission d'enquête après les meurtres de chrétiens dans la région de Mossoul (nord), affirmant qu'il agirait fermement à l'encontre des auteurs.

"Le gouvernement condamne les atteintes aux chrétiens, une des composantes de notre peuple, et décide de former une commission d'enquête", a annoncé son porte-parole Ali al-Dabbagh.

Selon lui, "le gouvernement va renforcer les mesures de sécurité pour prévenir de telles atteintes, agir fermement contre les forces terroristes et interroger les responsables des points de contrôle près desquels ces attaques ont eu lieu".

150 musulmans armés ont attaqué le village chrétien de Pahar Ganj dans le nord de Nazimabad, province de Karachi, dimanche 21 février 2010. Ils ont tirés sur les maisons, vandalisé deux églises, battu des chrétiens et brûlés les commerces après une rixe entre un vendeur de fruit et un adolescent chrétien.

L'histoire parâit assez incroyable, mais ce qui a mis le feu aux poudre n'est rien de moins qu'une inimitié farouche entre un vendeur de fruit et un adolescent chrétien de basse condition. Ce dernier touchait les fruits présentés sur l'étallage du marchand, comme cela se fait au Pakistan où l'on peut même goûter les fruits avant de les acheter, selon la télévision locale, quand le marchand, qui avait des précédents avec le garçon, s'est jeté sur lui en le traitant de Bhangi chrétiens, c'est à dire "intouchable" ou "infidèle". (Tous ses clients étant chrétiens, l'assaut ne visait pas en vérité sa religion mais sa condition sociale).
Il a saisi a main du garçon et l'a tranché aussitôt avec un couteau à fruit. Des chrétiens dans la foule se sont empressé de tenter de sauver le garçon, et le marchand s'est justifié auprès de ses pairs par la suite en affirmant que le garçon avait rendu le fruit impur et avait blasphémé contre le Coran.
Plus tard dans la journée, 150 musulmans armés ont attaqué le village chrétien, dont les habitants ont répliqué par des jets de pierre, et ont vandalisé l'église Ste. Marie du Pakistan and the l'Eglise du Calvaire.

La communauté chrétienne a décidé de ne pas porter plainte contre les musulmans, pour éviter d'encourir des contre-accusations encore plus grave comme il est d'usage dans ce pays, où le blasphème contre le Coran est notamment puni par les peines les plus sévère, sans qu'il soit besoin de prouver nécessairement la faute.

200 chrétiens et musulmans sont venus tenter de résoudre les tensions entre les communautés en signalant notamment l'absence de poursuites judiciaires. 5 chrétiens ont néanmoins été arrêtés. Il s'agit de cinq visiteurs qui n'étaient pas informés d'un mandat d'arrestation contre 40 chrétiens lancé les jours suivant, et les seuls qui de ce fait erraient dans les rues le jour de la descente de la police.

Quatre chrétiens ont été tués à Mossoul en l’espace de quatre jours, et un cinquième a été retrouvé mort, après avoir été enlevé, au nord de la ville.

« Nous sommes terrifiés, on nous tue pour vider Mossoul de sa principale composante et les forces de sécurité ne sont pas capables de nous offrir la sécurité » a déclaré à l’AFP Hazem Girgis, un diacre orthodoxe de l’église Saint-Ephrem, au centre de Mosssoul. «La minorité chrétienne est devenue un enjeu et cela se passe toujours ainsi avant les élections. »

Depuis dimanche, cinq chrétiens ont été assassinés en pleine rue.
Dimanche 14 février, Rayan Salem Elias, 43 ans, commerçant chaldéen a été abattu devant chez lui. Le lendemain, Mounir Fatoukhi, 40 ans, commerçant lui aussi a tué par des inconnus qui ont ouvert le feu depuis leur véhicule. Mardi 16 février, deux cousins assyriens Ziya Toma, 21 ans, et Ramsen Shmael, 22 ans, étudiants, ont été mitraillé en pleine rue, l’un est mort, l’autre grièvement blessé. La tragédie se poursuit avec un nouveau meurtre le 17 février, de Wissam George, 20 ans, dans le quartier sud de la ville. Samedi 20 février, Adnane al-Dahan, un chrétien orthodoxe de 57 ans et originaire de Syrie a été retrouvé mort à Al-Belladiyat, un autre secteur du nord de la ville. Il avait été enlevé il y a une semaine devant son épicerie du quartier d'Al-Habda.

L’approche d'élections est souvent à l'origine d'une campagne de terreur, même s’il reste difficile d’expliquer les motifs politiques de tels actes. Pour Marc Fromager, directeur de l’Aide à Eglise en Détresse :

« Ce qui paraît le plus plausible, c’est qu’on veux vider la ville de Mossoul de ses chrétiens. »

Mgr Sleiman, archevêque latin de Bagdad a appelé à l’aide pour

« rompre le mur du silence qui entoure le meurtre de chrétiens à Mossoul. C’est un nouvel exode qui commence, et une fois encore, les chrétiens sont sacrifiés sur l’autel des politiques radicales de ce pays ».

Fin 2008, une campagne de meurtres avait fait 40 morts parmi les chrétiens, entraînant le départ de Mossoul de plus de 12 000 d’entre eux.

Quelques journaux ou blogs relatent ces faits ici ou là, mais force est de constater que ces crimes contre une population en raison de son appartenance à une religion se font dans l'indifférence générale, ce que regrette justement Mgr Sleiman.

Une foule d'au moins 1000 personnes a mis le feu à deux églises protestantes à Sibuhuan (Sumatra-Nord). Ces incendies sont le point culminant de la tension qui règne dans la communauté islamique locale qui se dit lasse de voir «trop de fidèles et trop de gens qui prient» dans un lieu qui n'est pas légalement enregistré comme une église.

Le chef du district de Padang Lawas, Bassorah Lubis, a déclaré :

« Les assaillants sont arrivés en un éclair. Leur nombre était énorme, plus ou moins un millier. Ils étaient en colère parce que l'administration de l'église n'avait pas répondu à leurs demandes: de changer l'usage de ces “lieux de prières” en “bâtiments neutres.” »

Selon la police, aucun des deux bâtiments n'avaient reçu de permis de construire et ils devaient être considérés comme des «lieux de prière» et non comme des «églises».
C'est qu'en Indonésie, soumise à la loi islamique, un permis spécial (izin Mendirikan Bangunan, la DGI) est nécessaire pour construire une église. Le processus pour obtenir le permis est presque toujours difficile et la communauté islamique veut combattre l'arrivée de nouvelles églises. Cette absence de permis légal est devenu la source principale de la violence des musulmans contre les chrétiens.

Cet incident porte à 18 le nombre d'églises catholiques et protestantes qui ont été cibles de violences depuis le début du second mandat du président Susilo Bambang Yudhoyono, depuis le 20 octobre 2009. Le P. Benny Susetyo, secrétaire exécutif de la Commission pour l'œcuménisme et les affaires interreligieuses de la Conférence des évêques catholiques d'Indonésie, met directement en cause le président de la République, lui reprochant de ne pas dénoncer avec vigueur ces actions criminelles ni de mobiliser l'administration pour arrêter les coupables.

En 2007, plus d'une centaine d'attaques contre des églises chrétiennes avaient été recensées, suivi par une accalmie dans ces attaques. Aujourd'hui, souligne le P. Benny Susetyo, il semble que le président Yudhoyono laisse faire son ministre des Affaires religieuses, Suryadharma Ali, qui est aussi le dirigeant d'un parti musulman, le PPP (Partai Persatuan Pembangunan, Parti du développement uni). Le Rév. Gomar Gultom, secrétaire général de la Communion des Eglises protestantes, partage la même analyse.

« J'ai le sentiment que le président Yudhoyono a laissé ces attaques se produire », explique-t-il à l'agence Ucanews. Durant les cent premiers jours de son deuxième mandat, Yudhoyono n'a pas diligenté de poursuites judiciaires contre les personnes qui ont été appréhendées dans le cadre d'attaques d'église.

Pour Theopilus Bela, secrétaire général du Comité indonésien des religions pour la paix,

« le président Yudhoyono est un homme bon mais faible. Il n'agit pas avec fermeté pour empêcher les groupes radicaux de passer à l'action et pour sanctionner les autorités locales qui laissent agir ces groupes. Il est très décevant de constater que de telles attaques continuent de se produire et que rien n'est fait pour y mettre fin ».

Dans un pays où les musulmans sont très majoritaires (86,1 % de la population selon le recensement de 2000), les chrétiens (5,7 % de protestants et 3 % de catholiques) se heurtent régulièrement à de graves difficultés dès qu'ils désirent construire ou agrandir leurs lieux de culte. Outre une législation très contraignante en ce domaine, les chrétiens doivent faire face aux agissements de groupes radicaux musulmans qui n'hésitent pas à user de violence pour empêcher le bon fonctionnement des communautés chrétiennes.

Dans le conflit qui oppose les musulmans de Malaisie à leur cour de justice qui a autorisé les journaux chrétiens à utiliser le mot "Allah" pour traduire "Dieu", une nouvelle église a été la cible d'actes de vandalisme. Il s'agit de l'église protestante Grace Global Prayer de la province du sud de Negeri Sembilan. Les vitres de l'église de deux étages ont été brisées, rapporte le porte-parole de l'église David Raju.

"Je pense que cela fait partie des attaques visant les églises dans ce pays", a-t-il dit, en ajoutant que la police avait ouvert une enquête sur cet acte de vandalisme.

Il s'agit de la onzième église à être ainsi visée en Malaisie où l'islam est la religion officielle et dont environ 10% de la population est chrétienne.

Les tensions entre chrétiens et musulmans se sont accrues depuis que la justice a autorisé un journal catholique local à utiliser le mot "Allah" pour désigner le Dieu chrétien dans ses éditions en malais, comme dans les autres pays arabophones. Voir pourquoi c'est naturel (encadré de bas de page).

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