PROFANATIONS EN FRANCE


Dans un entretien au quotidien espagnol ABC, le philosophe français Bernard-Henri Lévy a affirmé que

« la voix du Pape était extrêmement importante. Nous sommes très injustes avec ce Pape. Je ne suis pas catholique, mais je crois qu’il y a des préjugés. Par dessus tout un anticatholicisme primaire qui prend des proportions énormes en Europe.
En France, on parle beaucoup des violations des cimetières juifs et musulmans, mais personne ne sait que les tombes des catholiques sont aussi profanées habituellement. Il existe une sorte d’anticléricalisme en France qui n’est pas sain dans l’absolu. Nous avons le droit de critiquer les religions, mais la religion la plus attaquée aujourd’hui c’est la religion catholique. (...) Beaucoup plus que l’islam. Sur le terrain intellectuel, on prend la défense des musulmans. Des catholiques, beaucoup moins ».

Dans une tribune publiée simultanément le 21 janvier dans l'Osservatore Romano et le Point, Bernard-Henri Lévy s'était insurgé contre la « désinformation » qui entoure Benoît XVI, et demandé que l'on « arrête avec la mauvaise foi » en ce qui concerne le rapport du Pape au peuple juif.

« Il faudrait quand même que l'on arrête avec la mauvaise foi, les partis pris et, pour tout dire, la désinformation dès qu'il est question de Benoît XVI » écrivait le philosophe français.

Un soutien inattendu d'un intellectuel français qui nous touche et pour lequel nous le remercions chaleureusement. Dommage que les journaux de France ne fassent pas l'effort de s'en faire l'écho.


26 ou 27 septembre 2010

La chapelle de la crypte de l'église Notre-Dame-de-Lourdes, à Bastia, a été profanée autour du lundi 27 septembre. L'autel consacré a été aspergé d'urine, avec sa nappe, et des représentations de la Vierge, n'appartenant pas à la paroisse, ont été plongées dans l'eau d'un vase, la tête en bas. Ce spectacle a bouleversé la sacristine qui en a fait la découverte, sur une île où ces comportements ne sont manifestement pas usuels. Cette crypte sert aux funérailles chaque fois qu'il y en a.

« Quand j'ai vu cela, je me suis dit mon Dieu, Sainte-Vierge on a essayé de te noyer ! Lorsque je suis entrée dans la crypte, il y régnait une odeur pestilentielle. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait de l'eau qui avait stagné dans les vases. Ce n'est qu'en m'approchant de l'autel que j'ai compris. Il y avait de l'urine partout. La nappe qui recouvrait la pierre consacrée en était remplie tout comme les sous-bassements de l'autel. J'étais bouleversée. Jamais je n'avais vu de telles choses surtout pas dans une église et je ne pensais jamais y être confrontée de mon vivant. Cela fait un choc. »

Pour l'abbé Michel Magdeleine, curé de la paroisse, cela ne fait aucun doute :

« Il s'agit là d'une profanation réelle. L'endroit a été souillé volontairement. C'est un acte satanique. On ne renverse pas des statues de la Vierge innocemment. Il y a sur Bastia et sur la Corse des groupuscules satanistes qui sont plus ou moins importants et actifs. Il n'y avait jamais eu jusqu'alors de tels comportements sur notre ville. Il y a dans ces gestes une manifestation d'hostilité à la foi chrétienne et contre l'église catholique de manière générale. La société est en train de perdre tous ses repères. C'est un abandon très net des valeurs de l'Évangile. Je vais certainement porter plainte au commissariat. De tels gestes ne peuvent pas rester impunis. »

Hier soir, après la messe quotidienne, l'abbé Magdeleine a présidé la célébration de réparation prévue par l'église catholique romaine quand de tels agissements sont perpétrés dans des lieux de culte. Une bien triste réalité à un moment où les Corses manifestent un peu partout sur l'île leur attachement à la Vierge Marie, et à quelques jours du départ du pèlerinage diocésain à la grotte de Lourdes.

Le Figaro de ce mercredi publie un article qui fait sortir de l'ombre la triste réalité de cette violence habituelle contre les symboles et signes chrétiens.

Croix renversées et souillées de symboles nazis au sanctuaire dédié à la Vierge Marie à Saint-Loup (Jura), tombes et chapelle vandalisée au cimetière d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), statues arrachées dans l'église Saint-Géry de Valenciennes (Nord), lustres réduits en miettes et chemin de croix incendié à Saint-Pierre de Pouan-les-Vallées (Aube), classé et datant du XIIIe siècle…
Dans l'indifférence, la France est le théâtre d'une profanation tous les deux jours. Selon une note de la direction générale de la gendarmerie nationale, que s'est procurée Le Figaro, pas moins de 184 dégradations de sépultures ont été recensées l'année dernière, soit à peine dix-neuf de moins qu'en 2008.

Depuis 2005, un lieu sacré est violé tous les deux jours.

«Les faits perpétrés dans les cimetières sont pour l'essentiel des dégradations de stèles, d'ornementations et des inscriptions» , note le rapport, qui précise que les profanations recensées par les gendarmes - qui couvrent 95 % du territoire - touchent «très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises ».

Dans les campagnes et en zones périurbaines, quelque 122 cimetières communaux et 34 lieux de culte catholique et 18 monuments aux morts ont été visés en 2009. Pas moins de cinq violations de tombeaux, dont deux exhumations ont été à déplorer. «Les départements du Bas-Rhin (11 faits), la Somme (9 faits), l'Ille-et-Vilaine (7 faits) et enfin la Gironde, le Gard et les Vosges (6 faits) concentrent le plus grand nombre de profanations», précise le document, qui détaille ainsi une série de périodes à risques. Ainsi, les profanateurs passent plus volontiers à l'action le 30 avril, qui est à la fois l'anniversaire d'Adolf Hitler et de la fondation de l'Église de Satan aux États-Unis. Des pics sont aussi observés le 31 octobre, fêtes d'Halloween et jour de l'An sataniste, mais aussi lors des dates des solstices et d'équinoxes. Ces informations contredisent ceux qui voudraient faire croire que ces faits sont surtout ceux de gens désoeuvrés ou alcolisés... Il s'agit bien de rites d'inspiration (ou d'exemple) sataniques, dirigés contre des symboles chrétiens.

Plus globalement, 50 % des actes de vandalisme se produisent le week-end et sans témoin, ce qui rend les investigations difficiles. L'année dernière, les gendarmes ont cependant réussi à résoudre une cinquantaine d'affaires et à confondre 106 profanateurs présumés. En décryptant leur profil, la note de la DGGN révèle que 83 % d'entre eux sont des mineurs et que 79 % sont de sexe masculin. Certains n'ont reculé devant aucune limite, allant jusqu'à improviser le 18 juillet dernier un rodéo à scooter dans la nef moyenâgeuse de l'église d'Échillais, près de La Rochelle, où un Christ en croix du XVIIe siècle gisait au milieu du chœur, démantibulé.

Un site créé en juin 2005

Le nombre des actes de vandalisme visant les lieux de culte a atteint une telle cote d'alerte qu'un site entier en recense l'étourdissante litanie. Il est animé par le comité Indignations, créé en juin 2005 au lendemain d'une parodie de mariage homosexuel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le simulacre, ressenti comme «blessant» par les fidèles, avait été à l'origine d'une pétition recueillant 27.000 signatures.

« D'une manière générale, les investigations ne permettent toujours pas de déterminer les motivations réelles des auteurs, concèdent les gendarmes. En effet, les éléments de preuves découverts engendrent parfois des confusions (exemple, des croix gammées accompagnant des tags satanistes).» «Les personnes interpellées indiquent la plupart du temps avoir agi sans motivation idéologique, par jeu, défi, mimétisme ou désœuvrement» , estime le rapport, qui rappelle que huit profanations sont imputables à des «individus isolés souffrant de troubles psychiatriques».

Si deux faits sont imputables à des «adorateurs du démon», qualifiés de « minoritaires », les analystes du Bureau des affaires criminelles (BAC) notent que « sur la totalité des faits recensés en 2009, la commission d'actes à caractère sataniste (croix brisées ou renversées) est supposée dans de nombreux cas ». Enfin, la présence d'alcool est un «facteur important de passage à l'acte particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes ».

Le cimetière catholique de Frontenay-Rohan-Rohan, dans les Deux-Sèvres près de Niort a été profané. Une vingtaine de pierres tombales ont été déplacées et certaines se sont brisées, (initialement annoncé à 50 tombes, d'où l'erreur du communiqué suivant), tandis que des plaques émaillées ont été brisées .

Le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux a fait parvenir un communiqué :

« Je viens d’apprendre, avec stupeur et consternation, que près de cinquante tombes catholiques ont été profanées dans un cimetière de Frontenay-Rohan-Rohan, dans les Deux-Sèvres.
Je tiens à exprimer ma solidarité et ma sympathie aux familles des défunts, ainsi qu’à tous les croyants légitimement choqués par ces actes révoltants.
Cette nouvelle atteinte à des tombes chrétiennes est intolérable. Depuis le début de l’année (2010), 323 agressions envers des sites chrétiens ont été recensées sur notre territoire : 140 cimetières et 183 lieux de cultes ont été profanés.
Lorsqu’une église, une synagogue, une mosquée, un temple ou tout autre lieu de culte sont attaqués, lorsqu’une tombe est profanée, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui s’en trouve offensée.
J’ai demandé à ce que tous les moyens soient mis en œuvre pour en identifier les auteurs, les interpeller et les déférer sans délai à la justice. Les coupables ne resteront pas impunis. »


Il ne lui aura effectivement pas fallu longtemps pour mettre en pratique ses résolutions. La preuve que quand un politique s'exprime, les média reprennent davantage l'information, contrairement à ce que nous avait affirmé le chef du cabinet du ministre de l'intérieur M. Sarkozy lorsque nous l'avions rencontré. Le problème du silence n'est pas seulement médiatique (il l'est), il est aussi politique. Merci à M. Hortefeux de donner ainsi à ces faits révoltants plus de visibilité, visibilité perdue surtout (comme le rappelait Mgr Dubost), par les déclarations précipitées au moindre coup de feutre sur une tombe juive ou musulmane. Espérons que cette résolution ne sera pas qu'un coup d'épée dans l'eau...

La gendarmerie de Niort s’est vue charger de l’enquête.

Une note de la direction générale de la gendarmerie nationale révélait en septembre qu'un lieu de culte ou cimetière chrétiens est profané tous les deux jours en France. Suite à ces révélations (pourtant pas nouvelles), une mission parlementaire a été créée pour mieux lutter contre le phénomène.

Face aux profanations de lieux sacrés, les pouvoirs publics se limitaient jusqu’à présent à exprimer consternation, condamnations orales, et solidarité pour les communautés concernées (rarement très visibles quand la cible était catholique, cependant). Mais leurs réponses pourraient être à l’avenir moins passives : Claude Bodin, député UMP du Val d’Oise a été nommé début octobre 2010 Président de la Mission parlementaire sur la politique de prévention et de lutte contre les profanations, créée par lui en juin 2010. Il souhaite notamment

« établir un recensement global des lieux profanés afin d’étudier, en lien avec les représentants d’églises et les autorités civiles, les remèdes possibles. La presse évoque régulièrement les profanations de lieux de culte. Mais les chiffres sont souvent contradictoires. L’absence de statistiques et de suivi du problème m’a poussé à proposer, en avril dernier, la création d’un groupe de travail à l’Assemblée nationale» explique-t-il.

Les dégradations de lieux de cultes et cimetières émaillent ponctuellement la presse française. « Une profanation a lieu tous les deux jours en France depuis 2005 » titrait ainsi le Figaro du 22 septembre 2010 (repris ici), qui s’appuie sur une note de la direction générale de la gendarmerie nationale recensant 184 dégradations de sépultures en 2009. Toujours d’après cette note, les profanations touchent « très majoritairement des tombes chrétiennes ou des églises » (il est à noter que cet article évoque aussi notre site Indignations.org, et le travail, certes non exhaustif, que nous tentons de faire).

Fin 2008, Jean-Frédéric Poisson (Yvelines) et André Flajolet (Pas-de-Calais) avaient également rendu public un rapport sur ce thème, mais qui ne s’intéressait qu’aux profanations de « sépultures ». Le groupe UMP de l’Assemblée leur avait fixé trois objectifs : identifier les causes de cette recrudescence, faire le point sur l’arsenal répressif et proposer des solutions. L’audition des responsables des forces de l’ordre avait montré la difficulté à cerner le phénomène, sauf à constater le jeune âge des auteurs et la faiblesse de leurs motivations idéologiques.

Selon Claude Bodin, si les lieux chrétiens sont plus concernés que les autres, c’est « d’abord parce qu’il y a plus de lieux de cultes chrétiens en France que d’édifices musulmans ou juifs ». Mais le député n’exclut pas non plus une autre explication :

« l’existence de groupuscules, satanistes par exemple, incitant à la provocation ou à la haine». « Toute profanation d’un lieu de culte est condamnable, qu’il soit chrétien, juif ou musulman » rappelle-t-il. « Quant aux autorités, elles font leur travail de la même façon avec tous, quelle que soit la religion touchée ». Une réponse insuffisante pour ceux qui estiment que les violations de lieux chrétiens font moins de bruit que celles visant les communautés musulmanes ou juives.

Ainsi de Louis Guédon, député de Vendée, et de Monseigneur Dubost, Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes, qui s'étaient inquiétés du silence assourdissant autour des profanations touchant les sites chrétiens.


Nous pensons que cette étude est une excellente avancée dans la prise de conscience recherchée par le travail de ce site, et nous souhaitons du courage aux hommes qui en ont la charge. Nous souhaitons à cette commission de mieux tenir ses promesses, et l'espérance qu'elle fait naître, que la HALDE, annoncée en grande pompe également, mais qui nie par principe toute existence d'antichristianisme.

Nous nous réjouissons aussi de penser (peut-être à tort, mais ces pensées là nous motivent) que notre travail, si modeste soit-il, ainsi que celui de nombreux alliés, a pu permettre lentement cette prise de conscience dans le monde médiatique (Figaro du 22 septembre 2010, entre autre) puis de là, dans le monde politique.

14 tombes du cimetière de Parthenay, dans les Deux-Sèvre près de Niort, ont été vandalisées autour du 19 septembre 2010. Crucifix et angelots étaient brisés, à même le sol. Ces actes de vandalisme remontent, vraisemblablement, au week-end précédent.

Ces actes de vandalisme ne sont pas sans rappeler une première vague qui s'était produite en juin dernier. A l'époque, près de soixante tombes avaient été vandalisées en plein coeur du cimetière de Parthenay. Des croix tombales avaient été brisées, mais aussi des plaques du souvenir ou des vases.

Cette succession de faits a incité, hier après-midi, le maire de Parthenay à diffuser un communiqué.

« Il y a actuellement une recrudescence de tels actes de vandalisme dans les cimetières sur le plan national (...) Je tiens à dire que je suis particulièrement touché, scandalisé par ces actes de vandalisme. C'est irrespectueux et lâche et je m'associe pleinement à la peine des familles concernées », a notamment souligné Xavier Argenton.

La découverte de cette profanation intervient juste après celle du cimetière proche de Frontenay-Rohan-Rohan. Mais la police exclut tout lien entre les deux profanations.


Jeudi 16 septembre 2010

Alors que Nicolas Sarkozy rencontrera prochainement le pape Benoît XVI, le pouvoir compte envoyer de nouveaux à l'électorat catholique. Brice Hortefeux, ministre de l'intérieur, envisage d'intervenir solennellement lors de la prochaine profanation d'un cimetière catholique. Ces exactions sont statistiquement plus nombreuses que sur des tombes juives ou musulmanes.

"Il faut être très soucieux des minorités, mais sans laisser de côté la majorité", souligne un proche du ministre de l'Intérieur.

Ces actions semblent vouloir être une réponse à la polémique sur l'expulsion de camsp romanichels illégaux face à laquelle l'Eglise catholique s'était mobilisée rapidement.

M. Hortefeux ne devrait, hélas, pas à avoir à attendre longtemps avant de témoigner de sa sollicitude envers les chrétiens...

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