PROFANATIONS EN FRANCE



Mars 2011

Un article du journal La Vie évoque un bilan des atteintes contre les sites religieux en France, selon les données des renseignements généraux.

522 sites ont été la cible d'actes de malveillance en 2010, contre 389 en 2009, et 266 en 2008.
Cela représente une augmentation de 34% par raport à 2009, tandis que les chiffres de 2009 représentaient déjà une augmentation de 46% par rapport à 2008 (date à partir de laquelle les RG se sont mis à recenser ces actes. Avant il fallait comptabiliser les dépôts de plainte).
Ce qui représente une augmentation de 96% en deux ans !

Les chiffres de 2010 recensent 214 cimetières profanés (dont 5 seulement officiellement reconnus comme ayant un caractère satanique, et 11 à connotation nazie), et 272 actes de vandalismes contre des chapelles, 10 contre des calvaires, 26 contre des monuments aux morts.


L'article a décidé de citer également les chiffres concernant les autres religions. Bien que n'aimant pas cette forme de "compétition", nous les indiquons cette année pour information, beaucoup de gens semblant désinformés à ce sujet :

Juifs : 42 sites visés, dont 12 cimetières (soit au total 2,8 % des sites existants)
Musulmans : 57 sites visés, dont 7 carrés funéraires (soit au total 2,8 % également des sites existants)

Une lettre du ministre de l'Intérieur, M. Hortefeux, adressée le 2 novembre 2010 au commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe évoque également une comparaison de ces chiffres, en réponse à la réaction de ce dernier à la profanation de tombes musulmanes dans le cimétière de Strasbourg le 24 septembre 2010.
Dans cette lettre, le ministre français rappelle que « le nombre total de cimetières et lieux de culte dégradés, entre le 1er janvier et le 30 septembre 2010, s'élève à 485, dont 410 au préjudice de sites chrétiens, 40 au préjudice de sites musulmans et 35 au préjudice de sites israélites ».
« Les 410 sites chrétiens concernent 179 cimetières et 231 lieux de culte », ajoute-t-il. « Les 40 sites musulmans consistent en 34 mosquées ou salles de prières et 6 cimetières ou carrés musulmans. Les 35 sites israélites visés se décomposent en 26 lieux de culte et 9 cimetières ».

Le ministre rappelle que si « l'identification des auteurs est souvent rendue difficile par le manque de preuves matérielles et l'absence de témoins », depuis le début de l'année, « 68 personnes dont 51 mineurs ont été interpellés et présentés à la justice ». Il affirme aussi que l'Etat a financé à hauteur de 15 millions d'euros, entre 2004 et 2010, la prévention des actes à caractère antisémite.

Dans l'optique d'associer « très étroitement les autorités cultuelles à ce travail de lutte contre les dégradations des lieux de culte », il souligne aussi avoir signé, le 17 juin 2010, une convention avec le Conseil français du culte musulman. Une pratique qui existe déjà avec le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Le cimetière de Jaligny-sur-Besbre (Allier) a été visité entre le 24 et le 26 décembre, et les ornement funéraires ont été vandalisés, manifestement au cours de plusieurs visites.

Les tombes elles-mêmes n'ont pas été atteintes mais les objets sur certaines d'entre elles ont été soit éparpillés, soit brisés, provoquant la réaction des familles. Surtout que pour certaines d'entre elles, ce n'est pas la première fois que cela arrive.

La brigade de gendarmerie de Chevagnes-Dompierre a ouvert une enquête pour tenter de retrouver les auteurs. Plusieurs faits similaires avaient déjà été commis au cours des dernières années. Les gendarmes tenteront de savoir si un lien existe entre ces actes.

Un nouvel observatoire a été créé en septembre 2010 : l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination contre les chrétiens en Europe (site officiel). La création de cette ONG a été annoncée par le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest et président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), à la suite du constat d'une marginalisation sociale des chrétiens dans le débat public. Il s’agit d’une structure distincte de l'Eglise proposée par Gudrun Kugler, une jeune Autrichienne laïque qui dirige l’observatoire aux côtés de Mgr Andras Veres, l’évêque de Szombathely en Hongrie.

C’est lors de son travail pour l’ONG Europe for Christ, qui encourage les chrétiens à contribuer au débat public, que Gudrun Kugler explique avoir compris qu’en Europe existait un risque de marginalisation sociale des chrétiens.

« L’Europe est un continent qui change. Aujourd’hui l’hostilité envers les chrétiens s’accentue à un niveau social. Nous sommes très loin des formes violentes que prend la répression contre les chrétiens dans d’autres parties du monde - nous ne parlons d’ailleurs pas de persécution en Europe mais d’intolérance et de marginalisation », explique cette docteur en droit international.

Marginalisation qui a également été la conclusion d’une étude sur la perception de l’Église, menée à l’issue de l’Assemblée plénière des évêques européens de 2008 qui avait pour thème « l’Église et les médias ».

« Le but d’une telle plate-forme est d’offrir une information et une documentation sur les cas d’intolérance les plus choquants à des institutions comme l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l’Union européenne ou aux médias », ajoute Gudrun Kugler

Vendredi 10 décembre, un premier rapport de 40 pages a donc été rendu, qui rend compte de ces discriminations observées ces cinq dernières années contre les chrétiens en Europe.
Il rappelle tout d'abord que des personnaités laïques comme Tony Blair ou encore Edward Green, chercheur à Harvard ont déjà constaté publiquement que l’expression des chrétiens dans l’espace public devient de plus en plus délicate dans un contexte de sécularisation parfois « agressive ». Le rapport rappelle que la notion légale de « chritianophobie » a été admise par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a tenu en mars 2009 une réunion sur ce thème.
Des cas divers rapportés par la presse ou par des témoins ont été rappelés : atteintes à la « liberté de conscience » (juge suspendu en Espagne pour avoir exprimé ses convictions), atteintes « à la liberté d’expression » (annulation de la visite du pape à l’université de La Sapienza en Italie), atteintes à la « dimension collective » de la liberté religieuse (provocations à Notre-Dame de Paris par des activistes homosexuels, crèche de Noël interdite dans des villages de France), atteintes à « l’emploi » (conférencier d’Oxford malmené après sa conversion au christianisme) ou encore atteintes relatives à « l’éducation » (notamment en milieu scolaire).

Même si personne n’en parle, les profanations et les actes de vandalisme contre les symboles chrétiens sont de plus en plus fréquents en Europe, la construction d’une église peut même susciter des protestations.

Pour l’Observatoire c’est la liberté religieuse en tant que telle qui est menacée, en particulier dans sa dimension publique et institutionnelle. A côté de l’intolérance sociale, de la dérision, le rapport attire l’attention sur diverses discriminations légales qui engendrent des problèmes nouveaux et pénalisent les chrétiens dans l’exercice de leurs droits. Les experts relèvent ainsi une tendance à exclure des emplois publics les personnes qui expriment et défendent les valeurs chrétiennes.
Sur la sellette figurent en bonne place les médias, pointés du doigt car ils propagent des préjugés antichrétiens, de manière explicite ou sournoise. Des non-croyants commencent à s’interroger et à s’inquiéter.

Selon Mario Mauro, eurodéputé italien, ce rapport « prouve que la discrimination à l’encontre des chrétiens ne se produit pas seulement dans les pays où ceux-ci sont minoritaires ».

Les deux affaires ici présentées ne sont pas graves en soi et ne sont pase comparables à des actes spécifiquement anti-chrétien. Mais ils illustrent assez bien une tendance de fond révélée par Le rapport de l'Observatoire de l'intolérance et de la discrimination contre les chrétiens en Europe, à savoir que les catholiques sont de plus en plus exclus de l'espace public.

Contexte
Le 8 décembre est en effet la fête catholique de l'Immaculée Conception, durant laquelle l'Eglise célèbre la naissance "immaculée" de la Vierge Marie qui, aussi librement qu'Eve, acceptera la volonté de Dieu (quand la première l'avait rejetée) et deviendra ainsi la "mère du Sauveur", offrant un sein immaculé pour devenir le tabernacle du Christ durant sa gestation.
A Lyon, la fête est particulièrement importante depuis qu'elle est devenue la fête des lumières, suite à l'illumination spontanée des fenêtres des lyonnais par des lampions pour célébrer la mise en place d'une nouvelle statue de la Vierge à la basilique de Fourvière en 1852. La fête a été récupérée depuis quelques années par la ville de Lyon pour lui redonner de l'éclat tout en en faisant un événement touristique pour la ville, bien loin de son fond religieux, mais avec respect semble-t-il pour les manifestations religieuses nombreuses qui ont lieu dans toute la ville ce jour là. Une récupération intelligente donc.

Le diocèse rappelle cependant aux lyonnais, qui restent assez pratiquants, le sens de cette fête en les invitant à poursuivre le geste d'illuminer les fenêtres en reconnaissance à Marie qui a sauvé Lyon de la peste en 1643 et sous la protection de laquelle la ville s'est officiellement placée. Pour ce faire, grâce à des dons, le diocèse édite des affiches dans les rues et les stations de métro invitant tout simplement à remercier Marie.

L'affaire
Cette année 2010, un mécène avait permis d'acheter 4 pages de publicité dans le journal gratuit 20 minutes local, dans lesquelles le diocèse rappelerait brièvement l'origine de la fête et préciserait les différentes manifestations qui auraient lieu dans la ville. Une belle manière de faire connaître à tous les lyonnais ce que l'Eglise leur offrait ce jour là, de même que la mairie affiche ses animations. Une des 4 pages, que vous pouvez consulter incluait le Je vous salue Marie, prière par excellence pour entrer dans cette journée du 8 décembre. 20 minutes accepte les 4 pages (et l'argent qui va avec) et prévoit de les diffuser dans son édition du 8 décembre.

Mais la veille au soir, à quelques heures du bouclage, 20 Minutes prévient soudainement le diocèse que la publicité ne sera pas diffusée. Au motif que

« Nous ne faisons pas de publicité à caractère politique ou religieux". « si on avait laissé faire, demain on aurait eu des extraits du Coran ou une prière de Ghandi. (…) Ce serait ouvrir la boîte de Pandore, dans laquelle s’engouffrerait l’intégrisme, l’islamisme ». [1]

20 minutes réclamait en fait 3 modifications :

  • Il fallait supprimer l'invitation à lire la Bible : « dans la lumière de cette fête de l’Immaculée Conception, j’invite tous les catholiques à prendre un temps de recueillement et un temps pour ouvrir la Bible ». Le diocèse a alors accepté d’ajouter : « à tous les autres, je souhaite une très belle fête du 8 décembre ».
  • Il fallait encore retirer l'invitation à prier de l’étape numéro 7 du parcours en 8 étapes qui était proposé : « prenez un temps de prière ».
  • Il fallait supprimer l'Ave Maria présent en page 3 au dessus de l'historique de la fête.

Un accord avait été trouvé pour les deux premiers points, mais le journal restait intransigeant sur le 3e.
L'Ave Maria est certes une prière, mais c'est aussi un texte adapté aux circonstances. Les livres d'histoires doivent-ils cacher eux aussi ce texte "que mes yeux ne sauraient voir" au nom de la lutte contre l'intégrisme ? Ou ce texte, qui sera récité par tous les catholiques des centaines de fois ce soir là, n'est-il pas dans les circonstances un texte explicatif qui permet aux étrangers ou aux non catéchisés de comprendre ce que font et disent les catholiques ce jour là ?

Le même soir, la SNCF refusait également l'affiche magnifique qui se trouvait partout dans la ville pour remercier Marie. La SNCF demandait que le mot "Marie" soit retiré (?? Allez comprendre ce que ce mot a d'intégriste). Le diocèse a refusé (ce qui engendrerait d'ailleurs des coûts immenses).

Et ces deux affaires surviennent après la polémique à Nice qui a manqué de faire interdire l'érection d'une statue du pape Jean-Paul II (pourtant présenté par son maire comme un des personnages politiques les plus influents de son époque pour promouvoir la dignité humaine et les droits de l'Homme), en septembre 2010, et l'interdiction beaucoup plus grave prononcée par le tribunal administratif d'Amiens d'ériger une crèche à Noël, pourtant symbole même de cette fête de Noël, sur la place publique, grâce à la vigilance toute républicaine de l'ancien maire qui a porté plainte en 2008 comme citoyen pour faire interdire ce qu'il voit comme une infraction au code de laïcité bien français. Le maire actuel compte bien laisser l'actuelle crèche en place étant donné que la condamnation porte sur celle... de 2008. Mais la bataille à ce sujet ne fait que commencer.

Notes

[1] Ce qui n'empêche pas 20 minutes de diffuser de la publicité pour des produits "fièrement Halal" pendant le ramadan, ni les campagnes du Denier du culte de l'Eglise catholique (qui en tant qu'association demande des dons).

Un homme d'une trentaine d'année a été pris d'un brusque accès de furie qui l'a poussé à détruire une bonne partie du mobilier de l'Eglise de Gourin, probablement dans l'après-midi du dimanche 5 décembre.
Banc, harmonium, sonorisation, pots de fleur, mais ausi autel, tabernacle et vitraux ont été la cible de sa furie.

«Au premier abord, je n'ai remarqué que les bancs, l'harmonium, les pots de fleurs renversés, la nappe d'autel jetée, etc. Mais, en y regardant de plus près, j'ai également constaté que, dans le choeur, plusieurs vitraux, avaient été brisés par jets de pierre. La lampe du sanctuaire et le revêtement du tabernacle ont été jetés et cassés, des fils électriques et prises de sono arrachés...», relate le père Jean-YvesLeSaux, curé de Gourin.

L'adjoint au maire Daniel Le Bars et le secrétaire général de mairie Patrick Menguy se sont déplacé pour constater les importants dégâts, la commune étant propriétaire de l'église depuis la confiscation des biens de l'Eglise de 1901. La mairie a ainsi porté plainte à la gendarmerie pour dégradation de bien immobilier, et la paroisse, pour détérioration de plusieurs pièces de mobilier.

Le lundi matin, les pompiers et les gendarmes se sont rendus au domicile d'un Gourinois, auteur présumé des faits, qui a été conduit en ambulance à l'hôpital psychiatrique de Plouguernével.

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