15 députés ont signé le communiqué du député de l'Isère Jacques Remiller qui dénonce et s'alarme du mauvais traitement dont sont victimes les chrétiens dans le monde, mais aussi en France, bafoués tant par des actes de vandalismes qui se répètent que par des "artistes" qui se déchaînent contre cette religion, avec un enthousiasme qui interroge ces responsables politiques.

Le communiqué cite quelques affaires récentes dans le monde dont ont été victimes les chrétiens, comme les assassinats et emprisonnements abusifs de chrétiens au Vietnam, une religieuse tuée en Inde le 15 novembre dernier, 130 chrétiens massacrés le 5 novembre 2011 au Nigéria, le meurtre d'un jeune Somali chrétien réfugié au Kenya le 27 octobre dernier, ou encore les persécutions subies par les coptes en Egypte depuis le "printemps arabe". Mais en tant qu'élu, ces hommes s'alarment plus encore des actes perpétrés sur notre sol, citant des profanations de statues religieuses dans les églises, et surtout les artistes.

Ils évoquent ainsi les "oeuvres d'art" qui bafouent volontairement la foi chrétienne :

  • Le Piss Christ ( dont nous dénoncions surtout l'utilisation par la ville et l'affichage excessif de l'image profanant un crucifix)
  • L'Université de Corse qui a accepté de placarder partout dans ses locaux la photographie d'un chapelet enroulé autour d'un sexe prise par un de ses étudiants...
  • La pièce de théâtre ''Sur le concept du visage de Dieu" (de Romeo Castellucci ) où l'on voit des enfants dégoupiller des pierres(?) et les lancer comme des grenades contre l'immense visage du Christ qui trône en décor au fond de la scène. Une scène jouée à Avignon et dans d'autres pays, et curieusement retirée avant de montrer la pièce aux journalistes à Paris, puis réintroduite dans les autres villes (où les journalistes nationaux ne vont pas). La scène finale où un vieillard incontinent défèque sur tout l'immense visage du Christ avant qu'apparaisse le texte "tu n'es pas mon berger" n'a pas été modifiée, elle. L'auteur a cependant menti à toute la presse et aux responsables de l'Église en prétendant que cette colique n'était en fait que "suggérée" par un "voile noir", ou qu'il n'y avait aucune intention de nuire au Christ dans son oeuvre (après avoir caché la scène des grenades).
  • La pièce de Théâtre ''Golgotha Picnic" (de Rodrigo García) où l'auteur ne cache pas, cette fois, son objectif : montrer que l’iconographie chrétienne est pour lui l’image même de la « terreur et de la barbarie », ce qui est son droit après tout. Mais il le fait en y appelant en permanence le Christ "el puto diablo terrorista" (le putain de diable terroriste) et par une mise en scène trash qui veut ridiculiser le Christ. L'art est libre, certes, mais la violence de certaines scènes ont interpellé : hormis le but de choquer, d'outrager pour outrager, quel est le dessein de tant d'injure ?

Le député et ses co-signataires finissent ainsi :

« Certains clament leur très légitime indignation en manifestant publiquement devant théâtres ou salles d’exposition. Sans doute certains sont-ils excessifs car excédés par ce déferlement christianophobe. Mais ils ont le mérite de réveiller une certaine apathie chez nos concitoyens qui, tout en étant d'accord avec eux, n’osent pas réagir, terrorisés par l’opinion médiatique qui les ferait passer pour des « fondamentalistes chrétiens ».

Comment pouvons-nous admettre que l'argent du contribuable subventionne grassement des oeuvres si contestables? Accepterions-nous que l'impôt finance des scènes non respectueuses de l’Islam ou du Judaïsme ? »


Le père Daniel Ange, conférencier de renom, s'étonne lui aussi et lance un appel similaire :

« Je vous le demande : qu’avez-vous contre Lui ? Quel mal vous a-t-il fait ? Pourquoi cette haine viscérale contre Quelqu’un qui n’a été que bonté, douceur, tendresse, totalement donné aux autres

Il refuse bien sûr les intrusions violentes de certains groupe catholiques, tout en les comprenant étant donné la trop grande prudence de l'Eglise à condamner ces oeuvres :

« Autant n’avons-nous aucun droit aux armes, autant avons-nous tous les droits aux larmes. Bref, nous récusons la violence, mais exprimons notre souffrance. Nos silences douloureux posent-ils question à votre arrogance ? »

Il se retourne enfin vers les institutions et les politiques qui financent tout cela :

« Comment avez-vous pu faire cela, sachant – au moins devinant- combien vos propres concitoyens en seraient choqués. (...) Combien de manifestations antichrétiennes avez-vous ainsi subventionnées ? Auriez-vous pris le risque de financer des scènes blasphématoires de l’Islam ou du Judaïsme ?
Et vous, les responsables politiques qui laissez faire sans avoir le courage d’intervenir, je vous pose la question : votre stratégie politique, qui donc vise t-elle ? »

Et il leur demande pourquoi ils ne subventionnent pas les mêmes outrages aux autres religions :

« Répondez-moi : pourquoi vous n’osez pas le faire ? Simplement parce que vous avez peur des bombes. Vous vous avez raison, car vous leur feriez 1 % de ces scènes, vous les auriez, les grenades ! Mais les gentils cathos, ces bonnes poires, ça se laisse faire, ça ne réagit pas, c’est mou sinon amorphe, donc aucun risque. Allons-y ! Vraiment, j’admire votre courage ! »

Et achève ainsi

« C’est une cascade non stop depuis des décennies. Trop, c’est trop ! Nous existons ! Respectez-nous ! Pitié pour nos larmes amères, nos cris étouffés, nos cœurs meurtris ! Laissez-nous souffler ! On n’en peut plus ! »