Des vandales se sont introduits vendredi 29 octobre dans l'église Saint-Laurent de Billère, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), qui date du XIIe siècle. Le tabernacle a été forcé et les hosties consacrées qu'il contenait ont été éparpillées sur le sol.

« Aucun objet de valeur n'a été emporté, ce qui incite à penser qu'il s'agirait d'un acte volontaire de profanation » commente le curé François Matta, devant des média qui rechignent toujours à employer ce mot concernant les catholiques. « Le tabernacle, c'est le trésor spirituel d'une église »

Il a déposé plainte pour dégradation d'objets de culte, et envisage d'installer un coffre fort dans le tabernacle, comme cela se fait souvent, sans que cela n'arrête vraiment els profanateurs du reste.
Le maire, Jean-Yves Lalanne s'est rendu sur place. Mais son commentaire est plutôt effrayant :

« C'est une incivilité, un acte de petite délinquance, considère ce dernier. Il est déplorable et malheureux qu'un ou des individus cassent la porte d'un tabernacle. Conformément à ce qu'a demandé le curé, nos services techniques répareront les dégâts ».

Il est difficile d'imaginer que de pareils propos auraient osés être tenus pour des tags sur une tombe juive. Mais que l'on s'en prenne à la chose la plus sacrée pour les catholique et la plus précieuse dans une église, autour de laquelle est d'ailleurs construit tout l'édifice, le corps vivant de Notre Seigneur, et ne vient à l'esprit d'un tel homme que le mot d'"incivilité". L'insulte est un peu forte !

La police s'est rendue sur les lieux samedi.

Informé de cet acte de vandalisme, Monseigneur Marc Aillet, l'évêque de Bayonne, a fait parvenir un communiqué à la hauteur de l'outrage subi :

"Informé par M. l’abbé François Mata, nouveau curé de la paroisse Sainte Marie de Billère, de la profanation survenue vendredi 22 octobre 2010 dans l’Eglise de Saint-Laurent de Billère, où le tabernacle de l’Eglise a été forcé et des hosties consacrées éparpillées à même le sol, je tiens à faire part aux fidèles du diocèse, de ma profonde stupéfaction et de mon indignation.

A l’évidence, aucun lieu de culte n’est aujourd’hui à l’abri de tels agissements. En 2009, la très officielle «Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les mouvements sectaires» (Miviludes) dénombrait 226 actes de profanation dont 216 actes de profanations antichrétiennes, 6 profanations antimusulmanes et 4 profanations à caractère antisémite. En d’autres termes, plus de 95% des profanations recensées dans notre pays visent des lieux de culte ou des cimetières catholiques, et celles-ci ne font hélas qu’augmenter d’année en année.

A cet égard, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur la responsabilité morale de certains médias qui entretiennent dans la société française, un climat d’anticatholicisme particulièrement malsain, et passent quasiment sous silence les actes de profanation ou de vandalisme lorsque ceux-ci n’ont pas pour cible nos frères juifs ou musulmans.

Les autorités politiques et les organisations antiracistes ont-elles suffisamment pris la mesure de la gravité de telles profanations, qui sont pour la plupart, la manifestation d’une forme de haine antireligieuse et antichrétienne à propos desquelles nous ne pouvons demeurer silencieux ? "

Cette dénonciation du cimat médiatique anticatholique actuel rejoint celle déjà émise par Bernard-Henri Levi