PROFANATIONS EN FRANCE



Dimanche 24 avril 2011 (Pâques)

L’église Saint-Jean-Bosco à Echirolles, en Isère, a subi de graves outrages dans la nuit du samedi saint du 23 avril.
Le crucifix principal de l'église - une pièce en bois d’environ deux mètres habituellement placé à l’arrière de l’autel - était brisé sur le sol, tandis que des missels avaient été répandus sur le sol de l’église. Des bancs avaient été renversés ainsi que le micro, et une porte latérale a manifestement été forcée.

Cette église située au 12, rue Paul-Vaillant-Couturier dans la quartier de la Ponatière est un des clochers de la paroisse catholique Charles-de-Foucauld. C’est une paroissienne qui a découvert le désordre en passant près de l'église le dimanche matin, étonnée d'apercevoir une porte entre-ouverte.

Les malfaiteurs seraient donc entré en forçant une porte latérale, pour vandaliser l'église sans rien emporter. L’enquête a été confiée aux policiers de la Sûreté départementale.


Dimanche 24 avril 2011 (Pâques)

La statue de la Vierge Marie située derrière l'église du Sacré-Coeur de la Roche-sur-Yon, a été lise à terre et décapitée dans la nuit du dimanche 24 avril aux alentours de 3 heures du matin. Sa tête a été transportée de l'autre côté du parc.

"En ce début de semaine sainte, nous ne pouvons qu’être attristés par cet acte de vandalisme. Nous en ignorons les auteurs et leurs motifs, et nous déplorons le côté gratuit d’un tel acharnement. Nous connaissions l’attachement des habitants du quartier à cette statue de la Vierge. Nous prions avec eux et nous nous associons à leur peine", a déclaré Mgr Castet, évêque de Luçon.

Cet après-midi, le préfet de Vendée s'est rendu sur place. Il dénonce le non respect de la religion chrétienne et parle d'atteinte au pacte républicain et au principe de laïcité.

"En effet, la laïcité, principe de notre pacte républicain, est le respect de toutes les croyances. Cette mise en scène détestable est une atteinte à ce pacte républicain.
Cette acte, lâche, est d'autant plus choquant pour la communauté catholique qu'il intervient le premier jour de la Semaine Sainte, période la plus symbolique et importante pour les chrétiens."

Le diocèse de Luçon a porté plainte.

L’église Sainte Marie des Angles de la commune d’Angles, en Vendée, a subi des dégradations mi-avril via des inscriptions sataniques et d'extrême-droite sur ses murs, et des dégradation à l'intérieur. Des dégradations survenues deux fois en deux jours, au début de la semaine sainte chez les catholiques.

« Satan », pentacles sataniques ou autres croix celtiques, un symbole récupéré par divers mouvements d’extrême droite. Des dégradations ont également été commises sur les abords de l’autel et certains bancs en bois.
La commune a porté plainte. Une enquête de gendarmerie a été ouverte. La sous-préfète des Sables, Béatrice Lagarde « condamne fermement » ces actes :

« Quels que soient les cultes et les lieux de cultes, c’est une atteinte au principe de laïcité. »

L'église, du XIe et XIIIe siècle, est classée comme monument historique. Les insciptions faites à la craies ne l'ont sans doute guère endommagée. Nous n'avons pas plus de précision concernant le vandalisme du mobilier.

L'église Saint Jean à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), située dans le quartier de la Rose des Vents, a subi des dégradations dans la nuit de lundi à mardi, signale le curé de la paroisse, Patrick Morvan.



« Ils sont entrés dans la sacristie, ont mis un peu le bazar, ont cassé, peut-être de rage, deux croix en bois toutes simples, et arraché une photo avec les deux papes (Jean-Paul II et Benoît XVI) », raconte le prêtre.

La cloison de la sacristie a aussi été endomagée. La communauté chrétienne locale est émue devant le vandalisme de ce lieu sacré, d'autant que le curé revendque une communauté très active. Il a reçu mrecredi matin la visite du préfet Christian Lambert.

« Je ne veux que ça dresse les uns contre les autres, mais qu'on continue à tisser des liens de fraternité », explique le prêtre.

Au début du mois, le 6 avril, des portes de l'église avaient déjà été fracturées, le tabernacle éventré (sans doute pour y prendre les vases sacré ?), et cinq micros ainsi que de l'argent se trouvant dans un tronc pour les bougies ont été volés. Selon le prêtre, ce sont les mêmes personne qui ont agi (bien que le premier acte semble purement crapuleux, quand le second visait bien les symboles religieux eux-mêmes).

« Ils doivent imaginer qu'on laisse plein d'argent dans l'église mais il n'y a rien à prendre, a-t-il dit. Si leur but est de voler, ils perdent leur temps. Dès la fin de l’office, on rembarque tout ! précise le curé. Cette fois, on ne sait pas par où ils sont entrés, on n’a pas trouvé trace d’effraction, précise le religieux. Peut-être ont-ils déverrouillé une porte lors de la messe du dimanche… »

« Au-delà des dégâts matériels et du vol, c’est le respect des personnes et des lieux sacrés qui est bafoué, souligne le père Morvan, alors qu’on essaye au jour le jour de tisser tous ensemble des liens de compréhension. »

Du 12 décembre 2010 au 8 mai 2011 a lieu une exposition à Avignon intitulée "Je crois aux miracles" dans le musée de l'exposition Lambert. Ce musée existe depuis 2000 et se démarque par une ouverture très large à des artistes divers, dont beaucoup ont réalisé des œuvres uniques spécialement pour ce lieu. La collection s’est enrichie de 400 œuvres en 10 ans.

Cette année, elle a engagé une exposition initulée Je crois aux miracles qui doit représenter le foisonnement des artistes invités à des expositions qui ont fait date. L’exposition est conçue selon un voyage réel et imaginaire à travers les œuvres de trois mouvements phare, l’Art minimal, l’Art conceptuel et le Land art. Aux grands noms liés à ces mouvements historiques (Richard Long, Christo, Dennis Oppenheim...) sont présentés des artistes moins connus et qui reviennent dans l'actualité internationale (David Askevold, Jan Dibbets, David Lamelas...).

Une exposition large donc. Parmi ces nombreuses oeuvre, l'une est une photographie de l'artiste Américain Andres Serrano qui représente un crucifix plongé dans de l'urine, et intitulé Piss Christ.
Cette photographie date de 1987 et avait déjà provoqué un tollé aux Etats-Unis, d'autant que l'oeuvre était soutenue par des fonds publics. Une autre de ses oeuvres représente une madonne à l'enfant plongée dans l'urine également.

Le "Piss Christ" avait déjà été exposé dans cette collection en 2006 à Avignon, plus discrètement. Mais cette année, le musée a curieusement décidé de faire de cette photo l'illustration de son exposition, et de la faire ainsi placarder partout dans la ville. Ce crucifix dans l'urine est ainsi visible sur tous les supports qui parlent de l'exposition, tant sur internet qu'à l'office du tourisme, ce qui a de quoi offenser les catholiques.

L'institut Civitas est monté au créneau et a réclamé le retrait de l'oeuvre ainsi que le boycott des marques qui soutiennent l'exposition, en des termes durs (leur pétition a néanmoins reçu déjà 54 000 signatures). La fraternité Saint Pie X a réagi également par des temps de prière devant le musée.

L'évêque d'Avignon, monseigneur Cattenoz a demandé lui aussi le retrait de cette oeuvre dans un communiqué :

"Devant le côté odieux de ce cliché qui bafoue l’image du Christ sur la croix, cœur de notre foi chrétienne, je me dois de réagir. Toute atteinte à notre foi nous blesse, tout croyant est atteint au plus profond de sa foi.
Devant la gravité d’un tel affront, j’ai essayé de joindre en urgence le responsable de l’exposition pour lui demander de retirer le cliché mis en cause ainsi que les clichés affichés dans la ville ; je n’ai encore aucune réponse de sa part.
Je me dois d’alerter publiquement les autorités de mon pays qui se targuent avec beaucoup de gesticulations de défendre une laïcité positive."

Le directeur de la collection, Eric Mézil, a prétendu de son côté ne pas avoir été informé de la réaction de l'archevêché, et a démenti tout caractère "blasphématoire" de l'oeuvre offerte par l'artiste (qu'il présente par ailleurs comme "très catholique". Hum, qui peut se permettre de juger ainsi de la chose ?).

"C'est une crucifixion comme il en existe des milliers dans l'histoire de l'art. Il faut reprendre le contexte d'une oeuvre qui a été faite en 1987 au moment du sida aux Etats-Unis et qui reprenait une thématique un peu médiévale de ce que l'on appelait les humeurs du corps, le sang, la sueur, l'urine, les larmes", a ajouté M. Mézil

Il me sembe que les pires oeuvres trouvent toujours de beaux discours pour être justifiés. Mais là, c'est un peu spécieux !

Le député UMP Bernard Debré s'est ému lui aussi de cette exposition financée à fonds public qui n'aurait jamais osé ridiculiser d'autes symboles religieux que ceux des chrétiens.

Une nouvelle fois, des irresponsables osent, au nom d'une liberté d'expression galvaudée, salir une religion, car c'est bien le but. Curieuse conception de cette liberté d'expression qui de façon surprenante, s'exerce à sens unique, sans limite.

L'oeuvre a fait scandale dans presque tous les pays où elle a été affichée, jusqu'à être refusée à coups de marteaux en Australie. Craignant des violences, l'exposition a d'ailleurs fermé ses portes un week-end le temps de rassembler un meilleur service de sécurité. Les affiches présentant le Piss Christ ont été retirée pour la plupart, et ne seront vraissemblablement pas remplacées.

Après tout, le plus offensant dans cette triste histoire n'est pas tant qu'un artiste prétende se moquer de symboles religieux (encore que la justice semble avoir à ce sujet deux poids et deux mesures [1]) mais surtout que cette oeuvre offensante ait été délibérément placardée dans toute la ville, cité des papes, et choisie pour communiquer sur l'exposition.
M. Mézil se plaint de mails qu'il reçoit, mais il semble que c'est l'objectif qu'il visait : faire parler de son exposition !


Addendum 16/04/2011 : l'affaire ne peut être directement liée puisqu'elle se passe aux Etats-Unis, mais un américain de 34 ans a cru pouvoir lancer un message de haine contre les chrétiens en lançant de l'urine (apportée dans un pot) dans une église, sur l'autel et les livres saints. Il hurlait "Je hais les chrétiens" quand il a été arrêté... On ne peut quand même s'empêcher de songer au message que diffuse une telle oeuvre d'art.

Addendum 18/04/2011 : La photographie a été endommagée par des vandales qui sont entrés en payant leur ticket d'entrée. La photo était protégée sous un blindage et n'est que peu atteinte. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que ces vandalismes ont lieu, et c'était assez prévisible, selon France Soir. On croirait presque que tout cette provocation a été orchestrée pour que cela arrive, histoire de mettre l'exposition sous les projecteurs à moindres frais (une photo, ça se remplace il me semble).
Les voyous n'ont pas été très malins de tomber dans le piège.

Notes

[1] Un homme qui produisait des émissions (un artiste ?) s'est filmé en train de brûler puis d'uriner sur un Coran le 2 octobre 2010. Il a été poursuivi pour provocation à la discrimination, et incitation à la haine. Il encourait un an d'emprisonnement et 45 000€ d'amende. Le tribunal a finalement relaxé le 9 mai le prévenu : " La vidéo n'excède pas les limites de la liberté d'expression ", considère le tribunal correctionnel qui précise que le prévenu avait stigmatisé des "actes terroristes auxquels la communauté musulmane ne peut être assimilée".%%Le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) du Bas-Rhin dénonce un jugement "lamentable".

Quatre jeunes hommes ont taggué l'église Saint-Pie X à Vannes, insultant les croyants en prétendant dénoncer «l'intégrisme» et «le fondamentalisme» religieux (sur une église...).

Des fidèles pratiquaient l'adoration perpétuelle dans une chapelle de l'église et ont pu avertir la police pendant que les vandales agissaient. Ils ont été interpellés vers 1h30 du matin, après avoir commis d'autres dégradations sur des maisons privées. Ils sortaient d'une soirée alcoolisée, mais au sortir la cellule de dégrisement, les quatre hommes, tous âgés entre 21 et 22 ans, ont mis en avant le caractère «politique» de leur comportement, et ont prétendu défendre des «valeurs anticléricales».

"Lors de leur garde à vue, ils ont indiqué être anticléricaux, contre toute forme d'oppression, d'aliénation religieuse et contre tout intégrisme religieux et fondamentaliste.", a précisé le commandant Beurel, de la police.

Inconnus de la justice jusqu'alors, ils ont été déférés devant un magistrat du parquet, qui les poursuivra en tribunal correctionnel.

Le père Christian Chérel, curé de la paroisse, a indiqué, hier, qu'il avait déposé plainte. Le prêtre déplore avant tout «un préjudice moral». Il a expliqué que des dégradations similaires avaient été constatées sur l'église à deux autres reprises au cours des quinze derniers jours.

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