Un acte de vandalisme d'une violence inhabituelle a semé la consternation à Saint-Pol-de-Léon, commune du finistère proche de Roscoff. La rambarde en granit du XVIe siècle de l'escalier qui donne accès à une porte lattérale (porte Saint-Mathieu, rue du 4-Août), a été a été totalement détruite, résultat d'une fureur destructrice probablement réalisée à l'aide de masses.

La balustrade ouvragée a été morcelée et les piliers, prolongés par des tenons, arrachés de leurs encoches. Les services techniques ont remisé les débris dans l'attente de la venue d'un représentant des Monuments historiques. La cathédrale étant bâtiment communal, (étrange pour une cathédrale, en général bien national depuis la confiscation des biens de l'Église de 1901) une plainte a été déposée par la mairie. Le week-end de la saint Valentin a été le théâtre d'autres dégradations : l'un des bancs fixés avenue de la Mer a, par exemple, été arraché de son socle dans la nuit de samedi à dimanche, et posé en travers de la route avec de gros conteneurs à ordures. Des toilettes publiques ont également été mises à mal.

Il n'empêche que s'en prendre à un ouvrage finement ciselé, bien historique du XVIe siècle, et ouvrage attaché à une cathédrale ne nécessite pas le même taux de bêtise que des ivrogneries qui consisteraient à dégrader des ammeublements citadins. Il a fallu une masse pour détruire cette rambarde et un acharnement certain pour finir le travail à ce point. Cette violence dans la destruction est autrement plus odieuse que des tags inscrits à la bombe en quelques secondes sur un mur, et qui font pourtant réagir toute la sphère médiatique.