L'église d'Echillais, près de La Rochelle, a été profanée le Week-End du 18 juillet. Des indices laissent penser que les vandales sont entrés en scooter dans ce chef d'œuvre de l'art roman.

Lundi matin 21 juillet, la sacristine de l'église découvrait un enfer souillé de mégots et de traces de pneus de scooters, faisant de cette nef moyenâgeuse un véritable circuit de motocross. Le bénitier a été jeté hors du monument, tandis que l'orgue a été vandalisé. Mais surtout, un christ en croix du XVIIe siècle gisait au milieu du chœur, démantibulé.

« Regardez en l'air, il ne reste plus que ses bras accrochés à une corde. C'est monstrueux ce qu'ils ont fait », répète sans cesse depuis cette grand-mère de 80 ans.

Le premier adjoint de la commune, Michel Gaillot, ressentait la même vive émotion pour son église, l'une des plus belles et des plus fréquentées de la Saintonge romane. Les gendarmes ont passé l'église au peigne fin, à la recherche d'indices ou d'empreintes laissés par les vandales.

« Les faits se sont déroulés dimanche après-midi, à un moment où le bistrot est fermé et les alentours totalement déserts, il n'y a donc pas de témoin », explique l'un d'entre eux.

Et tandis que le curé de la paroisse déposait plainte au nom de l'évêché auprès de la brigade voisine, déjà des voix impatientes s'élevaient à l'ombre du clocher du XIIe siècle pour dénoncer le climat d'incivilité dans lequel serait plongé le vieux bourg d'Echillais depuis quelques mois.

« Ca commence à bien faire, tout le monde ici devine qui sont les coupables, des gamins du village que nous avons vu grandir et sombrer dans la bêtise », expliquait-on notamment au comptoir de la Table du grand goule. Un soupçon que redoute et reconnaît à demi-mot Michel Gaillot. « Ce serait encore pire d'apprendre que des enfants de chez nous sont responsables de ça, mais nous avons en effet ici quelques garnements qui nous cassent l'ambiance. »

L'adjoint au maire et la sacristine ont pour autant pris la courageuse décision de confirmer que l'église ne serait jamais fermée à clef.


La même semaine, une synagogue recevait quelques tags (effacés dès le lendemain), provoquant la réaction en masse de toute la classe politique et médiatique. Ici une eglise est saccagée, mais sans que cela ne suscite aucune réaction.

M. Brice Hortefeux, ministre des cultes a toutefois déclaré :

"Dès qu'une confession est attaquée, c'est la France tout entière qui s'en trouve blessée. M. Hortefeux a affirmé avoir "donné les ordres les plus stricts pour que les auteurs (de la profanation) soient identifiés, arrêtés et remis à la justice".

Une cérémonie de recueillement avait lieu en présence du maire (PS) de Strasbourg, Roland Ries, de nombreux responsables politiques locaux et de représentants des cultes catholique, protestant et juif, en réparation de la profanation subie...
Mais il s'agissait en fait de la profanation de 18 tombes musulmanes à la Robertsau 10 jours plus tôt. N'espérons pas voir de telles paroles quand il s'agit d'atteintes au patrimoine catholique !

Car les vandales qui ont fait ces destructions sont peut-être idiots, mais ils savent ce qu'est une église et ce qu'arracher un Christ a plus de sens que d'arracher un lustre !