PROFANATIONS EN FRANCE


Onze tombes ont été vandalisées au cimetière Peyra, à Barcelonnette, plusieurs nuits de suite dans la semaine du 15 au 19 avril.

Des poteaux en béton portant des chaînes (fréquent sur les vieilles tombes) ont été renversés, et la dalle d'une tombe a même été brisée. Des plaques et des éléments de décoration ont également été endommagés. Aucune inscription n'a été retrouvée.

Les enquêteurs, quoique manquant d'indices, privilégient l'hypothèse d'un "simple" acte de vandalisme, qu'ils jugent sans connotation politique ou religieuse. La mairie a porté plainte ainsi que les familles concernées.

«Ce sont des faits graves» a néanmoins commenté Mohamed Saadallah, directeur de cabinet du préfet des Alpes-de-Haute-Provence.

Les premières dégradations ont été découvertes jeudi 16 avril par des employés communaux, qui ont oublié de prévenir les gendarmes. Les nuits suivantes, d'autres tombes ont été vandalisées dans le même cimetière. La gendarmerie a fini par être alertée lundi 20.

L'église Saint-Joseph, située dans le quartier de la gare de Clermont-Ferrand, a été en partie détruite par un incendie samedi après-midi. Le sinistre est a priori d'origine criminelle, selon les autorités chargées de l'enquête. L'incendie a débuté à 11h55 et a mobilisé 42 sapeurs-pompiers et 26 véhicules avant d'être maîtrisé vers 17h00 seulement.

Philippe Kloeckner, le curé de la paroisse, a expliqué samedi soir à l'Associated Press qu'il avait signalé à la police vendredi une première tentative d'incendie dans l'une des chapelles de l'église. Toujours selon le religieux, un homme a été aperçu samedi par plusieurs témoins alors qu'il prenait la fuite quelques minutes après le début de l'incendie. Son signalement a été versé à la police chargée de l'enquête.

Aucune trace de revendication politique ou autre n'a été relevée.

«Tout porte à croire que nous avons affaire là à un acte isolé, plutôt de la part de quelqu'un au comportement pertubé», avançait le curé. «Cet acte criminel me rend triste. L'église n'est pas une propriété privée mais un lieu sacré, un lieu de paix, ouvert à tous ».

Le père ne pourra célébrer de messe dimanche matin dans cette église.

Le bâtiment édifié à la fin du XIXe siècle a subi d'importants dégâts: toutes les boiseries du transept ouest ont été détruites par les flammes. L'incendie a notamment endommagé un retable en bois sur un mur de l'église et un confessionnal. L'église Saint-Joseph est un édifice imitant le style des églises romanes, construit à la fin du XIXe siècle. Elle risque d'être fermée deux à trois mois, le temps de nettoyer notamment les suies toxiques.

Cinq églises implantées dans un rayon de 20 km ont été cambriolées et vidées de leurs objets liturgiques, en Picardie: les église de Pontruet, Mont-d'Origny, Séry-lès-Mézières, Brissy-Hamégicourt, Vendeuil.

Les quatre dernières communes se succèdent le long de la départementale 13, ce qui laisse penser aux gendarmes de la compagnie de Saint-Quentin que les pilleurs auraient agi au cours d'une seule expédition. Ces vols indignent les fervents catholiques comme les non-croyants.

« On ne respecte plus rien. Les lieux sacrés ne devraient pas faire l'objet de vol. Nous sommes tous scandalisés », explique Jacques Caron, un des maires concernés.

Quel serait le motif de ces vols ? Les métaux en eux-même n'ont que peu de valeur, et la revente sur les brocantes se fait à de petites sommes.

« Ces objets à la refonte ne valent rien. Ils ne sont pas entièrement en or ou en bronze », explique Alain Montier, délégué épiscopal à l'information. « Sur une brocante, ces ciboires et ostensoirs ne vont pas rapporter grand-chose aux voleurs. Par contre, il existe un réel marché de collectionneurs, prêts à payer ces objets très cher. Il faut connaître les filières, les bonnes adresses. Impossible pour le premier voleur venu. »

Ce pourquoi il songe davantage à des voleurs bien avisés, car les objets dérobés semblent n'avoir pas été pris au hasard.

« Ce sont ceux qui sont les plus prisés. Des objets qui ont une grande valeur sentimentale pour les prêtres comme le ciboire. Chaque prêtre en reçoit un lorsqu'il est ordonné. Un cadeau précieux fait par sa famille. Lorsqu'un prêtre meurt, il en fait don à sa paroisse. »

D'atres indices troublent le diocèse.

« À Mont-d'Origny et à Séry-lès-Mézières, le tabernacle a été saccagé. Il s'agit d'une profanation. Dans le tabernacle, il y a le saint Sacrement, le corps du Christ. »

À Pontruet, les pilleurs ont même emporté la réserve d'eau bénite.

« Peu probable qu'ils se soient embarrassés de l'eau bénite sans raison. C'est inquiétant : l'eau bénite est très prisée pour les rites sataniques… »

Dans l'Aisne, les vols dans les églises ne sont pas courants, deux faits significatifs en un an à Soissons et Braine. En février, dans les Ardennes, une quinzaine d'églises ont été visitées. Ce sont surtout des statues qui ont été dérobées. Pour les forces de l'ordre comme les autorités religieuses, aucun lien entre les deux affaires.

« Le vol des objets liturgiques et le vol des statues sont deux marchés de revente différents. »

Pour l'Évêché, il est impossible d'évaluer le préjudice financier.

Des tags ont été découverts dimanche 15 février sur des tombes et la porte de l'église de Saint-Laurent-des-Autels (Maine-et-Loire). Dans le cimetière, un sapin a été taggé d'une croix gammée. Des inscriptions ont été bombées sur quatre tombes. Enfin, un sigle a également été taggé sur la porte de l'église.

« Les tombes ont été choisies au hasard, dit le maire, Alain Gibouin. Aucune famille n'était visée en particulier. »

Deux jeunes, qui avaient été aperçus aux abords du cimetière, ont été interpellés lundi. Leurs déclarations n'ont pas permis de les confondre. Ils ont été remis en liberté.

C'est la troisième fois en moins d'un an que le cimetière de Saint-Laurent-des-Autels est profané. Avant l'été, avant la Toussaint, des plaques du souvenir, des pots de fleurs avaient subi des dégradations. Cette fois, les choses sont plus sérieuses. Le sigle retrouvé sur une tombe et sur la porte de l'église rappelle la mouvance punk. Il est mêlé à de vieux slogans qu'utilisaient les skinheads à la fin des années 60 en Grande-Bretagne, contre les Pakistanais. Vrai mouvement d'extrême droite ? Interprétation hasardeuse de ces vieux slogans ? L'enquête devra le déterminer. En attendant, à Saint-Laurent-des-Autels, c'est la consternation.

« Les gens sont très choqués, dit le maire. On ne peut pas donner de nom à ça. »

L'équipe de la paroisse Saint-Germain, à Rugles, est sous le choc après la découverte dimanche, peu avant la messe, de la profanation du tabernacle de l'église. La petite porte qui ferme le tabernacle sur l'autel de la chapelle de la Vierge a en effet été arrachée et le ciboire contenant les hosties consacrées a disparu. Les hosties ont été jetées au fond du tabernacle, qui a en outre subi des dégradations intérieures.

Cet acte a jeté la consternation parmi les paroissiens. Afin de masquer leur forfait, le ou les auteurs ont pris soin de replacer la porte et le linge qui recouvre le tabernacle. C'est en ouvrant ce dernier pour la préparation de l'eucharistie que la responsable de la communauté, Thérèse Corbin, a constaté le délit.

Selon toute vraisemblance, cet acte de vandalisme a été commis entre jeudi, après une messe d'inhumation, et l'arrivée de l'équipe dimanche matin. Les prêtres de la paroisse, les pères Florent Babaka et Philippe Besnard, ont porté plainte à la gendarmerie pour profanation et acte de malveillance.

D'autres actes, moins importants, avaient été commis ces derniers temps dans l'église et la sacristie : vol de bougies, détérioration du plancher de l'estrade de la chorale, porte-cierge pascal dévissé, eau d'un vase renversée sur un meuble, etc.

« Il est navrant de constater que l'église de notre commune, la seule de notre communauté à rester ouverte tous les jours, soit l'objet de tels actes de malveillance. Avec la profanation du tabernacle, un degré a été franchi. Cet acte sacrilège va pénaliser en premier lieu les personnes malades ou qui reçoivent la communion à domicile puisqu'il n'est plus possible de conserver les hosties consacrées », souligne Thérèse Corbin. « L'église Saint-Germain est très visitée, tant par les paroissiens venant adresser leurs intentions de prière que par les touristes amateurs d'art et de belles pierres. Devra-t-elle désormais rester fermée pour sa sauvegarde ? »

Vingt-six tombes ont été endommagées dans la nuit de mardi à mercredi au cimetière de Champlitte, en Haute-Saône (entre Vesoul et Dijon). On n'a relevé aucune inscriptions, mais les tombes ont été saccagées, des croix renversée ou cassées. Les vitres d'une petite chapelle ont été brisées, et la porte d'une seconde a été forcée. Les faits se sont déroulés dans la partie ancienne du cimetière.

Trois jeunes gens du village, âgés de 14 ans, ont été interpellés dans la journée suite à ces dégradations importantes. Le procureur de la République de Vesoul ne livre actuellement aucun commentaire, mais il donnera une conférence de presse demain.
C'est un marbrier qui a découvert les dégâts ce matin en venant travailler sur une tombe.

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