PROFANATIONS EN FRANCE


Le cimetière de Croix-Daurade à Toulouse a été victime de vandalisme à caractère satanique dans la nuit de jeudi à vendredi. Ce sont des familles qui ont découvert, consternées, le saccage complet du cimetière vendredi matin. Tags, pots de fleurs brisés, croix renversées, crucifix arrachés, statuettes funéraires détruites, plaques de souvenirs brisées …
Au total, une soixantaine de tombes ont subi d'importantes dégradations. Plus intrigant : des crucifix déterrés ont été soigneusement déposés à l'envers contre les tombes endommagées. Les journalistes se demandent s'il s'agit d'un rituel satanique répété des dizaines de fois ou d'un jeu stupide faisant croire à l'existence de messes noires. (bien sûr, un jeu bien connu, tandis que les rites sataniques, ça n'existe pas voyons !)

« C'est inhumain et scandaleux ! s'écrient des familles, au cœur du cimetière. On ne doit pas toucher aux morts, c'est sacré ! » « Il ne semble pas que ces actes visent précisément des familles ou des groupes religieux; selon André Ducap, conseiller municipal, et il n'y a aucune connotations racistes. Tout ceci est déplorable. »

La mairie de Toulouse a condamné ces actes qualifiés « d'ignobles. »

La semaine dernière, dans ce même cimétière, des dégradations à une moindre échelle avaient déjà été constatées par les gardiens. Une première alerte qui avait déjà fait l'objet d'une plainte.


De nombreux précédents En mai 2004, le cimetière de Terre-Cabade, à Toulouse, est à plusieurs reprises la cible des vandales : vases, crucifix, plaques mortuaires sont retrouvés en morceaux sur le sol. À la suite de ses incidents, quatre collègiens âgés de 13 à 15 ans avaient été interpellés par les policiers. Avril 2003, à Balma, des inscriptions racistes et antisémites ont été découvertes au cimetière et sur l'église. Février 2002 à Muret, dix tombes saccagées et des crucifix renversés au cœur du cimetière. Novembre 2002 à Fonsorbes, une vingtaine de tombes également vandalisées dans le cimetière de la commune.


ADDENDUM : (14/04/2008)
Cinq jeunes, âgées de 22 à 30 ans, ont reconnu être les auteurs des profanations des deux cimetières de Toulouse. Ils appartenaient à un groupuscule sataniste.

Un incendie a entièrement détruit samedi matin la chapelle de la Croix à Loqueffret, dans le centre du Finistère (monts d'Arrée). Des tags ont été retrouvés à l'intérieur, représentant une croix renversée et le sigle TABM, le même que celui retrouvé sur plusieurs calvaires détruits durant le mois de mai plus au sud. Ces inscriptions pourraient être liées aux mouvements satanistes

La chapelle datait du 16e siècle et était classée monument historique depuis 1962. Une porte a été fracturée, et la charpente s'est effondrée avant l'arrivée des pompiers, vers 8h00 du matin. La chapelle qui se trouve en pleine campagne devait faire l'objet de rénovations pour un montant de 300.000 euros. Les travaux devaient débuter lundi.

"Il ne reste plus que les murs, tout est à refaire"

se lamentait de son côté le maire de Loqueffret.

La gendarmerie du Finistère a mis en place récemment un groupe d'enquêteurs chargés d'élucider les actes de vandalisme contre le patrimoine religieux constatés principalement dans le sud du département.

"Ce sont des faits graves, répétitifs, et il y a préjudice moral", a indiqué le commandant de la brigade de Chateauneuf-du-Faou.

Ce qui semble étrange dans ces affaires successives, c'est que les cibles semblent parfois choisies avec précision, soit pour qu'on en parle le lendemain (des monuments aux morts la veille d'une célébration, une chappelle deux jours avant sa restauration), soit parce que ce sont des vestiges catholiques très anciens (les objets moins anciens, comme la vierge d'abord dérobée sur une fontaine, n'ont pas été détruits). Le patrimoine qui disparaît de la sorte ne sera pas reconstruit. Et cela les satanistes qui agissent sous le sigle TABM semblent bien le savoir. Leur oeuvre de destruction est loin de la simple violence ordinaire anti-chrétienne.


Addendum (22/06/07) : 7 personnes, hommes et femmes tous majeurs, ont été interpellé hier. Ils appartiendraient au groupe ATBM (qui signifierait "True Armorik Black Metal" qui avait revendiqué par courrier au Télégramme 8 profanations de chappelles et de calvaire dans le Finistère. Ils déclairaient agir comme "anti-ecclésistiques".

"Nous, groupuscule extrémiste anti-ecclésiastique, ayant seulement frappé dans le Finistère-Sud pour le moment, rendons justice et ferons tomber les icônes symbolisant la faiblesse d’esprit (...) Nous allons frapper encore, encore et encore".

Le journal n'a publié qu'un extrait de la lettre de 14 lignes qu'ils ont reçue, ornée d’une fresque représentant un parchemin sur lequel sont gravées des initiales sanguinolentes : « TABM ». Initiales séparées, au milieu, par une croix inversée. Certains réseaux me signalent que le premier logo ABM pourrait signifier Aryan Black Metal, avant d'être devenu ATBM interprété par "True Armorik Black Metal". 15 gendarmes enquêtent sur ce groupe. Malgré tout cela, le chef d'inculpation retenu contre les personnes arrêtées se contente de "dégradation et destruction de biens, et destruction par incendie en bande organisée". Aucune aggravation pour aggression à caractère religieux comme c'est le cas pour des tags posés sur des tombes juives ou musulmanes. La présence de croix renversées jusque dans la signature ATBM permettent seulement aux enquêteur de songer à une piste satanique. Où le lien entre Black Métal et satanisme n'est plus à prouver ! On a d'ailleurs retrouvé une Bible satanique chez les inculpés.

Le petit village de Huppy, haut lieu de la bataille de la Somme, a vu son cimetière vandalisé par des inconnus dans la nuit du jeudi. 25 tombes ont été dégradées, à l'indignation des habitants.

Réseau indignations

50 tombes du cimetière de Saint-Escobille ont été profanées dans la nuit de samedi. Toutes les croix de ces tombes ont notament été retournées, dans la tradition de certains rites sataniques.

Réseau Indignations

Lors de la seconde journée de la Conférence de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) à Bucarest, Anastasia Crickly, représentante personnelle du président de l’OSCE pour le combat contre le racisme, la xénophobie et la discrimination, s'est plaint de l'augmentation dela discrimination religieuse en zone Europe.
Doudou Diene, le rapporteur spécial des Nations unies sur les formes contemporaines de racisme, discrimination, xénophobie et intolérance, a lui alerté plus particulièrement sur la résurgence de la christianophobie en Europe et dans le monde.

"Il faut tirer une sonnette d'alarme! La christianophobie a toujours existé comme l'antisémitisme et l'islamophobie mais il y a actuellement une résurgence de cette christianophobie qui, paradoxalement, a été ignorée dans les débats internationaux. Quant aux chiffres, il y a des données éparses sur le nombre d'églises qu'on a pu brûler en Inde ou au Nigeria ou d'autres pays du Sud.
[Si ces profanations sont ignorées en europe, c']est que les manifestations les plus spectaculaires de christianophobie se passent en dehors de l'Europe, les violences contre les Chrétiens en Inde, au Nigeria, en Turquie et d'autres régions du monde. Mais les manifestations idéologiques les plus profondes se trouvent en Occident. C'est en Europe que, en raison d'un cléricalisme idéologique, il y a une suspicion à l'égard de la pratique religieuse que l'on ne peut pas chiffrer mais qui est visible dans la montée d'une certaine intolérance (...)
Il y a lentement une marginalisation des citoyens qui se réclament de leur foi pour prendre des positions."

Le Pr Roberto de Mattei, de l’Université européenne de Rome, a établi le même constat. Il a remarqué la multiplication des actes de profanation des églises chrétiennes dans le monde. En réponse, il propose la défense de la composante publique de la religion et l’amélioration du cadre législatif des États.

Une dizaine de tombes ont été profanées autour du samedi 2 juin dans le cimetière de Pointe-à-Pitre. Peu de détails ont été communiqués , mais les photos laissent penser que des croix ont été arrachées. Les habitants parlent de satanisme, ce que les journaux s'empressent de ridiculiser.

Cet extrait d'entretien est tiré de Valeurs Actuelles n° 3679 paru le 1 Juin 2007.
Mgr Rey y revient sur la multiplication des actes de profanations :

(...)
Par ailleurs, les incendies criminels d’églises et les profanations de tombes se multiplient. Êtes-vous inquiet ?
Oui. Ces actes doivent être condamnés quelles que soient les religions qu’ils concernent, chrétienne, juive ou musulmane. Ils manifestent une intolérance religieuse, un mépris du sacré doublement criminel. D’une part parce que les cimetières sont des lieux de mémoire. Les morts nous parlent de nos racines, de notre héritage, et l’on voudrait les faire taire. Profaner une sépulture est un acte de rupture de mémoire, de déni de culture et, finalement, de déni d’humanité.
D’autre part, les cimetières sont des lieux sacrés, comme les églises et les édifices religieux. Or, le religieux, c’est, étymologiquement, ce qui “relie” l’homme à Dieu et les hommes entre eux. S’attaquer au sacré, c’est vouloir sectionner ces liens. C’est mutiler l’homme dans son espérance et lui refuser de vivre, en lui refusant de croire.
On a parfois l’impression que les gouvernements tardent à condamner ces profanations… Ce sont des actes mortifères, au sens propre du terme, qui manifestent l’influence, à mon sens sous-estimée, des sectes et des mouvements satanistes. Ils touchent à la conviction des croyants, et cette conviction qui concerne le sacré est elle-même sacrée : c’est le sanctuaire de la conscience qui est visé.
On aurait tort d’y voir seulement des actes dirigés contre une communauté. Le christianisme porte un message universel : la rédemption de l’humanité et son salut. Nous, chrétiens, avons une espérance pour le monde et des responsabilités vis-à-vis de ceux qui ne sont pas chrétiens ou croyants. Profaner des tombes, incendier des églises, c’est s’attaquer au christianisme dans ce qu’il a d’universel. Notre protestation n’est pas “corporatiste” : nous ne protestons pas pour les chrétiens, pas plus que les juifs ne protestent pour les juifs. Nous protestons pour l’homme, pour sa liberté de conscience.
On entend souvent dire que ces actes sont commis par des jeunes désœuvrés… Je veux bien admettre que certains le soient. Ces actes résonnent aussi comme un cri de désespérance… Mais leur répétition montre plutôt qu’ils sont le fait de réseaux actifs, animés par une idéologie de refus de la foi chrétienne et des signes religieux qui assurent sa visibilité. Ces actes s’inscrivent dans un contexte de négation du religieux. On sape les ressorts de notre démocratie en la privant du terreau judéo-chrétien, qui a porté les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité.

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